4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Dupont et Demba
Les « tirailleurs sénégalais »

la France et ses tirailleurs sénégalais …

Il y a dix ans, Abdoulaye Wade, président du Sénégal, proclamait le 23 août “Journée du Tirailleur”. La date avait été choisie en référence à la libération de Toulon : dans la soirée du 23 août 1944, « les soldats du 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Colonel Salan pénètrent les premiers à Toulon » 1.

Le Sénégal et la France partagent une longue histoire militaire, notamment au travers des tirailleurs sénégalais – penser au Banania – mais, côté français, cette histoire commune n’est pas toujours bien connue – voir le massacre de Thiaroye.

Lire la suite »

Toulon, novembre 2014 : non au racisme !

Réagissant aux incidents à caractère raciste qui se sont déroulés en gare de Toulon, le 4 novembre 2014 – voir ces articles –, la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a adopté la déclaration suivante, à l’issue de son assemblée générale annuelle, le 18 novembre dernier.

Lire la suite »

les soldats coloniaux de 14-18, éternels oubliés ?, par Gilles Manceron

Délaissés par la République, les soldats coloniaux de 14-18 ont été les grands absents des monuments aux morts qui ont couvert le territoire français. Eternels oubliés, ils l’étaient encore des commémorations du Centenaire jusqu’à l’ajout tardif de l’opération « Frères d’armes », bienvenue, mais qui aborde partiellement leur histoire. C’est dire l’intérêt du film Les poilus d’ailleurs de Mehdi Lallaoui, et du débat qui a suivi la projection ce lundi 10 novembre, avec Mediapart.

Gilles Manceron nous propose ci-dessous une réflexion sur l’oubli dont les
soldats coloniaux de 14-18 sont aujourd’hui victimes.

Lire la suite »
thiaroye44.gif
Les « tirailleurs sénégalais »

colloque : massacres et répressions dans le monde colonial

Le massacre de Thiaroye est un événement dramatique qui s’est déroulé près de Dakar en décembre 1944, au cours duquel plusieurs dizaines de “tirailleurs sénégalais” ont trouvé la mort. En France, cet épisode tragique du passé colonial a quasiment disparu de la mémoire collective. Une pétition est proposée sur le site du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire) demandant que cesse le silence sur cet épisode, ainsi que la réhabilitation des victimes.

De son côté, l’Université de Bretagne Sud à Lorient organise, du 27 au 29 novembre 2014, un colloque consacré aux massacres coloniaux. Vous en trouverez le programme ci-dessous.
2

Lire la suite »
poiluss_dailleurs.jpg
Les « tirailleurs sénégalais »

“les poilus d’ailleurs”, de Mehdi Lallaoui

Lorsque l’on évoque la « Grande guerre » on rappelle souvent les boucheries de la guerre des tranchées ou l’infamie des fusillés pour l’exemple. Avec le film Les poilus d’ailleurs et le livre du même nom 3, Mehdi Lallaoui revient, en cette année du centenaire de la première guerre mondiale, sur ces centaines de milliers de « tirailleurs sénégalais » issus en réalité de plus de cinquante ethnies et arrivés de tout l’empire colonial français.
Car près de 700.000 colonisés sont venus combattre auprès de 4.700.000 soldats métropolitains.

Mehdi Lallaoui présente son travail ci-dessous.

Lire la suite »
poignard_lepen.jpg
Le Pen et la torture

Le poignard de Le Pen, égaré en mars 1957

Jean-Marie Le Pen a toujours nié avoir commis des actes de torture pendant la période de janvier à mars 1957 où il était en Algérie, engagé volontaire dans le 1er Régiment étranger parachutiste. Et pourtant, il a bien déclaré au quotidien Combat, le 9 novembre 1962 : « Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire. 4»
S’estimant diffamé par des déclarations affirmant qu’il avait participé à la torture pendant la guerre d’Algérie, il a perdu en justice : dans une décision confirmée en appel le 6 octobre 2004 5, la justice a débouté Le Pen de toutes ses plaintes et a reconnu la «crédibilité certaine» des témoignages recueillis sur sa participation à la torture pendant la guerre d’Algérie.
Un élément matériel peut aujourd’hui être invoqué : le poignard qu’il avait égaré dans la nuit du 2 au 3 mars 1957, lors d’une de ses «virées» dans la casbah d’Alger.

Lire la suite »
beziers_libere2.jpg
Béziers

Petite chronique ménardienne …

« Le message principal du Front national, c’est le repli sur soi alors que l’avenir du monde est dans le “tous ensemble”. Mais le pire, pour moi, réside dans l’outrage que les gens de Béziers infligent à leur propre histoire. Plus de mille à applaudir Ménard et Zemmour pour qui Vichy a sauvé les juifs de France. Et personne pour faire résonner les noms de Maurice Grundmann, arrêté en 1943 au Café du Commerce à Béziers. Ceux d’Élie Robert Béhar, de Bruno Molinari, de Marius Abbal, victimes des nazis et de leurs complices locaux. Des dizaines d’autres encore, absents des mémoires. On a laissé ici, dans la ville natale de Jean Moulin, cracher sur la tombe des martyrs.»

Didier Daeninckx, Retour à Béziers, éd. Verdier


Une recension de faits, petits ou grands, dans l’ordre chronologique inverse… (à suivre)

Lire la suite »

Patrick Weil : « qu’on laisse en paix les femmes voilées »

Patrick Weil, historien et politologue, est directeur de recherche au CNRS et au centre d’histoire sociale du XX e siècle à Paris I. Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des questions de laïcité et d’immigration en France, il a participé aux travaux de la commission Stasi qui rendit en 2003 un rapport sur l’application du principe de laïcité. Il est notamment l’auteur de Qu’est-ce qu’un Français ? Histoire de la nationalité française depuis la Révolution, Gallimard.

Lire la suite »
Meeting politique et non Conférence signature
Béziers

Ménard à Zemmour : “[À Béziers], tu es chez toi”

Invité à Béziers par Robert Ménard, maire élu au printemps grâce au vote lepéniste, Éric Zemmour a fait un tabac en rassemblant une foule de citoyens horrifiés par les temps qui courent. Un reportage d’Antoine Perraud sur l’art de sembler venger quarante ans d’humiliations fantasmagoriques.

Lire la suite »
liberation_20oct1961.jpg
Le 17 octobre 1961

Claude Bourdet : “est-il vrai, monsieur le préfet de police … ?”

Il aura fallu attendre 51 ans pour que la République reconnaisse la «sanglante répression» de la manifestation pacifique des Algériens qui revendiquaient le droit à l’indépendance de leur pays. Le 17 octobre prochain, plusieurs rassemblements commémoreront cette page, l’une des plus sombres de l’histoire de notre pays.

La violence de la répression suscita des protestations de la part d’un certain nombre d’élus, et notamment d’élus engagés contre la guerre d’Algérie, comme Claude Bourdet, ancien membre du Conseil National de la Résistance, un des fondateurs de France-Observateur et du PSU. Élu au Conseil de Paris, il interpella le Préfet de Police Maurice Papon, le 27 octobre 1961. Nous reprenons ci-dessous la question qu’il lui posa, mais qui n’obtint pas de réponse.

Lire la suite »

“Jean-Marie Le Pen, un tortionnaire”, par Roland Rappaport

Jean-Marie Le Pen n’a cessé de justifier l’utilisation de la torture et il a déclaré à plusieurs reprises y avoir eu personnellement recours 6. Depuis une dizaine d’années, la justice donne raison à ceux qui ont dénoncé les actes de torture commis par Jean-Marie Le Pen, en les relaxant de poursuites en diffamation. La plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a ainsi confirmé, en novembre 2000, un arrêt de la Cour d’appel de Rouen en faveur de Michel Rocard. La Cour a d’ailleurs estimé qu’en accusant à la télévision Jean-Marie Le Pen d’avoir torturé, l’ancien premier ministre « avait poursuivi un but légitime en portant cette information à la connaissance des téléspectateurs »7.

Quelques mois plus tard, en juin 2001, la Cour de cassation confirmait un arrêt de la Cour d’appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet.
Nous reprenons ci-dessous le témoignage de Me Roland Rappaport, conseil de Pierre Vidal-Naquet, publié en Une du Monde, le 26 juin 2001 8.

[Mis en ligne le 28 novembre 2012, mis à jour le 6 octobre 2014]

Lire la suite »

Le voile fait des vagues à Sciences Po Aix

L’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence est au centre d’une polémique concernant le port du “voile”. En effet, un professeur d’Histoire s’en est pris, mardi matin 30 septembre 2014, à une étudiante musulmane qui le portait la qualifiant de « cheval de Troie du salafisme ». De nombreux étudiants présents ont aussitôt quitté l’amphithéâtre en signe de désapprobation. Une démarche qui semble soutenue par la direction de l’établissement.

« La loi n’a jamais interdit le port de la coiffure dans l’enseignement supérieur, assure le directeur de l’établissement, Christian Duval. A partir du moment où on peut l’identifier, elle peut être vêtue comme elle veut », souligne-t-il.
9

L’étudiante avait, en effet, le droit de porter son voile en classe. La loi de mars 2004 sur la laïcité interdit le port de signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics, mais ce texte ne concerne pas les universités.

Quant à la loi de 2010 qui interdit le port du voile intégral dans les espaces publics, elle ne concerne que le niqab et la burqa.

Au-delà d’un rappel des faits, vous pourrez écouter ci-dessous un enregistrement audio où Jean-Charles Jauffret expose son point de vue sur la laïcité.

Lire la suite »