Né en Kabylie en mai 1893 et mort à Alger en mai 1985, Mohand Said Lechani est une figure singulière de l’Algérie de la première moitié du XXe siècle. À la fois instituteur, berbérisant (diplômé à Rabat en 1919, puis à Alger en 1948) et militant socialiste de tendance jaurèsienne – il adhère à la LDH et à la SFIO en 1912 à sa sortie de l’École Normale d’instituteurs de Bouzaréah.
En 1922, avec quelques camarades, il fonde la revue La Voix des humbles, périodique des instituteurs d’origine algérienne. Il s’investit dans la pédagogie nouvelle (courants Decroly, Freinet et Piaget) dès les années 1933-1934.
Lechani participe activement au Congrès musulman de juin 1936, ainsi qu’à la naissance du journal de la gauche algéroise Alger républicain en 1938. À partir de 1945, il représente la Kabylie dans différentes assemblées. En septembre 1955, il fait partie des signataires de la “motion des 61” qui rejette la politique d’intégration prônée par Jacques Soustelle. En décembre 1955, il répond à l’appel du FLN en démissionnant de ses mandats politiques, et il rejoint la mission du GPRA de Rabat en 1958, où il s’occupe des questions d’éducation et d’information. À l’indépendance de l’Algérie, il met définitivement fin à sa carrière politique et se consacre à des activités intellectuelles et littéraires ainsi qu’à l’alphabétisation.
Nous reprenons ci-dessous l’article que Rosa Moussaoui a publié à l’occasion du centenaire de l’engagement anticolonialiste de Mohand Said Lechani.
[Mis en ligne le 11 novembre 2013, mis à jour le 3 mars 2014]