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Édition du 1er au 15 mars 2026

Maghreb

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Tunisie

“Tunisiens juifs”, par Sophie Bessis

Cet article 1, paru le 8 mai 2012 sur le site tunisien Leaders, nous interpelle tous en ces temps où la haine, l’intolérance et le rejet de l’autre marquent de terribles points : Sophie Bessis y écrit notamment que “dans quelques années, les juifs auront probablement disparu du paysage tunisien”…

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Non ! à la banalisation de la torture

Dans un billet du 29 avril 2012, un blog alsacien, La Feuille de chou, s’émeut de la publication dans le quotidien L’Alsace d’une page qu’il qualifie d’«effarante» consacrée au général Paul Aussaresses. Dans une interview donnée au quotidien, le général justifie en effet l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie et affirme qu’il est du «devoir d’un soldat» d’y avoir recours.

On peut s’étonner avec La Feuille de chou que L’Alsace n’ait pas jugé opportun de rappeler que la France a ratifié le 11 avril 2001 le protocole n°1 du 8 juin 1977 additionnel aux conventions de Genève du 12 août 1949, qui précise en son article 75 que «la torture sous toutes ses formes, qu’elle soit physique ou mentale» est prohibée «en tout temps et en tout lieu», qu’elle soit commise «par des agents civils ou militaires»2.

Certes les amnisties successives qui ont suivi la guerre d’Algérie interdisent de poursuivre les responsables de «supplices infligés aux Algériens [qui] rappelaient de fort près ceux que pratiquaient la Gestapo et ses complices français» (Pierre Vidal-Naquet, La raison d’État, préface à l’édition de 2002 3), mais on peut rappeler que le général Aussaresses a été condamné en 2004 pour apologie de la torture.

Nous reprenons le commentaire qu’Henri Maler a consacré sur le site Acrimed à cet article de L’Alsace.

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Algérie post 1962

Algérie : “réformes politiques” ou verrouillage supplémentaire ?

Dans un rapport conjoint publié le 19 avril 2012, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH), le Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et le Syndicat national du personnel autonome de l’administration publique (Snapap) dénoncent les nouvelles lois adoptées en Algérie et les violations des libertés fondamentales et des droits humains qui s’intensifient.

Ce rapport révèle les contradictions entre les réformes politiques annoncées par le président de la République et les textes des nouvelles lois adoptées depuis janvier 2012. En passant au peigne fin la loi fixant les modalités augmentant les chances d’accès de la femme à la représentation dans les Assemblées élues, la loi relative aux partis politiques, à l’information et aux associations, le rapport accorde une grande partie de son analyse critique à la loi relative au régime électoral. «Les dispositions de la nouvelle loi n’apportent pas des garanties suffisantes pour que les élections se déroulent de manière libre et transparente», peut-on lire dans le document. Et pour étayer l’analyse, le rapport cite les failles du nouveau code électoral qui institue une commission supplémentaire de supervision des élections. (Lamia Tagzout, El Watan)

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

La guerre d’Algérie vue par les Algériens, de Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Les deux auteurs précisent d’emblée, dans une note de la quatrième de couverture, l’ambition de leur livre : «rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu’elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l’aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l’autre côté de la “ligne de front” pendant le conflit. »

Ils poursuivent : «Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu’on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d’indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu’il s’agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l’utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des “héros”, tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un jour totalement différent.»

Ci-dessous la présentation de cet ouvrage publiée dans le Magazine de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le 26 mars 2012.

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La place de la Bastille et la grande poste d'Oran.
Les mouvements nationalistes

Oran, avril 1949 : hold-up à la grande poste, par Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Dans leur ouvrage consacré à La guerre d’Algérie vue par les Algériens4, Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune font figurer en bonne place l’attaque de la grande poste d’Oran en avril 1949 : il s’agissait pour de jeunes nationalistes de trouver de l’argent afin de pouvoir financer les activités à venir de l’organisation spéciale (OS), bras armé du PPA-MTLD.

Ci-dessous l’extrait du premier chapitre de ce livre, où les deux auteurs narrent cet épisode peu connu de l’histoire du mouvement national algérien.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Ces appelés qui ont dit non à la torture, par Xavier Jacquey

En 1959, âgé de 22 ans, le jeune Xavier Jacquey, appelé pour son service militaire est affecté comme infirmier dans le Sud-Oranais. Quarante ans plus tard, devenu psychiatre, il redécouvre les lettres qu’il avait alors adressées à ses parents, puis il les publie dans ce petit livre.

Il y parle du quotidien, des conditions précaires des nomades, des exactions des militaires, de ses démêlés avec ses supérieurs. Un témoignage sur une guerre où la torture est banalisée… mais qui lui permet de «découvrir» que, «dans mon secteur, là où où les troupes françaises commirent des exactions, nous avions été […] relativement nombreux à nous y opposer».

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Henri Alleg
Les résistances à la guerre d'Algérie

Henri Alleg : “l’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement”

Un entretien donné par Henri Alleg, grande figure du combat anticolonialiste, qui continue de plaider 
pour que la torture et les crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie soient reconnus officiellement.

Les propos ont été recueillis par Rosa Moussaoui et publiés dans l’édition du 10 mars 2012 du quotidien L’Humanité.

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Life, 3 octobre 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, août 1955 : la mort filmée en direct”, par Marie Chominot

Les informations apportées par les archives, qu’elles soient textuelles ou iconographiques, peuvent toujours être trafiquées et donc contestées. Afin de résoudre les interrogations que peuvent poser les documents, la démarche historique s’applique à croiser les sources et à les analyser.

En ce qui concerne les événements du 20 août 1955, nous avons déjà présenté le livre que Claire Mauss-Copeaux leur a consacré. Aujourd’hui, Marie Chominot revient en détail sur l’histoire d’une vidéo actuellement disponible sur internet. Les images, extraites d’un film d’actualités, ont été prises le 22 août 1955, au cours des représailles qui ont frappé les habitants d’Aïn Abid, un petit village proche de Constantine. Elles sont connues et documentées par les historiens depuis des années5, mais elles suscitent encore aujourd’hui des interprétations erronées et restent instrumentalisées pour générer des polémiques.

Marie Chominot est docteure en histoire contemporaine. Son livre, consacré à la guerre par l’image en Algérie, sortira début 2013 aux éditions Payot.

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“Pacification en Algérie”, par André Gazut

Le choc de photographies de torture vues en novembre 1956 dans sa rédaction va bouleverser la vie d’un jeune reporter-photographe. Incorporé en Algérie à l’âge de vingt ans comme infirmier dans les parachutistes, André Gazut déserte. Obsédé par cette guerre qu’il s’est refusé de faire, il couvrira une quinzaine de conflits comme réalisateur.

En 1960, il entre à la Télévision suisse romande. Il a été le caméraman du documentaire Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls en 1969. Réalisateur de nombreux reportages pour le magazine suisse Temps présent, en 2002 il réalise pour ARTE la Pacification en Algérie6, un documentaire dénonçant la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, que vous pourrez voir ci-dessous en deux parties, accompagnées de commentaires extraits du dossier de presse7 – une liste chronologique des intervenants peut aider à se repérer dans les deux vidéos.

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Les camps

“Le camp de Lodi” par Nathalie Funès

Le village de Lodi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger, près de Médéa, incarne un épisode occulté de l’histoire. Parmi la dizaine de « centres d’hébergement », qui ont été créés en Algérie à partir de 1954, c’est au camp de Lodi que des centaines de pieds-noirs sympathisants de l’indépendance ont été enfermés de façon arbitraire. Des années durant, ils ont croupi dans des baraques délabrées, entourées de barbelés, inspectées jour et nuit par une armée de gendarmes mobiles, loin des regards indiscrets et des grandes villes. Sans avoir été jugés ni même inculpés. Sur simple arrêté préfectoral, la « lettre de cachet » des années noires du conflit algérien.

C’était le camp des Français. Là-bas se sont croisés médecins, architectes, cheminots, gaziers, électriciens, résistants de la Seconde guerre mondiale, anciens internés de Dachau… Parmi eux Georges Hadjadj, dernier voisin de cellule de Maurice Audin, ce jeune professeur de mathématiques «disparu» après une ultime séance de gégène, Albert Smadja, l’avocat de Fernand Iveton, seul Français du conflit guillotiné pour avoir tenté de faire sauter une bombe, mais aussi Henri Alleg, auteur de La Question, arrivé à l’été 1957, après avoir été torturé des jours durant par les parachutistes. Et beaucoup d’autres encore.

Nathalie Funès est journaliste au Nouvel Observateur. Elle est l’auteur de Mon oncle d’Algérie (Stock, 2010). Ci-dessous, l’introduction du Camp de Lodi.

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