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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Copé demande la suppression du “droit du sol”

Aujourd’hui, un enfant né en France de parents étrangers peut acquérir automatiquement la nationalité française à sa majorité s’il réside dans le pays depuis cinq ans. Ce droit que l’on désigne par l’expression “droit du sol”, favorise l’intégration des enfants d’étrangers. Il fait partie des valeurs de notre pays où, comme le rappelle l’ancien ministre UMP Patrick Devedjian, « plus de 25 % des Français ont au moins un grand-parent de nationalité étrangère ». A partir des années 1980, la plupart des pays européens l’ont adopté.

Jean-François Copé, président de l’UMP, va déposer une proposition de loi pour mettre fin à cette acquisition automatique de la nationalité française pour des enfants nés en France de parents étrangers en situation irrégulière. Il demande également la suppression de l’Aide médicale d’État, un dispositif datant de 1999 dont l’objectif est avant tout de santé publique.

En reprenant ces propositions, qui figurent dans le programme du Front national, Jean-François Copé contribue à entretenir la xénophobie ambiante.

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Jacques Pradel
Les pieds-noirs « nostalgériques »

ANPNPA : rompre avec la nostalgie coloniale

Un entretien avec Jacques Pradel, président de l’Association nationale des Pieds-Noirs progressistes et de leurs amis.1

Une association qui entend porter témoignage de ce que furent la colonisation, la guerre d’indépendance et les crimes commis durant 132 ans par la France en Algérie. Afin de contribuer à la connaissance d’un passé souvent méconnu – notamment des jeunes Français d’origine algérienne – et de lutter contre les préjugés qui continuent à entretenir le racisme.

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le 17 octobre 2013

Dans un entretien à l’APS repris ci-dessous, l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français, revient, sur les massacres de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Même s’il concède que le communiqué du président français, François Hollande, reconnaissant avec lucidité ces faits est un acte important, il affirme la nécessité de poursuivre le travail politique et historique pour que la France tourne enfin la page coloniale de son histoire.

A l’occasion du 52e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961, le Collectif 17 octobre continue à exiger Vérité et Justice, et appelle à un Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h, au Pont Saint Michel à Paris.

[Mis en ligne le 14 octobre 2013, mis à jour le 17]

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Jean-Yves Camus : quand l’obsession de l’islam reste l’idée centrale du FN

Dans le programme de Marine Le Pen la “priorité nationale” a pris la place de la “préférence nationale” de son père. Mais sur le fond, il n’y a pas de changement : «Stopper l’immigration et instaurer la priorité nationale pour l’emploi, le logement et les aides sociales2» reste le cœur du programme du FN.

Dans l’entretien qu’il a donné à Libération et que nous reprenons ci-dessous, le politologue, spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, montre que le Front national n’a évolué qu’à la marge, la fille ne condamnant jamais les propos du père et s’appuyant sur la même idéologie. «La question n’est pas de savoir si [le FN] est d’extrême droite, mais de savoir si on est favorable, en tant que citoyen, à l’exclusivité des prestations sociales pour les citoyens français, à la priorité aux Français dans le logement et dans l’emploi, au rétablissement de la peine de mort et à l’établissement de la démocratie directe.3».

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En France, y a pas de contrôles d’identité abusifs !

En France, les personnes perçues comme «noires» ou «arabes» sont contrôlées respectivement six et huit fois plus que celles qui sont perçues comme «blanches», selon une étude menée en 2009 à Paris par l’ONG Open Society Justice Initiative (émanation de la Fondation George Soros) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) – voir cette page.

« Il est choquant que des jeunes noirs et arabes puissent être, et soient, obligés de se mettre contre un mur et soient malmenés par la police en l’absence de réelles preuves d’infraction. Mais en France, si vous êtes jeune et que vous vivez dans certains quartiers, cela fait partie de la vie. » avait écrit Judith Sunderland dans le rapport intitulé La base de l’humiliation : Les contrôles d’identité abusifs en France, publié en janvier 2012 par l’organisation américaine Human Rights Watch – voir cette page.

La lutte contre les contrôles au faciès était l’engagement numéro 30 de François Hollande lors de sa campagne présidentielle. Mais les 13 personnes, qui avaient récemment porté plainte pour contrôles abusifs – voir cette page –, ont toutes été déboutées : le tribunal a estimé que les contrôles n’étaient pas discriminatoires.

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l’islamophobie : inacceptable, comme tout racisme

Difficile de nier la multiplication en France d’actes discriminatoires envers les personnes musulmanes ou supposées telles. Cette hostilité est entretenue par des déclarations et des écrits les stigmatisant. Le livre d’Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie – Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », constitue une oeuvre salutaire : il explique comment l’islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom.

Nous reprenons un extrait de son introduction qui montre que des déclarations hostiles à la présence de musulmans en France sont de plus en plus tolérées alors qu’elles seraient jugées inadmissibles si elles étaient appliquées à d’autres catégories de la population. Pour commencer, un exemple récent …

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Les nostalgiques de la colonisation

Le Front national et l’immigration

Dans les textes de l’extrême-droite, le mot “immigré” désigne systématiquement soit une personne originaire du Maghreb ou de l’Afrique sub-saharienne, ou qui en a l’apparence, soit une personne de confession musulmane, ou présumée l’être.

Le Front national fait une véritable fixation sur ces “immigrés” et sur l’immigration. On ne sait s’il s’agit de ce que le corps médical qualifie de trouble obsessionnel compulsif – un TOC collectif – mais il faut constater que cela l’amène à considérer comme avérées des affirmations inexactes – de ce point de vue, la fille Le Pen est bien dans les traces de son père.

Nous reprenons ci-dessous (en italique) des déclarations de Marine Le Pen et des extraits de son programme4 qui illustrent les remarques précédentes.

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Affaire Zyed et Bouna : les deux policiers seront jugés en correctionnelle

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

Huit ans après les faits, la cour d’appel de Rennes a décidé, vendredi 20 septembre, de renvoyer en correctionnelle deux des policiers impliqués dans la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, morts en 2005 à l’issue d’une course-poursuite à Clichy-sous-Bois.

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Tirailleur sénégalais. Photo : SGA/DMPA (Source)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

retour à Thiaroye

L’ouvrage collectif Nouvelle histoire des colonisations européennes XIXe-XXe siècles publié aux PUF sous la direction de Christelle Taraud et Amaury Lorin comporte un chapitre consacré au «Massacre des ex-prisonniers de guerre coloniaux le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal)».

Au terme d’une enquête de longue haleine, son auteure, Armelle Mabon, propose une relecture de la “mutinerie” de Thiaroye (Sénégal) le 1er décembre 1944. Après avoir rappelé que les soldats “indigènes” avaient d’abord combattu pour la France des débuts de la guerre à la défaite de juin 1940, avant d’être faits prisonniers par les Allemands et détenus pendant quatre ans (1940-1944) dans des Frontstalags sur le sol français, elle souligne que c’est bien la question des soldes impayées qui se trouve au cœur de la révolte. Armelle Mabon a accepté de répondre aux questions de LDH Toulon, et notamment sur les raisons qui l’ont amenée à modifier son point de vue sur cet épisode tragique du passé colonial français5.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Nouvelle histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècle) »

Cet ouvrage collectif dirigé par Amaury Lorin et Christelle Taraud renouvelle les questions historiographiques sur le thème des colonisations européennes contemporaines dans une démarche comparative. Dix-huit chercheuses et chercheurs y contribuent dans une démarche internationale et pluridisciplinaire. Le livre plonge au cœur des sociétés coloniales, en abordant le fait colonial dans une perspective comparative qui le réintègre pleinement dans l’histoire des sociétés métropolitaines dont celles-ci sont issues.

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de chaleureuses rencontres franco-algériennes

L’Algérie a reçu ces derniers jours deux délégations d’associations françaises qui militent pour le développement de liens d’amitié entre les deux pays : l’Association nationale des Pieds noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA) et l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG). Tous ont insisté sur la nécessité d’une écriture lucide et dépassionnée de l’histoire entre l’Algérie et la France.

Autre événement significatif : la rencontre à Alger de Louisa Ighilahriz, victime emblématique de la torture en 1957, et de Simone de Bollardière, veuve du seul officier supérieur français à avoir ouvertement condamné cette pratique.

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Décès de Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant puis putschiste

Hélie Denoix de Saint-Marc s’est éteint ce lundi matin, 26 août 2013, à l’âge de 91 ans. Entré dans la Résistance en février 1941, il a été déporté en 1943 au camp de Buchenwald.

Son nom reste attaché aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Il a notamment été chef de cabinet, chargé des relations avec la presse, du général Massu, pendant la bataille d’Alger en 1957. Lors du putsch d’Alger d’avril 1961, il était commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) qui a été le fer de lance du putsch manqué. Condamné le 5 juin 1961 à dix ans de détention criminelle, il a été gracié en décembre 1966. C’est Nicolas Sarkozy qui l’a pleinement réhabilité en le nommant Grand’Croix de la Légion d’honneur en novembre 2011.

Vous trouverez sur ce site un article datant de 2007, « Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe », où Gilles Manceron pose la question de son rôle exact au moment du putsch et met en évidence son attitude ambiguë vis-à-vis de l’OAS.

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