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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Les races n’existent que dans la tête des racistes

La race n’existe pas en tant que réalité physique, génétique ou anthropologique, mais elle existe comme réalité sociale. Etre raciste, c’est croire qu’il existe différentes races et que certaines sont supérieures aux autres. En fait, les races n’existent que chez les animaux 1. On ne doit pas parler de différentes races humaines mais d’un seul genre humain.

Malgré tout, des personnes affirment le contraire pour justifier une domination ou des persécutions envers certains groupes de personnes, distinguées par leur apparence physique, leurs habitudes, leurs idées, leur religion…

Le racisme est vieux comme le monde et il s’est manifesté sur tous les continents. Ci-dessous un spot publicitaire chinois présente une lessive comme capable de transformer un Noir en Asiatique…

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Vers la guerre des identités ?”, un livre dirigé par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Dominic Thomas

En 2005, deux des directeurs de “Vers la guerre des identités ?” publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, ils reviennent, avec Dominic Thomas et une partie des mêmes auteurs, et d’autres, sur les crises identitaires et sociales qui traverse la France. Les contributions qui y sont rassemblées interrogent, avec une multiplicité d’approches, et sans négliger les passerelles historiques qui continuent à nous lier au passé colonial, les nouvelles fractures de notre société et les crises qui la traversent. Nous publions ci-dessous le début de l’introduction, suivi du sommaire de l’ouvrage.

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Le projet de monument
Toulon

de la nostalgie de l’empire à la glorification de l’OAS

A Toulon en juin 1980, une stèle était plastiquée avant d’avoir été inaugurée : elle honorait Roger Degueldre, ancien chef des commandos de la mort, communément appelés “commandos Delta”, sous les ordres du général Raoul Salan, chef suprême de l’OAS. L’hommage à d’anciens tueurs de l’OAS avait dû être inacceptable à certains.

En effet, si le monument funéraire inauguré le 14 février 1971 dans le cimetière de Lagoubran à Toulon était un hommage empreint de nostalgie à la grandeur perdue de l’empire colonial français, il n’en est pas de même pour l’autre monument érigé Porte d’Italie à Toulon également en 1980 qui s’est voulu hommage à la violence de l’OAS pour défendre l’Algérie française.

La destruction partielle de ce second monument le rend aujourd’hui illisible pour les générations à venir : la stèle de la porte d’Italie est la première d’une série de stèles-monuments – Marignane, Aix-en-Provence, Perpignan, Béziers … – qui rendent hommage aux condamnés de l’OAS, et notamment aux quatre fusillés de l’organisation. Ne pas fournir d’explications aux Toulonnais et aux visiteurs étrangers, c’est tricher avec la vérité historique. Il n’est pas pire moyen pour perpétuer les conflits de mémoire liés au passé colonial de la France en Algérie.

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Toulon

Lagoubran : la stèle de la fin de l’empire

Plus d’un demi-siècle après l’arrêt des combats, les batailles mémorielles se poursuivent au sujet de la guerre d’Algérie. Des « stèles du souvenir » apparaissent …
Le plus ancien de ces monuments semble être celui de Narbonne 2. Réalisé en 1969, il a été inauguré le 30 mai 1970 par le général Edmond Jouhaud avec la complicité du maire Francis Vals (SFIO).

Il s’agit bien de l’ex-général putschiste, ancien adjoint du général Salan à la tête de l’OAS et responsable de la région d’Oran. Arrêté le 25 mars 1962, il est condamné à mort le 13 avril 1962 par le Haut tribunal militaire. Sa peine de mort est commuée en peine de détention criminelle à perpétuité le 28 novembre 1962. Il a été libéré de la prison de Tulle en décembre 1967, et une succession d’amnisties lui a permis de retrouver tous ses droits et prérogatives 3.

Érigé par l’Amicale des rapatriés d’outre mer de Narbonne et sa région et par un “comité de la stèle”, le monument de Narbonne n’est pas représentatif des stèles qui ont été mises en place ici ou là : tout d’abord, il est dépourvu du caractère violent que l’on retrouve chez beaucoup de celles-ci. D’autre part, il s’agit d’un véritable monument funéraire encastré parmi d’autres, au sein d’un cimetière (le Cimetière de la Cité). La stèle de Lagoubran est également située dans un cimetière de Toulon, mais on devrait plutôt la qualifier de mausolée de l’empire …

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le discours historique du préfet Deleplanque

La carrière de Jean Deleplanque a débuté comme sous-préfet dans la Marne en mars 1945 ; elle s’est poursuivie à Batna (Algérie) et à Grasse.
Promu préfet, il a été en poste successivement dans le Gers, en Guadeloupe puis dans le Var. C’est en tant que préfet du Var qu’il a prononcé le discours d’inauguration de la stèle de Lagoubran le 14 février 1971, discours que nous reprenons intégralement ci-dessous 4.

Sa carrière préfectorale poursuit sa progression : préfet de la région Bourgogne puis de la région Lorraine. En novembre 1971, il est entré comme chargé de mission au cabinet du ministre de l’intérieur, M. Raymond Marcellin, fonction qu’il conserve jusqu’en novembre 1973, date de sa nomination comme préfet de la région Bourgogne
5.

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ils témoignent pour une mémoire apaisée

En choisissant d’assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu en Algérie scellé par les accords d’Évian en 1962, et de rendre hommage aux victimes de cette guerre, le président François Hollande s’est attiré les foudres de la droite.

Cette date, devenue Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, est l’occasion de donner la parole à ceux qui tentent de lancer des passerelles au-dessus de la Méditerranée.

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le réveil d’une parole coloniale sur la guerre d’Algérie

Les discours favorables à l’Algérie française sont de retour. Les groupes de mémoire communautarisés se sont multipliés ; d’où la crainte exprimée par Benjamin Stora d’une « guerre des mémoires ». Il rejoint un autre historien, Gilles Manceron, pour qui un réveil de l’idéologie coloniale a accompagné la libération de la parole sur la guerre d’Algérie.

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commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

Le 19 mars 1962, l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie, est une date importante : la veille, le 18 mars, les accords d’Evian étaient signés entre la France et le FLN. Ce jour n’a pas marqué la fin des combats et des massacres de populations civiles, dont beaucoup étaient dûs à la folie meurtrière de l’OAS, mais dans la mémoire collective française, le 19 mars est l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. D’où la décision du président de la République François Hollande de rendre hommage le 19 mars aux victimes de cette guerre.

Le 18 mars 2016, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a publié une tribune dans Le Figaro pour contester cette décision : l’ancien chef de l’Etat critique la date choisie par François Hollande pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie, au prétexte que cette date ne marquerait pas la fin des combats – voyez la prise de position électoraliste de Christian Estrosi. En réalité on peut voir dans cette prise de position du leader des Républicains une manifestation de la “guerre des mémoires” dont l’objectif premier est de s’approprier le soi-disant vote pieds-noir.

Ci-dessous deux liens pour prendre connaissance du discours de François Hollande, suivis d’un communiqué de la FNACA réagissant, le 18 mars, à l’article de Nicolas Sarkozy.

Mis en ligne le 18 mars 2016, mis à jour le 21

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