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Édition du 15 février au 1er mars 2026

1945-1962

Un nouvel éclairage sur les massacres d’août 1955, par Claire Mauss-Copeaux

Vous trouverez ci-dessous deux comptes rendus du livre de Claire Mauss-Copeaux1 sur les massacres d’août 1955 dans le Constantinois : celui de Walid Mebarek publié le 16 mars 2011 dans le quotidien algérien El Watan, et celui de Florence Beaugé dans l’édition du 1er mars 2011 du quotidien Le Monde.

Par ailleurs, dans son livre – voir les pages 164 à 168 –, Claire Mauss-Copeaux met en doute le récit que Maurice Faivre a donné comme témoignage des événements d’Aïn Abid. Dans un texte mis en ligne sur le site EtudesColoniales2 le 21 janvier dernier, deux jours après que le livre ait été disponible en librairie, Maurice Faivre reconnaît : «Je n’ai donc pas été témoin des atrocités d’Aïn Abid». Cette déclaration importante ayant disparu du site EtudesColoniales, nous la reprenons ci-dessous dans son intégralité.

[Mis en ligne le 2 mars 2011, mis à jour le 17]

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Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, 20 août 1955”, par Claire Mauss-Copeaux

Que s’est-il exactement passé en Algérie, le 20 août 1955, quand, à midi précis, des soldats de l’Armée de libération nationale, branche armée du FLN, appuyés par la population, ont attaqué simultanément les agglomérations situées dans le quadrilatère délimité par Collo, Philippeville, Guelma et Constantine ? Les Algériens ont-ils commis un massacre généralisé ? Quelle a été l’ampleur de la répression qui a suivi ?…

Claire Mauss-Copeaux a repris ces questions qui portent sur un épisode important de la guerre d’Algérie. Au terme d’une longue et minutieuse recherche, croisant des archives mal connues avec des témoignages de survivants des deux bords, elle publie aujourd’hui un livre qui renouvelle la connaissance de ces événements tragiques, en éclairant des zones d’ombres, sources de rumeurs infondées. Elle établit l’ampleur démesurée des représailles exercées sur les Algériens au cours des semaines qui ont suivi le 20 août 1955.
Comme quelques autres, elle pense que si l’historien doit décrire les faits, il ne peut pas occulter les souffrances
endurées et exprimées par les protagonistes eux-mêmes.

Nous reprenons ci-dessous l’introduction de ce livre.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Palestro, 18 mai 1956

Palestro, le 18 mai 1956 : 21 militaires français tombèrent dans une embuscade. Un seul d’entre eux survécut, les corps des autres furent retrouvés mutilés. Quelques mois après que le contingent avait été rappelé pour lutter contre l’insurrection qui se propageait en Algérie, la nouvelle fit l’effet d’une bombe. « Palestro » devint vite synonyme de la cruauté de cette guerre qui ne disait pas son nom. Pourquoi, alors qu’il y eut d’autres embuscades meurtrières, a-t-on plus particulièrement retenu celle-ci ? Pour comprendre les raisons de cette persistance dans l’imaginaire national français, il a fallu enquêter en Algérie et comprendre ce qu’il en était là-bas. L’action des maquisards de l’Armée de Libération Nationale y était-elle également distinguée ?

Mais l’analyse ne pouvait s’en tenir aux événements de l’année 1956 : il a fallu aller voir plus loin et interroger un passé plus ancien, là où s’étaient noués les liens coloniaux. Sous les pas des combattants de 1956 en effet, d’autres Français et d’autres Algériens avaient laissé leurs traces. Ce livre de Raphaëlle Branche est aussi leur histoire.

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Détail de la Tabula Peutingeriana, copie du XIIIe siècle d'une ancienne carte romaine.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

France-Algérie : “le péché originel” par Georges Apap

Le texte qui suit a dix ans – il a été publié comme tribune dans l’édition du 5 janvier 2001 du quotidien L’Humanité –, et il mérite d’être relu aujourd’hui.

Son auteur, Georges Apap, né en 1926 à Djidjelli, petit port de la côte algérienne, a parcouru l’Est et le centre de l’Algérie pendant les trente huit premières année de sa vie.
Licencié en droit de la faculté d’Alger, il est avocat à Philippeville à partir de 1951 – il a vécu dans cette ville la journée dramatique du 20 Août 1955.
Devenu magistrat, il se retrouve en 1957 juge d’instance à Ain Beïda,
où il occupe de fait les fonctions de juge d’instruction et de procureur de la République.

Après l’indépendance, en 1962, il reste en Algérie pour aider à mettre en place l’organisation de la justice. A partir de 1964, il est magistrat en France pendant 28 ans dont vingt ans dans la fonction de procureur de la République. Il prend sa retraite en 1992, peu de temps après avoir été nommé avocat général à la cour d’appel de Paris.

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L'Echo d'Alger des 21-22 août 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

retour sur le 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois

L’insurrection du Nord-Constantinois, le 20 août 1955, est un moment important de la guerre d’Algérie. Ce jour-là, une trentaine d’agglomérations de la région de Philippeville (aujourd’hui Skikda) ont été attaquées de façon simultanée. La répression qui s’ensuivit fut terrible…

Claire Mauss-Copeaux vient de terminer une recherche sur ces événements qui n’avaient jusqu’à présent pas été analysés par des historiens.
Le résultat de son travail fait l’objet d’un livre, Le 20 août 1955 en Algérie, insurrection, répression, massacres, qui sera disponible en librairie courant janvier 2011.

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Entre 1961 et 1962, l'appelé Bourdet a enseigné aux petits Algériens. (Photo sd)
Les résistances à la guerre d'Algérie

L’association des anciens appelés en Algérie contre la guerre

Les appelés qui ont combattu en Algérie peuvent, à 65 ans, toucher une retraite du combattant, d’environ 500 euros par an. Mais, pour certains d’entre eux, cet argent est inacceptable, « taché de tout le sang coulé en Algérie ». C’est ainsi que s’est créée, le 8 janvier 2004, l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG).
Les membres de l’association (loi 1901) sont d’anciens appelés en Algérie qui reversent l’intégralité de cette retraite afin qu’elle soit utilisée au financement de projets humanitaires – donnant ainsi un sens à ce qui n’en avait pas.

Pour contacter les 4ACG : http://www.4acg.org/spip.php?rubrique19

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1945-1962

Mitterrand, un passé algérien

Pendant les trois premières années de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1957, François Mitterrand, futur Président de la République, a joué un rôle important dans la politique répressive mise en oeuvre en Algérie par les gouvernements de la IVe République. Lorsque le conflit éclate, il est ministre de l’Intérieur et, c’est à ce titre qu’il prononce la phrase définitive : « L’Algérie, c’est la France. » A partir de 1956, ministre de la Justice du cabinet Guy Mollet, refusant presque systématiquement les grâces, le futur président abolitionniste de la peine de mort fera exécuter quarante-cinq condamnés à mort – sur ce sujet, voir cette page.

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L’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye consacrent un livre à François Mitterrand et la guerre d’Algérie3.
Un documentaire abordant le même sujet sera diffusé le 4 novembre sur France 2. Ci-dessous un entretien avec Benjamin Stora.

[Mise en ligne le 29 octobre 2010, complété le 30]

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Mon oncle d’Algérie, par Nathalie Funès

Le long voyage dans le passé de Nathalie Funès à la recherche des traces de son oncle, en France, en Algérie, dans les archives, auprès des témoins qui ont croisé sa route… Une autre histoire de Français d’Algérie.

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D'anciens FFI de la Creuse seront acheminés en Algérie pour rétablir l'ordre. (© Musée de l'armée, Alger)
Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

Mai 1945 dans le Nord-Constantinois : un rapport du consul britannique à Alger

L’hebdomadaire Le Point publie, dans son numéro 1983 daté du 16 septembre 2010, un rapport rédigé le 23 mai 1945 par le consul général britannique à Alger4.

Ce document rappelle un épisode capital de l’histoire coloniale de la France en Algérie : les “événements” de mai 1945 dans le Nord-Constantinois où l’insurrection a été durement réprimée par l’armée française – il y eut 103 victimes européennes et un nombre de morts algériens compris entre 8 000 et 15 000, selon les historiens français5. John Eric MacLean Carvell, consul général britannique à Alger, a envoyé de nombreux rapports à l’ambassadeur à Paris, ainsi qu’au Foreign Office. Sa note manuscrite du 23 mai résume ainsi «la cause de la révolte» le 8 mai 1945 à Sétif : «Un policier français a perdu la tête. Je suis certain qu’autant de sang n’aurait pas coulé si les militaires français n’avaient pas été aussi impatients de perpétrer un massacre.»

Un document à ajouter au dossier sur le 8 mai 1945 à Sétif, dont nous reprenons ci-dessous, avec sa permission, la présentation qu’en a faite Farid Alilat dans le magazine algérien en ligne Dernières nouvelles d’Algérie.

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Marc Ferro : «pour les populations colonisées, la présence coloniale a été négative»

Marc Ferro est historien. Né en 1924 à Paris, il fait sa scolarité au lycée Carnot à Paris puis se tourne vers l’histoire qu’il étudie à l’université de Grenoble. Il participe à la Résistance dans le maquis du Vercors. Directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, Marc Ferro s’est spécialisé dans l’étude de la révolution russe et de l’URSS.

On sait moins qu’il a enseigné l’histoire à Oran de 1948 à 1956. Nous reprenons ci-dessous la première partie d’un long entretien exclusif réalisé par Omar Merzoug et publié dans La Quinzaine littéraire où il évoque son parcours dans l’Algérie des années 1948-58. L’entretien intitulé « La colonisation au crible de l’Histoire » est accessible dans son intégralité sur Le blog de la Quinzaine Littéraire.6

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Daniel Timsit : « comme notre Révolution était grande ! »

Daniel Timsit, né à Alger, en 1928, dans une modeste famille de commerçants judéo-berbères, a participé activement à la guerre d’indépendance de l’Algérie.
Dans un documentaire réalisé par Nasredine Guenifi, l’ancien militant s’exprime sur l’évolution de l’Algérie, explique ses engagements et parle de son identité algérienne : « Je n’ai jamais été un Européen » déclare-t-il.

Le film de Nasredine Guenifi, Daniel Timsit, l’Algérien, d’une durée de 1h56, est disponible en DVD. Pour le commander, contacter

Parmi les livres que Daniel Timsit nous a légués, on peut citer : Algérie, récit anachronique et Récits de la longue patience, journal de prison 1956-1962, tous deux édités chez Bouchene.

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1945-1962

“des hommes dans la guerre d’algérie”

Conçu par Isabelle Bournier, directrice des affaires culturelles du Mémorial de Caen, cet album a pour ambition de faire revivre par le texte et l’image l’existence quotidienne des hommes et des femmes plongés dans la guerre, qu’ils soient combattants ou civils, français ou algériens. Le conflit est traité sous la forme de doubles pages thématiques, chacune évoquant un angle particulier de cette guerre (« Partir pour l’Algérie », « Refuser la colonisation », « Combattre pour l’indépendance », etc.). Chaque double page combine des textes courts et de nombreux éléments visuels – images d’archives, communiqués, photos, affiches, journaux, etc. –, dont la plus grande partie sont des dessins issus de la célèbre série BD en dix volumes Les Carnets d’Orient, où Jacques Ferrandez retrace l’histoire des 132 années de la présence française en Algérie.

Destiné aux jeunes – et aux moins jeunes – Français, «Des Hommes dans la guerre d’Algérie fera date par sa lucidité, son décryptage historique et son objectivité» (Walid Mebarek).

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