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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

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Béziers

Pas de “garde biterroise” pour Ménard

Saisi par la préfecture, le juge des référés du tribunal administratif de l’Hérault a suspendu, le 19 janvier, l’exécution de la délibération du conseil municipal de Béziers datée du 15 décembre qui créait
une « garde biterroise ». Qualifiée de « milice » par les opposants de Robert Ménard, cette garde était censée regrouper des volontaires patrouillant dans les rues de Béziers dans un « contexte marqué par l’état d’urgence ».
Selon le juge, «la police administrative constitue un service public qui, par sa nature, ne saurait être délégué ».

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Il y a 56 ans, les premiers essais nucléaires français dans le Sud algérien

Le 13 février 1960 la France procédait à son premier essai nucléaire à Reggane, dans le Sud algérien. “Gerboise bleue” était le premier d’une série de 4 essais atmosphériques. Elle fut suivie de 13 essais souterrains à In Ekker, dont quatre n’ont pas été totalement confinés, laissant le site pollué pour plusieurs dizaines de milliers d’années. Aujourd’hui les habitants de la région présentent des taux de cancer plus élevés que la normale et ils demandent que les lieux soient décontaminés. 2

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Tag islamophobe sur la porte de la mosquée des Glonnières au Mans. 31 janvier 2015 (copie d’écran).
Islamophobie

« Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires, par Alain Ruscio

L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer.

Dans un article repris de la revue Orient XXI 3, l’historien Alain Ruscio 4 expose l’histoire de ce mot. 5

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Identité nationale

Quand les drapeaux sont déployés …

Par l’intermédiaire de son blog, Bernard Girard exerce une surveillance permanente de l’enseignement et notamment de l’enseignement de l’histoire en primaire et au collège.

Nous reprenons ci-dessous de très larges extraits de deux de ses articles : tout d’abord “Une journée du drapeau”, où il montre l’école prise dans le piège identitaire par le biais du drapeau. Le second article met en scène la récupération par le président de la République d’un autre emblème national : la Marseillaise.

Tous deux illustrent l’aphorisme attribué à Stefan Zweig : “Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette”.

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A la Une de La Marseillaise
Identité nationale

Née en France, de deux parents français, elle s’est vue privée de sa nationalité française

La mésaventure juridico-administrative d’une Française née
à Toulon qui s’est vue notifier l’été dernier une obligation de quitter le
territoire.

Elle dit : «Je n’ai jamais eu affaire à la justice, j’ai 54 ans,
je suis tranquille. Je ne demande qu’à vivre auprès de ma famille dans le pays où je suis née et ai grandi…
»

Son avocat Me Oreggia: «Nous allons faire reconnaître [sa] nationalité
française
[…] devant le Tribunal de grande instance de Marseille.»

Ci-dessous un dossier établi par Thierry Turpin, publié dans La Marseillaise du 4 février 2016.

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Le rôle de Jean-Luc Einaudi

Jean-Luc Einaudi, citoyen chercheur, par Fabrice Riceputi

Avant d’être un événement bien connu des historiens, le 17 octobre 1961 a fait l’objet d’une amnésie complète. C’est elle que Jean-Luc Einaudi a dû vaincre dans un long combat de trois décennies, dont Fabrice Riceputi, dans son livre La bataille d’Einaudi, vient aujourd’hui restituer les grandes étapes : un travail d’enquête solitaire, la publication de La bataille de Paris en 1991, un témoignage sept ans plus tard lors du procès de Maurice Papon, puis le procès pour diffamation intenté à l’historien par Papon…

Le livre de Fabrice Riceputi nous raconte également la résistance acharnée de l’appareil d’État lui-même à livrer ses secrets contenus dans ses archives, et la lente et difficile apparition du 17 octobre 1961 dans les manuels scolaires.

Il nous convie enfin à une réflexion profonde sur l’incapacité de notre société à regarder en face son passé colonial, dont les effets pèsent encore lourdement dans les rapports sociaux contemporains. De cet utile travail d’anamnèse, portant lui-même sur un autre travail d’anamnèse, nous en publions ici quelques pages 6, avec l’amicale autorisation de l’auteur et des éditeurs.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Benjamin Stora et Alexis Jenni : « Comment sortir du choc des mémoires ? »

La société française semble encore en difficulté pour transmettre et enseigner son histoire coloniale. Cela conduit à une forme de cloisonnement des mémoires qui se traduit par la communautarisation du souvenir. Le romancier Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), et l’historien Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb contemporain, en débattent le 3 février 2016, Musée national de l’histoire de l’immigration, à l’occasion de la publication de leur livre commun, Les mémoires dangereuses (Éditions Albin Michel).

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Benjamin Stora et Alexis Jenni : « la décolonisation des imaginaires n’est pas achevée »

Dans les Mémoires dangereuses. De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui (Albin Michel), l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie, a lancé, avec Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), un plaidoyer en faveur d’une bataille culturelle contre la radicalisation et l’obscurantisme par la réappropriation commune d’une histoire coloniale refoulée. 
Il a été l’hôte en janvier 2016 des Agoras de l’Humanité accueillies au Musée de l’histoire de l’immigration à Paris. Un entretien en a rendu compte dans l’Humanité.

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