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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Racisme et islamophobie

Françoise Héritier : Travailler un passé que nous pensions révolu

Pour Françoise Héritier, il ne faut pas laisser la place à ceux qui visent «l’étranger, le Noir, le basané».

Anthropologue, professeure honoraire au Collège de France, Françoise Héritier estime qu’il est urgent de sortir de la stigmatisation et nécessaire de «voir dans l’autre l’universel, et donc le même, plutôt que le radicalement autre». Elle vient de publier Le Goût des mots (éd. Odile Jacob).

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Face à la dernière provocation de l’hebdomadaire “Minute”

L’hebdomadaire d’extrême droite Minute n’est visiblement pas à une initiative nauséabonde près. Cette semaine, il consacre sa manchette à la ministre de la Justice. « Taubira retrouve la banane », titre le journal. Surtitre : « Maligne comme un singe ».

Le journal fait référence à une manifestation d’opposants, fin octobre, lors d’un déplacement de la ministre à Angers. On avait pu voir, parmi les militants, de jeunes adolescents scandant « la guenon mange ta banane », tandis que l’un d’entre eux agitait une peau de banane. Il y a un mois, Anne-Sophie Leclère, candidate du Front national aux élections municipales de Rethel dans les Ardennes, avait elle aussi provoqué une vive polémique en comparant Christiane Taubira à un singe dans un sujet du magazine Envoyé spécial. « Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République », avait dénoncé Christiane Taubira dans un entretien à Libération.


Dernière minute – Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a saisi, mardi 12 novembre, le procureur de la République de Paris au sujet de la « une » de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute sur Christiane Taubira, « en application de l’article 40 du Code de procédure pénale [afin] de porter ces faits susceptibles de constituer l’infraction d’injure publique à caractère racial ».

Ci-dessous, à la suite du communiqué de la LDH, la lettre ouverte que Yann Moix, prix Renaudot 2013, a adressée il y a quelques jours à Christiane Taubira.

[Mis en ligne le 12 novembre 2013, mis à jour le 13]

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Insultes racistes contre Christiane Taubira

Lors d’un déplacement de Christiane Taubira à la cour d’appel d’Angers (Maine-et-Loire), vendredi 25 octobre 2013, une adolescente qui faisait partie d’un groupe d’opposants au mariage homosexuel, réunis à l’extérieur de l’édifice, avait comparé la ministre de la Justice à une « guenon »2.

Le lundi suivant, de passage à Toulouse, la ministre est revenue sur le sujet : « Très franchement, sur ma personne, c’est absolument sans importance. Ce qui me paraît extrêmement grave, c’est qu’il y a des personnes, de plus en plus, qui s’affranchissent […] [du] respect de la loi et qui profèrent des insultes, des injures, des menaces ». « Ça me paraît extrêmement inquiétant pour la société, pour les personnes qui sont vulnérables, qui risquent, elles, d’être exposées à ces comportements et parfois à des passages à l’acte en terme d’agressions », a-t-elle poursuivi.

Ci-dessous : une vidéo réalisée à Angers, la réaction de François Morel et celle de l’historien Pascal Blanchard.

un appel à signer : “France, ressaisis-toi” !

[Mis en ligne le 1er novembre 2013, mis à jour le 10]

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La France raciste et celle qui réagit

Les semaines passent et se ressemblent au Front national. Après l’épisode de la caricature raciste de la ministre de la Justice Christiane Taubira publiée sur la page Facebook de la candidate FN aux municipales dans les Ardennes, les déclarations douteuses de Marine Le Pen sur la barbe des otages français d’Arlit, cette fois-ci c’est une tête de liste FN d’origine algérienne qui fait vaciller la stratégie de dédiabolisation du parti d’extrême-droite : Nadia Portheault, candidate du Front national à Saint Alban (Haute Garonne), rend sa carte du parti en dénonçant le racisme qui y règne.

Condamnant les «dérapages vers l’injure raciste», Harry Roselmack déplore le retour de la France raciste.

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Copé demande la suppression du “droit du sol”

Aujourd’hui, un enfant né en France de parents étrangers peut acquérir automatiquement la nationalité française à sa majorité s’il réside dans le pays depuis cinq ans. Ce droit que l’on désigne par l’expression “droit du sol”, favorise l’intégration des enfants d’étrangers. Il fait partie des valeurs de notre pays où, comme le rappelle l’ancien ministre UMP Patrick Devedjian, « plus de 25 % des Français ont au moins un grand-parent de nationalité étrangère ». A partir des années 1980, la plupart des pays européens l’ont adopté.

Jean-François Copé, président de l’UMP, va déposer une proposition de loi pour mettre fin à cette acquisition automatique de la nationalité française pour des enfants nés en France de parents étrangers en situation irrégulière. Il demande également la suppression de l’Aide médicale d’État, un dispositif datant de 1999 dont l’objectif est avant tout de santé publique.

En reprenant ces propositions, qui figurent dans le programme du Front national, Jean-François Copé contribue à entretenir la xénophobie ambiante.

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Jean-Yves Camus : quand l’obsession de l’islam reste l’idée centrale du FN

Dans le programme de Marine Le Pen la “priorité nationale” a pris la place de la “préférence nationale” de son père. Mais sur le fond, il n’y a pas de changement : «Stopper l’immigration et instaurer la priorité nationale pour l’emploi, le logement et les aides sociales3» reste le cœur du programme du FN.

Dans l’entretien qu’il a donné à Libération et que nous reprenons ci-dessous, le politologue, spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, montre que le Front national n’a évolué qu’à la marge, la fille ne condamnant jamais les propos du père et s’appuyant sur la même idéologie. «La question n’est pas de savoir si [le FN] est d’extrême droite, mais de savoir si on est favorable, en tant que citoyen, à l’exclusivité des prestations sociales pour les citoyens français, à la priorité aux Français dans le logement et dans l’emploi, au rétablissement de la peine de mort et à l’établissement de la démocratie directe.4».

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En France, y a pas de contrôles d’identité abusifs !

En France, les personnes perçues comme «noires» ou «arabes» sont contrôlées respectivement six et huit fois plus que celles qui sont perçues comme «blanches», selon une étude menée en 2009 à Paris par l’ONG Open Society Justice Initiative (émanation de la Fondation George Soros) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – voir cette page.

« Il est choquant que des jeunes noirs et arabes puissent être, et soient, obligés de se mettre contre un mur et soient malmenés par la police en l’absence de réelles preuves d’infraction. Mais en France, si vous êtes jeune et que vous vivez dans certains quartiers, cela fait partie de la vie. » avait écrit Judith Sunderland dans le rapport intitulé La base de l’humiliation : Les contrôles d’identité abusifs en France, publié en janvier 2012 par l’organisation américaine Human Rights Watch – voir cette page.

La lutte contre les contrôles au faciès était l’engagement numéro 30 de François Hollande lors de sa campagne présidentielle. Mais les 13 personnes, qui avaient récemment porté plainte pour contrôles abusifs – voir cette page –, ont toutes été déboutées : le tribunal a estimé que les contrôles n’étaient pas discriminatoires.

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l’islamophobie : inacceptable, comme tout racisme

Difficile de nier la multiplication en France d’actes discriminatoires envers les personnes musulmanes ou supposées telles. Cette hostilité est entretenue par des déclarations et des écrits les stigmatisant. Le livre d’Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie – Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », constitue une oeuvre salutaire : il explique comment l’islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom.

Nous reprenons un extrait de son introduction qui montre que des déclarations hostiles à la présence de musulmans en France sont de plus en plus tolérées alors qu’elles seraient jugées inadmissibles si elles étaient appliquées à d’autres catégories de la population. Pour commencer, un exemple récent …

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Affaire Zyed et Bouna : les deux policiers seront jugés en correctionnelle

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

Huit ans après les faits, la cour d’appel de Rennes a décidé, vendredi 20 septembre, de renvoyer en correctionnelle deux des policiers impliqués dans la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, morts en 2005 à l’issue d’une course-poursuite à Clichy-sous-Bois.

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Trappes : ce que le voile révèle

«Il y a l’élément déclencheur et le contexte. L’élément déclencheur?: à Trappes une femme voilée, mais pas intégralement, a d’abord été agressée à l’arme blanche?; puis s’est produit le contrôle d’identité d’une femme portant le niqab. Le contexte?: les révoltes ne se produisent pas dans les quartiers aisés mais dans les quartiers populaires, ouvriers, où règne un sentiment d’abandon, de disqualification, de ségrégation. C’est le cas à Trappes. Dans tous ces quartiers existe un haut degré d’exaspération. Les forces de l’ordre représentent l’État et sa forme répressive. Parmi la population musulmane, l’islamophobie est une autre cause de l’exaspération. L’islamophobie n’est pas reconnue – ou alors du bout des lèvres – ni prise en charge par les pouvoirs publics.» (Marwan Mohammed6)

Ci-dessous un billet d’humeur du démographe Nicolas Bourgoin7, suivi d’un entretien vidéo du mari de la femme verbalisée, diffusé sur la Télévision locale du 93.

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