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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

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Chateau-Royal, mars 1962

À la mémoire d’un humaniste, Max Marchand

Enseignant originaire de Normandie, Max Marchand (1911-1962) est nommé en 1948 en Algérie, pays où il tissera de forts liens. Enseignant, il s’attache à promouvoir l’histoire et la culture algériennes et s’inscrit clairement dans le camp des Européens « libéraux » qui prônent une émancipation de l’Algérie. Franc-maçon, il a appartenu aux loges “Union africaine et Raison réunies” et “Hippone” du Grand Orient de France.

Inspecteur d’Académie, président de la Ligue de l’Enseignement en Oranie et directeur des Centres sociaux éducatifs, il est assassiné à El Biar (Alger) le 15 mars 1962, quatre jours avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, avec cinq de ses collaborateurs – Mouloud Feraoun, bel écrivain de langue française de renommée internationale, Marcel Basset, Ali Hammoutene, Robert Eymard et Salah Ould Aoudia – par un commando de l’OAS qui abat en leurs personnes des symboles du rapprochement des communautés et des apôtres de la fraternité entre les hommes.

Le texte ci-dessous a été écrit par Michel Lambart, à partir de l’allocution qu’il a prononcée le 24 juin 2010 lors de l’inauguration, en l’hôtel Cadet du Grand Orient de France, d’un temple dédié à Max Marchand1.

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La Dépêche du 24 mars 1962.
Les violences de l'OAS

Alger, fin mars 1962, l’OAS fait la guerre à l’armée française

Dans un article de l’édition du 25 mars 1972 du journal Le Monde2, Jean Lacouture rapporte que le 22 mars 1962, un responsable du service d’ordre à Alger avait montré à Alain Jacob, envoyé spécial du Monde à Alger, « un tract qui lui avait paru invraisemblable […] : les chefs de l’OAS y proclamaient que les forces françaises devaient dorénavant être considérées comme des troupes étrangères d’occupation…»

C’est bien ainsi que les chefs de l’OAS ont réagi au cessez-le-feu du 19 mars 1962 : en mettant en oeuvre l’instruction 29, la feuille de route que le général Salan, chef suprême de l’OAS, avait rendu publique le 23 février 1962 et qui devait empêcher «l’abandon de l’Algérie française».

Dans cette instruction, Salan avait donné l’ordre d’« ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS ». En ce qui concerne les autres forces de maintien de l’ordre, il leur accorde un délai pour rallier l’OAS. Au lendemain de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu à Evian entre le gouvernement français et le GPRA, estimant que ce délai est écoulé, il déclare que les officiers, sous-officiers et soldats qui ne l’ont pas ralliée seront « considérés comme des troupes étrangères d’occupation ». En fait, depuis l’échec du putsch d’avril 1961, l’OAS considérait les militaires du contingent comme des adversaires de sa cause – un tract daté de la fin de l’année 1961 en témoigne.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Pourquoi la torture ? par Serge Portelli

Malgré son interdiction à l’échelle de la planète, malgré les conventions internationales, malgré les inspections de l’ONU, la torture persiste, et son histoire n’est qu’une longue liste d’exceptions, concédées, la main sur le cœur, pour le plus grand bien de l’humanité.

De l’Antiquité aux tortures américaines en Irak, en passant par l’Inquisition, les supplices chinois, la guerre d’Algérie, les dictateurs sud américains, soviétiques, chinois, les « démocraties », … la torture est une constante de l’humanité. Mais pourquoi ? Pourquoi cette constance ? Pourquoi des « hommes ordinaires» l’ont-ils pratiquée ? … Des questions auxquelles Serge Portelli tente de répondre dans son dernier livre, Pourquoi la torture ?

Après en avoir rappelé des épisodes et des acteurs tristement célèbres – Eichmann, Duch, Aussaresses… Serge Portelli déclare : «Inutile d’argumenter. Le combat ne peut être qu’absolu, la condamnation catégorique». Et pour ce combat, sans concession, il faut connaître notre adversaire, la part sombre de notre humanité.

Serge Portelli est magistrat, vice-président au tribunal de grande instance de Paris. Il est l’auteur notamment de Le sarkozysme sans Sarkozy et il s’apprête à publier Juger début avril aux éditions de l’Atelier.

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Les violences de l'OAS

La feuille de route de l’OAS
par le général Salan
en février 1962

L’instruction n° 29 de l’OAS, reprise ci-dessous dans son intégralité, est à juste titre considérée comme l’un de ses textes les plus importants. Rendue publique le 23 février 1962 par le général Salan, “chef suprême” de l’OAS, elle vise à organiser l’insurrection armée au moment du cessez-le-feu – qui sera instauré le 19 mars suivant. Cette directive, véritable déclaration de guerre civile, recense tous les crimes qui seront effectivement commis par l’OAS. On y trouve notamment les préconisations suivantes : encourager les autorités militaires à se rallier (I B 2), créer des « zones insurrectionnelles » (IV A), ouvrir systématiquement le feu sur les unités de gendarmerie mobile et de CRS (IV B 1), utiliser la foule dans les rues (IV B 8).

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Un nouvel éclairage sur les massacres d’août 1955, par Claire Mauss-Copeaux

Vous trouverez ci-dessous deux comptes rendus du livre de Claire Mauss-Copeaux3 sur les massacres d’août 1955 dans le Constantinois : celui de Walid Mebarek publié le 16 mars 2011 dans le quotidien algérien El Watan, et celui de Florence Beaugé dans l’édition du 1er mars 2011 du quotidien Le Monde.

Par ailleurs, dans son livre – voir les pages 164 à 168 –, Claire Mauss-Copeaux met en doute le récit que Maurice Faivre a donné comme témoignage des événements d’Aïn Abid. Dans un texte mis en ligne sur le site EtudesColoniales4 le 21 janvier dernier, deux jours après que le livre ait été disponible en librairie, Maurice Faivre reconnaît : «Je n’ai donc pas été témoin des atrocités d’Aïn Abid». Cette déclaration importante ayant disparu du site EtudesColoniales, nous la reprenons ci-dessous dans son intégralité.

[Mis en ligne le 2 mars 2011, mis à jour le 17]

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Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, 20 août 1955”, par Claire Mauss-Copeaux

Que s’est-il exactement passé en Algérie, le 20 août 1955, quand, à midi précis, des soldats de l’Armée de libération nationale, branche armée du FLN, appuyés par la population, ont attaqué simultanément les agglomérations situées dans le quadrilatère délimité par Collo, Philippeville, Guelma et Constantine ? Les Algériens ont-ils commis un massacre généralisé ? Quelle a été l’ampleur de la répression qui a suivi ?…

Claire Mauss-Copeaux a repris ces questions qui portent sur un épisode important de la guerre d’Algérie. Au terme d’une longue et minutieuse recherche, croisant des archives mal connues avec des témoignages de survivants des deux bords, elle publie aujourd’hui un livre qui renouvelle la connaissance de ces événements tragiques, en éclairant des zones d’ombres, sources de rumeurs infondées. Elle établit l’ampleur démesurée des représailles exercées sur les Algériens au cours des semaines qui ont suivi le 20 août 1955.
Comme quelques autres, elle pense que si l’historien doit décrire les faits, il ne peut pas occulter les souffrances
endurées et exprimées par les protagonistes eux-mêmes.

Nous reprenons ci-dessous l’introduction de ce livre.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Palestro, 18 mai 1956

Palestro, le 18 mai 1956 : 21 militaires français tombèrent dans une embuscade. Un seul d’entre eux survécut, les corps des autres furent retrouvés mutilés. Quelques mois après que le contingent avait été rappelé pour lutter contre l’insurrection qui se propageait en Algérie, la nouvelle fit l’effet d’une bombe. « Palestro » devint vite synonyme de la cruauté de cette guerre qui ne disait pas son nom. Pourquoi, alors qu’il y eut d’autres embuscades meurtrières, a-t-on plus particulièrement retenu celle-ci ? Pour comprendre les raisons de cette persistance dans l’imaginaire national français, il a fallu enquêter en Algérie et comprendre ce qu’il en était là-bas. L’action des maquisards de l’Armée de Libération Nationale y était-elle également distinguée ?

Mais l’analyse ne pouvait s’en tenir aux événements de l’année 1956 : il a fallu aller voir plus loin et interroger un passé plus ancien, là où s’étaient noués les liens coloniaux. Sous les pas des combattants de 1956 en effet, d’autres Français et d’autres Algériens avaient laissé leurs traces. Ce livre de Raphaëlle Branche est aussi leur histoire.

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Détail de la Tabula Peutingeriana, copie du XIIIe siècle d'une ancienne carte romaine.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

France-Algérie : “le péché originel” par Georges Apap

Le texte qui suit a dix ans – il a été publié comme tribune dans l’édition du 5 janvier 2001 du quotidien L’Humanité –, et il mérite d’être relu aujourd’hui.

Son auteur, Georges Apap, né en 1926 à Djidjelli, petit port de la côte algérienne, a parcouru l’Est et le centre de l’Algérie pendant les trente huit premières année de sa vie.
Licencié en droit de la faculté d’Alger, il est avocat à Philippeville à partir de 1951 – il a vécu dans cette ville la journée dramatique du 20 Août 1955.
Devenu magistrat, il se retrouve en 1957 juge d’instance à Ain Beïda,
où il occupe de fait les fonctions de juge d’instruction et de procureur de la République.

Après l’indépendance, en 1962, il reste en Algérie pour aider à mettre en place l’organisation de la justice. A partir de 1964, il est magistrat en France pendant 28 ans dont vingt ans dans la fonction de procureur de la République. Il prend sa retraite en 1992, peu de temps après avoir été nommé avocat général à la cour d’appel de Paris.

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L'Echo d'Alger des 21-22 août 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

retour sur le 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois

L’insurrection du Nord-Constantinois, le 20 août 1955, est un moment important de la guerre d’Algérie. Ce jour-là, une trentaine d’agglomérations de la région de Philippeville (aujourd’hui Skikda) ont été attaquées de façon simultanée. La répression qui s’ensuivit fut terrible…

Claire Mauss-Copeaux vient de terminer une recherche sur ces événements qui n’avaient jusqu’à présent pas été analysés par des historiens.
Le résultat de son travail fait l’objet d’un livre, Le 20 août 1955 en Algérie, insurrection, répression, massacres, qui sera disponible en librairie courant janvier 2011.

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Entre 1961 et 1962, l'appelé Bourdet a enseigné aux petits Algériens. (Photo sd)
Les résistances à la guerre d'Algérie

L’association des anciens appelés en Algérie contre la guerre

Les appelés qui ont combattu en Algérie peuvent, à 65 ans, toucher une retraite du combattant, d’environ 500 euros par an. Mais, pour certains d’entre eux, cet argent est inacceptable, « taché de tout le sang coulé en Algérie ». C’est ainsi que s’est créée, le 8 janvier 2004, l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG).
Les membres de l’association (loi 1901) sont d’anciens appelés en Algérie qui reversent l’intégralité de cette retraite afin qu’elle soit utilisée au financement de projets humanitaires – donnant ainsi un sens à ce qui n’en avait pas.

Pour contacter les 4ACG : http://www.4acg.org/spip.php?rubrique19

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1945-1962

Mitterrand, un passé algérien

Pendant les trois premières années de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1957, François Mitterrand, futur Président de la République, a joué un rôle important dans la politique répressive mise en oeuvre en Algérie par les gouvernements de la IVe République. Lorsque le conflit éclate, il est ministre de l’Intérieur et, c’est à ce titre qu’il prononce la phrase définitive : « L’Algérie, c’est la France. » A partir de 1956, ministre de la Justice du cabinet Guy Mollet, refusant presque systématiquement les grâces, le futur président abolitionniste de la peine de mort fera exécuter quarante-cinq condamnés à mort – sur ce sujet, voir cette page.

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L’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye consacrent un livre à François Mitterrand et la guerre d’Algérie5.
Un documentaire abordant le même sujet sera diffusé le 4 novembre sur France 2. Ci-dessous un entretien avec Benjamin Stora.

[Mise en ligne le 29 octobre 2010, complété le 30]

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Mon oncle d’Algérie, par Nathalie Funès

Le long voyage dans le passé de Nathalie Funès à la recherche des traces de son oncle, en France, en Algérie, dans les archives, auprès des témoins qui ont croisé sa route… Une autre histoire de Français d’Algérie.

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