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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Pour la maire d’Aix-en-Provence, l’Algérie est toujours française

Quelques jours après l’annulation de l’exposition Camus, on apprend qu’une autre série d’événements culturels sur l’Algérie a été refusée par la mairie d’Aix-en-Provence.

La manifestation intitulée 50 ans après l’indépendance, l’Algérie ? devait se dérouler en divers lieux culturels aixois. Le prétexte invoqué par la maire, Maryse Joissains, était le risque de porter atteinte à l’ordre public dans la mesure où elle jugeait la manifestation « très pro-algérienne ».
Pour la mairie, « il était absolument hors de question de parler de l’Algérie, c’était même irresponsable d’évoquer ce sujet, d’autant que la commune compte une très importante communauté de rapatriés qu’il ne faut pas heurter »1.

Parmi les spectacles annulés : Il était une fois Germaine Tillion de Xavier Marchand…

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Des croix gammées oranges ont été peintes à la bombe sur les portes de la salle de prière, du jardin et dans la cour du bâtiment (photo Louise Audibert)
Racisme de couleur et islamophobie

profanation d’une salle de prières musulmane à Draguignan

Après la profanation de tombes musulmanes à Carros et l’agression à Amiens de deux personnes âgées qui se rendaient à une mosquée, ce troisième acte anti-musulman commis en moins d’un mois confirme les inquiétudes exprimées dans son dernier rapport par la Commission nationale consultative des droits de l’homme devant la montée du racisme anti-musulman.

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François Hollande, Jules Ferry et la colonisation

Plus d’un siècle après les débats de juillet 1885 entre Jules Ferry et Georges Clemenceau à l’Assemblée nationale, une polémique sur la colonisation semblait sur le point de renaître.

En effet, dès le mardi 15 mai 2012 en début d’après-midi, au moment de prendre ses fonctions de président de la République, François Hollande, a tenu à rendre hommage à Jules Ferry. Mais c’est le «bâtisseur» de l’école de la République qu’il a salué – et non le promoteur d’une politique coloniale qu’il a condamnée : « En saluant aujourd’hui la mémoire de Jules Ferry, je n’ignore rien de certains de ses égarements politiques a-t-il déclaré. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit, à ce titre, être condamnée […].

C’est donc empreint de cette nécessaire lucidité que je suis venu saluer le législateur qui conçut l’école publique, le bâtisseur de cette grande maison commune qu’est l’école de la République. […] »

Nous reprenons ci-dessous les tribunes de l’historien Gilles Manceron et de l’écrivain Salah Guemriche concernant Jules Ferry et la colonisation.

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Aix-en-Provence

Maryse Joissains : “Les valeurs qu’a Marine Le Pen, je les ai toujours défendues”

Mais la maire d’Aix-en-Provence ajoute qu’elle est « imperméable à toute négociation» précisant immédiatement « au moins jusqu’au second tour2».
Sa collègue, Valérie Boyer, députée UMP de Marseille et également membre de la “Droite populaire”, justifie le réalisme qui prévaut dans les Bouches-du-Rhône : « La présidentielle est la défaite d’un homme, mais il y a un projet politique à défendre. Il n’y a aucune raison de se boucher le nez.3 »

Le texte ci-dessous que l’historien Alain Ruscio a publié en 2011, permet d’ailleurs d’apprécier la proximité entre les convictions de Maryse Joissains et le programme du Front National.

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Annulation de l’exposition Albert Camus à Aix-en-Provence

2013, année de la capitale européenne de la culture et année du centenaire de la naissance d’Albert Camus… Hélas, Mediapart nous révèle que l’exposition Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble qui aurait pu être un événement marquant de Marseille Provence 2013 (MP2013) vient d’être annulée.

La fille de l’écrivain qui gère son oeuvre d’une part, MP2013 et la mairie d’Aix-en-Provence – qui devait accueillir l’événement à la Cité du livre – d’autre part, nient toute considération politique, évoquant des difficultés autour du fonds d’archives. Mais du côté de l’opposition de la maire UMP, comme François-Xavier de Peretti (Modem), on note que « ce n’était pas le Camus qui plaît aux nostalgiques de l’OAS (Organisation armée secrète) et à la frange dure de l’électorat pieds-noirs qui vote Maryse Joissains ». D’autant plus que l’organisation en était confiée à l’historien Benjamin Stora, spécialiste reconnu de l’histoire de l’Algérie contemporaine, mais fréquemment critiqué par les nostalgiques de l’“Algérie française”, noyau dur de l’électorat de la maire d’Aix-en-Provence.

Quoi qu’il en soit, comme l’explique Louise Fessard dans l’article ci-dessous, on ne peut que regretter cette annulation qui prive Marseille Provence 2013 d’un « projet conçu comme un signal fort vers l’autre bord de la Méditerranée» et vers la jeunesse d’origine algérienne de Marseille.

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Miliciens armés dans les rues de Guelma, en mai 1945.
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

Gilles Manceron à Guelma : les autorités françaises doivent faire un “travail de reconnaissance”

Le Xe colloque international sur les massacres du 8 mai 1945 s’est déroulé les 7 et 8 mai 2012 à l’Université de Guelma. Lors de son intervention, le premier jour, Gilles Manceron, ancien vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, a mis l’accent sur la nécessité de voir un jour les institutions officielles de la France reconnaître les crimes coloniaux.

Nous reprenons ci-dessous les extraits de son intervention que l’historien nous a communiqués.

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Maryse Joissains-Masini en juillet 2009 ( AFP/Anne-Christine Poujoulat)
Aix-en-Provence

Les propos indignes de Maryse Joissains

Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence et députée UMP-droite populaire, a déposé mercredi 9 mai 2012 un recours devant le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation de l’élection de François Hollande comme président de la République.

Elle invoque trois arguments : le dépassement des comptes de campagne, la? «propagande médiatique » pour le candidat socialiste face au lynchage médiatique de Nicolas Sarkozy, et enfin, le soutien « illicite » de la CGT en faveur de François Hollande. Selon la maire d’Aix-en-Provence, avec ses « petits bras», François Hollande «?n’a pas les qualités d’un chef d’Etat et ne mérite pas de prendre les rênes d’un grand pays comme la France?».

Une lettre ouverte, reprise ci-dessous, a été lancée pour protester contre ces propos indignes.

Signez-la et faites-la circuler

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Fatima Besnaci-Lancou & Gilles Manceron, Les harkis dans la colonisation et ses suites (éd de l'Atelier, 2008, p. 97)
Harkis

 12 mai 1962 – 12 mai 2012 : commémoration du drame des harkis

Chaque année, les harkis d’Ile-de-France commémorent le 12 mai 1962, date symbolique du commencement du drame de ces victimes du colonialisme. Ce jour là en effet, le premier acte officiel était édicté par le ministre des armées, Pierre Messmer : l’abandon les harkis sur le sol algérien.

A l’occasion du cinquantième anniversaire du début de cette tragédie, les harkis d’Ile-de-France appellent toutes les associations de harkis qui le souhaitent, à commémorer le 12 mai 1962.
Cinquante ans aprés, le temps est venu pour que les harkis et leurs enfants s’approprient pleinement leur histoire.

A Paris, la cérémonie de commémoration aura lieu le 12 mai 2012 en fin d’aprés midi devant le mémorial situé dans le Parc de la Butte au Chapeau rouge dans le XIXème arrondissement de Paris, en partenariat avec l’association Harkis et droits de l’Homme.

Ci-dessous : la note de service du 12 mai 1962 (extrait), suivie d’une interview de Pierre Messmer publiée le 25 septembre 2001.

[Mise en ligne le 8 mai 2012, mise à jour le 9]

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Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata…

Il y a 67 ans : les massacres du 8 mai 1945 dans le Nord-Constantinois.

Kateb Yacine, collégien à l’époque, est témoin oculaire à Sétif : «Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Les dirigeants n’avaient pas prévu de réactions. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes.» (lire la suite)

À Guelma, les milices préfigurent l’OAS – voir l’article de Jean-Pierre Peyroulou.

À Marseille un colloque, le 12 mai 2012, commémorera les événements.

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les deux principaux candidats à l’élection présidentielle et la reconnaissance du drame des harkis

Dans une lettre aux associations de harkis en date du 5 avril 2012, François Hollande s’est engagé « à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

Quelques jours plus tard, à Perpignan, Nicolas Sarkozy s’est contenté de reconnaître la «responsabilité» » de la France dans «l’abandon» des harkis4. Un certain nombre d’associations de harkis n’ont pas caché leur déception devant cette reconnaissance qu’ils jugent «incomplète et relative». Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, évoque de son côté le «caractère purement électoraliste du discours de Perpignan».

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Contrôle de police à la gare de l’Est, par Alain Bachellier. (Publié sur Flickr sous licence CC BY-NC-SA 2.0)
Contrôle au faciès

Plainte collective contre les contrôles au faciès

Parfois, c’est dix contrôles dans le mois. Très souvent pour les mêmes motifs : couleur de peau, origine, accoutrement, âge. Ils en ont assez et ont décidé d’assigner le ministère de l’Intérieur en justice,devant le Conseil d’Etat, contre ce qu’ils considèrent comme des discriminations. C’est une première. Ces quinze étudiants, lycéens, salariés, artistes ou chômeurs de Villeurbanne, Lille ou Saint-Ouen refusent de continuer à être « catalogués comme délinquants ».

Les contrôles d’identité sont censés être motivés, ou ne se faire que sous réquisition du procureur. Or, selon un rapport de 2009 de l’Open Society Justice Initiative en collaboration avec le CNRS, dont nombre de policiers reconnaissent l’objectivité en off, les individus considérés comme « noirs » étaient alors en moyenne contrôlés six fois plus souvent que ceux vus comme « blancs ». Pour les individus considérés comme « arabes », c’était huit fois plus souvent.

[Mis en ligne le 11 avril 2012, l’éditorial de Dominique Baudis a été ajouté le 23 avril]

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