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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Maghreb

Bachir Hadjadj appelé du contingent, par Hélène Bracco

Soumis par principe à la conscription depuis 1912, les appelés dits « Français musulmans » dans la terminologie coloniale furent plus de 100 000 à servir dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie, la conscription étant devenue obligatoire pour eux depuis le statut de 1947.

Le livre La France en guerre 1954-1962 dirigé par Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault aborde le cas de ces soldats algériens de l’armée française1. Ci-dessous le chapitre qui leur est consacré rédigé par Hélène Bracco, où l’auteur des Voleurs de rêves évoque les vingt-huit mois pendant lesquels il a été amené, bien malgré lui, à porter l’uniforme de l’armée française.

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Cimetière de Collo (Source de la photo)
De 2007 à 2012

Les cimetières chrétiens d’Algérie, lieux de mémoire et d’histoire, par Claire Mauss-Copeaux

Patrimoine d’une société, les cimetières participent à la mémoire et à l’histoire de l’humanité. Le respect des lieux construit le lien entre les groupes qui ont pu s’affronter et qui tiennent à léguer à leurs enfants un avenir partagé de paix et d’amitié.
L’historienne Claire Mauss-Copeaux rend compte de ses visites de plusieurs cimetières chrétiens en Algérie.

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Affaire Ben Barka

Le Maroc a besoin de vérité et de libertés

Depuis le 29 septembre 2009, le journal marocain Akhbar Al Youm ne paraît plus. Ses locaux de Casablanca sont sous scellés. Le directeur de la publication, Taoufiq Bouâchrine, et le dessinateur Khalid Gueddar, comparaîtront le 23 octobre devant le tribunal de Casablanca, poursuivis pour outrage au drapeau national et participation à l’outrage.

En rétorsion aux protestations et soutiens qui se multiplient2, les autorités marocaines ont bloqué jeudi la distribution du quotidien français Le Monde qui a publié, dans son édition datée du jeudi 22 octobre, une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale. Le Monde daté du vendredi 23 octobre sera également interdit à la vente au Maroc.

[Mise en ligne le 21 octobre 2009, mise à jour le 23]

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Rassemblement des volontaires de l'ACNV autour de l'obélisque le 11 mai 1960 (photo Guy Aguiraud).
1945-1962

l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne, par Sylvie Thénault

La revue Matériaux pour l’histoire de notre temps éditée par la BDIC a consacré son numéro 92 d’octobre-décembre 2008 à « L’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne ». Sylvie Thénault, historienne au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris 1-CNRS), spécialiste des législations d’exception et de la répression légale pendant la guerre d’indépendance algérienne3, en avait assuré la coordination. Nous reprenons ci-dessous l’introduction qu’elle a rédigée pour ce dossier, en la remerciant de nous avoir autorisés à le faire.

C’est dans le versant policier de la guerre que s’est inscrit le recours à l’internement. Il est alors apparu comme un des moyens de neutraliser ces ennemis qu’étaient les nationalistes algériens et leurs sympathisants. A l’époque, les camps d’internement n’étaient pas désignés comme tels par les pouvoirs publics. Ils étaient appelés centres de détention administrative (CDA) en Algérie, et, en France, centres d’assignation à résidence surveillée (CARS).

A la suite de cet article, vous trouverez le sommaire de ce numéro qui reste disponible auprès de la BDIC 4.

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De 1962 à 2006

Algérie, les années pieds-rouges, par Catherine Simon

Algérie, les années pieds-rouges. Des rêves de l’indépendance au désenchantement (1962-1969), un livre où Catherine Simon raconte l’aventure de ces Français – instituteurs, médecins, ingénieurs – qui ont traversé la Méditerranée pour bâtir la nouvelle Algérie indépendante.5

Grand reporter au quotidien Le Monde, où elle est entrée il y a plus de vingt ans, Catherine Simon en a été la dernière correspondante à Alger, au début des années 1990.
Nous reprenons ci-dessous l’introduction et la table des matières de ce livre.

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1945-1962

un tournant de la guerre d’Algérie : le discours de de Gaulle sur l’autodétermination, par Benjamin Stora

Quand de Gaulle assume une fois de plus les pouvoirs de la République, en mai 1958, et forme un nouveau gouvernement, l’Algérie est à feu et à sang depuis quatre ans. Il semble bien être le seul à pouvoir tirer la France de ce bourbier. Mais choisira-t-il l’indépendance ou la fermeté ? Après avoir prononcé le slogan « Vive l’Algérie française » à Mostaganem, puis le fameux « Je vous ai compris» à Alger, il suscite de grands espoirs parmi les Algériens français. Aussi, le 16 septembre 1959, son discours télévisé créé la stupeur : il lève l’ambiguïté grandissante de son attitude face au conflit et lâche le mot tabou d’« Autodétermination» … Un basculement décisif, le rejet de « l’intégration» : le chef de l’État offre aux Algériens le choix entre l’association et la sécession – c’est donc la volonté de la population musulmane, très largement majoritaire, qui l’emportera. Les partisans de l’Algérie française crient aussitôt à la trahison…

Ce choix pour l’autodétermination a-t-il relevé d’une mûre réflexion, après bien des hésitations, ou d’une décision secrète prise de longue date ? En analysant de très nombreux témoignages, souvent contradictoires, en mettant en perspective les événements politiques, sociaux et culturels précédant le discours du 16 septembre 1959, Benjamin Stora tente dans son dernier livre, Le mystère de Gaulle. Son choix pour l’Algérie, de cerner les raisons profondes qui ont présidé à cette décision finale 6.

A la suite de la présentation de ce livre par Jean Daniel, vous trouverez un article récent de Benjamin Stora sur ce sujet.

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Abdelkader Rahmani, école des officiers de Bou Saada, 1944.
Les résistances à la guerre d'Algérie

Abdelkader Rahmani, officier FSNA – Français de souche nord-africaine – de l’armée française

Après avoir participé à la libération de la France, Abdelkader Rahmani s’engage dans l’armée française.

Au printemps 1957, il est embastillé pour avoir officiellement demandé à ne pas avoir à se battre contre ses frères qui luttaient pour l’indépendance de leur pays.Il occupe une cellule dans laquelle le général de Bollardière, seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la torture, lui succédera.

Après différentes péripéties, l’armée le place, le 2 février 1959, dans la position de non-activité par retrait d’emploi. Il y sera maintenu plus de quinze ans.

Sa carrière brisée ne sera jamais reconstituée, contrairement à celles des putschistes qui avaient tourné leurs armes contre la République, et qui ont pu bénéficier de la loi d’amnistie du 3 décembre 1982.

Aucune indemnité ne lui sera versée, contrairement aux activistes de l’OAS qui ont bénéficié de l’article 13 de la loi du 23 février 2005.

Ci-dessous, la reprise d’un article d’Hélène Bracco publié dans le n°159, juillet-septembre 2009, de la revue Gavroche7.

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Francis Jeanson, un intellectuel engagé, par Benjamin Stora

Francis Jeanson vient de nous quitter. Proche de Jean-Paul Sartre, il est une des figures intellectuelles françaises les plus connues, les plus engagées contre la guerre d’Algérie dans les années 50. Pour cet animateur infatigable de la revue Les Temps modernes, le moteur de l’histoire est le défi, qui est aussi le mobile de ses propres actes. Pendant la seconde guerre mondiale, moment de son premier engagement, le défi que l’homme libre et responsable doit relever est celui que lance au monde le nazisme.

Après 1945, le défi fondamental est celui de la décolonisation. Pendant la guerre d’Algérie, Francis Jeanson veut faire converger ses propos et ses actes : si on parle de solidarité avec les Algériens nationalistes et révolutionnaires, alors il faut se « mettre au service » des militants du FLN. Ce seront les fameux « réseaux Jeanson », chargés de porter les valises pleines d’argent et de documents, traqués par la police française. En 1960, le procès du réseau Jeanson sera l’occasion d’une dénonciation, en portée au grand public, de la guerre coloniale menée en Algérie.8.

Dans un entretien, publié le 3 Août 2009 sur le site Mediapart, que nous reprenons ci-dessous, Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, retrace l’engagement de Francis Jeanson.

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Décès de Francis Jeanson, créateur d’un réseau de soutien au FLN

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d’un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d’Algérie (réseau dit des « porteurs de valise »), est mort à 87 ans, samedi soir 1er août 2009.

Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s’était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d’Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.

L’historien algérien Daho Djerbal lui rend hommage dans l’article que nous reprenons du site Babelmed.

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De 2007 à 2012

Kadhafi invite Nicolas Sarkozy à accorder des réparations à l’Algérie

Lors de la réunion du G8 à l’Aquila, le président libyen a demandé à la France d’indemniser son ancienne colonie, l’Algérie, en suivant l’exemple de l’Italie qui avait présenté, l’an dernier, ses excuses à la Libye et proposé une indemnisation. « Cela ferait de vous un grand président », a-t-il lancé à l’intention de Nicolas Sarkozy.9

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Les résistances à la guerre d'Algérie

Réfractaires à la guerre d’Algérie

Quarante ans après la fin de la guerre d’Algérie, d’anciens réfractaires et des solidaires ont décidé de témoigner. Avoir envie de se rencontrer pour se raconter tant d’années après était parfaitement déraisonnable. Déraisonnables, ils avaient déjà montré qu’ils pouvaient l’être. Leur livre nous apprend comment ils ont décidé ensemble de dire non et d’attiser une conscience si actuelle, de la désobéissance civile comme forme de toute civilisation humaine…

Erica Fraters, Réfractaires à la guerre d’Algérie (1959-1962), 224 pages, décembre 200510.

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