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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

La résistance à Zaâtcha.
Les crânes d'Algériens au Musée de l'homme

“les crânes de résistants algériens” n’ont rien à faire au Musée de l’homme

Il y a quelques années, des restes mortuaires de résistants algériens du milieu du 19e siècle ont été retrouvés au Musée de l’homme à Paris. Depuis lors, la demande se fait jour de rapatrier ces dépouilles humaines en Algérie ; un collectif d’historiens et d’universitaires apporte son soutien dans une tribune, publiée dans Le Monde daté des 10 et 11 juillet, qui appelle au retour de ces restes en Algérie, ce qui permettrait de leur donner une sépulture digne, comme cela s’est fait pour les rebelles maori et pour les résistants kanak (Ataï).

La Ligue des droits de l’homme s’exprime de façon analogue dans un communiqué. Et vous pouvez vous joindre à ces soutiens en signant la pétition en ligne.

[Mise en ligne de la tribune le 10 juillet 2016 – mise à jour le 11]

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Perpignan : la condamnation de nostalgériques pour injure envers Roger Hillel est définitive

Roger Hillel, journaliste au Travailleur catalan avait assigné le cercle algérianiste des Pyrénées-orientales, le centre de documentation des Français d’Algérie et Mme Suzy Simon Nicaise, pour des propos offensants tenus à son sujet. L’affaire avait été examinée par la justice le 22 mars. Dans sa décision rendue le 3 mai, le tribunal condamne les prévenus pour les propos qu’il estime outrageants ou injurieux. Faute d’appel les condamnations sont devenues définitives.

Ci-dessous, deux lettres que Roger Hillel nous a adressées.

[Première mise en ligne le 9 mai 2016 — mise à jour le 8 juillet]

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Réserves des restes humains du Musée de l'Homme © Aucun(e)
Les crânes d'Algériens au Musée de l'homme

France-Algérie : le casse-tête des crânes du Musée de l’Homme

Redécouverts en 2011, les crânes de plusieurs dizaines de combattants algériens, décapités pour avoir combattu la colonisation française au milieu du XIXe siècle, sont actuellement stockés dans les réserves anthropologiques du Musée de l’Homme, à Paris. Parmi eux figurent les têtes de chefs connus de la rébellion – des « résistants » donc.

En 2011, l’historien Ali Farid Belkadi a lancé une première pétition demandant le retour en Algérie de ces restes humains. En mai 2016, l’universitaire Brahim Senouci a lancé une nouvelle pétition
demandant que ces dépouilles mortuaires soient remises à l’Algérie – à ce jour, plus de 27 000 personnes, d’une rive ou de l’autre de la Méditerranée, l’ont signée.

La situation semble actuellement bloquée. En témoigne le courriel du 29 juin 2016 adressé à Brahim Senouci par Michel Guiraud, directeur du musée de l’Homme. Vous trouverez ci-dessous le courriel en question ; il est suivi d’un article exposant les points de vue de deux historiens algériens, Hassan Remaoun et Mohamed Lahcen Zeghidi.

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Les restes d'Algériens conservés dans un musée à Paris (DR).
Les crânes d'Algériens au Musée de l'homme

Une pétition : rendons à l’Algérie les dépouilles de ses résistants

Saartjie Baartman, une esclave noire d’Afrique du Sud, de son vrai nom Sawtche, était surnommée la « Vénus hottentote » à cause d’un physique singulier. A partir de 1810, et pendant des décennies, elle a été exposée en Europe comme un phénomène de foire. L’un des premiers actes de Nelson Mandela, président de la Nouvelle Afrique du Sud, fut d’exiger son rapatriements dans son pays où elle fut dignement inhumée dans son village natal, en août 2002 1.

Après 136 ans passés en France, le crâne du grand chef kanak Ataï, décapité le 1er septembre 1878 en Nouvelle-Calédonie, a été officiellement restitué à ses descendants. Vingt-cinq ans après la prise de possession de l’archipel par les autorités françaises, Ataï avait pris la tête d’une révolte pour protester contre les spoliations foncières de l’administration coloniale. La répression avait fait plus d’un millier de morts parmi les Kanak 2.

La France devrait aujourd’hui s’inspirer des exemples précédents pour les crânes d’anciens résistants algériens à la conquête coloniale de leur pays, qui sont stockés dans des cartons du Muséum national d’histoire naturelle à Paris 3. Nous demandons par la pétition ci-dessous que ces dépouilles soient remises à l’Algérie et nous vous invitons, quelle que soit votre nationalité, à nous rejoindre en la signant.

[Mis en ligne le 20 mai 2016, mis à jour le 17 juin]

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les têtes des résistants algériens du Musée de l’homme

Le premier à avoir attiré l’attention de l’opinion publique sur la présence dans des musées français de restes mortuaires algériens est Ali Farid Belkadi qui a lancé en mai 2011 une pétition adressée au gouvernement algérien … restée sans suite 4.
Le 18 mai 2016, Brahim Senouci a lancé une nouvelle pétition que nous vous incitons à signer 5 ; cette dernière dépassait les 3 000 signataires au cours de la journée du 13 juin.

Ci-dessous un appel de François Gèze, suivi d’un article de Rosa Moussaoui. Il faut les lire pour ne pas oublier …

[mise en ligne le 9 juin 2016, mise à jour le 13]

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restes mortuaires d’anciens résistants algériens : rien ne s’oppose à leur retour en Algérie

L’agence APS – Algérie Presse Service – a publié aujourd’hui une longue dépêche, reprise ci-dessous, où elle fait le point sur la situation des restes mortuaires de résistants algériens qui se trouvent au Musée de l’Homme à Paris.

L’impression qui se dégage à la lecture de cette dépêche est que rien ne s’oppose à leur retour en Algérie.
Il ne reste plus pour les autorités algériennes et françaises qu’à régler les formalités nécessaires pour permettre le retour de ces restes en Algérie où ils trouveront une sépulture décente.

Merci à tous ceux qui ont permis de parvenir à ce résultat en signant une simple pétition. Restons vigilants : rien n’est encore vraiment acquis.

[Mis en ligne le 8 juin 2016, mis à jour le 11]

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Les races n’existent que dans la tête des racistes

La race n’existe pas en tant que réalité physique, génétique ou anthropologique, mais elle existe comme réalité sociale. Etre raciste, c’est croire qu’il existe différentes races et que certaines sont supérieures aux autres. En fait, les races n’existent que chez les animaux 6. On ne doit pas parler de différentes races humaines mais d’un seul genre humain.

Malgré tout, des personnes affirment le contraire pour justifier une domination ou des persécutions envers certains groupes de personnes, distinguées par leur apparence physique, leurs habitudes, leurs idées, leur religion…

Le racisme est vieux comme le monde et il s’est manifesté sur tous les continents. Ci-dessous un spot publicitaire chinois présente une lessive comme capable de transformer un Noir en Asiatique…

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Vers la guerre des identités ?”, un livre dirigé par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Dominic Thomas

En 2005, deux des directeurs de “Vers la guerre des identités ?” publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, ils reviennent, avec Dominic Thomas et une partie des mêmes auteurs, et d’autres, sur les crises identitaires et sociales qui traverse la France. Les contributions qui y sont rassemblées interrogent, avec une multiplicité d’approches, et sans négliger les passerelles historiques qui continuent à nous lier au passé colonial, les nouvelles fractures de notre société et les crises qui la traversent. Nous publions ci-dessous le début de l’introduction, suivi du sommaire de l’ouvrage.

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Le projet de monument
Toulon

de la nostalgie de l’empire à la glorification de l’OAS

A Toulon en juin 1980, une stèle était plastiquée avant d’avoir été inaugurée : elle honorait Roger Degueldre, ancien chef des commandos de la mort, communément appelés “commandos Delta”, sous les ordres du général Raoul Salan, chef suprême de l’OAS. L’hommage à d’anciens tueurs de l’OAS avait dû être inacceptable à certains.

En effet, si le monument funéraire inauguré le 14 février 1971 dans le cimetière de Lagoubran à Toulon était un hommage empreint de nostalgie à la grandeur perdue de l’empire colonial français, il n’en est pas de même pour l’autre monument érigé Porte d’Italie à Toulon également en 1980 qui s’est voulu hommage à la violence de l’OAS pour défendre l’Algérie française.

La destruction partielle de ce second monument le rend aujourd’hui illisible pour les générations à venir : la stèle de la porte d’Italie est la première d’une série de stèles-monuments – Marignane, Aix-en-Provence, Perpignan, Béziers … – qui rendent hommage aux condamnés de l’OAS, et notamment aux quatre fusillés de l’organisation. Ne pas fournir d’explications aux Toulonnais et aux visiteurs étrangers, c’est tricher avec la vérité historique. Il n’est pas pire moyen pour perpétuer les conflits de mémoire liés au passé colonial de la France en Algérie.

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Toulon

Lagoubran : la stèle de la fin de l’empire

Plus d’un demi-siècle après l’arrêt des combats, les batailles mémorielles se poursuivent au sujet de la guerre d’Algérie. Des « stèles du souvenir » apparaissent …
Le plus ancien de ces monuments semble être celui de Narbonne 7. Réalisé en 1969, il a été inauguré le 30 mai 1970 par le général Edmond Jouhaud avec la complicité du maire Francis Vals (SFIO).

Il s’agit bien de l’ex-général putschiste, ancien adjoint du général Salan à la tête de l’OAS et responsable de la région d’Oran. Arrêté le 25 mars 1962, il est condamné à mort le 13 avril 1962 par le Haut tribunal militaire. Sa peine de mort est commuée en peine de détention criminelle à perpétuité le 28 novembre 1962. Il a été libéré de la prison de Tulle en décembre 1967, et une succession d’amnisties lui a permis de retrouver tous ses droits et prérogatives 8.

Érigé par l’Amicale des rapatriés d’outre mer de Narbonne et sa région et par un “comité de la stèle”, le monument de Narbonne n’est pas représentatif des stèles qui ont été mises en place ici ou là : tout d’abord, il est dépourvu du caractère violent que l’on retrouve chez beaucoup de celles-ci. D’autre part, il s’agit d’un véritable monument funéraire encastré parmi d’autres, au sein d’un cimetière (le Cimetière de la Cité). La stèle de Lagoubran est également située dans un cimetière de Toulon, mais on devrait plutôt la qualifier de mausolée de l’empire …

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