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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Le rôle des historiens

Parution d’un livre d’hommage
à l’historien
Gilbert Meynier

Dirigé par le juriste Tahar Khalfoune, vient d’être publié en mars 2019 un livre d’hommage mérité au grand historien de l’Algérie que fut Gilbert Meynier (1942-2017). Dans cet ouvrage collectif, certains de celles et ceux qui l’ont connu – dont d’éminent.e.s spécialistes – évoquent avec précision l’apport décisif qui fut le sien à l’histoire de l’Algérie à la période coloniale, comme à ses séquelles postcoloniales, tant en France qu’en Algérie. Outre la présentation et la table des matières du livre, nous reprenons ici la préface de Tahar Khalfoune et un des articles, celui de Mohammed Harbi.

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L'affaire Audin

Le 11 juin 2019
au cimetière du Père-Lachaise
rassemblement en hommage
à Maurice et Josette Audin

Le 11 juin 1957, des militaires français ont enlevé à son domicile d’Alger le jeune mathématicien Maurice Audin, militant du parti communiste algérien. Ce parti avait rejoint la lutte armée d’indépendance du peuple algérien. Il a été torturé puis tué par les militaires qui le détenaient. Son épouse, Josette Audin, qui a lutté toute sa vie pour savoir la vérité, est décédée le 2 février 2019. Pierre Mansat, président de l’Association Maurice Audin, a demandé de diffuser largement l’appel à leur rendre hommage, le 11 juin 2019, au cimetière du Père-Lachaise.

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Musées et créations contemporaines

Sur l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse »,
Françoise Vergès
dit son impression de malaise

Au Musée d’Orsay, jusqu’au 21 juillet 2019, l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse » porte sur la représentation des personnes noires dans la peinture et autres arts visuels « de l’ère de l’abolition de l’esclavage en France (1794-1848) jusqu’aux temps contemporains ». Françoise Vergès, présidente de l’association Décoloniser les arts, explique son malaise. Elle lui reproche notamment de n’avoir pas jugé utile d’expliquer quand, comment, et pourquoi, est intervenue l’invention du blanc et du noir, car, écrit-elle, « les Noir.e.s n’ont pas toujours été « noir.e.s ».

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Bugeaud, la grande répression de 1871 en Kabylie, célébrés dans les rues de Marseille

Marseille s’est développée au XIXème siècle en lien étroit avec l’essor de l’empire colonial français et plusieurs monuments le célèbrent encore aujourd’hui. Une exposition coloniale a eu lieu en 1906 avant celle organisée dans la capitale l’année suivante à l’Est du Bois de Vincennes. Une autre en 1922 de nouveau dans l’espace qui deviendrait le parc Chanot a précédé la grande exposition coloniale internationale de Paris en 1931. Cela a laissé dans la ville de nombreuses traces dans l’architecture et la toponymie. Nous reproduisons un article d’Alain Castan qui en relève quelques unes.

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Foulard et voile

Pour la sociologue Zahra Ali
le rejet du foulard en France
dévoile
un héritage colonial inassumé

En France, le féminisme n’en finit pas de se déchirer sur la question du foulard islamique. La sociologue Zahra Ali, qui a milité en France contre l’exclusion des élèves portant le foulard, estime que, si on peut s’opposer au port du voile sans être raciste, son rejet dans ce pays montre que la laïcité est falsifiée par des positions racistes et islamophobes. Elle invite à un examen critique des féminismes musulmans, notion qui apparaît à tort comme un oxymore. Pour elle, il faut contextualiser, historiciser et rejeter les essentialismes. Une condition nécessaire à la création d’un féminisme international, anticapitaliste et pluriel.

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L'assassinat d'Henri Curiel

Une plaque a été apposée
à Paris
à la mémoire d’Henri Curiel

Le 25 avril 2019, à l’entrée de la rue Rollin, dans le 5e arrondissement de Paris, où Henri Curiel a été assassiné, une plaque a été apposée à sa mémoire. Son meurtre, le 4 mai 1978, a fait suite à une campagne de presse déclenchée par l’hebdomadaire « Le Point » sur le thème : « Henri Curiel, le patron des terroristes ». Ci-dessous l’intervention de son fils, Alain Gresh, lors de cette inauguration, et une émission de « France inter » de 2015 faisant état de la volonté de la famille de voir aboutir l’enquête, qui a été réouverte en janvier 2018.

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Racisme et islamophobie

Comme le montre l’historien
Pierre Serna,
c’est le XIXe siècle
qui a inventé
le racisme anti-noirs

Pour l’historien spécialiste de la Révolution française, Pierre Serna, c’est en contredisant l’œuvre de celle-ci, qui a aboli l’esclavage, que le XIXe siècle a « inventé » le Noir, pour le rabaisser racialement afin d’en rétablir et d’en étendre la servitude. Le rétablissement de l’esclavage en 1802 s’est accompagné d’un changement de regard sur les différentes catégories de population. Et c’est à ce moment qu’en France, une partie des savants ont accompagné les ambitions coloniales du moment en inventant, à partir de la noirceur de la peau, une nouvelle stigmatisation de l’Autre.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

L' »Encyclopédie de la colonisation française »,
un ouvrage de référence

L' »Encyclopédie de la colonisation française », que publie depuis 2016 les éditions « Les Indes savantes » est une entreprise ambitieuse puisqu’elle couvre une large période historique : des Croisades jusqu’à nos jours. Si, dès son premier volume, elle a annoncé qu’elle ne traite pas de la période post-coloniale, elle a néanmoins souligné que, dans la période que nous vivons, subsistent, au terme de l’ère des empires, de nombreuses séquelles de ces siècles qui ont profondément marqué la planète et dont l’histoire lointaine reste trop mal connue.

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L'enseignement

Un projet pédagogique
autour du 17 octobre 1961

Au lycée des métiers René Cassin à Rive-de-Gier (Loire), une équipe pédagogique a impulsé pour les élèves de bac pro et de CAP un travail autour de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. Une importante documentation a été rassemblée, films, livres et photographies. Sur cette base, les élèves ont réalisé un montage de photos et de textes et préparé de nombreuses questions destinées à une rencontre avec deux auteurs venus échanger avec eux, dont Marie-Odile Terrenoire, fille du ministre Louis Terrenoire, alors porte-parole du général de Gaulle au moment des faits.

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Le « maintien de l'ordre » en France

La répression en France en 2019 et le précédent de la guerre d’Algérie

Pour Fanny Layani, enseignante en lycée, doctorante en histoire à l’université Paris-I, les dispositifs policier et judiciaire à l’œuvre en France en 2019 contre les contestataires ne sont pas sans rappeler les méthodes utilisées pendant la guerre d’Algérie contre les indépendantistes. Dans un article publié dans l’hebdomadaire « Politis », elle pointe que des mesures liberticides comparables à celles prises pendant la guerre d’Algérie visent désormais, de ce côté de la Méditerranée, tout mouvement social, dont celui des gilets jaunes.

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Le travail forcé dans les colonies

la reconnaissance du travail forcé dans l’empire colonial

Dans une tribune publiée par « Le Monde », le 11 avril 2019, intitulée « Le travail forcé colonial dans l’empire français doit être reconnu comme un crime contre l’humanité », Olivier Le Cour Grandmaison, politiste, et Aminata Traoré, ancienne ministre de la culture malienne, rappellent l’extraordinaire brutalité des grandes compagnies et de l’administration coloniale dans l’empire français. Légitimé et défendu, sous la IIIe République, par de nombreux responsables politiques, juristes et professeurs d’université, le travail forcé n’a été aboli que le 11 avril 1946. Nous reproduisons également l’article publié par le premier de ces auteurs pour les 70 ans de cette abolition.

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L'enseignement

A propos de l’enseignement
de l’histoire coloniale
à l’école primaire,
par Laurence De Cock

Un enseignant a donné un exercice à ses élèves de CM2 sur « les aspects positifs » de la colonisation. L’affaire a fait le tour des grands médias. Au-delà d’une colère compréhensible, que révèle cet exercice sur l’enseignement de l’histoire à l’école aujourd’hui ? Laurence De Cock est animatrice du collectif Aggiornamento histoire-géo, historienne de l’éducation et auteure notamment de « Dans la classe de l’homme blanc. L’enseignement du fait colonial en France des années 1980 à nos jours » (PUL, 2018). Elle pointe ici, plutôt que la responsabilité de tel ou tel enseignant, celle écrasante dans ces errements d’une « défiance » d’ordre politique au sein de l’institution elle-même vis-à-vis de cette question.

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