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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

D'anciens FFI de la Creuse seront acheminés en Algérie pour rétablir l'ordre. (© Musée de l'armée, Alger)
Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

Mai 1945 dans le Nord-Constantinois : un rapport du consul britannique à Alger

L’hebdomadaire Le Point publie, dans son numéro 1983 daté du 16 septembre 2010, un rapport rédigé le 23 mai 1945 par le consul général britannique à Alger1.

Ce document rappelle un épisode capital de l’histoire coloniale de la France en Algérie : les “événements” de mai 1945 dans le Nord-Constantinois où l’insurrection a été durement réprimée par l’armée française – il y eut 103 victimes européennes et un nombre de morts algériens compris entre 8 000 et 15 000, selon les historiens français2. John Eric MacLean Carvell, consul général britannique à Alger, a envoyé de nombreux rapports à l’ambassadeur à Paris, ainsi qu’au Foreign Office. Sa note manuscrite du 23 mai résume ainsi «la cause de la révolte» le 8 mai 1945 à Sétif : «Un policier français a perdu la tête. Je suis certain qu’autant de sang n’aurait pas coulé si les militaires français n’avaient pas été aussi impatients de perpétrer un massacre.»

Un document à ajouter au dossier sur le 8 mai 1945 à Sétif, dont nous reprenons ci-dessous, avec sa permission, la présentation qu’en a faite Farid Alilat dans le magazine algérien en ligne Dernières nouvelles d’Algérie.

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Marc Ferro : «pour les populations colonisées, la présence coloniale a été négative»

Marc Ferro est historien. Né en 1924 à Paris, il fait sa scolarité au lycée Carnot à Paris puis se tourne vers l’histoire qu’il étudie à l’université de Grenoble. Il participe à la Résistance dans le maquis du Vercors. Directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, Marc Ferro s’est spécialisé dans l’étude de la révolution russe et de l’URSS.

On sait moins qu’il a enseigné l’histoire à Oran de 1948 à 1956. Nous reprenons ci-dessous la première partie d’un long entretien exclusif réalisé par Omar Merzoug et publié dans La Quinzaine littéraire où il évoque son parcours dans l’Algérie des années 1948-58. L’entretien intitulé « La colonisation au crible de l’Histoire » est accessible dans son intégralité sur Le blog de la Quinzaine Littéraire.3

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Daniel Timsit : « comme notre Révolution était grande ! »

Daniel Timsit, né à Alger, en 1928, dans une modeste famille de commerçants judéo-berbères, a participé activement à la guerre d’indépendance de l’Algérie.
Dans un documentaire réalisé par Nasredine Guenifi, l’ancien militant s’exprime sur l’évolution de l’Algérie, explique ses engagements et parle de son identité algérienne : « Je n’ai jamais été un Européen » déclare-t-il.

Le film de Nasredine Guenifi, Daniel Timsit, l’Algérien, d’une durée de 1h56, est disponible en DVD. Pour le commander, contacter

Parmi les livres que Daniel Timsit nous a légués, on peut citer : Algérie, récit anachronique et Récits de la longue patience, journal de prison 1956-1962, tous deux édités chez Bouchene.

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1945-1962

“des hommes dans la guerre d’algérie”

Conçu par Isabelle Bournier, directrice des affaires culturelles du Mémorial de Caen, cet album a pour ambition de faire revivre par le texte et l’image l’existence quotidienne des hommes et des femmes plongés dans la guerre, qu’ils soient combattants ou civils, français ou algériens. Le conflit est traité sous la forme de doubles pages thématiques, chacune évoquant un angle particulier de cette guerre (« Partir pour l’Algérie », « Refuser la colonisation », « Combattre pour l’indépendance », etc.). Chaque double page combine des textes courts et de nombreux éléments visuels – images d’archives, communiqués, photos, affiches, journaux, etc. –, dont la plus grande partie sont des dessins issus de la célèbre série BD en dix volumes Les Carnets d’Orient, où Jacques Ferrandez retrace l’histoire des 132 années de la présence française en Algérie.

Destiné aux jeunes – et aux moins jeunes – Français, «Des Hommes dans la guerre d’Algérie fera date par sa lucidité, son décryptage historique et son objectivité» (Walid Mebarek).

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Nicole Dreyfus
Les résistances à la guerre d'Algérie

Nicole Dreyfus, de l’affaire Dreyfus à la défense des militants algériens

Nicole Dreyfus, qui fut avocate de militants du FLN, est morte le 11 février 2010 à l’âge de 85 ans. Le 8 mai 2009, elle s’était encore rendue en Algérie pour participer à Guelma au colloque organisé par l’université de cette ville en commémoration des massacres qui avaient suivi la manifestation du 8 mai 1945.

Pour le livre Etre dreyfusard hier et aujourd’hui paru en octobre 2009, elle avait considérablement complété son intervention au colloque de 2006 dont ce livre reprend les travaux. Elle y apporte des explications qu’elle n’avait jamais données sur son enfance alsacienne et sur son engagement d’avocate anticolonialiste. Elle développe, en particulier, l’importance qu’avait eue pour elle la mémoire de l’affaire Dreyfus telle qu’elle lui avait été transmise comme une affaire profondément ressentie par sa propre famille, et elle revient sur le sens qu’avait eu pour elle la défense des militants algériens.

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L'Echo d'Alger, 24-25 janv. 1960. (Voir la fin de la note [4])
Les Européens d'Algérie et leur exode

Les barricades d’Alger : une déclaration de guerre à l’État et le début d’une guerre civile

Le discours du général de Gaulle annonçant, le 16 septembre 1959, « l’autodétermination » pour l’Algérie avait mis en alerte les partisans de l’Algérie française. Suite à une interview donnée à un journal allemand, le général Massu, commandant du corps d’armée d’Alger, est rappelé à Paris le 22 janvier 1960. A Alger, les activistes s’enflamment, élèvent des barricades… Le 24 janvier, des tirs de fusils-mitrailleurs dirigés contre des gendarmes mobiles font de nombreuses victimes parmi les forces de l’ordre. Un camp retranché est installé au centre d’Alger au nom de l’Algérie française… Mais, n’ayant pas bénéficié du soutien espéré, la rébellion fera long feu5.

A l’heure où la mémoire de la guerre d’Algérie est l’objet de diverses tentatives de récupération politique6, nous reprenons ci-dessous le témoignage de Jean Sprecher qui a vécu ces événements et pour qui «les Barricades de janvier 1960, avec leur bilan tragique, apparaissaient comme la déclaration de guerre à l’Etat, et le début de la guerre civile qui allait couver quelque temps, mûrir dans l’ombre, tenter un nouvel essai en décembre 1960 et éclater enfin quelques mois plus tard, en avril 1961, quand des généraux convaincus de tenir l’armée en main, crurent cette fois le moment venu pour déclencher un putsch, en garder la maîtrise et en assurer le succès.»7

Nous complétons ce document avec un extrait de l’éditorial publié par Le Monde le 26 janvier 1960.

[Mise en ligne le 15 janvier 2010, complétée le 27]

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Albert Camus et l'Algérie

Albert Camus et l’Algérie, par Agnès Spiquel

Le souhait présidentiel de faire entrer Albert Camus au Panthéon n’est évidemment pas dénué d’arrière-pensées8. Rappelons seulement que, en recevant le Prix Nobel de littérature en 1957, Camus avait déclaré que l’écrivain «ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire: il est au service de ceux qui la subissent».

Albert Camus est mort en janvier 1960. On ne peut présumer de ce qu’aurait été sa réaction devant la façon dont la guerre d’Algérie s’est terminée deux ans et demi plus tard. Mais il faut rappeler son humanité et sa lucidité face à un conflit qui le déchirait, et la haine que ses prises de position avaient suscitée chez les partisans de l’Algérie française.

Nous remercions Agnès Spiquel, professeur de Littérature française à l’université du Hainaut-Cambrésis et présidente de la Société des études camusiennes, d’avoir accepté de retracer les positions d’Albert Camus avant, puis pendant, la guerre d’Algérie9, dans un exposé que nous faisons suivre de quelques liens vers des pages complémentaires.

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Bachir Hadjadj appelé du contingent, par Hélène Bracco

Soumis par principe à la conscription depuis 1912, les appelés dits « Français musulmans » dans la terminologie coloniale furent plus de 100 000 à servir dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie, la conscription étant devenue obligatoire pour eux depuis le statut de 1947.

Le livre La France en guerre 1954-1962 dirigé par Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault aborde le cas de ces soldats algériens de l’armée française10. Ci-dessous le chapitre qui leur est consacré rédigé par Hélène Bracco, où l’auteur des Voleurs de rêves évoque les vingt-huit mois pendant lesquels il a été amené, bien malgré lui, à porter l’uniforme de l’armée française.

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Rassemblement des volontaires de l'ACNV autour de l'obélisque le 11 mai 1960 (photo Guy Aguiraud).
1945-1962

l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne, par Sylvie Thénault

La revue Matériaux pour l’histoire de notre temps éditée par la BDIC a consacré son numéro 92 d’octobre-décembre 2008 à « L’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne ». Sylvie Thénault, historienne au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Paris 1-CNRS), spécialiste des législations d’exception et de la répression légale pendant la guerre d’indépendance algérienne11, en avait assuré la coordination. Nous reprenons ci-dessous l’introduction qu’elle a rédigée pour ce dossier, en la remerciant de nous avoir autorisés à le faire.

C’est dans le versant policier de la guerre que s’est inscrit le recours à l’internement. Il est alors apparu comme un des moyens de neutraliser ces ennemis qu’étaient les nationalistes algériens et leurs sympathisants. A l’époque, les camps d’internement n’étaient pas désignés comme tels par les pouvoirs publics. Ils étaient appelés centres de détention administrative (CDA) en Algérie, et, en France, centres d’assignation à résidence surveillée (CARS).

A la suite de cet article, vous trouverez le sommaire de ce numéro qui reste disponible auprès de la BDIC 12.

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