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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Le 17 octobre 1961

Michel Debré et le 17 octobre 1961

On sait que la répression meurtrière du 17 octobre 1961, à Paris, des Algériens sans armes sortant simplement dans les rues de Paris pour protester contre un couvre-feu qui leur interdisait de le faire, a été orchestrée par le préfet de police, Maurice Papon. Mais elle n’était pas de son seul ressort. Le Premier ministre de l’époque, Michel Debré, opposé à l’indépendance de l’Algérie négociée par le général de Gaulle avec le FLN, a joué un rôle important dans cet épisode tragique. Des documents et témoignages jusque-là inédits accréditent cette explication de l’événement.

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De la légitimité des recherches sur le racisme et les décolonisations

Le magazine « Causeur » ayant accusé de racialisme et d’antisémitisme des travaux de recherche scientifique organisés par l’Université de Toulouse, trois chercheurs mis en cause, Norman Ajari, Hourya Bentouhami et Jean-Christophe Goddard, philosophes à l’Université de Toulouse 2, ont publié, dans le blog sur « Mediapart » de ce dernier, une mise au point que nous reproduisons ci-dessous.

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La reconnaissance du passé colonial

Pourquoi tant de noms à la gloire de la colonisation ?

Rues, boulevards, avenues et places, sans oublier collèges, lycées, statues et monuments, sont à Paris autant de témoins de l’histoire et de la légende du colonialisme français. Alors qu’aux États-Unis, les statues des généraux esclavagistes, contestées, s’apprêtent à quitter les rues pour gagner les musées, ce guide invite à porter notre attention sur ces nombreuses traces du passé colonial dans la capitale.

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L'affaire Audin

Cédric Villani porte l’exigence de la vérité sur l’affaire Audin

Dans un entretien à « l’Humanité », publié le 22 janvier 2018, Cédric Villani, mathématicien, médaille Fields 2010, député LREM, président du jury du Prix Maurice Audin de mathématiques, qui s’était associé en juin 2017 à l’appel pour la vérité sur la mort de Maurice Audin, a confirmé son engagement. Nous reproduisons cet entretien ainsi qu’un interview de l’historien Gilles Manceron repris, le 26 janvier, par le site « huffPost Algéria ». Par ailleurs, l’Association Maurice Audin s’est réunie le 30 janvier à l’initiative de son président, Pierre Mansat, et fera connaître prochainement ses initiatives. Elle a un double objectif : obtenir la vérité sur l’assassinat et pérenniser le Prix Maurice Audin de mathématiques en collaboration avec l’Institut Henri Poincaré, présidé jusqu’à récemment par Cédric Villani.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Serge Gruzinski et la mise en question de l’écriture européenne de l’histoire

Dans « La Machine à remonter le temps. Quand l’Europe s’est mise à écrire l’histoire du monde », Serge Gruzinski explore la manière dont l’écriture de l’histoire des sociétés amérindiennes et du monde par l’Europe occidentale a représenté une entreprise de colonisation des mémoires. La domination coloniale est aussi passée par l’écriture de l’histoire des autres. Historien spécialiste de l’Amérique latine des XVIe-XVIIIe siècles, il enseigne à Paris, à l’EHESS, à l’université de Princeton (États-Unis) et à celle de Belém (Brésil).

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Le rôle des historiens

Suzanne Citron (1922-2018)

L’historienne Suzanne Citron, militante anticolonialiste, engagée dans sa jeunesse contre la guerre d’Algérie comme, jusqu’à sa mort, pour les droits des Palestiniens, est morte le 22 janvier 2018 à Paris.

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Islamophobie

Le mot « islamophobie » et son histoire

Certains intellectuels français soutiennent que le mot « islamophobie » est une invention récente venue des mollahs iraniens. Tel n’est pas le point de vue de l’historien Alain Ruscio, l’un des animateurs de ce site. Son article « « Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires », publié le 26 janvier 2016 sur le site « Orient XXI », montre que le terme est apparu en français il y a plus d’un siècle. D’essence chrétienne, elle apparait dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale, et, après un temps de latence, a repris vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Nous en reprenons ici une partie tout en renvoyant nos lecteurs au texte intégral. Alain Ruscio dirige l' »Encyclopédie de la colonisation française » dont les deux premiers volumes sont parus aux éditions Les Indes savantes.

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Indochinois

Les travailleurs vietnamiens immigrés de force (1939-1952)

En 2004, le journaliste Pierre Daum, alors correspondant à Montpellier du journal « Libération », découvre à la faveur d’un reportage à Arles un musée consacré à la riziculture en Camargue où une photo datant de 1942 montre des paysans vietnamiens en train de planter le riz. C’est le début d’une enquête qui l’a amené à publier plusieurs livres et à collaborer à plusieurs films sur les « Indochinois » enrôlés de force comme travailleurs à la veille de la guerre et employés ensuite quasi gratuitement à différents travaux. Il signe cette fois avec le dessinateur de BD Clément Baloup un album mettant en lumière ce moment oublié de l’histoire de France.

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L'affaire Audin

L’Etat fait encore un petit pas dans l’affaire Audin

A l’occasion, le 12 janvier, d’une réunion d’hommage au mathématicien Gérard Tronel, fondateur de l’Association Maurice Audin récemment décédé, Cédric Villani est intervenu sur l’affaire Audin. Il a dit qu’après en avoir parlé avec le président de la République, Emmanuel Macron, il pouvait déclarer que : « Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française ». C’est un petit pas de plus de la part de l’Etat français vers l’aveu de la vérité… accompagné de beaucoup d’hypocrisie et de lâcheté.

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Le massacre de Thiaroye décembre 1944

« Thiaroye 1944 », par Martin Mourre

Longtemps considéré par l’armée française comme une mutinerie, Thiaroye, où des dizaines de tirailleurs sénégalais furent assassinés près de Dakar en décembre 1944, apparaît plutôt comme une tuerie organisée par les officiers coloniaux. Le livre de Martin Mourre, « Thiaroye 1944. Histoire et mémoire d’un massacre colonial », publié en 2017 aux Presses universitaires de Rennes, est un ouvrage de référence sur ce crime colonial. Fruit d’un long travail sur les archives de ce drame, il retrace l’évènement et ses réappropriations dans le Sénégal postcolonial. Nous en reproduisons ici l’introduction ainsi que la table des matières.

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Le rôle des historiens

La disparition de l’historien Gilbert Meynier

Gilbert Meynier, engagé jeune contre la guerre d’Algérie, devenu spécialiste de l’histoire de ce pays, est décédé le 13 décembre 2017 à l’âge de 75 ans. Parmi ses nombreux livres, avec Mohammed Harbi, « Le FLN, document et histoire 1954–1962 » (2004), et « L’Algérie, cœur du Maghreb classique. De l’ouverture islamo-arabe au repli (698-1518) » (2010). De convictions libertaires, il participait aussi, avec la Cimade, aux combats pour l’accueil des migrants. Voici l’article que lui a consacré l’universitaire algérien Tahar Khalfoune ainsi que les hommages que lui ont rendu Christian Delorme, prêtre à Lyon, Hassan Remaoun, historien algérien, Oran (Crasc), et Dalila Aït-el-djoudi, historienne algérienne, auteure d’une thèse sur la Wilaya III dans la guerre.

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Les crânes d'Algériens au Musée de l'homme

Le retour attendu des martyrs des Zaatcha

L’universitaire, chroniqueur et écrivain algérien Brahim Senouci avait lancé en 2016 une pétition pour la restitution par la France des crânes des résistants algériens du XIXe siècle conservés honteusement dans les réserves du Musée de l’homme, à Paris. Il se félicite de ce que le président français Emmanuel Macron ait annoncé le 6 décembre 2017, à l’occasion d’un bref voyage en Algérie, qu’ils allaient être restitués. Tout en regrettant que les autorités algériennes aient peu fait pour faire avancer ce dossier : sur les 30 000 signatures recueillies, la majorité sont venues de France. Ce qui souligne selon lui la gravité de la crise morale que traverse son pays.

Brahim Senouci est professeur de sciences physiques à l’université de Cergy-Pontoise.

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