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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

intervention armée de la France au Mali : honni soit qui oublie les populations civiles

Répondant à un appel d’autorités maliennes, la France a envoyé des militaires affronter des “terroristes islamistes”.

Afghanistan, Irak, Libye … ces guerres sont-elles venues à bout du terrorisme, ou, au contraire, ne l’ont-elles pas entretenu ?
On peut certes apporter une aide à un État souverain qui la demande. Mais «le Mali est actuellement un État en situation de dissolution» rappelait récemment Rony Brauman. Il poursuivait : «Reprendre Tombouctou, Gao ou Kidal ne devrait pas être compliqué, mais c’est le fameux jour d’après qui pose un problème ; s’il n’y a pas un État, un ensemble intégrateur, ce jour-là sera celui d’une catastrophe.»1

Ci-dessous, deux communiqués – l’un, récent, de MSF qui appelle au respect des populations civiles, l’autre d’Amnesty International, publié en décembre dernier à la suite de l’adoption par le conseil de sécurité d’une résolution autorisant une intervention armée au Nord-Mali – et un article de décembre dernier où Rony Brauman évoquait le risque de déstabilisation de toute la région.

[Mise en ligne le 14 janvier 2013, mis à jour le 15]

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Un ancien membre de l’OAS privé définitivement de sa Légion d’honneur

Jean-François Collin, responsable de l’ADIMAD, vient de se voir privé de sa décoration de chevalier de la Légion d’honneur qui lui avait été décernée par un décret du Président de la République en date du 5 mai 2011 – voir cette page.

Plusieurs associations s’étaient indignées de cette nomination et des conditions dans lesquelles elle avait été officiellement remise le 1er novembre 2011, lors d’une cérémonie devant la stèle des fusillés de l’OAS au cimetière Saint-Laurent-Imbert de Marignane.

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François Hollande répond à Josette Audin

Dans un courrier reçu par Josette Audin, le chef de l’État, répondant à celui qu’elle lui avait adressé en août dernier, promet de lui remettre « l’ensemble des archives et documents en sa possession relatifs à la disparition » du jeune mathématicien communiste. Sans préciser s’il va lever le secret-défense.

L’historienne Raphaëlle Branche relativise la portée de cette annonce.

[Mis en ligne le 17 décembre 2012 à 14h, mis à jour à 22h30]

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

Où ira le buste de Néfertiti ?

Dans les grands musées d’Europe et des Etats-Unis sourient des statues grecques et des bouddhas… Mais la légitimité de l’appropriation de certaines de ces œuvres est remise en question.

Un article de Patrick Howlett-Martin, diplomate (dernier ouvrage publié : Capri en mer, Skira, Milan, 2009), repris du Monde diplomatique de juillet 2012.

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Et Maurice Audin ?

A l’occasion de la remise du prix Audin de mathématiques pour les sessions 2011 et 2012, le 22 juin 2012, à la Bibliothèque nationale de France (site François Mitterrand, un colloque de journalistes et d’historiens, s’est tenu autour du thème des cinquante ans de l’indépendance algérienne et de la nécessité pour le nouveau pouvoir politique de faire éclater la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, en 1957, durant la guerre d’Algérie. Plusieurs intervenants ont adjuré le nouveau Président de la République d’intervenir dans ce sens.

Au moment où il s’apprête à faire un voyage officiel en Algérie, le 19 décembre prochain, cette vidéo rappelle les moments forts de ce colloque et les appels des intervenants en direction du Président… appels restés jusqu’à présent sans réponse.

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Le Pen et la torture

La question : Jean-Marie Le Pen et la torture

Dans une interview publiée par le quotidien Combat le 9 novembre 1962, Jean-Marie Le Pen avait reconnu : «Je le sais, je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire». Mais, dès le lendemain, il avait tenu à préciser que le terme de « torture » ne pouvait s’appliquer aux « méthodes de contraintes » qu’il avait utilisées en Algérie quand il servait comme sous-lieutenant 2.

Quelques décennies plus tard, la Cour de cassation, en les relaxant de poursuites en diffamation, a donné raison à Michel Rocard et Pierre Vidal-Naquet qui avaient dénoncé les actes de torture commis par Jean-Marie Le Pen.

Nous versons au dossier une vidéo, réalisée en 2007, comportant de nombreux témoignages, ainsi que le compte-rendu paru dans Le Canard enchaîné du 5 décembre 2012 du livre Le Pen, une histoire française (Robert Laffont) de Philippe Cohen et Pierre Péan – un ouvrage qui a pu être qualifié de «réhabilitation» du leader d’extrême-droite3.

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Gerald Bloncourt - Rue des archives
1962, la fin de la guerre d'Algérie

exposition “Paris en guerre d’Algérie”

L’exposition »Paris en guerre d’Algérie » qui se tient du 7 décembre 2012 au 10 janvier 2013 au couvent des Cordeliers, à Paris, retrace les répercussions du conflit entre la France et l’Algérie sur les conditions de vie dans l’ancien département de la Seine sur une période plus large que celle du conflit, de 1953 à 1968.

Un conflit qui n’a pas touché les différents habitants de la région parisienne au même titre. L’exposition aborde notamment les conditions de vie des Algériens avant et après la guerre.

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Armelle Mabon : “Thiaroye, un passé à reconstituer”

Il y a 68 ans, le 1er décembre 1944, l’armée française a commis un massacre sanglant dans la caserne de Thiaroye (Sénégal). Plusieurs dizaines de « soldats africains qui s’étaient pourtant battus pour la France», selon les mots récents de François Hollande4, furent tués.

Combien de ces tirailleurs trouvèrent la mort ce jour-là ? Et pourquoi ? L’historienne Armelle Mabon, auteure de Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée, a fouillé les archives5.

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le 19 mars devient journée nationale du souvenir

Le Parlement a adopté définitivement le 8 novembre 2012 la proposition de loi socialiste qui fait du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en 1962, la « journée nationale du souvenir » en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie, après le vote en ce sens du Sénat6.
Le texte a été adopté par 181 voix contre 155, la gauche s’étant prononcée pour, la droite contre, à l’issue d’un débat passionné. Déjà votée en janvier 2002, et dans les mêmes termes, par l’Assemblée nationale, la proposition de loi est définitivement adoptée après le vote du Sénat et ne retourne pas devant les députés7.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 29 novembre 2012 les recours des députés et sénateurs UMP, la loi est donc validée8.

L’adoption de cette loi mettra-t-elle fin aux contestations violentes des commémorations du cessez-le-feu du 19 mars 1962 – comme à Claviers il y a deux ans ?9

[Première mise en ligne le 25 octobre 2012, mise à jour le 30 novembre]


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Michèle Tabarot et Jean-François Copé, au siège de l'UMP, le soir du 19 novembre 2012 (LP/CAROL AMAR.)
Les pieds-noirs « nostalgériques »

Michèle Tabarot ou la revanche de l’Algérie française, par Alain Ruscio

Le bras droit de Jean-François Copé dans son combat électoral pour la présidence de l’UMP a été Michèle Tabarot : pour elle «Jean-François [était] l’homme de la situation».

Michèle Tabarot n’est pas – pas encore – célèbre, mais l’apparition au premier rang de la scène politique de celle qui continue à tourner la tête quand son regard croise un portrait du général de Gaulle10, est un signe. Dans l’article ci-dessous, basé sur son ouvrage, Y’a bon les colonies ? La France sarkozyste face à l’histoire coloniale, à l’identité nationale et à l’immigration11, l’historien Alain Ruscio voit dans cet événement le retour du “vieux parti de la réaction colonialiste”.

On peut craindre en effet que la “droite décomplexée” poursuive le lent travail de réhabilitation de l’“Algérie française” bien amorcé sous la présidence sarkozyste.

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À la Une des Dernières Nouvelles d'Alsace, le 2 juillet 2000.
Bigeard aux Invalides ?

Bigeard et la torture

Comment oublier que lors de l’inauguration d’une rue portant son nom à Trimbach (Bas-Rhin), le 1er juillet 2000, le général Bigeard avait justifié la pratique de la torture par l’armée française en Algérie ? Dans un entretien publié, dimanche 2 juillet 2000, par le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace, il avait en effet qualifié la torture de « mal nécessaire ».

Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, et Marc Lienhard, président de l’Eglise (luthérienne) de la Confession d’Augsbourg d’Alsace-Lorraine, avaient vivement réagi à ces propos, en exprimant leur « indignation » dans une déclaration commune datée du 13 juillet 2000.

Le ministre saura-t-il s’associer à cette condamnation sans appel lors de l’inauguration de la stèle qui recevra les cendres du général Bigeard, à Fréjus, le 20 novembre prochain, comme l’y invite la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme dans son communiqué du 22 octobre dernier ?

[Mis en ligne le 11 novembre 2012, mis à jour le 19]


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