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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Malika Rahal
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque d´El Watan à Alger : nouveaux regards sur l’histoire

Le colloque organisé du 5 au 7 juillet 2012 par le quotidien algérien El Watan, salle Cosmos de Riadh El Feth à Alger, a permis lors des deux premières journées à des historiens d’ouvrir de nouveaux horizons. Parmi les nombreux chercheurs venus d’Algérie, de France et des Etats-Unis dont ce journal a résumé les interventions, retenons notamment les interventions de :

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu publié le 7 juillet dans El Watan de la communication de Malika Rahal, chercheuse à l’Institut d’histoire du temps présent, (IHTP), sur « Le militantisme nationaliste : une expérience politique pour l’indépendance ? », consacrée à un courant politique resté trop méconnu, celui de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA). Et celui de l’intervention de Gilles Manceron qui a traité de la gêne éprouvée par la société française pour reconnaître ce que fut la colonisation et la guerre d’Algérie et dénoncé le fait que ce sont les lobbies nostalgiques de « l’Algérie française » qui dictent leur loi aux politiques, comme ils l’ont longtemps fait au temps des colonies. Pour terminer, nous reproduisons l’entretien avec Gilles Manceron sur la question des harkis que ce quotidien a publié dans son édition du 5 juillet.

[Ajouté le 23 août 2012] – A la suite de ces deux articles, vous pourrez voir les enregistrements vidéos de ces deux interventions.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

“guerre d’Algérie, guerre d’indépendance, paroles d’humanité”, par la 4acg

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, l’association Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – plus connue sous le nom de 4acg – publie un ouvrage qui rassemble des récits divers de combattants algériens et français, harkis, pieds-noirs, réfractaires, médecins, infirmières, membres de leur famille, tous mêlés d’une façon ou d’une autre à la guerre.

Ce dont témoignent tous ces acteurs, c’est qu’aujourd’hui l’heure est venue de parler et d’écouter, de donner et de recevoir, des deux côtés de la Méditerranée. C’est le sens de ce livre : faire entendre la multiplicité des voix et contribuer à une mémoire chorale de la guerre.

Les préfaces de Raphaëlle Branche et de Ouanassa Siari Tengour encadrent la liste des témoins qui ont contribué à cette œuvre collective.

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Zineb Ali Benali (Photo : Riad)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

libération de l’histoire au colloque d’Alger (1er–3 juillet 2012)

Ainsi que l’avait souhaité Benamar Mediene, certaines des interventions au colloque “Algérie 50 ans après : libérer l’Histoire” organisé à Alger par La Tribune et le CNRPAH du 1er au 3 juillet 2012, à la veille du cinquantenaire de l’indépendance, ont permis de sortir de « la vision sacralisante de l’histoire »1.
Au yeux de l’universitaire, la « sacralité » et l’« instrumentalisation » entravent la libération de l’histoire, en raison de la notion même de « génération de novembre » qui, selon ses propres dires, n’a pas lieu d’exister, car, « au déclenchement de la guerre de libération, il y avait des hommes et non une génération entière ».

Les interventions au colloque de deux universitaires illustrent cette évolution : Zineb Ali Benali a évoqué les femmes violées par l’ALN, et Dalila Aït-El-Djoudi a traité des prisonniers français de l’ALN. Ci-dessous les entretiens qu’elles ont accordés à La Tribune et qui ont été recueillis par Badiâa Amarni.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloques d’historiens en Algérie

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, plusieurs colloques vont se tenir en Algérie. Le premier, axé sur le problème de la reconnaissance par l’État français des crimes de la colonisation, se déroulera à Alger du 1er au 3 juillet 2012.Un article de ce site lui est consacré.

Quelques jours plus tard, un colloque organisé par El Watan se déroulera à Alger du 5 au 7 juillet. Puis une rencontre-débat se tiendra les 12 et 13 juillet 2012 à Ouzellaguen, lieu du Congrès de la Soummam en août 1956 ; elle sera consacrée à cet “acte fondateur” de l’État algérien.

Ci-dessous des informations sur ces trois événements.

[Mis en ligne le 26 juin 2012, mis à jour le 30]

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Fernand Iveton
L'affaire Audin

« Toi qui entres à la BNF François Mitterrand, n’oublie pas Fernand Iveton », par Jean-Luc Einaudi

La cérémonie de remise du prix Audin de mathématiques s’est déroulée le 22 juin à 14 h dans le petit auditorium de la BNF en présence de 140 personnes. Le Président du jury, Wendelin Werner, a remis leurs prix aux lauréats. A l’occasion du cinquantenaire de la signature des Accords d’Evian et de l’indépendance de l’Algérie, Gérard Tronel a remis, au nom de l’association Maurice Audin, un prix exceptionnel à Hacène Belbachir et à Tahar Boulemezaoud pour leurs contributions à la coopération franco-algérienne.

Au cours du colloque qui a suivi, La guerre d’Algérie, cinquante ans après, Henri Alleg, Roland Rappaport, Raphaëlle Branche, Mohamed Harbi, Nathalie Funès, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron et Benjamin Stora, ont rappelé les circonstances dans lesquelles était née l' »Affaire Audin » et ce qu’elle avait de symbolique dans la mesure où elle avait généré des situations de non-droit « légalisées » par des procédures du type « pouvoirs spéciaux » et articles « ad-hoc » de la constitution de 1958. Le cas Audin n’est pas le seul dans lequel les autorités militaires, couvertes par les pouvoirs civils ont arrêté, torturé et fait disparaître des citoyens français et algériens. Les intervenants ont rappelé que la colonisation était à l’origine de crimes inadmissibles au pays des Droits de l’Homme et qu’il serait temps que la République française reconnaisse ses erreurs qui sont à l’origine d’actions criminelles non encore élucidées. L' »Affaire Audin » est emblématique dans la mesure où elle repose notamment les problèmes de la torture, du mensonge au nom de la raison d’Etat, et de l’amnésie collective que les gouvernements successifs ont justifié par un arsenal législatif de lois d’amnistie. La cérémonie s’est achevée par un rappel: nous continuerons à lutter pour connaître la vérité sur la mort de Maurice Audin, il y va de l’Honneur de notre pays et de l’instauration de relations fraternelles entre les peuples algérien et français.

Jean-Luc Einaudi nous a aimablement autorisé à reprendre son intervention, prononcée à cette occasion le 22 juin 2012,à la Très Grande Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand.

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Départ d'un bateau du port d'Alger, 1962 (Marc Riboud)
1962, la fin de la guerre d'Algérie

Yann Scioldo-Zürcher : il y a 50 ans, l’exode des pieds-noirs

Départ d'un bateau du port d'Alger, 1962 (Marc Riboud)
Départ d’un bateau du port d’Alger, 1962 (Marc Riboud)

1962 est un moment important dans l’histoire de la décolonisation : au cours des mois qui ont suivi le cessez-le-feu, la plus grande partie des Européens d’Algérie ont quitté le pays. Ce fut un moment de déchirement sans pareil pour des familles qui y vivaient parfois depuis plusieurs générations – voir cependant le livre de Pierre Daum.

La création en août 1961 du secrétariat d’État aux rapatriés confirme que le pouvoir politique s’attendait à un départ important d’Européens après l’indépendance de l’Algérie. Mais il n’avait sans doute pas prévu que plus de 800 000 d’entre eux débarqueraient à Marseille, Sète, Toulon ou Nice, entre avril et septembre 1962 …

Peu à peu cependant, les situations se sont régularisées. L’historien
Yann Scioldo-Zürcher, qui a consacré sa thèse à la politique d’intégration des Français d’Algérie rapatriés, écrit que « face au traumatisme de ce qu’ils vécurent comme un exil, les rapatriés d’Algérie bénéficièrent de nombreuses mesures facilitant leur intégration en France métropolitaine.» Il le montre dans une conférence qu’il a prononcée en janvier 2012 et dans un article de 2010.

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vendredi 22 juin, à la BNF : remise du prix Maurice Audin et colloque

Il y a cinquante-cinq ans, Maurice Audin disparaissait… Arrêté et torturé en juin 1957 à Alger par des parachutistes français, Maurice Audin n’a jamais été revu vivant, et sa famille ne connaît toujours pas le sort qui lui a été réservé. Pour ne pas oublier, l’Association Maurice Audin a créé un Prix de Mathématiques qui récompense chaque année deux lauréats : un mathématicien algérien et un mathématicien français.

La cérémonie de remise de ces prix, pour les sessions 2011 et 2012, aura lieu vendredi 22 juin 2012, à 14 heures, dans un des auditoriums de la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand. Elle sera suivie d’un colloque : “Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie”.

A cette occasion, nous publions ci-dessous la lettre signée par François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, adressée le 26 mars 2012 à Gérard Tronel, président de l’Association Maurice Audin.

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François Hollande et le passé colonial de la France en Algérie

Le quotidien algérien El Watan du 19 mars 2012 et Le Monde daté du lendemain ont publié une tribune dans laquelle François Hollande, alors candidat à l’élection présidentielle, exposait son point de vue sur le passé colonial de la France en Algérie. Il appelait à un regard lucide et responsable sur ces pages d’histoire et incitait les deux pays à mener ensemble un travail de mémoire.

Il serait temps, cinquante ans après la fin de ce conflit cruel, que le vent mauvais de la censure cesse de souffler sur le midi méditerranéen.

La guerre d’Algérie n’a pas été vécue de la même manière par tous, et ce n’est pas manquer de respect envers quiconque que d’organiser des colloques consacrés à cette période de l’Histoire de France : il est donc injustifiable d’en demander l’annulation. Les réunions prévues à Nice, puis à Nîmes, ont pu avoir lieu, mais des manifestations culturelles ont été supprimées – notamment à Aix-en-Provence et à Venelles2.

Espérons également que le rétablissement des cérémonies officielles du 19 mars3 pourra se faire dans le respect de chacun4.

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Musées et créations contemporaines

“Algérie 1830-1962” aux Invalides : une exposition à ne pas manquer

Du 16 mai au 29 juillet 2012, le musée de l’Armée propose au grand public une exposition qui revient sur les 132 ans de présence militaire française en Algérie, de la conquête à l’indépendance, sans se limiter à la période de la guerre d’Algérie.

Les nombreux objets et documents présentés sont accompagnés par des dessins de Jacques Ferrandez, auteur et dessinateur des Carnets d’Orient, bande dessinée en 10 tomes qui constitue une fresque de l’Algérie coloniale.

“Algérie 1830‐1962. Avec Jacques Ferrandez”, exposition du 16 mai au 29 juillet au musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, Paris 7e. Tous les jours de 10 heures à 18 heures, à l’exception du 4 juin.5

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Ces ex-terroristes décorés et indemnisés par l’Etat

Un article bienvenu du Canard nous rafraîchit la mémoire à propos des honneurs récemment rendus à un certain nombre de ceux qui ont pris les armes contre la République.

Et il nous rappelle opportunément qu’en dehors de l’article 4 qui demandait aux programmes scolaires de reconnaître «le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord», la loi du 23 février 2005 comporte un autre article qui n’a pas été abrogé. En effet son article 13 prévoit l’indemnisation de civils de l’OAS qui ont fui à l’étranger et qui sont rentrés en France après les lois d’amnistie… l’un des membres de la commission d’indemnisation étant un ancien activiste de l’OAS !

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Aix-en-Provence

Maryse Joissains “défend les valeurs de Marine Le Pen”

Maryse Joissains-Masini, qui siège à l’Assemblée nationale depuis 2002 sur les bancs de l’UMP, est candidate à sa succession dans la 14e circonscription des Bouches-du-Rhône.

La municipalité d’Aix-en-Provence qu’elle dirige depuis 2009 vient de se faire remarquer en annulant successivement une série d’événements culturels consacrés à l’Algérie, puis une importante exposition sur Albert Camus.

Au-delà de ces actes de censure condamnés par la section d’Aix de la LDH, Maryse Joissains s’est signalée par des déclarations fracassantes dès le lendemain de l’élection présidentielle de 2012 : «Même si François Hollande est proclamé président de la République, je ne pense pas qu’il soit légitime […]. Par voie de conséquence, je ne me sens pas liée par ce président de la République, que je considère illégitime6». Quelques jours plus tard, elle devait confirmer son orientation politique : « Les valeurs qu’a Marine Le Pen, je les ai toujours défendues7».

Ces déclarations confirment une dérive vers l’extrême droite. Comment pourrait-on justifier aujourd’hui le vote pour une candidate qui récuse les autorités légitimes, et qui est soutenue par l’ancienne majorité tout en défendant les options du FN ?

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Stèle inaugurée à Alger le 19 mai 2012.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Benjamin Stora : substituer la reconnaissance de faits “concrets” à la dénonciation abstraite du système colonial

A l’occasion du colloque organisé le 21 mai 2012 par l’Association étudiante Sciences Po Monde Arabe8, l’historien Benjamin Stora a évoqué le “différend mémoriel” entre l’Algérie et la France.

Pour lui, il ne s’agit pas de faire un discours général de condamnation du colonialisme – tel celui que Nicolas Sarkozy a prononcé le 5 décembre 2007 à l’université de Constantine. Mais il faut adopter une démarche “concrète” analogue à celle de François Hollande, le 17 octobre dernier sur le pont de Clichy, là où des Algériens avaient été jetés dans la Seine en octobre 19619.

Il faut reconnaître officiellement et de façon précise ce qui s’est réellement passé. Et Benjamin Stora évoque l’affaire Audin, du nom de ce mathématicien enlevé en 1957, pendant la “bataille d’Alger”, et dont le corps n’a jamais été retrouvé ; une stèle vient d’être inaugurée en sa mémoire en plein centre d’Alger, mais les autorités françaises n’ont toujours pas reconnu les circonstances de sa disparition.

[Mis en ligne le 22 mai 2012, mis à jour le 30]

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