4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

poignard_lepen.jpg
Le Pen et la torture

Le poignard de Le Pen, égaré en mars 1957

Jean-Marie Le Pen a toujours nié avoir commis des actes de torture pendant la période de janvier à mars 1957 où il était en Algérie, engagé volontaire dans le 1er Régiment étranger parachutiste. Et pourtant, il a bien déclaré au quotidien Combat, le 9 novembre 1962 : « Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. 1»
S’estimant diffamé par des déclarations affirmant qu’il avait participé à la torture pendant la guerre d’Algérie, il a perdu en justice : dans une décision confirmée en appel le 6 octobre 2004 2, la justice a débouté Le Pen de toutes ses plaintes et a reconnu la «crédibilité certaine» des témoignages recueillis sur sa participation à la torture pendant la guerre d’Algérie.
Un élément matériel peut aujourd’hui être invoqué : le poignard qu’il avait égaré dans la nuit du 2 au 3 mars 1957, lors d’une de ses «virées» dans la casbah d’Alger.

Lire la suite »
beziers_libere2.jpg
Béziers

Petite chronique ménardienne …

« Le message principal du Front national, c’est le repli sur soi alors que l’avenir du monde est dans le “tous ensemble”. Mais le pire, pour moi, réside dans l’outrage que les gens de Béziers infligent à leur propre histoire. Plus de mille à applaudir Ménard et Zemmour pour qui Vichy a sauvé les juifs de France. Et personne pour faire résonner les noms de Maurice Grundmann, arrêté en 1943 au Café du Commerce à Béziers. Ceux d’Élie Robert Béhar, de Bruno Molinari, de Marius Abbal, victimes des nazis et de leurs complices locaux. Des dizaines d’autres encore, absents des mémoires. On a laissé ici, dans la ville natale de Jean Moulin, cracher sur la tombe des martyrs.»

Didier Daeninckx, Retour à Béziers, éd. Verdier


Une recension de faits, petits ou grands, dans l’ordre chronologique inverse… (à suivre)

Lire la suite »

Patrick Weil : « qu’on laisse en paix les femmes voilées »

Patrick Weil, historien et politologue, est directeur de recherche au CNRS et au centre d’histoire sociale du XX e siècle à Paris I. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des questions de laïcité et d’immigration en France, il a participé aux travaux de la commission Stasi qui rendit en 2003 un rapport sur l’application du principe de laïcité. Il est notamment l’auteur de Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Gallimard.

Lire la suite »
Meeting politique et non Conférence signature
Béziers

Ménard à Zemmour : “[À Béziers], tu es chez toi”

Invité à Béziers par Robert Ménard, maire élu au printemps grâce au vote lepéniste, Éric Zemmour a fait un tabac en rassemblant une foule de citoyens horrifiés par les temps qui courent. Un reportage d’Antoine Perraud sur l’art de sembler venger quarante ans d’humiliations fantasmagoriques.

Lire la suite »
liberation_20oct1961.jpg
Le 17 octobre 1961

Claude Bourdet : “est-il vrai, monsieur le préfet de police … ?”

Il aura fallu attendre 51 ans pour que la République reconnaisse la «sanglante répression» de la manifestation pacifique des Algériens qui revendiquaient le droit à l’indépendance de leur pays. Le 17 octobre prochain, plusieurs rassemblements commémoreront cette page, l’une des plus sombres de l’histoire de notre pays.

La violence de la répression suscita des protestations de la part d’un certain nombre d’élus, et notamment d’élus engagés contre la guerre d’Algérie, comme Claude Bourdet, ancien membre du Conseil National de la Résistance, un des fondateurs de France-Observateur et du PSU. Élu au Conseil de Paris, il interpella le Préfet de Police Maurice Papon, le 27 octobre 1961. Nous reprenons ci-dessous la question qu’il lui posa, mais qui n’obtint pas de réponse.

Lire la suite »

“Jean-Marie Le Pen, un tortionnaire”, par Roland Rappaport

Jean-Marie Le Pen n’a cessé de justifier l’utilisation de la torture et il a déclaré à plusieurs reprises y avoir eu personnellement recours 3. Depuis une dizaine d’années, la justice donne raison à ceux qui ont dénoncé les actes de torture commis par Jean-Marie Le Pen, en les relaxant de poursuites en diffamation. La plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a ainsi confirmé, en novembre 2000, un arrêt de la Cour d’appel de Rouen en faveur de Michel Rocard. La Cour a d’ailleurs estimé qu’en accusant à la télévision Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé, l’ancien premier ministre « avait poursuivi un but légitime en portant cette information à la connaissance des téléspectateurs »4.

Quelques mois plus tard, en juin 2001, la Cour de cassation confirmait un arrêt de la Cour d’appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet.
Nous reprenons ci-dessous le témoignage de Me Roland Rappaport, conseil de Pierre Vidal-Naquet, publié en Une du Monde, le 26 juin 2001 5.

[Mis en ligne le 28 novembre 2012, mis à jour le 6 octobre 2014]

Lire la suite »

Le voile fait des vagues à Sciences Po Aix

L’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence est au centre d’une polémique concernant le port du “voile”. En effet, un professeur d’Histoire s’en est pris, mardi matin 30 septembre 2014, à une étudiante musulmane qui le portait la qualifiant de « cheval de Troie du salafisme ». De nombreux étudiants présents ont aussitôt quitté l’amphithéâtre en signe de désapprobation. Une démarche qui semble soutenue par la direction de l’établissement.

« La loi n’a jamais interdit le port de la coiffure dans l’enseignement supérieur, assure le directeur de l’établissement, Christian Duval. A partir du moment où on peut l’identifier, elle peut être vêtue comme elle veut », souligne-t-il.
6

L’étudiante avait, en effet, le droit de porter son voile en classe. La loi de mars 2004 sur la laïcité interdit le port de signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics, mais ce texte ne concerne pas les universités.

Quant à la loi de 2010 qui interdit le port du voile intégral dans les espaces publics, elle ne concerne que le niqab et la burqa.

Au-delà d’un rappel des faits, vous pourrez écouter ci-dessous un enregistrement audio où Jean-Charles Jauffret expose son point de vue sur la laïcité.

Lire la suite »
jean_luc_einaudi2.jpg
Le rôle de Jean-Luc Einaudi

Jean-Luc Einaudi : soirée d’hommage à son engagement pour la vérité et la justice

Vendredi 17 octobre 2014 de 10h à 17h, colloque au Sénat — Le 17 octobre dans tous ses états — en hommage à Henri Alleg, Jean-Luc Einaudi, Jean-Louis Hurst, Elie Kagan – (voir le programme ci-dessous).

Hommage à Jean-Luc Einaudi

Lire la suite »

L’institut Boris Cyrulnik de Béziers ferme, mais ce n’est pas à cause de Robert Ménard

Le célèbre neuropsychiatre, Boris Cyrulnik, a décidé de fermer son Institut de la petite enfance, ouvert à Béziers en janvier. Son entourage a commencé par invoquer «une incompatibilité avec une mairie Front National».

Une prise de position que nous avions saluée — rappelant ses prises de position en 1995 quand le Front national s’était «emparé» de la municipalité de Toulon. Mais, au cours de l’après-midi du 1er octobre, Boris Cyrulnik devait revenir sur sa réaction initiale … 7

[Mis en ligne le 1er octobre 2014, mis à jour le 2]

Lire la suite »

Wissous : chronique de l’islamophobie

La commune de Wissous-Plage a fait l’objet de deux condamnations successives par la justice pour pratique islamophobe. Saisi par le Collectif contre l’islamophobie en France, le Tribunal administratif de Versailles avait annulé début juillet le règlement qui permettait d’interdire l’accès d’une base de loisirs à des femmes voilées.

A nouveau saisi en référé par deux femmes qui s’étaient vu refuser l’accès de l’opération estivale Wissous Plage, parce qu’elles étaient voilées, le tribunal administratif de Versailles a suspendu mardi 12 août le nouveau règlement établi par la mairie UMP de Wissous (Essonne) interdisant le port ostentatoire de « signes religieux susceptibles d’occasionner un trouble à l’ordre public (niqab ou burqa, croix ou étoile de dimensions manifestement excessives)».

Plainte a été déposée au Tribunal de grande instance d’Evry pour discrimination et incitation à la haine raciale.

Lire la suite »
daum_immigres.gif
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

les travailleurs indochinois de la seconde guerre mondiale : immigrés de force

En septembre 1939, la France fit venir 20 000 paysans vietnamiens en métropole. Recrutés la plupart de force, ils furent d’abord utilisés comme ouvriers dans les usines d’armement. La ville d’Arles a été la première à rendre hommage à ces immigrés de force, bientôt suivie par la commune de Sorgues.

Un Mémorial national sera inauguré au Salin-de-Giraud (Bouches du Rhône), dimanche 5 octobre 2014 — voir le détail de la manifestation prévue pour cet événement.

Lire la suite »