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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

Racisme et islamophobie

Mort de Zyed et Bouna : relaxe définitive des deux policiers

A la suite de la relaxe des deux fonctionnaires de police poursuivis pour non-assistance à personne en danger après la mort des deux adolescents, en 2005 à Clichy-sous-Bois, l’avocat des familles de Zyed et Bouna, Jean-Pierre Mignard, a déploré, mardi 19 mai sur France Inter, que « la parole de deux policiers blancs l’emporte sur toute autre considération ». « Dans ce pays, il y a des fractures raciales. Dans ce jugement, je vois de la distance. […] A un moment, ce pays aura besoin de se réveiller, de se choquer », a ajouté M. Mignard.

Zyed et Bouna étaient morts le 27 octobre 2005 par électrocution, alors qu’ils s’étaient réfugiés sur un site d’EDF pour fuir un contrôle de police. Les policiers qui participaient à leur poursuite, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes lundi 18 mai.

La Ligue des droits de l’Homme déclare sa tristesse et son inquiétude pour l’avenir

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Jupes interdites
Foulard et voile

Le refus des jupes longues : l’intolérance à l’égard de l’islam

Le site du quotidien régional La République du Centre a publié, le 6 mai dernier, le témoignage d’une élève de terminale de confession musulmane, Ikram, âgée de 18 ans, qui dénonce un harcèlement lié à la longueur de sa jupe 1.
Selon l’administration de l’Éducation nationale, « les problèmes ne sont pas liés à sa jupe longue mais plutôt à un problème de vie scolaire, à un manque de travail. » Pour le proviseur du lycée professionnel, « l’important est de faire respecter la loi ». Ikram a porté plainte pour harcèlement moral contre deux membres du personnel du lycée.

La situation d’Ikram est analogue à celle de Sarah à Charleville-Mézières, qui se voit refuser l’accès à son collège au prétexte qu’elle porte une jupe « trop longue » – ce qui, pour la principale de l’établissement, constitue un signe religieux ostentatoire.

Sous couvert de défense de la laïcité, ces incidents ne sont-ils pas avant tout des manifestations d’intolérance à l’égard de l’islam ? Nous reprenons ci-dessous le commentaire que Henri Goldman a publié le 3 mai sur
son blog.

[Mis en ligne le 9 mai 205, mis à jour le 11]

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La longueur de la jupe

Le 16 et le 25 avril, Sarah, élève de troisième, s’est vu refuser l’accès à son collège de Charleville-Mézières. Le prétexte : le port d’une jupe «trop longue», considérée par la principale de l’établissement comme un signe religieux ostentatoire, a révélé mardi matin le quotidien local l’Ardennais.

Après avoir rappelé qu’« aucune élève ne peut être exclue en fonction de la longueur ou couleur de sa jupe », la ministre de l’Éducation nationale a déclaré, jeudi 30 avril sur RTL, que « l’équipe pédagogique a fait preuve du discernement nécessaire » et n’a pas jugé la tenue mais « le prosélytisme de la part de l’élève ».

En revanche, Jean Baubérot demande s’il faudra envisager de déshabiller les jeunes-filles à l’entrée de l’école pour s’assurer que rien dans leur habillement ne puisse être considéré comme islamique. Le New York Times, de son côté, se veut rassurant, en écrivant qu’ «aucune religion ne menace sérieusement la laïcité en France aujourd’hui …»

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Quand les parlementaires se transforment en pyromanes

Une proposition de loi, adoptée par le Sénat en juillet 2012, «visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité», va être examinée par l’Assemblée nationale au cours des prochains jours 2.

Mise à jour (13 mars 2015) – Trop sensible à dix jours des départementales, la discussion sur la loi pour interdire le voile dans les crèches a été reportée 3.

Mise à jour (23 mars 2015) – La Commission nationale consultative des droits de l’homme exprime ses vives préoccupations au sujet de cette proposition de loi.
Elle en recommande le retrait pur et simple : l’avis de la CNCDH.

[Mis en ligne le 7 mars 2015, mis à jour le 23]

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Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires

« Notre solidarité avec les victimes des attentats » de janvier 2015 à Paris « doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires », réaffirment les signataires de ce manifeste hébergé par la Ligue des droits de l’Homme, qui condamnent « résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus ».

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22 septembre 2013
Racisme de couleur et islamophobie

Condamnations en février 2015 de l’hebdomadaire “Valeurs actuelles”

La loi sanctionnant le racisme, l’antisémitisme, la provocation à la discrimination existe … et elle est appliquée. Deux exemples récents l’attestent : l’hebdomadaire Valeurs actuelles vient d’être condamné pour provocation à la haine envers les musulmans et pour provocation à la haine envers les Roms.

Valeurs actuelles défend des valeurs … sont-elles de droite extrême ou d’extrême droite ?

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Contrôle au faciès : une cérémonie de dégradation, par Emmanuel Blanchard

Si une partie des contrôles d’identité sont organisés dans des lieux ciblés car réputés être fréquentés par des « sans-papiers », la majorité de ces interpellations visent des habitants connus pour être en situation régulière et dont l’identité ne fait même aucun doute aux yeux des agents contrôleurs. Les premiers légitiment cependant les seconds, et le Gisti s’emploie avec d’autres associations à combattre l’usage du contrôle d’identité par les forces de police comme d’une arme symbolique d’humiliation de certaines populations.

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Contrôle d’identité au faciès : une pratique discriminatoire

Les contrôles d’identité sont encadrés par l’article 78-2 du code de procédure pénale. Ils sont le plus souvent motivés par un comportement éveillant la suspicion. Or une enquête réalisée à Paris, par deux chercheurs du CNRS, il y a quelques années, mettait en évidence que, statistiquement, le risque d’être contrôlé est au moins six fois plus élevé pour un Noir ou un Arabe que pour un Blanc.

Comment mettre fin à ces comportements discriminatoires ? François Hollande s’était engagé à lutter «contre le délit de faciès», mais Manuel Valls a refusé le principe du récépissé.

Certains ont porté plainte contre l’État : treize personnes s’estimant victimes de « contrôle au faciès » avaient assigné l’Etat en justice en 2012. Après avoir été déboutés en octobre 2013, ils ont fait appel. Le 25 février 2015, devant la cour d’appel de Paris, ils ont bénéficié du soutien du Défenseur des droits.

Le jugement sera prononcé le 24 juin prochain.

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Racisme : Souleymane dans le métro parisien, après Birame en gare de Toulon

Souleymane, 33 ans, s’est fait refouler d’une rame du métro parisien mardi soir 17 février 2015 par des supporteurs de Chelsea, à cause de la couleur de sa peau. Vous trouverez ci-dessous son témoignage publié dans le Parisien.

Il y a trois mois une affaire analogue s’était déroulée en gare de Toulon. Le 4 novembre 2014, Birame avait été violemment expulsé du train où il avait pris place, par des voyageurs persuadés, à tort, qu’il ne détenait pas de titre de voyage en règle. Son seul tort était en fait que sa peau est foncée. Voir cet article : lynchage en gare de Toulon.

L’affaire de Birame n’a pas fait autant de bruit que celle de Souleymane, notamment parce qu’elle n’était pas liée à une manifestation sportive. Birame n’a donc pas bénéficié du concours de la police britannique et on peut douter que la police toulonnaise ait identifié des passagers qui l’ont agressé, mais il dispose des témoignages de deux personnes qui ont assisté à la scène.

[Mis en ligne le 19 février 2015, mis à jour le 20]

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Le Défenseur des droits et les contrôles d’identité

Le collectif d’associations mobilisées contre la multiplication des « contrôles d’identité abusifs et discriminatoires» vient de bénéficier du soutien implicite du Défenseur des droits.

Le 9 février 2015, ce dernier est intervenu dans la procédure initiée par 13 personnes qui avaient intenté une action visant à engager la responsabilité de l’État pour des contrôles d’identité discriminatoires. Le Défenseur des droits a déclaré dans un communiqué avoir présenté des observations devant la cour d’Appel de Paris. Il a rappelé que l’État français doit prendre des mesures pour lutter de manière efficace contre les contrôles au faciès.

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