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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

Racisme et islamophobie

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Identité nationale

Protestations contre la création d’un ministère chargé de “l’immigration” et de “l’identité nationale

A l’issue du Conseil des ministres du mercredi 30 mai 2007, le service de presse de la présidence de la République a présenté dans un communiqué les décrets définissant ou modifiant les attributions de membres du Gouvernement. Il y est précisé que « le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement prépare et met en oeuvre l’action du Gouvernement en matière d’immigration, d’asile, d’intégration des populations immigrées, de promotion de l’identité nationale1 et de codéveloppement.»2

La création de ce ministère continue à susciter des protestations : le 18 mai, jour où huit historiens et démographes ont démissionné des instances officielles du Cnhi, le collectif Ucij publiait un communiqué que vous trouverez ci-dessous, suivi de plusieurs autres prises de position analogues dont celles de l’Association française des anthropologues et du réseau scientifique Terra.

[Publié le 1er juin, mis à jour le 18 juin 2007]
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Identité nationale

Huit universitaires démissionnent de la Cité nationale de l’Histoire de l’immigration

Ces huit historiens démissionnent des instances officielles de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) pour protester contre l’instauration «inacceptable» d’un ministère de «l’immigration et de l’identité nationale».
La Cité de l’histoire de l’immigration, située Porte-Dorée à Paris et dont le président du conseil d’orientation est Jacques Toubon, proposera de nombreuses manifestations, outre un musée national (son ouverture devrait avoir lieu dans le courant de l’année).

Patrick Weil et Gérard Noiriel expliquent ci-dessous leur décision de quitter la future Cité de l’histoire de l’immigration.

[Première mise en ligne le 18 mai, mise à jour le 31 mai 2007]

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Tout Français peut être un étranger qui s’ignore ou qui se cache

Pour obtenir une carte d’identité sécurisée ou un passeport électronique, l’administration refuse maintenant de reproduire le document périmé, comme elle le faisait jusqu’à présent. Elle procède désormais à un « examen approfondi » de la situation du demandeur au regard de l’identité, mais surtout de la nationalité. Lorsque la copie intégrale d’acte de naissance indique que les deux parents sont nés à l’étranger, elle exige donc une « preuve » de la nationalité française3.

Certes la situation n’a fait empirer ces dernières années, mais les extraits d’un article de Maurice T. Maschino datant de 2002 que nous reprenons montrent que le syndrome ne date pas d’hier : craignant, depuis des décennies, que la France ne soit submergée par des « hordes » venues du tiers-monde, le législateur paraît atteint de paranoïa galopante et, se croyant entouré d’ennemis, exige de ses nationaux qu’ils montrent patte blanche.

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Laurent Mucchielli : l’identité nationale, une régression historique et politique

Il est désolant de voir « le débat public se concentrer sur l’identité nationale, le drapeau, la lutte contre l’immigration clandestine et autres obsessions franco-françaises. La pression de l’extrême droite a remis en route la machine destructrice qui place au centre de tout « l’immigration » et le rejet de l’autre.»4

Concernant la notion d’identité nationale française, la vigoureuse mise au point de Laurent Mucchielli nous semble particulièrement salutaire5. Pour terminer, vous trouverez un petit texte où Olivier Wieviorka montre que le sentiment national n’est peut-être pas aussi «naturel» qu’on le dit.

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Les races humaines. Panneau utilisé dans les écoles, vers 1920 (?). Dortmund, Westfälisches Schulmuseum.
Racisme de couleur et islamophobie

Faut-il proscrire le mot « race » dans des textes fondamentaux ?

Le premier article de la Constitution de la République est ainsi rédigé :

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.»

Cette formulation n’aurait-elle pas pour conséquence de cautionner la notion de races humaines qui ne repose pourtant sur aucune base scientifique ? Après d’autres, le philosophe Jean Gayon revient sur la question.

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La renaissance du mythe kabyle

Dans l’ouvrage qu’ils viennent de publier, «Marianne et Allah –
Les politiques français face à la “ question musulmane ”
»6,Vincent Geisser et Aziz Zemouri montrent que le « communautarisme musulman », unanimement dénoncé aujourd’hui en France, est moins le produit d’un supposé activisme islamique que celui des responsables politiques français.

Retraçant la longue gestation républicaine du Conseil français du culte musulman (CFCM), ils révèlent tout ce qu’elle doit à l’héritage de l’Algérie coloniale. Vous trouverez ci-dessous deux extraits du chapitre 9, intitulé Kabyles démocrates contre musulmans fanatiques, où ils mettent en évidence la renaissance du mythe kabyle.

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© Lefred-Thouron (Le Canard enchaîné, 14 mars 2007)
Identité nationale

«Identité nationale» et immigration, les liaisons dangereuses de Nicolas Sarkozy

Gérard Noiriel observe que, depuis les années 1930, l’identité nationale a toujours été associée à l’idée faisant de l’étranger une menace. «On parle alors d' »indésirables » et même plus de « racailles », de « métèques », de « clandestins », les « indésirables » étant ceux que l’on n’avait pas choisis», ajoute l’historien7.

Jean-Marie Le Pen, obsédé par l’immigration (elle met en danger l’identité française), peut se réjouir de la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un «ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale» : à force de racoler son électorat, le ministre-candidat est devenu le meilleur propagandiste des thèmes de l’extrême droite.

En réalité, rien de véritalement nouveau : les relations entre droite et extrême droite sont anciennes tant sur le plan idéologique que sur le plan «électoral».

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Fragments de l’identité nationale fançaise.
Identité nationale

Vous avez dit «identité nationale» ?

Rappelez-vous les déclarations de Nicolas Sarkozy, à Toulon, il y a trois ans : 215 Mais à force de racolage, le ministre-candidat a fini par devenir lui-même propagandiste des thèmes de l’extrême droite. Son dernier dérapage le montre une fois de plus : la création d’un «ministère de l’immigration et de l’identité nationale» aux inquiétantes connotations.

L’identité nationale est une notion à manier avec beaucoup de précautions. L’occasion d’en appeler aux historiens et notamment à Anne-Marie Thiesse qui écrivait, dans un contexte très différent, que «la nation est une création vieille d’à peine deux siècles qu’il fallut inventer et ensuite consolider autour de mythes fondateurs …»

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Alain Ruscio : les vieux fantasmes ont la vie dure

Un billet d’humeur inspiré par l’actualité à Alain Ruscio, historien, auteur de

  • Que la France était belle eu temps des colonies. Anthologie de la chanson coloniale française, Ed. Maisonnneuve & Larose, 2001
  • Le Credo de l’Homme blanc, Ed. Complexe, 2002
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Un rapport de l’IGS met en cause le comportement de policiers dans le drame de Clichy, en octobre 2005

Un rapport de l’Inspection générale des services (IGS, la « police des polices ») met en cause le comportement de policiers dans l’enquête sur la mort par électrocution de deux adolescents en octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à l’origine des émeutes de banlieue.

Trois adolescents, Zyed Benna, Bouna Traoré et Muhittin Altun, s’étaient réfugiés dans le transformateur après avoir été, selon certains récits, poursuivis par des policiers, ce que contestaient ces derniers. Les deux premiers adolescents sont morts. Le troisième a été gravement blessé.

La justice a ouvert un dossier pour « non-assistance à personnes en danger ». Les cinq policiers intervenus bénéficient depuis le 13 novembre 2006 du statut de « témoin assisté ». Ils ne sont donc ni mis en examen ni suspendus de leurs fonctions, le juge ayant estimé que les éléments constitutifs du délit n’étaient pas réunis. Me Jean-Pierre Mignard, avocat des familles des deux victimes, conteste ce statut, estimant qu’il s’agissait d’une « mise en examen habillée en dimanche ». Les familles des victimes ont déposé de nouvelles plaintes pour « mise en danger de la vie d’autrui », qualification pouvant entraîner une mise en examen.

[Publié le 8 déc 06, mis à jour le 9 déc 06]

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu du rapport de l’IGS publié dans Le Monde daté du 8 décembre 2006.

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