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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

le Sénat reconnaît la répression du 17 octobre 1961

Après François Hollande, le Sénat a voté le 23 octobre une résolution reconnaissant officiellement la « répression sanglante » par les forces de l’ordre de la manifestation d’Algériens du 17 octobre 1961.

Déposée par Nicole Borvo Cohen-Seat, ancienne sénatrice de Paris et présidente du groupe communiste, républicain, citoyen (CRC), et plusieurs de ses collègues, la résolution a été adoptée par 174 voix pour, et 168 contre
1.

« C’est un acte important, tant attendu, auquel il nous revient aujourd’hui de donner toute sa portée par un vote solennel de notre assemblée », a jugé Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste français. Un « premier pas » qui doit être « suivi des actes nécessaires à l’établissement définitif de la vérité et à la reconnaissance des crimes coloniaux, dont le 17 octobre 1961 constitue, avec d’autres, un épisode tragique ». Le secrétaire général du PCF a saisi l’occasion pour demander l’ouverture de toutes les archives concernant les guerres coloniales. « Ne serait-il pas souhaitable à ce sujet que les archives de l’Etat soient soumises à des règles communes en matière d’archives conformes au fonctionnement d’un Etat démocratique ? », a-t-il interrogé2.
Une demande qui rejoint celle des historiens d’un « plus large » accès aux archives.

[Mis en ligne le 24 octobre 2012, mis à jour le 30]

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Bigeard : paix à ses cendres, non à un hommage

Communiqué de la section LDH de Toulon

En novembre 2011, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait fait connaître son intention de transférer les restes du général Marcel Bigeard aux Invalides. De multiples protestations, dont une pétition qui a recueilli près de 10 000 signatures, ont empêché ce projet de se réaliser.

Le nouveau gouvernement a décidé d’abandonner ce projet et de transférer les cendres de Bigeard au mémorial des guerres en Indochine de Fréjus (Var) 3. Cette décision, qui associe Bigeard à l’Indochine en laissant de côté sa participation à la guerre d’Algérie, n’appellerait aucun commentaire, si le site du ministère de la Défense n’avait accompagné son annonce d’un panégyrique de celui qu’il qualifie de « meneur d’hommes […] vers qui les regards se tournent naturellement dans les moments les plus difficiles »
4.

Un tel hommage passe sous silence le rôle funeste joué par le général Bigeard en Algérie – à propos duquel, contrairement au général Massu, il n’a exprimé aucun regret. Si le ministre de la Défense s’exprimait dans le même sens le 20 novembre, cela reviendrait à élever la torture au rang de haut fait d’armes méritant les honneurs de la Nation5. Cela en contradiction avec
l’article 5 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.»

Si la République veut célébrer l’un de ses généraux, qu’elle oublie Marcel Bigeard et qu’elle cite en exemple Jacques Pâris de Bollardière qui a défendu les valeurs des droits de l’homme.

Toulon, le 22 octobre 2012

[Page mise en ligne le 22 octobre 2012, mise à jour le 26]

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Le maire de Nice commémore la fin de la guerre d’Algérie à sa façon.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

Nice, capitale de l’Algérie française

«Et qui dira la fraternité réelle, le compagnonnage des êtres de toutes conditions, la compréhension réciproque et les centres d’intérêts partagés, le respect mutuel entre les communautés, les affinités, les enthousiasmes communs ? 6»

C’est un hymne à l’Algérie française qu’a prononcé Christian Estrosi, le 30 juin 2012, en inaugurant un monument d’hommage aux «Français de l’autre rive». Le maire de Nice sait que les nostalgériques constituent une fraction importante de son électorat…

Il est difficile de ne pas déraper et de ne pas finir dans le burlesque, quand on tient un double langage … C’est ce qu’il est advenu au maire de Nice, le 20 octobre, quand il s’est écrié “Vive l’Algérie française !”.

[Mis en ligne le 4 juillet 2012, mis à jour le 24 octobre]

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François Hollande reconnaît la sanglante répression du 17 octobre 1961

Communiqué de la présidence de la République (17 octobre 2012)

Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression.

La République reconnaît avec lucidité ces faits.

Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes.

[Mis en ligne le 17 octobre 2012, mis à jour le 19]

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Le 17 octobre 1961

 17 octobre 1961 : massacre colonial à Paris

«Le 17 octobre 1961, ce ne fut pas un service de maintien de l’ordre qui fut mis en oeuvre, mais une véritable “chasse à l’homme” fondée sur des critères raciaux», écrit Emmanuel Blanchard, dans son livre La police parisienne et les Algériens (1944-1962)7. Après avoir rappelé que «outre celui de “ratonnades”, c’est le terme de “pogrom” qui fut utilisé pour qualifier» cette soirée, l’historien conclut que «la qualification de “massacre colonial” rend mieux compte de ce que ces utilisations des forces de l’ordre participaient de techniques de gouvernement impérial».

Nous reprenons ci-dessous l’épilogue du livre d’Emmanuel Blanchard.

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Mettre un terme aux contrôles d’identité abusifs

Le collectif contre le contrôle au faciès a lancé le 15 octobre 2012 sa nouvelle campagne avec l’objectif de mettre un terme aux contrôles d’identité abusifs.

Il y a trois ans, en effet, une étude scientifique conduite par une équipe du CNRS établissait que les forces de l’ordre effectuent des contrôles d’identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d’être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs ; pour les seconds, elle est six fois plus importante. L’idée de l’attestation de contrôle d’identité est partie de là.

D’autre part, le Défenseur des droits vient de rendre public son rapport « relatif aux relations police-population », dans lequel il prône un cadre plus strict pour les contrôles d’identité.

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Musées et créations contemporaines

vies d’exil : des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration – toujours pas inaugurée officiellement – accueille jusqu’au mois de mai l’exposition “Vies d’exils, des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie”, une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962.

Pendant cette période, l’immigration, loin de ralentir, s’accélère au contraire, la population algérienne passant au cours de la période de 220 000 à 350 000 personnes. Fait nouveau dans l’histoire de l’immigration algérienne : il ne s’agit plus exclusivement d’une immigration masculine, et les familles rejoignent peu à peu leurs proches dans l’exil. Entre conflits nationalistes et répression policière, le difficile quotidien n’entame cependant pas la volonté des immigrés de vivre en s’insérant dans la société de consommation qui se profile alors en métropole.

L’exposition, conçue et réalisée par les historiens Linda Amiri et Benjamin Stora, a été inaugurée le 8 octobre 2012, par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication8.

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 1962-2012 : des chrétiens engagés se souviennent

1962-2012 : cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie

Des chrétiens engagés se souviennent…

Colloque organisé par « Les amis du 68 rue de Babylone »

Samedi 13 octobre 2012

Salle des expositions, mairie du II° arrondissement,
8 rue de la Banque, 75002 Paris (métro Bourse)

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

“la guerre d’Algérie, 50 ans après”, à Toulon

A l’occasion du cinquantenaire de la fin de la “guerre d’Algérie” – la “guerre de libération nationale” des Algériens – le Théâtre Liberté propose une programmation centrée sur ce pays voisin.

Elle commencera avec une représentation à ne pas manquer : une adaptation pour le théâtre du Journal 1950-1962 de Mouloud Feraoun, jeudi 11 & vendredi 12 octobre à 20h :
Le contraire de l’amour – mise en scène et version scénique de Dominique Lurcel qui rencontrera le public à l’issue de chaque représentation.

[Mis en ligne le 4 octobre 2012, mis à jour le 11]

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Le 17 octobre 1961

appel pour le  17 octobre 2012

Appel du Collectif 17 octobre, dont la Ligue des droits de l’Homme est membre, pour le 51e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 à Paris : Rassemblement le 17 Octobre 2012 à 18h au Pont Saint Michel9

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En finir avec les contrôles “au faciès”

Des associations fustigent le “reniement du gouvernement”, au lendemain de l’annonce par le Premier ministre de l’abandon du projet de récépissé envisagé pour éviter les contrôles d’identité abusifs.

Dans un communiqué publié le 28 septembre, les associations, qui voyaient dans cette procédure respectueuse des citoyens un moyen de lutter contre le délit de faciès, déplorent que le premier ministre se soit aligné sur la position exprimée par Manuel Valls le 19 septembre.

Selon une étude réalisée en 2009 dans cinq lieux parisiens par l’Open Society Justice Initiative, émanation de la Fondation Soros, un Noir ou un Arabe ont respectivement 6 et 7,8 fois plus de chances d’être contrôlés qu’un Blanc. Plus récemment, l’ONG Human Rights Watch avait épinglé la France à propos de ces contrôles.

Documents téléchargeables :

[Mis en ligne le 29 septembre 2012, mis à jour le 6 octobre]

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“50 ans après la libération de l’Algérie”, rencontre-débat à Perpignan

La Ligue des droits de l’Homme de Perpignan10
a organisé, samedi 29 septembre 2012 de 15h à 19h, une rencontre-débat, dans le hall Guy Malé du Conseil Général, sur le thème :

1830-1962 : analyse du système colonial français en Algérie : de sa mise en place jusqu’à l’accession à l’indépendance du peuple algérien

avec la participation de :

  • Gilles Manceron – historien – Ligue des Droits de l’Homme
  • Fatima Besnaci-Lancou – Association Harkis et Droits de l’Homme
  • Mireille Fanon-Mendes-France – Fondation Frantz Fanon
  • Amar Meniker – Association des Harkis pour le Mémorial de Rivesaltes

Les intervenants se sont interrogés sur notre passé commun et sur l’“héritage” pour les relations franco-algériennes futures. Ci-dessous, quelques échos de ce colloque à plusieurs voix dans une ville dont les édiles entretiennent la nostalgie de la période coloniale.

[Première mise en ligne le 17 septembre 2012, mis à jour le 5 octobre]

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