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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

La reconnaissance du passé colonial

“L’invention de l’Afrique”,
par Valentin-Yves Mudimbe
un classique enfin traduit en français

C’est un ouvrage pionnier lors de sa parution 1988 aux Etats-Unis, devenu un classique des études africaines et décoloniales. L’Invention de l’Afrique est souvent comparé à L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (1978) d’Eward Saïd. Philosophe, poète et romancier congolais exilé aux Etats-Unis, Valentin-Yves Mudimbe y enquête sur les fondements du discours colonial présentant l’Afrique comme un monde primitif et hors de l’histoire. Comme le souligne un article du Monde que nous publions ici, cette traduction parait aux éditions Présence africaine alors qu’est engagé en France un débat sur ce qu’est ou ce que peut être une « pensée décoloniale». Ci dessous aussi, une émission que lui a consacré « La grande table » de France Culture.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le passé esclavagiste de Bordeaux
mis en lumière,
une étape dans le long combat pour
la mémoire de l’esclavage

Avec un important retard sur la ville de Nantes, cente-cinquante-trois ans après l’abolition de l’esclavage, Bordeaux cherche un moyen de renouer avec sa mémoire. Des chercheurs ont mis en ligne une base de données recensant les noms d’anciens esclavagistes et les indemnités, parfois considérables, auxquelles ils ont eu droit lors de l’abolition. On y retrouve les noms de familles bordelaises connues, comme Gradis, Balguerie ou Journu. L’équipe du maire envisage de créer un lieu de mémoire dont l’emplacement n’est pas encore défini, qui implique un long travail avec des historiens, des archivistes et des associations, et qui devrait voir le jour avant la fin de son mandat.

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Les nostalgiques de la colonisation

Le groupe néomaccarthyste
intitulé « Observatoire du décolonialisme »
dispense une haine tous azimuts
déguisée en défense de la liberté

Le groupe intitulé « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » prétend « lutter contre la promotion de l’antisémitisme, du sexisme et du racisme par la pseudo-science et pour défendre les principes qui dépendent de l’Université : la langue, l’école et la laïcité ». En réalité, il s’agit d’un groupe néomaccarthyste, défenseur du colonialisme et du racisme, qui détourne en s’en prévalant les notions de liberté, de laïcité, d’éducation et de rigueur scientifique. Allié au « Printemps républicain », « Vigilance université » et autre « Vigilance collèges et lycées », il s’en prend à la liberté de la recherche et tout particulièrement à certains chercheurs qui ont travaillé sur l’antisémitisme et qui combattent aussi l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de sexisme. Comme le sénateur McCarthy, ils choisissent des cibles qu’ils diffament et dénigrent. C’est la cas en particulier du politiste Alain Policar et du sociologue Michel Wieviorka.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’Autre 8 mai 1945,
journée nationale de la mémoire en Algérie
et épisode dont la reconnaissance officielle
est demandée aux autorités françaises

Les autorités algériennes, en faisant du 8 mai 1945 une journée nationale de la mémoire, ont souligné l’importance de cet épisode dans la prise de conscience des Algériens de la nécessité de l’indépendance du pays. Même si, comme en ont témoigné les présidents successifs de la Fondation du 8 mai 45, tels Bachir Boumaza, Mohamed El Korso et aujourd’hui Abdelhamid Salakdji, le régime instauré après 1962 a longtemps négligé les victimes de ce massacre comme tout ce qui a précédé la fondation du FLN en 1954. Ci-dessous, deux articles du quotidien El Watan et les échos des demandes en France de la reconnaissance de ce massacre par les autorités du pays. En particulier, en ce 8 mai 2021, une plaque commémorant « l’Autre 8 mai 1945 » a été inaugurée à Saint-Denis par le maire de cette ville et un rassemblement a eu lieu à Nanterre en présence de plusieurs élus.

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Le racisme postcolonial

La vie psychique du racisme,
par Livio Boni et Sophie Mendelsohn

S’il n’est plus cautionné par la biologie ou l’anthropologie, comme il l’était à l’apogée de la période coloniale, le racisme est loin d’avoir disparu. La vie psychique du racisme revient sur l’apport sous-estimé du psychanalyste Octave Mannoni (1899-1989), auteur notamment de Psychologie de la colonisation (1950). Celui-ci a évolué pendant un quart de siècle dans les colonies avant d’entamer un processus de « décolonisation de soi » coïncidant avec une tentative de décrire l’envers inconscient de la scène coloniale. En redonnant une visibilité à la réflexion pionnière de Mannoni, les auteurs explorent à partir de la mécanique du « démenti » les ressorts inconscients du racisme. Se dessine ainsi une histoire mineure de la psychanalyse française, qui avait affaire à la question raciale avant même que Fanon s’en saisisse ouvertement, et avant que Lacan annonce, une fois le cycle des décolonisations achevé, que « le racisme a bien de l’avenir ».

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La reconnaissance du passé colonial

Au lieu de regarder son histoire en face
la France se limite-t-elle trop aux symboles ?
par le « BondyBlog »

Par des déclarations et des gestes symboliques, le président Macron a invité les Français à poser un regard lucide sur deux pages de l’histoire coloniale de la France, la guerre d’Algérie et sa politique au moment du génocide des Tutsis au Rwanda. Mais les deux chercheurs dont le point de vue a été recueilli par le BondyBlog, François Graner, de l’association Survie, spécialiste de l’histoire du génocide au Rwanda, et Fabrice Riceputi, enseignant, chercheur et l’un des animateurs des sites histoirecoloniale.net et 1000autres.org, se demandent si le président cherche vraiment à faire émerger la vérité historique ou plutôt à recueillir les lauriers symboliques de sa démarche. Pour eux la commande présidentielle de deux rapports aux historiens Benjamin Stora et Vincent Duclert entouré d’une commission dont la composition a été contestée s’avère très insuffisante.

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La reconnaissance du passé colonial

Les « fallaces » de l’anti-décolonialisme,
par le sociologue Gilles Bastin

Le quotien Le Figaro a publié le 26 mars 2021 sur son site internet une tribune intitulée « Décolonialisme et idéologies identitaires représentent un quart de la recherche en sciences humaines aujourd’hui ». Ce texte se donne une apparence scientifique mais il est fondé sur une méthodologie défaillante et une argumentation confuse. Comme le montre le sociologue Gilles Bastin, de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble, qui dirige l’équipe Régulations du laboratoire Pacte, ce texte prend place dans le cadre d’une offensive soigneusement organisée depuis la fin de l’année 2020, de l’« Observatoire du décolonialisme » et d’autres groupes politiques qui n’hésitent pas à recourir à des « fallaces » — c’est-à-dire à des tromperies — pour diffuser leur dénigrement de la recherche universitaire.

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La reconnaissance du passé colonial

L’analyse par l’historienne Sylvie Thénault
de la publication du rapport de Benjamin Stora

Ci-dessous le compte rendu du rapport de Benjamin Stora publié par Sylvie Thénault sur histoire@politique. Et des extraits de son article dans la Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècle où elle propose, à travers son vécu d’historienne, une réflexion sur l’action de l’État concernant l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne. Elle y évoque trois expériences : la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie ; la déclaration présidentielle du 13 septembre 2018 sur la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin ; l’instruction générale interministérielle 1300 (IGI 1300) et la déclassification des archives. Nous reprenons ci-dessous ce qui concerne la déclaration présidentielle de 2018 dans la préparation de laquelle elle a joué un rôle important, et renvoyons les lecteurs à l’intégralité de l’article.

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Musées et créations contemporaines

Pour la création d’un
musée national de l’Histoire
de la colonisation

A l’initiative des élu.e.s Génération.s, de chercheur.e.s, historien.ne.s et militant.e.s engagé.e.s contre les discriminations, une tribune a été publiée le 15 avril 2021 par Libération et par Mediapart en faveur de la création en France d’un musée national de l’Histoire de la colonisation. Pour les signataires, dont le président de la Ligue des droits de l’homme, Malik Salemkour, une telle initiative apparait comme une urgence pour dépasser les polémiques stériles. Il est nécessaire de faire connaitre à tous cette histoire qui a participé à la structuration de la mémoire nationale, en particulier celle de la République. Ils demandent que cette page de notre passé soit regardée en face. L’histoire ne s’écrit pas avec une gomme.

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Commémorations

Le Manifeste des 121,
un texte fondamental
dont Catherine Brun éclaire la genèse

Notre site a déjà consacré (le 7 mars 2021) une page aux soixante ans du « Manifeste des 121 », en reproduisant son texte et les deux listes de ses signataires, ainsi qu’un documentaire par le réalisateur Mehdi Lallaoui. Mais Nils Andersson, responsable à l’époque des éditons La Cité à Lausanne, nous a fait remarquer : « Sur le “Manifeste des 121” (et le “manifeste des intellectuels” qui prétendait lui répondre), il y a un texte qui n’est pas assez connu, c’est celui de Catherine Brun, “Le Manifeste des 121, genèse et postérité”. Il apporte des éléments importants sur l’initiative et la rédaction de ce manifeste, cite les noms de personnes dont l’engagement est moins connu mais qui n’en fut pas moins important et renseigne sur les allers et retours vers ses signataires comme sur les adhésions qui ont suivi sa publication. » Nous reproduisons ce texte avec l’accord de son autrice.

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Musées et créations contemporaines

Deux journées consacrées à Abd el-Kader
au Mucem, à Marseille,
pour préparer une exposition en avril 1922

Une année avant l’ouverture d’une exposition que le Mucem a prévu de consacrer à Abd el-Kader du 6 avril au 22 août 2022, celui organise des rencontres en ligne les 7 et 8 avril 2021. Réunissant une douzaine de personnalités originaires d’Europe et de Méditerranée, historiens, anthropologues et collectionneurs, elles sont l’occasion d’une approche pluridisciplinaire et plurinationale de cette personnalité marquante à l’aide des recherches récentes, de sources nouvelles et de collections inédites. Ci-dessous le programme de ces rencontres et les liens de connexion. Par ailleurs, nous signalons ensuite la vingtaine de pages que notre site a publiées depuis 2002 sur la personnalité et les combats d’Abd el-Kader. Une exposition entourée de débats avait été organisée à Toulon en 2004 dont une version itinérante est toujours disponible.

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Musées et créations contemporaines

𝐋̶𝐚̶ ̶𝐂̶𝐨̶𝐥̶𝐨̶𝐧̶𝐢̶𝐞̶,
fondée par l’artiste Kader Attia,
renait sous une forme nomade

𝐋̶𝐚̶ ̶𝐂̶𝐨̶𝐥̶𝐨̶𝐧̶𝐢̶𝐞̶ a été pendant trois ans et demi un lieu exceptionnel à Paris, 128 rue Lafayette, dans le 10e arrondissement. Inauguré le 17 octobre 2016 par l’artiste Kader Attia, qui invitait à venir y « partager le couscous de sa mère », après sa conférence avec le peintre et sculpteur italien Michelangelo Pistoletto, ce lieu a été le cadre d’un nombre impressionnant de rencontres sur le passé colonial et l’idée de réparation. Des universités françaises et étrangères y ont tenu des séminaires, des cinéastes y ont présenté leurs films, des auteurs ont participé à des débats autour de leurs livres. L’Association Histoire coloniale et postcoloniale qui publie ce site internet y a souvent été accueillie pour des rencontres. Obligée de fermer en mars 2020 en raison de la crise sanitaire, 𝐋̶𝐚̶ ̶𝐂̶𝐨̶𝐥̶𝐨̶𝐧̶𝐢̶𝐞̶ a lancé une souscription pour reprendre ailleurs ses activités. Et elle annonce une programmation nomade du 17 avril au 3 juin 2021 (et jusqu’au 1er août 2021 à Utrecht).

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