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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

La stèle de Perpignan (photo : L'Indépendant, le 3 juillet 2015)
Perpignan

pour Roger Hillel, Perpignan est devenue la “capitale de l’Algérie française”

Dans son ouvrage intitulé La Triade nostalgérique, Roger Hillel expose comment Perpignan, avec sa stèle dédiée à l’OAS, son mur des disparus et son musée à la gloire du colonialisme, est devenue la capitale des nostalgiques de l’Algérie française.

Dans un entretien donné à L’Humanité et repris ci-dessous, il revient sur la complicité dont ont bénéficié certains mouvements pieds-noirs de la part des édiles de la mairie dont la carrière reposait sur le clientélisme municipal
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Ménard, le misogyne

Le Journal de Béziers du 1er août 2015 comporte une image polémique. Pour illustrer la victoire judiciaire de la mairie sur la Ligue des droits de l’Homme, qui s’opposait à une crèche de Noël dans la hall de l’hôtel de ville, le journal du maire d’extrême droite Robert Ménard a choisi une photo montrant un homme administrer une fessée à une femme avec ses escarpins.

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(Photo: Sénat)
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

Falco : “le devoir de mémoire est d’abord un devoir de vérité”

Cette année, le premier sujet de philosophie proposé aux candidats au baccalauréat série S était le suivant : « La politique échappe-t-elle à l’exigence de vérité ?»

Nous avons eu envie de sonder sur cette question notre sénateur-maire, ancien ministre, et homme politique au long cours. Il a été plus simple de relire ses discours et interviews. Et nous nous félicitons de la profondeur de sa réflexion qui l’amène à déclarer qu’avant toute chose l’essentiel est de respecter la vérité. Il n’y a aucun doute, si Hubert Falco avait passé l’épreuve de philosophie cette année, il aurait obtenu une note excellente.

Mais alors, comment expliquer le refus qu’il nous oppose quand nous lui faisons une demande très raisonnable – lire notre lettre ouverte –: installer une plaque explicative à côté du monument de la Porte d’Italie ?

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Contrôles au faciès : l’Etat condamné pour “faute lourde”

Mercredi 24 juin 2015, pour la première fois, l’État français a été condamné pour faute lourde suite à des contrôles au faciès. Il devra verser 1 500 euros de dommages et intérêts à cinq parmi treize plaignants. La justice a qualifié les contrôles en question de discriminatoires (marques de familiarité, usage du tutoiement, manque global de respect …). Les plaignants étaient âgés de 18 à 35 ans au moment des faits. Tous étaient étudiants ou salariés et aucun n’avait de casier judiciaire.

Ces treize personnes, s’estimant victimes de « contrôle au faciès », avaient assigné l’Etat en justice en 2012. Déboutées en octobre 2013, elles ont comparu le 25 février 2015 devant la cour d’appel de Paris – elles ont alors bénéficié du soutien du Défenseur des droits.

L’État a deux mois pour se pourvoir en cassation s’il le souhaite, mais on peut espérer que cette décision de justice permettra de lutter contre une pratique discriminante et humiliante envers une certaine catégorie de jeunes.

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Devant l'école de Prunelli-di-Fiumorbo ( Photo Stéphane Gamant / Corse-Matin)
Racisme de couleur et islamophobie

Deux institutrices menacées pour avoir voulu faire chanter en arabe

La justice enquête sur des menaces envers les institutrices qui voulaient faire chanter leurs élèves en arabe. Dans la petite ville de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), les enfants devaient chanter en cinq langues – français, corse, anglais, espagnol et arabe – Imagine de John Lennon, un hymne à la paix dans le monde, le 26 juin prochain, à l’occasion de leur kermesse de fin d’année. Mais, refusant que leurs enfants chantent en arabe, certains parents avaient menacé de perturber le déroulement de la fête. La direction de l’école a préféré annuler la festivité.

Mercredi 17 juin, le procureur de la République à Bastia a annoncé l’ouverture d’une première information judiciaire « pour vérifier s’il y a des faits d’injures et d’incitation à la haine raciale ». La justice va aussi enquêter sur les « pressions exercées sur les enseignantes » à l’origine du projet. Plusieurs graffitis « Arabi fora » (« les Arabes, dehors ») et « Lingua corsa » (« langue corse ») ont été tracés à la peinture dans la nuit de mardi à mercredi devant et aux abords de l’école.

Le rectorat et la mairie ont porté plainte. La ministre de l’Éducation nationale a apporté son soutien aux institutrices.

[Mis en ligne le 20 juin 2015, mis à jour le 22]

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Une mère voilée peut participer à une sortie scolaire

Saisi par l’intéressée, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision par laquelle la mère d’un élève, qui souhaitait conserver à cette occasion le voile qu’elle porte habituellement, n’a pas été autorisée à accompagner une sortie scolaire organisée par l’école élémentaire Jules Ferry de Nice.

Le tribunal administratif a estimé que les parents d’élèves autorisés à accompagner une sortie scolaire à laquelle participe leur enfant doivent être regardés, comme les élèves eux-mêmes, comme des usagers du service public de l’éducation, de sorte que les restrictions à la liberté de manifester leurs opinions religieuses ne peuvent résulter que de textes particuliers ou de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il a constaté que, dans le cas particulier de cette affaire, l’administration avait refusé de donner suite à la proposition de l’intéressée d’accompagner la sortie scolaire en ne se prévalant ni d’une disposition légale ou règlementaire précise, ni de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il en a déduit que la décision attaquée était entachée d’une erreur de droit qui la rend illégale. 1

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Les opposants aux hommages à l'OAS (Perpignan le 7 juin 2015)
Perpignan

Perpignan 2015 : échec de l’hommage à l’OAS

Afin de préserver la tranquillité et la sécurité publiques qui s’imposent aux abords d’un cimetière, le préfet des Pyrénées-Orientales avait décidé d’interdire «toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut Vernet pour la journée du 7 juin 2015». Cette mesure avait été prise dans l’éventualité de l’organisation d’un hommage à l’OAS devant la stèle dédiée «Aux fusillés et combattants tombés pour que vive l’Algérie française». En effet, des associations et organisations syndicales hostiles à ce rassemblement avaient appelé à manifester contre une telle cérémonie.

Quelques “nostalgériques” venus avec une gerbe n’ont pu la déposer devant la stèle aux martyrs de l’Algérie française.

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Perpignan

la triade nostalgérique – stèle, mur, musée de Perpignan, de Roger Hillel.

Ce livre raconte comment Perpignan est devenue la capitale des nostalgiques de l’Algérie française (les « nostalgériques ») avec la création en 2003 d’une stèle OAS, d’un « mur des Français d’Algérie disparus » et d’un centre de documentation des Français d’Algérie en 2012.

Rien de cela n’aurait été possible sans le soutien partisan de la mairie de Perpignan au lobby pied-noir du Cercle algérianiste.

Roger Hillel s’est lui-même impliqué pendant dix ans dans un collectif qui s’est battu en vain contre cette triade incongrue et la falsification de l’histoire franco-algérienne.

Au-delà de la narration des péripéties de ce combat, l’auteur s’attarde sur une des plus stimulantes expériences de sa longue vie militante : la découverte de l’existence de pieds-noirs progressistes.

Ainsi, reconnaît-il que sans eux, il n’aurait jamais pris conscience du traumatisme subi par les pieds-noirs du fait de leur exode de 1962. Il montre aussi comment au cours de son long cheminement, il a acquis la certitude de l’inanité de « la guerre des mémoires » et que pour y échapper, le recours aux travaux des historiens qualifiés était un passage obligé.

Roger Hillel, ancien professeur d’université, est depuis plusieurs années journaliste au Travailleur Catalan. Il s’y est spécialisé dans le traitement des questions relevant du colonialisme passé et présent et de toutes les manifestations de racisme et de xénophobie. Depuis 2005, il est l’un des animateurs du collectif d’organisations d’abord dénommé “Non au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation”, puis “Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée”.

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La nouvelle stèle à Fréjus
Toulon

un discours nauséabond

Le 16 mai dernier, le sénateur-maire de Fréjus, David Rachline, a inauguré une nouvelle stèle “en hommage à tous ceux qui sont tombés pour que vive la France en Algérie”, réalisation d’un projet du RNFAA (Rassemblement national des Français d’Algérie et leurs amis).

Cette manifestation a été l’occasion pour le maire de Fréjus de prononcer un discours d’“anthologie” nostalgérique, accessible [sur son blog->http://www.davidrachline.fr/560/discours-dinauguration-de-la-stele-de-frejus-
en-hommage-a-tous-ceux-tombes-pour-que-vive-la-france-en-algerie/], devant une assistance constituée pour partie d’élus du Front national et d’anciens activistes de l’OAS.

Ci-dessous, quelques articles de diverses origines qui évoquent un événement dont on a quelque peine à mesurer qu’il s’est déroulé en 2015.

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Mort de Zyed et Bouna : relaxe définitive des deux policiers

A la suite de la relaxe des deux fonctionnaires de police poursuivis pour non-assistance à personne en danger après la mort des deux adolescents, en 2005 à Clichy-sous-Bois, l’avocat des familles de Zyed et Bouna, Jean-Pierre Mignard, a déploré, mardi 19 mai sur France Inter, que « la parole de deux policiers blancs l’emporte sur toute autre considération ». « Dans ce pays, il y a des fractures raciales. Dans ce jugement, je vois de la distance. […] A un moment, ce pays aura besoin de se réveiller, de se choquer », a ajouté M. Mignard.

Zyed et Bouna étaient morts le 27 octobre 2005 par électrocution, alors qu’ils s’étaient réfugiés sur un site d’EDF pour fuir un contrôle de police. Les policiers qui participaient à leur poursuite, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes lundi 18 mai.

La Ligue des droits de l’Homme déclare sa tristesse et son inquiétude pour l’avenir

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La question algérienne dans l’inconscient collectif français, par Alain Ruscio

Pour Alain Ruscio, historien spécialiste de l’histoire coloniale, l’hostilité vis-à-vis des musulmans est profonde et très largement antérieure à la colonisation. Mais, dans Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS 2, il analyse l’impact que la guerre d’Algérie a encore dans l’inconscient collectif. La faute en revient à « une seule famille politique française, écrit Alain Ruscio, celle des anciens de l’Organisation armée secrète et de leurs héritiers, [qui] l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée », explique-t-il dans un entretien publié dans l’Humanité le 15 mai 2015.

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La stèle toulonnaise des «Martyrs de l'Algérie française», le 25 mars 2006 (© JSR ).
Les nostalgiques de la colonisation

Colloque à Paris : résurgence de l’Algérie française

Ce 16 mai 2015, le quotidien algérien El Watan a proposé à ses lecteurs un compte-rendu du colloque organisé mardi 12 mai à l’Hôtel de Ville de Paris sur le thème de la « nostalgie de l’Algérie française et de l’OAS ». Une évolution dénoncée par les associations anticolonialistes et les familles des victimes de l’OAS.

Une initiative analogue est organisée, jeudi 21 mai, à Béziers, autour de la parution des livres d’Alain Ruscio, Nostalgérie, et Pierre Daum, Le dernier tabou. Les harkis restés en l’Algérie après l’indépendance.

Attention : cette soirée se déroulera finalement, non au théâtre Le Minotaure, mais dans les locaux de la Cimade 14 rue de La Rotonde où le rendez-vous reste fixé à 19 h 00.

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