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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Maghreb

Sarkozy et Berlusconi préféraient Ben Ali

«Depuis le 18 avril 2011, 95 Tunisiens interpellés à la frontière franco-italienne ou dans les gares proches, bien qu’ils soient en possession d’un document de voyage et d’un titre de séjour délivrés par les autorités italiennes, sont placés dans les centres de rétention administrative (CRA) de Lyon, Marseille et Nice dans lesquels Forum réfugié assure la mission d’aide à l’exercice effectif des droits prévue par la loi.

«Dans les Alpes-Maritimes plus particulièrement, à la suite de contrôles d’identité quasi systématiques, les personnes interpellées sont privées de liberté en dehors du régime de la garde à vue, ce qui les prive des droits garantis par cette procédure. L’administration recourt à des formulaires-type, si bien que la situation de chaque personne ne fait pas l’objet d’une étude particulière avant la notification, à la hâte, des décisions d’éloignement du territoire. […] »

Extrait d’un communiqué du 26 avril 2011 de

Forum réfugiés – (lire la suite)

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Serrano Suñer et Hitler
Les violences de l'OAS

Les racines franquistes du putsch de 1961 et de l’OAS, par Gilles Manceron

C’est à Madrid que l’OAS a été créée au début de 1961, et, bien que le sigle ne soit apparu publiquement, à la fois à Alger et à Paris, que vers la fin du putsch, c’est en Espagne franquiste, auprès du général Salan, qu’une branche de cette organisation s’est constituée.

En réponse aux tentatives de réhabilitation de ce coup d’Etat militaire, s’est tenue à Nice le 20 février une réunion sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République » où l’historien Gilles Manceron a rappelé l’origine, à Madrid, de ce pronunciamento et de l’OAS qui a suivi. Nous reprenons ici une partie de son évocation de leur préparation.

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1945-1962

il y a 53 ans, Abderrahmane Taleb mourait sur l’échafaud

Abderrahmane Taleb a été guillotiné le 24 avril 1958, à l’aube, à la prison de Serkadji, dans la Haute Casbah d’Alger. Il avait 28 ans. Etudiant en chimie, lieutenant de l’ALN dans un premier temps, il avait ensuite mis ses compétences au service de la zone autonome d’Alger où il fabriqua des bombes1.

L’historien algérien Mohamed Rebah, auteur de Des Chemins et des Hommes – (Préface Ahmed Akkache), Alger, 2009 –, nous adresse ce témoignage sur celui qu’il qualifie d’«enfant studieux de Bir Djebbah», qui a combattu avec son frère.

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Algérie : mobilisation de la société civile contre les atteintes aux droits

Après une semaine passée à Alger, au cours de laquelle il a rencontré des officiels et des représentants d’organisations de la société civile, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le respect de la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a donné une conférence de presse le 17 avril 2011 à El Biar pour présenter ses conclusions et recommandations préliminaires à la fin de sa visite en Algérie. La version définitive de son rapport sera présentée en 2012 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Frank La Rue s’est dit «préoccupé» par l’article 46 de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée en 2005 : «il ne peut pas y avoir de réconciliation si on impose le silence» a-t-il déclaré. «La paix doit être fondée sur le droit à la vérité et le droit à l’accès à la justice pour la victime. Dans le cas des disparitions forcées, ces droits ont une importance particulière».

Remarquant que depuis la levée de l’état d’urgence, plusieurs manifestations pacifiques ont été interdites par le gouvernement qui s’appuie sur un décret de 2001 interdisant les marches à Alger – la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a été à nouveau empêchée de marcher à Alger le 16 avril – le rapporteur de l’ONU a demandé au gouvernement algérien de ne pas recourir à la force contre des manifestations pacifiques, et de reconnaître le droit pour les familles des disparus de s’exprimer publiquement.

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L'écho d'Alger, du dimanche 23 avril 1961.
1945-1962

les appelés en Algérie et le putsch d’avril 1961

La loi du 30 novembre 1950 fixait la durée du service militaire à 18 mois. Mais pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), leur maintien sous les drapeaux a pu durer jusqu’à 30 mois2.

Pendant le putsch, le contingent – les appelés, c’est à dire les jeunes effectuant leur service militaire en Algérie – a manifesté son soutien aux autorités légales de façon active ou passive, et ce fut l’une des causes principales de l’échec du putsch. Dans une grande partie des régiments, les soldats du contingent, âgés de 20 à 23 ans, ont refusé de suivre ceux de leurs chefs rebelles qui ont voulu s’engager dans le putsch.

L’un des chefs putschistes, le général Challe, en donna une explication naïve : c’était l’existence des « cellules communistes » qui s’étaient organisées dans les corps de troupes. En réalité, la grande majorité des appelés, qui provenaient de tous les secteurs de la société française, étaient hostiles à la prolongation d’une guerre coloniale dont ils avaient pu mesurer la vanité. Challe néglige, d’une part, l’influence des officiers du contingent, généralement des anciens étudiants ou enseignants sursitaires, pour la plupart hostiles aux putschistes, et, d’autre part, l’effet choc causé par le discours du général de Gaulle appelant au refus d’obéissance aux généraux rebelles, qui avait pu être entendu grâce aux « transistors » personnels3.

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Chateau-Royal, mars 1962

À la mémoire d’un humaniste, Max Marchand

Enseignant originaire de Normandie, Max Marchand (1911-1962) est nommé en 1948 en Algérie, pays où il tissera de forts liens. Enseignant, il s’attache à promouvoir l’histoire et la culture algériennes et s’inscrit clairement dans le camp des Européens « libéraux » qui prônent une émancipation de l’Algérie. Franc-maçon, il a appartenu aux loges “Union africaine et Raison réunies” et “Hippone” du Grand Orient de France.

Inspecteur d’Académie, président de la Ligue de l’Enseignement en Oranie et directeur des Centres sociaux éducatifs, il est assassiné à El Biar (Alger) le 15 mars 1962, quatre jours avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, avec cinq de ses collaborateurs – Mouloud Feraoun, bel écrivain de langue française de renommée internationale, Marcel Basset, Ali Hammoutene, Robert Eymard et Salah Ould Aoudia – par un commando de l’OAS qui abat en leurs personnes des symboles du rapprochement des communautés et des apôtres de la fraternité entre les hommes.

Le texte ci-dessous a été écrit par Michel Lambart, à partir de l’allocution qu’il a prononcée le 24 juin 2010 lors de l’inauguration, en l’hôtel Cadet du Grand Orient de France, d’un temple dédié à Max Marchand4.

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La Dépêche du 24 mars 1962.
Les violences de l'OAS

Alger, fin mars 1962, l’OAS fait la guerre à l’armée française

Dans un article de l’édition du 25 mars 1972 du journal Le Monde5, Jean Lacouture rapporte que le 22 mars 1962, un responsable du service d’ordre à Alger avait montré à Alain Jacob, envoyé spécial du Monde à Alger, « un tract qui lui avait paru invraisemblable […] : les chefs de l’OAS y proclamaient que les forces françaises devaient dorénavant être considérées comme des troupes étrangères d’occupation…»

C’est bien ainsi que les chefs de l’OAS ont réagi au cessez-le-feu du 19 mars 1962 : en mettant en oeuvre l’instruction 29, la feuille de route que le général Salan, chef suprême de l’OAS, avait rendu publique le 23 février 1962 et qui devait empêcher «l’abandon de l’Algérie française».

Dans cette instruction, Salan avait donné l’ordre d’« ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS ». En ce qui concerne les autres forces de maintien de l’ordre, il leur accorde un délai pour rallier l’OAS. Au lendemain de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu à Evian entre le gouvernement français et le GPRA, estimant que ce délai est écoulé, il déclare que les officiers, sous-officiers et soldats qui ne l’ont pas ralliée seront « considérés comme des troupes étrangères d’occupation ». En fait, depuis l’échec du putsch d’avril 1961, l’OAS considérait les militaires du contingent comme des adversaires de sa cause – un tract daté de la fin de l’année 1961 en témoigne.

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la démocratie en Algérie passera par la vérité et la justice

Le pouvoir algérien a levé l’état d’urgence le 23 février 2011, dix-neuf ans après son instauration. Mais les manifestations de rue restent interdites à Alger. Samedi 19 mars 2011, deux rassemblements se sont heurtés au dispositif des services de sécurité qui les ont empêchés d’avancer.

S’il veut répondre aux aspirations des Algériens, le pouvoir algérien devra engager de profondes réformes et prendre en compte les demandes des familles de disparus en Algérie.

[Mis en ligne le 22 mars 2011, mis à jour le 27]

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Pourquoi la torture ? par Serge Portelli

Malgré son interdiction à l’échelle de la planète, malgré les conventions internationales, malgré les inspections de l’ONU, la torture persiste, et son histoire n’est qu’une longue liste d’exceptions, concédées, la main sur le cœur, pour le plus grand bien de l’humanité.

De l’Antiquité aux tortures américaines en Irak, en passant par l’Inquisition, les supplices chinois, la guerre d’Algérie, les dictateurs sud américains, soviétiques, chinois, les « démocraties », … la torture est une constante de l’humanité. Mais pourquoi ? Pourquoi cette constance ? Pourquoi des « hommes ordinaires» l’ont-ils pratiquée ? … Des questions auxquelles Serge Portelli tente de répondre dans son dernier livre, Pourquoi la torture ?

Après en avoir rappelé des épisodes et des acteurs tristement célèbres – Eichmann, Duch, Aussaresses… Serge Portelli déclare : «Inutile d’argumenter. Le combat ne peut être qu’absolu, la condamnation catégorique». Et pour ce combat, sans concession, il faut connaître notre adversaire, la part sombre de notre humanité.

Serge Portelli est magistrat, vice-président au tribunal de grande instance de Paris. Il est l’auteur notamment de Le sarkozysme sans Sarkozy et il s’apprête à publier Juger début avril aux éditions de l’Atelier.

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Les violences de l'OAS

La feuille de route de l’OAS
par le général Salan
en février 1962

L’instruction n° 29 de l’OAS, reprise ci-dessous dans son intégralité, est à juste titre considérée comme l’un de ses textes les plus importants. Rendue publique le 23 février 1962 par le général Salan, “chef suprême” de l’OAS, elle vise à organiser l’insurrection armée au moment du cessez-le-feu – qui sera instauré le 19 mars suivant. Cette directive, véritable déclaration de guerre civile, recense tous les crimes qui seront effectivement commis par l’OAS. On y trouve notamment les préconisations suivantes : encourager les autorités militaires à se rallier (I B 2), créer des « zones insurrectionnelles » (IV A), ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS (IV B 1), utiliser la foule dans les rues (IV B 8).

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Un nouvel éclairage sur les massacres d’août 1955, par Claire Mauss-Copeaux

Vous trouverez ci-dessous deux comptes rendus du livre de Claire Mauss-Copeaux6 sur les massacres d’août 1955 dans le Constantinois : celui de Walid Mebarek publié le 16 mars 2011 dans le quotidien algérien El Watan, et celui de Florence Beaugé dans l’édition du 1er mars 2011 du quotidien Le Monde.

Par ailleurs, dans son livre – voir les pages 164 à 168 –, Claire Mauss-Copeaux met en doute le récit que Maurice Faivre a donné comme témoignage des événements d’Aïn Abid. Dans un texte mis en ligne sur le site EtudesColoniales7 le 21 janvier dernier, deux jours après que le livre ait été disponible en librairie, Maurice Faivre reconnaît : «Je n’ai donc pas été témoin des atrocités d’Aïn Abid». Cette déclaration importante ayant disparu du site EtudesColoniales, nous la reprenons ci-dessous dans son intégralité.

[Mis en ligne le 2 mars 2011, mis à jour le 17]

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Tunisie

“la Tunisie est l’avenir du monde”, par Serge Quadruppani

Triste horizon et sombres nuages, tout bloqué, espoir mort ? Oh que non. En se révoltant et en mettant bas un pouvoir autocratique, les Tunisiens rappellent à tous combien il n’est rien de plus actuel que la juste rage et la saine colère. Ils sont nos frères, nos semblables, et ils montrent la voie, celle des résistances populaires à l’empire.

Article repris du site Article XI.

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