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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Séquelles politiques postcoloniales

les Maliens refusent de signer l’accord sur les flux migratoires proposé par la France

Afin de sensibiliser les Maliens à la pression que la France exerce sur les autorités maliennes en vue de la signature de l’accord de “gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire”, le forum pour un autre Mali (FORAM) et l’association malienne des expulsés (AME), ont organisé le 8 janvier 2009 une conférence débat au centre Djoliba de Bamako sur le thème : «Crises, migrations et expulsions, quelles alternatives pour le Mali».

Au cours de la rencontre, deux lettres que nous reprenons ci-dessous ont été lues1. La première, lue par Assétou Founé Samaké, invite le Président de la République du Mali à s’opposer à la signature de l’accord que la France tente d’imposer au Mali. La deuxième, lue par Alassane Dicko de l’AME, adressée à l’ambassadeur de France au Mali, est une invitation à l’intention de la France qui doit réviser sa politique migratoire à l’endroit de l’Afrique avec laquelle elle entretient des relations vieilles de plusieurs siècles.

Dans son intervention, Alima Diarra de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a mis en exergue le refus de la France de signer la convention relative aux droits des migrants et de leur famille.

Dans la soirée du 8 janvier 2008, on apprenait que le Mali avait refusé de signer l’accord proposé par la France (voir 3059).

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“escadrons de la mort, l’école française” par Marie-Monique Robin

Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la « guerre sale » (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort…). C’est en enquêtant sur l’organisation transnationale dont s’étaient dotées ces dictatures — le fameux « Plan Condor » — que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la « guerre moderne », qu’ils appliqueront au Sud-Viêtnam.

Il faut (re)lire cet ouvrage qui vient d’être réédité en collection de poche aux éditions La Découverte2.

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Tchad : Françafrique pas morte

Vue de Paris, la crise tchadienne, c’est finalement assez simple. De féroces rebelles, armés par une dictature islamiste étrangère, tentent de renverser un pouvoir élu. Des soldats français défendent nos compatriotes, sans prendre part aux combats, et contribuent au retour de la paix. Happy end : les rebelles fuient, la force européenne va pouvoir s’installer et protéger les réfugiés dans l’Est tchadien, les zozos de l’Arche de Zoé seront bientôt graciés, et le président Déby peut compter sur l’«amitié» (sic) du président Sarkozy.

Bilan : Idriss Déby poursuit son règne. Il rêve d’une présidence à vie. L’économie – désormais pétrolière – est toujours classée 173e sur 177, selon l’ONU. L’illettrisme reste massif et l’espérance de vie inférieure à 45 ans. Sarkozy a bien raison de dénoncer la « Françafrique » et le fatalisme de l’Africain «qui jamais ne s’élance vers l’avenir ».

Après cette synthèse inspirée d’un commentaire du Canard enchaîné, voici trois articles du Monde, tous publiés le 13 février 2008.

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Bernard Kouchner, sac de riz sur l'épaule, le 5 décembre 1992, en Somalie.
La Françafrique

de la “mission civilisatrice” coloniale à l’ingérence humanitaire, par Rony Brauman

Après la nomination, le 18 février 2007, de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères, la lecture de ce texte de Rony Brauman3
rappelle que, remplaçant le vieux discours colonial sur la “ mission civilisatrice ”, le “ droit d’ingérence humanitaire ” est souvent été invoqué de nos jours pour justifier les interventions militaires occidentales.

Dès sa prise de fonction, Bernard Kouchner, qui se bat depuis des années pour la reconnaissance de ce droit d’ingérence, a manifesté que le dossier Darfour est une de ses priorités …

[Première publication le 12 octobre 2005, repris le 21 mai 2007]
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Photo de prisonniers de guerre envoyée anonymement à plusieurs médias américains. Publiée sur internet le 8 novembre 2002.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

une tentative de légitimation de la torture

Pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, on trouve sous la plume d’un officier français et dans la revue des élèves de l’École militaire de Saint-Cyr un plaidoyer en faveur de l’utilisation « dans certains cas » de la torture. Il rejoint directement les justifications développées aux États-Unis du système mis en place à Guantanamo et dans les centres d’« interrogatoires sévères » comme Abou Ghraib en Irak.

[Première mise en ligne, le 7 décembre 2004,

dossier entièrement refondu le 31 janvier 2007.]
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Le colonel Bigeard, le général Massu, le colonel Trinquier et le capitaine Léger, pendant la bataille d'Alger en 1957.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

des guerres d’Indochine et d’Algérie aux dictatures d’Amérique latine

L’enquête de Marie-Monique Robin sur les origines du « Plan Condor » par lequel, dans les années 1970, les dictateurs d’Amérique du Sud ont coopéré pour assassiner leurs opposants, dépasse de loin l’histoire de ce continent. Son livre4 et son film apportent aussi des éléments précis sur l’émergence au sein de l’armée française, à la fin de la guerre d’Indochine, d’une doctrine de guerre antisubversive impliquant notamment la torture, sur sa mise en pratique en Algérie et son exportation ensuite vers les Etats-Unis et l’Amérique du Sud.

Un entretien avec Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, publié dans Hommes & Libertés, revue de la LDH, N° 128, oct. nov. déc. 2004.

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France-Soir, mercredi 7 janvier 1957.
L'exportation du modèle français de guerre anticoloniale

cinquante ans après la «bataille d’Alger», le retour de la torture

Au nom de la «lutte contre le terrorisme», le président George W. Bush légalise le recours à des «interrogatoires violents»5, après en avoir «délocalisé» l’utilisation6.

Nous, Français, n’avons pas de leçon à donner, mais au moins pouvons-nous faire état de notre «expérience» passée dans ce domaine : rappeler l’échec auquel nous ont conduits les gouvernants qui avaient imaginé pouvoir défendre la République en utilisant des méthodes qui sont la négation de ses valeurs.

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Faure Gnassingbé, président « élu » du Togo.
La Françafrique

la France reçoit le président togolais dont elle cautionne le régime dictatorial

Du 6 au 8 septembre 2006, Faure Gnassingbé, le président mis en place à l’issue d’un massacre et d’élections truquées sera en France. Cette visite intervient au terme d’un véritable coup d’état institutionnel, électoral et militaire qui a fait plus de 800 morts et déplacé des dizaines de milliers de réfugiés. Une situation cautionnée par les autorités françaises.

Vous trouverez ci-dessous un communiqué commun du 14 juin dernier signé notamment par la LDH et la FIDH, suivi de l’intervention de Noël Mamère au colloque organisé par la LDH, le 9 avril 2005, dans les locaux de l’Assemblée nationale.

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La Françafrique

le mausolée de Brazza

Le Congo se prépare à célébrer le rapatriement des restes de son père fondateur, Pierre Savorgnan de Brazza. Un mausolée est en cours d’édification sur les rives du fleuve Congo.

Cet article fait suite aux deux pages suivantes de ce site : 976 et 1059.

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