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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie

Albert Camus en Algérie : la “trêve civile” de janvier 1956

Des associations de nostalgiques de l’Algérie coloniale tentent aujourd’hui de récupérer Albert Camus. Par exemple, sur un « Mur des disparus »1 érigé à Perpignan par le Cercle algérianiste, il est envisagé de graver une citation du Prix Nobel de Littérature.

Cette appropriation de l’écrivain né en Algérie par ceux qui défendent les bienfaits de la colonisation, est une réécriture de l’histoire car elle fait silence sur les choix de Camus pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie et la haine qu’ils ont suscitée chez les partisans de l’Algérie coloniale.

Cette détestation s’est exprimée avec violence lors de la venue du futur Nobel à Alger, fin janvier 1956, pour proposer une « trêve civile » dans le but d’épargner les vies innocentes. Cet épisode mérite d’être rappelé pour illustrer l’incompatibilité entre la lucidité et l’humanité de Camus et l’aveuglement obstiné des tenants de l’Algérie française.

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Albert Camus : l’Algérie en mai 1945

Albert Camus est mort en janvier 1960, au moment où l’option de la négociation avec le FLN pour préparer l’indépendance de l’Algérie commençait à être envisagée par le général de Gaulle. On ne sait pas comment il aurait réagi s’il avait vécu en 1960, 1961 et 1962, à un moment où chacun a eu à choisir entre cette acceptation de l’indépendance et l’option du putsch et de l’OAS. Le fait est que, jusqu’à sa mort, il a refusé l’idée d’indépendance de l’Algérie, en considérant que cela signifierait le départ des Européens d’Algérie et donc la mort de « son » Algérie2. Après s’être engagé en janvier 1956 en faveur de l’arrêt des violences contre les civils des deux camps3 ce qui l’a exposé à la haine des extrémistes européens qui l’ont empêché de parvenir à son objectif, il s’est réfugié jusqu’à sa mort dans un silence presque total sur ce sujet. Aurait-il suivi, s’il avait vécu, l’évolution d’amis comme l’écrivain Emmanuel Roblès ou le peintre Jean de Maisonseul en faveur de l’indépendance, ou bien une autre direction ? rien ne permet de l’affirmer.

Quoi qu’il en soit, les textes qu’il a écrits en mai 1945 pour le journal Combat4, montrent son estime et sa grande attention aux populations arabes déshéritées, ainsi que sa conviction qu’il s’agit « de faire jouer à leur propos les principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes ». Voici des extraits de ces textes5.

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El Watan, le 21 octobre 2007.
De 2007 à 2012

La France remet à l’Algérie les plans des mines posées aux frontières est et ouest

La Ligne Morice, constituée de barbelés et de mines, surveillée en permanence, a été construite à partir de juillet 1957, le long des frontières de l’Algérie avec le Maroc et la Tunisie. Sur 460 km de la frontière tunisienne et 700 km de la frontière marocaine, ces lignes étaient destinées à empêcher les infiltrations de combattants de l’Armée de libération nationale (ALN) à partir de la Tunisie ou du Maroc. Selon Alger, 3 millions de mines antipersonnelles sur les onze millions implantées par l’armée française lors de la guerre d’Algérie sont encore enfouies le long de ces frontières.

Il aura fallu attendre quarante cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, et neuf ans après sa ratification de la Convention d’Ottawa, pour que la France fasse ce geste !

[Mise en ligne le 22 oct. 07, mise à jour le 27 oct. 07]
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Les juifs de l’Algérie coloniale

L’histoire des juifs d’Algérie à l’époque coloniale est souvent mal connue. Un événement fait exception : le décret Crémieux qui accorda la nationalité française en bloc à tous les juifs algériens. Le violent antisémitisme qui s’était développé parmi les Européens d’Algérie est souvent ignoré, ainsi que l’abolition en 1940 du décret Crémieux.

Nous vous proposons une brève histoire des juifs d’Algérie reprise de l’ouvrage «D’une rive à l’autre – La guerre d’Algérie, de la mémoire à l’histoire» de Hassan Remaoun et Gilles Manceron6, suivie d’extraits de «Les trois exils. Juifs d’Algérie» où Benjamin Stora revient sur l’abolition puis le difficile rétablissement du décret Crémieux7.

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Les promesses du candidat Sarkozy aux « nostalgériques »

La lettre adressée le 16 avril dernier par Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République, à Denis Fadda, président du Comité de liaison des associations nationales de rapatriés (CLAN-R)8, a beaucoup circulé pendant la campagne présidentielle du printemps 2007. Nous l’avions publiée sur ce site le 18 avril, précédée du commentaire ci-dessous.

Nicolas Sarkozy avait adressé le 6 avril une première lettre aux présidents des associations de rapatriés que vous trouverez plus bas

[Première publication le 18 avril, complétée le 14 octobre 2007]
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Albert Camus et l'Algérie

il y a cinquante ans, le prix Nobel de littérature était attribué à Albert Camus

Conférence donnée par Benjamin Stora9 au Musée de la Méditerranée de Stockholm, le 6 octobre 2007.

Vous pourrez également lire sur ce site un de ses articles datant de 1939 sur la misère de la Kabylie, son point de vue sur les événements de Sétif, et un article consacré à Albert Camus et Joseph Duval publié récemment dans un quotidien algérien.

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Algérie : les affrontements des années 1990

Algérie : enterrer le dossier des disparus ?

Les «disparus» sont des personnes qui ont été enlevées, dans leur écrasante majorité, par les services de sécurité, essentiellement entre 1992 et 1997. Ils se comptent par milliers et leur sort reste toujours inconnu. Certains disparus avaient été enlevés par des groupes armés islamistes. Le sort de beaucoup d’entre eux reste également inconnu à ce jour. Mohamed Smaïn, dirigeant de la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme explique les rouages de l’oubli.

L’interview, réalisée le 21 septembre 2007, par Yassin Temlali, est reprise du site Babelmed.net 10.

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France-Algérie : histoire et enjeux politiques, par G. Meynier et E. Savarese (version réduite)

Ceci est la version réduite du texte établie par ses auteurs. Elle a été publiée dans L’Humanité le 25 septembre 2007.

Les deux historiens plaident pour une reconnaissance de responsabilités de la puissance publique française dans les traumatismes entraînés par la colonisation, qui ne ferait pas l’objet d’une loi établissant des responsabilités pénales

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«Les crimes de l’armée française en Algérie», par Pierre Vidal-Naquet

Il est de bon ton, aujourd’hui en France, de considérer avec complaisance les épisodes coloniaux de notre histoire. Refuser la “repentance” c’est refuser la réalité des guerres de conquête, de la violence de la colonisation et de la décolonisation.

Pour s’en convaincre il suffit de relire Pierre Vidal-Naquet. Par exemple «Vingt-cinq ans après : réflexions sur un retour», préface que l’historien a rédigée pour la réédition en 2001 de son ouvrage Les crimes de l’armée française, Algérie 1954-1962, publié en 1975 aux éditions Maspero.

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Mémoire sans sépultures, par Houssine Mourad Salim

Les événements tragiques de l’année 1962 restent présents à l’esprit des Oranais des deux bords de la Méditerranée… Houssine Mourad Salim, psychologue clinicien, invite les historiens algériens à participer, au côté des historiens français, au travail nécessaire de mémoire et d’histoire sur tous ces drames.

Vous trouverez ci-dessous deux articles qu’il a publiés dans la presse algérienne à un an d’intervalle : le premier publié dans El Watan, le 19 août 2007, le second le 1er octobre 2006 dans Le Quotidien d’Oran.

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Nicolas Sarkozy à Alger, le 10 juillet 2007 (AFP/FAYEZ NURELDINE)
De 2007 à 2012

Après le passage-éclair de Nicolas Sarkozy à Alger : et maintenant, que vais-je faire ?

Nicolas Sarkozy reviendra en Algérie, début décembre, pour une visite d’Etat. C’est le principal résultat de sa visite éclair à Alger, mardi 10 juillet.

«Je n’ai pas fait la guerre d’Algérie. Je ne suis pas de cette génération sur laquelle pèse l’Histoire. Je viens ici ni pour blesser ni pour m’excuser [mais] en ami, avec la volonté de participer à une entente entre deux peuples souverains», a-t-il rappelé. Avant d’ajouter : «Nous voulons résolument nous tourner vers l’avenir.» Réalistes, les Algériens indiquent, en privé, avoir mis «entre parenthèses» la question du bilan de la colonisation et celui de la guerre d’Algérie. Mais certains n’hésitent pas à évoquer la réaction algérienne à la loi du 23 février 2005.

[Première mise en ligne le 19 juillet, complétée le 27 juillet 2007]
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