4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Pierre Serna : « L’esclavage était bien un crime contre l’humanité»

L’historien Pierre Serna, professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française, souligne que les députés de la Convention avaient, dès 1794, qualifié la pratique de l’esclavage de « crime de lèse-humanité ». La loi Taubira de 2001 n’a donc fait aucun anachronisme en renouant avec cette qualification, contrairement à ce qu’affirment certains historiens.

Lire la suite »

Première reconnaissance officielle du massacre d’Algériens à Paris, le 14 juillet 1953

En 1953, pour célébrer la fête nationale, le PCF, la CGT et les organisations proches, ont organisé un défilé populaire. Comme d’habitude, les Algériens forment un cortège autonome, encadré par le MTLD, derrière un immense portrait de leur leader, Messali Hadj, alors en résidence surveillée. Les mots d’ordre sont clairs : « À bas le colonialisme », « Nous voulons l’indépendance ». Le drame se déroule à la fin de la manifestation, place de la Nation. La police exige le retrait du portrait de Messali. Devant le refus des Algériens, une charge violente. Un cri : « Ils ont tiré à balles réelles ! » Le bilan est lourd pour les manifestants : 7 morts, 6 Algériens et un Français, 48 autres manifestants blessés par balles.

Lire la suite »

Le triste bilan des 30 ans de la Convention contre la torture

La Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants définit la torture comme « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne. »

Cette convention, adoptée par les Nations unies en 1984, est entrée en vigueur en juin 1987. A ce jour, 162 Etats l’ont ratifiée. Ils s’engagent ainsi à prendre des mesures concrètes afin d’empêcher la torture à l’intérieur de leurs frontières et à ne pas renvoyer une personne dans un Etat dans lequel il y a une grande possibilité qu’elle y soit torturée.

Ci-dessous un article de synthèse repris du communiqué «Convention contre la torture : 30 ans après, un triste bilan» établi par le centre Primo Lévi. 1.

Lire la suite »

Brahim Senouci rappelle le massacre de Zaatcha en 1849

L’universitaire Brahim Senouci rappelle quelques épisodes particulièrement odieux commis en Algérie lors de la conquête. Notamment l’oasis de Zaatcha qui fut en 1849 le lieu d’un massacre « historique ».

Il vient de rendre publiques les lettres ouvertes qu’il adresse à chacun des deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et Emmanuel Macron. Brahim Senouci demande au président français de permettre le retour en Algérie des restes des résistants algériens à la colonisation qui se trouvent actuellement encore dans des musées. Cela marquerait symboliquement la fin du primat de la mythologie coloniale. 3

Lire la suite »

la LDH demande la vérité sur l’affaire Audin

Il y aura bientôt soixante ans, dans la nuit du 11 au 12 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien, était arrêté à Alger par une unité de parachutistes, avant de disparaître à jamais. Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, plusieurs personnalités demandent au nouveau Président de la République de se saisir de ce triste anniversaire pour illustrer son engagement à « prendre des actes forts sur cette période de notre histoire », en faisant en sorte que la vérité historique sur cet assassinat soit enfin connue.


Communiqué LDH – La LDH demande la vérité sur l’affaire Audin

Le 6 juin 2017

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien engagé pour l’indépendance de l’Algérie, a été arrêté par les parachutistes chargés du maintien de l’ordre à Alger et n’est jamais réapparu.

Les autorités françaises de la IVe République avaient confié, le 7 janvier, à la 10e division parachutiste commandée par le général Massu, les pouvoirs de police dans la ville. C’était la « Bataille d’Alger », où quelque trois mille Algériens arrêtés ont disparu. Le secrétaire général de la police d’Alger, Paul Teitgen, ancien résistant et déporté, qui refusait l’usage de la torture, a écrit le 29 mars dans sa lettre de démission : « Depuis trois mois nous sommes engagés […] dans l’anonymat et l’irresponsabilité qui ne peuvent conduire qu’aux crimes de guerre ».

Les autorités françaises ont affirmé que Maurice Audin s’est évadé. Cette version a été répétée jusqu’à un communiqué publié, le 18 juin 2014, par le président François Hollande, disant : « Les documents et les témoignages dont nous disposons aujourd’hui sont suffisamment nombreux et concordants pour infirmer la thèse de l’évasion qui avait été avancée à l’époque. M. Audin ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention. » Mais cette reconnaissance n’a pas fait place à l’aveu sur les causes de sa mort.

Dans un livre paru peu avant rapportant ses confidences tardives, le général Aussaresses affirme qu’un ordre de l’assassiner a été donné par le général Massu. Comment Maurice Audin est-il mort ? Si un ordre de le tuer a été donné, qui l’a émis ou partagé ? dans quel but ? Soixante ans après les faits, il est temps que la France, dont les pouvoirs politiques successifs ont menti à sa veuve, Josette Audin, et entravé le travail de la justice, connaisse enfin la vérité.

La Ligue des droits de l’Homme s’associera, le samedi 10 juin, à 11h, à un dépôt de gerbes place Maurice-Audin, dans le 5e arrondissement de Paris.

[Mis en ligne le 26 mai 2017, mis à jour le 10 juin]

Lire la suite »
perpignan7juin17.jpg
Perpignan

Perpignan : nouvel hommage à l’OAS

Appel du collectif d’opposants à la cérémonie d’hommage à l’OAS organisée au cimetière nord de Perpignan par l’extrême droite nostalgérique.

Le collectif de Perpignan demande à toutes celles et ceux qui sont opposés à cette falsification de l’Histoire de se rassembler mercredi 7 juin à partir de 9h à proximité de l’entrée du cimetière nord.

Ci-dessous, l’appel du collectif des opposants, suivi d’un article récent du quotidien L’indépendant, et d’un communiqué de la LDH appellant « tous les démocrates à se rassembler à l’entrée du cimetière », mercredi 7 juin à 9h.

[Première mise en ligne le 4 juin 2017 ; mise à jour le 9]
Lire la suite »

la justice française doit extrader l’ex-policier argentin, Mario Sandoval

Plusieurs organisations, dont la LDH, lancent un appel pour que Mario Sandoval soit extradé vers l’Argentine pour y répondre de ses actes devant la justice argentine. Elles rappellent les propos de François Falletti, Procureur général de la Cour d’Appel de Paris qui avait déclaré en 2010 au terme du procès devant la Cour d’Assises de Paris d’anciens responsables de la dictature chilienne : « Lorsque le sentiment de surpuissance passe par la torture, la dégradation, la négation de l’existence, le message doit être clair. Cela doit donner lieu à des sanctions quel que soit le temps, quel que soit l’espace ».

Lire la suite »
episode_montagnac.jpg
Le racisme postcolonial

Barbares disent-ils

Manchester, Paris, Nice, mais également Istanbul, Bagdad, Kaboul … les attentats terroristes aveugles soulèvent une émotion légitime considérable et sont à peu près unanimement condamnés. On peut se demander si cette violence ne répond pas à la violence inhérente au colonialisme ? Dans le texte ci-dessous, écrit en septembre 2014, en réaction aux décapitations médiatisées d’otages occidentaux par de soi-disant djihadistes, la fondation Frantz Fanon propose des éléments de réflexion sur cette question.

Quoi qu’il en soit, il ne faut pas que «chacun s’autorise du crime de l’autre pour aller plus avant». Comme l’a écrit Albert Camus, « à cette logique, il n’est pas d’autre terme qu’une interminable destruction. 4»

Lire la suite »

« Il n’y a pas d’issue militaire au bourbier malien »

« Presque deux ans après sa signature, l’Accord de paix du 20 juin 2015 est aujourd’hui fragilisé par la stratégie des groupes armés djihadistes, qui s’activent à étendre le conflit du Nord Mali vers les régions du centre et les pays limitrophes. La recrudescence de l’insécurité y entraîne désengagement de l’État, violences intercommunautaires, et exactions de l’armée malienne et des groupes armés, fournissant un terreau idéal à l’extension des groupes terroristes. Il est urgent que la communauté internationale renforce les moyens de la MINUSMA dans les régions centrales du Mali et que les autorités maliennes engagent par ailleurs une véritable lutte contre l’impunité. » (Extrait d’un article du site de la FIDH)

Lire la suite »

La SNCF récuse toute discrimination envers les chibanis

Les chibanis, — « cheveux blancs » en arabe — sont aujourd’hui de vieux travailleurs recrutés au cours des années 60, bien souvent pour les charger des travaux les plus pénibles : métiers du bâtiment, viticulture, horticulture, chantiers amiantés etc …

La SNCF avait embauché environ 2 000 Marocains dans les années 1970 dans le cadre d’une convention signée entre la France et le Maroc devant garantir « l’égalité des droits et de traitement avec les nationaux ». Aujourd’hui, 800 chibanis poursuivent la SNCF pour discrimination durant leur carrière. En première instance, le conseil de prud’hommes de Paris avait condamné la SNCF — voir 800 indigènes du rail — mais celle-ci ayant fait appel, l’affaire a été rejugée les 15 et 16 mai 2017. La cour rendra ses jugements fin janvier 2018.

Lire la suite »