4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

le discours historique du préfet Deleplanque

La carrière de Jean Deleplanque a débuté comme sous-préfet dans la Marne en mars 1945 ; elle s’est poursuivie à Batna (Algérie) et à Grasse.
Promu préfet, il a été en poste successivement dans le Gers, en Guadeloupe puis dans le Var. C’est en tant que préfet du Var qu’il a prononcé le discours d’inauguration de la stèle de Lagoubran le 14 février 1971, discours que nous reprenons intégralement ci-dessous 1.

Sa carrière préfectorale poursuit sa progression : préfet de la région Bourgogne puis de la région Lorraine. En novembre 1971, il est entré comme chargé de mission au cabinet du ministre de l’intérieur, M. Raymond Marcellin, fonction qu’il conserve jusqu’en novembre 1973, date de sa nomination comme préfet de la région Bourgogne
2.

Lire la suite »

ils témoignent pour une mémoire apaisée

En choisissant d’assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu en Algérie scellé par les accords d’Évian en 1962, et de rendre hommage aux victimes de cette guerre, le président François Hollande s’est attiré les foudres de la droite.

Cette date, devenue Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, est l’occasion de donner la parole à ceux qui tentent de lancer des passerelles au-dessus de la Méditerranée.

Lire la suite »

le réveil d’une parole coloniale sur la guerre d’Algérie

Les discours favorables à l’Algérie française sont de retour. Les groupes de mémoire communautarisés se sont multipliés ; d’où la crainte exprimée par Benjamin Stora d’une « guerre des mémoires ». Il rejoint un autre historien, Gilles Manceron, pour qui un réveil de l’idéologie coloniale a accompagné la libération de la parole sur la guerre d’Algérie.

Lire la suite »

commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

Le 19 mars 1962, l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie, est une date importante : la veille, le 18 mars, les accords d’Evian étaient signés entre la France et le FLN. Ce jour n’a pas marqué la fin des combats et des massacres de populations civiles, dont beaucoup étaient dûs à la folie meurtrière de l’OAS, mais dans la mémoire collective française, le 19 mars est l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. D’où la décision du président de la République François Hollande de rendre hommage le 19 mars aux victimes de cette guerre.

Le 18 mars 2016, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a publié une tribune dans Le Figaro pour contester cette décision : l’ancien chef de l’Etat critique la date choisie par François Hollande pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie, au prétexte que cette date ne marquerait pas la fin des combats – voyez la prise de position électoraliste de Christian Estrosi. En réalité on peut voir dans cette prise de position du leader des Républicains une manifestation de la “guerre des mémoires” dont l’objectif premier est de s’approprier le soi-disant vote pieds-noir.

Ci-dessous deux liens pour prendre connaissance du discours de François Hollande, suivis d’un communiqué de la FNACA réagissant, le 18 mars, à l’article de Nicolas Sarkozy.

Mis en ligne le 18 mars 2016, mis à jour le 21

Lire la suite »

les Français et leur passé algérien

Ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora et publié le 14 mars 2016 dans le quotidien algérien Liberté sous le titre «Il faut dépasser le discours abstrait de dénonciation du colonialisme».

Pour ce spécialiste reconnu de l’histoire coloniale, les demandes de repentance sont improductives. Selon lui, l’État algérien doit entrer en mouvement en réclamant à la France des réponses sur des faits précis et des compensations pour les victimes de toutes les exactions.

L’interview est suivie de deux vidéos d’entretien de Benjamin Stora avec Jean-Pierre Elkabbach.

Lire la suite »

Christian Estrosi refuse de participer aux commémorations des accords d’Evian

Président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et maire Les Républicains de Nice, Christian Estrosi refuse de participer aux cérémonies organisées le 19 mars, en commémoration des accords de 1962. Il refuse même d’y être représenté.

Le 19 mars est officiellement « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Mais cette date est contestée par des politiques et des associations, notamment de harkis et de pieds-noirs. Pour la première fois, cette année, le président de la République, François Hollande, participera aux célébrations.

Ci-dessous le communiqué de protestation publié par le comité régional PACA de la LDH.

Lire la suite »

À quand la fin des contrôles d’identité au faciès ?

Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande s’était engagé à lutter « contre le “délit de faciès” lors des contrôles d’identité, avec une nouvelle procédure respectueuse des citoyens » ; c’était une de ses 60 promesses – elle porte le numéro 30.1 . Mais l’expression “délit de faciès” ne figure pas dans le nouveau code de déontologie commun à la police et à la gendarmerie, en vigueur depuis le 1er janvier 2014.

Certes, le début de l’Article R. 434-16 du code de déontologie concernant les contrôles d’identité est une mise en garde :

Lorsque la loi l’autorise à procéder à un contrôle d’identité, le policier ou le gendarme ne se fonde sur aucune caractéristique physique ou aucun signe distinctif pour déterminer les personnes à contrôler, sauf s’il dispose d’un s1ignalement précis motivant le contrôle.

Le contrôle d’identité se déroule sans qu’il soit porté atteinte à la dignité de la personne qui en fait l’objet
. 3

Mais cela ne constitue pas une véritable interdiction du recours aux contrôles d’identité au faciès !

Lire la suite »
Monument dédié aux victimes des essais nucléaires dans le Pacifique, inauguré en juin 2014 à Papeete.
Les essais nucléaires français en Algérie

Hollande reconnaît, à Papeete, l’impact des essais nucléaires

Après sa visite à Wallis et Futuna, François Hollande était lundi à Tahiti. Il a notamment annoncé une révision du traitement des demandes d’indemnisation des victimes des 193 essais nucléaires que la France a conduits de 1966 à 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Des victimes qui sont d’un côté les habitants des atolls et de l’autre les militaires et expatriés présents sur les sites et exposés à de fortes doses de radioactivité.

En 2010, la loi Morin a été votée pour indemniser les victimes. Mais seuls une vingtaine de dossiers sur un millier reçus ont fait l’objet d’une indemnisation.

Lire la suite »