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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

L'Hôtel Montcalm à Montpellier
Montpellier

pas de musée de la France et de l’Algérie à Montpellier

Changement de cap à Montpellier pour l’hôtel Montcalm. À moins d’un an de son ouverture prévue, Philippe Saurel, « socialiste dissident », nouveau maire de la ville et nouveau président de l’Agglo vient d’annoncer sa décision d’abandonner le projet de musée de la France et de l’Algérie. L’hôtel Montcalm deviendra finalement un lieu dédié à l’art contemporain,
une décision annoncée sans aucune concertation avec le Conseil scientifique qui provoque une vigoureuse protestation de ses membres.

Comme l’écrit sur son compte Facebook l’historien Tramor Quemeneur, membre du Conseil scientifique, «ce retournement est encore, une fois de plus, le symbole que la mémoire de la colonisation française et de la guerre d’Algérie ne passe pas. Est-ce pour satisfaire quelque promesse électorale que le nouveau maire renonce à ce projet ? Est-ce par frilosité, pour ne pas dire crainte voire lâcheté ?

Ce musée aurait pourtant pu être un beau projet, comme le versant méditerranéen du Mémorial de Caen sur la Seconde Guerre mondiale ou de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne.
»

Il aurait pu devenir le musée de l’histoire des relations franco-algériennes et plus largement franco-maghrébines…

Il n’en sera rien…

[Mis en ligne le 18 mai 2014, revu et corrigé le 19]

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Villes du Midi et mémoire de l'Algérie française

Le mémorial de Théoule inauguré par Christian Estrosi

Il est légitime que les familles honorent leurs morts, que des lieux soient créés où elles puissent se retrouver pour évoquer le souvenir de celles et ceux qui les ont quittées.

Mais il est inadmissible que ces lieux soient détournés de leur finalité et utilisés pour glorifier l’action de ceux qui dans le passé ont pris des armes contre la République pour tenter de la renverser. C’est un devoir pour tout élu de respecter cette règle, et pour les autorités de la faire respecter.

Il est déplorable que des élus participent à des hommages rendus aux quatre fusillés de l’OAS et que les monuments prévus à cet effet se multiplient à Toulon, Marignane, Perpignan, Béziers, Aix-en- Provence, etc. Une cérémonie qui s’est déroulée récemment à Théoule-sur-Mer (Alpes maritimes) illustre cette dérive : Christian Estrosi, député maire de Nice, a participé à l’inauguration officielle d’un mémorial dédié à Notre-Dame d’Afrique qui glorifie la mémoire des « cent deux combattants de l’OAS morts au combat » – un combat qu’ils menaient contre la France !

[Mis en ligne le 17 mai 2014, mis à jour le 18]

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à Tournan, la guerre d’Algérie n’est pas finie

Un conseiller municipal FN de Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) a déclaré à un jeune conseiller municipal délégué à la jeunesse qu’il n’était pas digne de porter l’écharpe tricolore. Il a poursuivi, devant témoins : «des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre».

Le jeune conseiller délégué est né à Tournan, mais il est d’“origine algérienne”.

Et derrière son écharpe, c’est la République qui a été bafouée, elle dont le premier article de la Constitution affirme : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.»

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Béziers

Le parcours tortueux de Robert Ménard

On ne peut oublier les combats de Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières, pour défendre la liberté de la presse. On ne peut également que déplorer sa défense de l’indéfendable au nom de la liberté d’expression.

Élu maire de Béziers en mars dernier avec le soutien du Front national, Robert Ménard ne fait plus mystère de ses affinités avec l’extrême droite, et les nominations à la tête de son cabinet de deux activistes d’extrême droite l’attestent.

Il faut lire les déclarations de Louis Aliot, vice-président du Front National, s’étonnant que Robert Ménard se démarque du FN tout en engageant à son cabinet des gens «qui sont beaucoup plus, beaucoup plus radicaux que ne le sera jamais le Front National». D’après le Midi Libre, Robert Ménard a recruté comme directeur de cabinet André-Yves Beck, ancien collaborateur de Jacques Bompard à la mairie d’Orange et ancien membre, selon Mediapart, des mouvements d’extrême droite Troisième voie et Nouvelle résistance. Robert Ménard s’est également attaché les services, comme chef de cabinet, de Christophe Pacotte, qui avait intégré en 2012 le bureau directeur du Bloc identitaire. Retour ci-dessous sur un parcours bien tortueux.

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Saint-Raphaël : un projet de stèle porté par des anciens de l’OAS

L’édition du 9 mai dernier du journal algérien Le Temps comporte un article évoquant l’inauguration le 5 juillet prochain à Saint-Raphaël (Var) d’une stèle “en hommage à ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie”.

Georges Ginesta, député-maire de Saint-Raphaël, aurait, semble-t-il, donné son accord. Le projet, porté par le RNFAA (Rassemblement national des Français d’Algérie et leurs amis), est annoncé sur plusieurs sites nostalgériques – par exemple le CLAN-R – et un appel à donateurs a été lancé.

Sans contester le libellé de l’inscription envisagée sur la stèle, Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo), s’adresse à Georges Ginesta pour l’informer des dérives auxquelles l’existence d’un tel monument risque de donner lieu.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Louis-Georges Tin, « Esclavage et réparations »

La colonisation et l’esclavage ont été des crimes contre l’universalité des droits de l’Homme. Plus personne aujourd’hui ne songe sérieusement à le nier. Il n’est pas question maintenant de se lancer dans de vaines querelles sur les responsabilités passées. Mais il nous reste à affronter les problèmes que ce passé pose aux vivants et à tenter de trouver des réponses aux questions qu’il soulève – et notamment : peut-on envisager des « réparations » ? lesquelles ?… C’est la réflexion qu’entreprend dans ce livre Louis-Georges Tin. Nous publions ci-dessous deux réactions à cet ouvrage et aux questions qu’il soulève.

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La commémoration de l’abolition de l’esclavage maintenue à Villers-Cotterêts

Depuis 2007, le préfet de l’Aisne et la municipalité de Villers-Cotterêts commémoraient, tous les 10 mai, la journée de l’esclavage et de son abolition : le général Dumas, né esclave à Saint-Domingue et père d’Alexandre Dumas, est inhumé dans la ville.

Cette année, la municipalité de Villers-Cotterêts n’organisera pas de commémoration, comme cela se faisait chaque année depuis 2007, a annoncé le nouveau maire Front national, Franck Briffaut. Ce dernier a déclaré percevoir cette commémoration « comme étant un peu à la mode, dans le cadre d’une auto-culpabilisation permanente, d’une culpabilisation systématique ».

C’est pourquoi, la LDH de Picardie, soutenue par plusieurs organisations nationales, appelle à un rassemblement le 10 mai 2014 à 11h à Villers-Cotterêts, devant la plaque en mémoire du général Dumas.

[Mis en ligne le 25 avril 2014, mis à jour le 9 mai]

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Le maire FN de Mantes-la-Ville veut empêcher la construction d’une mosquée

Mantes-la-Ville (Yvelines) est la première commune d’Ile-de-France qui a élu un maire Front national. Les manifestations d’intolérance n’ont pas tardé. D’autant que l’une des priorités du nouveau maire, Cyril Nauth, est de s’opposer à la construction d’une nouvelle salle de prière pour les musulmans.

Un comité de vigilance et d’action s’est constitué pour mettre la nouvelle municipalité sous surveillance. « Nous veillerons à ce que l’égalité de traitement entre tous les Mantevillois soit respectée », a déclaré Bénédicte Bauret, élue d’opposition et présidente de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme.

Le lundi 12 mai à 20h30 à la salle Jacques Brel de Mantes-la-Ville, la Ligue des droits de l’Homme organise un débat sur le thème des extrêmes droites.
André Déchot, membre de la LDH et animateur d’un groupe de travail sur ce sujet, animera un débat autour de la question :
“Comment faire reculer les populismes autoritaires, xénophobes et le nationalisme ?”

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« Quelques blancs, quelques whites, quelques blancos » : les mots sont importants

Comme la CNCDH l’a pointé dans ses rapports récents, les politiques portent une grande responsabilité dans la montée du racisme en France. La vidéo de 21 minutes, réalisée en 2010 par Frédéric de Carlo, Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, pour accompagner la sortie du recueil Les mots sont importants. 2000/2010 1 en constitue une illustration spectaculaire.
Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore Manuel Valls en sont, parmi d’autres, les personnages principaux.

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l’affaire Audin, le droit de savoir, le droit de témoigner

Plus d’un demi-siècle après les faits, la reconnaissance des crimes
français commis en Algérie avance…

Mais la connaissance des faits bute sur les conséquences du long silence d’Etat qui a prévalu. En effet, des traces dans les archives ont été effacées. Les témoins et les acteurs disparaissent. Pourquoi n’ont-ils pas révélé ces faits quand ils les condamnaient ou les regrettaient?

Bernard Sigg a analysé leur silence.

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La responsabilité des politiques en 2013 dans la montée du racisme

Le racisme quotidien se banalise observe la Commission nationale consultative des droits de l’homme dans son rapport pour l’année 2013. La Cncdh avait fait la même observation dans son rapport précédent. Gérard Aschieri, rédacteur en chef adjoint de Hommes & Libertés, l’avait mis en évidence dans le compte-rendu du rapport 2012 que nous reprenons et qu’il avait écrit pour la revue trimestrielle de la LDH2.

Comme Christine Lazerges l’a fait récemment en remettant le rapport 2013, Gérard Aschieri pointe la « responsabilité des hommes politiques […] dès lors que leur discours “décomplexé” légitime un tant soit peu la transgression de la norme républicaine ou ne réagit pas avec assez de force. »

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A la tribune, de gauche à droite : Alain Ruscio, Sadek Hadjerès, Gilles Manceron, Nathalie Funès, René Gallissot et Malika Rahal (photo Pierre Pytkowicz/L'Humanité)
L'affaire Audin

une soirée-débat pour Maurice Audin

Lundi 24 mars 2014, Mediapart, la Ligue des droits de l’Homme et l’Humanité organisaient au théâtre Le Tarmac un débat public autour de l’assassinat de Maurice Audin à Alger en juin 1957. Ce débat a été suivi d’un appel pour la reconnaissance de ce crime d’Etat et des violations des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Le débat, précédé de la projection du film Maurice Audin, la disparition (réalisé par François Demerliac), réunissait, en présence de Josette Audin, veuve de Maurice Audin, une table ronde avec : Gilles Manceron, historien ; Sadek Hadjerès, membre en 1957 du secrétariat du PC algérien, rédacteur du site Socialgérie ; Raphaëlle Branche, historienne, maîtresse de conférence à l’Université Paris I ; René Gallissot, historien, professeur émérite de l’Université Paris 8 ; Malika Rahal, historienne chargée de recherches à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) ; Nathalie Funès, journaliste au Nouvel Observateur et Alain Ruscio, historien. Sont intervenus également au cours de cette soirée : Michel Broué, mathématicien, président des Amis de Mediapart ; Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité ; Edwy Plenel, directeur de Mediapart ; Charles Silvestre, journaliste, vice-président des Amis de l’Humanité.

[Mis en ligne le 30 mars 2014, mis à jour le 3 avril]

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