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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Commémorations

« Oppositions intellectuelles
à la guerre d’Algérie »,
un colloque
qui fait suite au rapport Stora

Sur les « oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie », un colloque s’est tenu les 20, 21 et 22 janvier 2022, correspondant à l’une des préconisations du rapport remis au président de la République par Benjamin Stora. Organisé par l’historien Tramor Quemeneur et l’anthropologue Tassadit Yacine, il a été l’occasion d’interventions passionnantes et de riches débats. Ci-dessous la présentation du film qui l’a ouvert, Le soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul, le programme et les films des débats ainsi que les textes provisoires des interventions de Christian Phéline et Gilles Manceron. Nous y ajoutons la lettre d’Aïssa Kadri, publiée par le quotidien El Watan, qui explique les raisons pour lesquelles il a finalement choisi de ne pas y participer. Nous accueillerons volontiers la réponse des organisateurs, qui ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses travaux.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Un débat entre Benjamin Stora
et l’historien algérien Amar Mohand-Amer
Quelle commémoration
de l’indépendance algérienne ?

A l’Hôtel-de-ville de Paris, à l’occasion de son assemblée générale, l’Association Josette et Maurice Audin organise un débat sur le thème de la commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, avec Benjamin Stora et l’historien algérien Amar Mohand-Amer. Ci-dessous les liens pour le suivre sur internet car les conditions sanitaires font que la jauge de la salle est strictement limitée. L’Association Josette et Maurice Audin tiendra ensuite son assemblée interne réservée à ses seuls adhérents (possibilité d’adhésions en ligne), mais que ceux-ci pourront suivre aussi à distance. Nous présentons également ci-dessous la BD sur Maurice Audin qui vient de paraître en Algérie.

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Séquelles politiques postcoloniales

Une émission à voir
sur la mobilisation contre un « zoo humain »
en Loire-atlantique

Pour faire la publicité d’un produit nommé « Bamboula », les biscuits Saint-Michel, sponsor de la zone commerciale d’un parc animalier près de Nantes, n’a pas hésité, en 1994, à ouvrir sous le nom de « village de Bamboula » un équivalent des « zoos humains » des débuts de la période coloniale. Des femmes et des hommes ivoiriens, enfants et adultes, y ont été retenus pour les offrir en spectacle aux visiteurs. Un documentaire reconstitue l’histoire de cette invraisemblable réalisation et interroge notre histoire et nos représentations. Il montre les mobilisations qu’elle a provoquées, notamment de la part de la section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme et du SNAM-CGT (Union nationale des syndicats d’artistes-musiciens de France). Après France 3 Pays de la Loire, France 2 le diffuse le 18 janvier… à 23h55. Mais il est visible aussi en replay. Ci-dessous le communiqué de presse de France télévision et un article publié par Mediapart.

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Séquelles politiques postcoloniales

Le ministre Blanquer a soutenu et financé
une réunion politique déguisée en colloque
pour faire le procès de recherches universitaires

Les 7 et 8 janvier 2022, s’est tenu à la Sorbonne un vrai-faux colloque patronné et soutenu par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour faire le procès de la « pensée décoloniale », aussi nommée le « woke » ou la « cancel culture » par ceux qui la désignent comme un péril mondial. Ci-dessous l’article publié par Mediapart, « Un vrai-faux colloque à la Sorbonne pour mener le procès du “wokisme” » dont les autrices montrent qu’il fut une dénonciation permanente de la manière dont le « décolonialisme » et les « études intersectionnelles » martyriseraient l’université française. On a connu des détournements de mots comme celui de « socialisme » employé au profit de la barbarie. Les termes de « woke » et de « cancel culture » sont brandis aujourd’hui pour qualifier de « racistes » les antiracistes qui travaillent sur les formes spécifiques de discriminations persistant dans les sociétés postcoloniales.

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L'accès aux archives coloniales

Archives de la guerre d’Algérie :
il faudra surveiller de près l’ouverture partielle
annoncée par un arrêté du gouvernement

Le Premier ministre, les ministres de la Culture, des Affaires étrangères, des Armées, de l’Intérieur et de la Justice ont signé le 22 décembre un arrêté qui réduit de quinze ans le délai de consultation des archives judiciaires de la guerre d’Algérie. Si on ne peut que se féliciter d’une telle mesure, qui tranche avec les choix gouvernementaux d’empêcher de 2019 à 2021 l’accès à des archives consultables « de plein droit », puis d’adopter à la hâte au nom de la lutte contre le terrorisme une loi, du 30 juillet 2021, restreignant l’accès à certains documents, on peut s’interroger sur l’application effective de cet arrêté. D’autant que le Dépôt central des archives de la justice militaire situé sur la commune du Blanc, dans l’Indre, est fermé depuis deux ans. Sur ce sujet, la construction est nécessaire d’une institution qui veille au respect du droit démocratique d’accès des citoyens aux archives.

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Les pieds-noirs « nostalgériques »

Le chant des « indigènes »
enrôlés dans l’armée française,
annexé par les nostalgiques de la colonisation,
par Alain Ruscio

Le 5 décembre 2021, dans de nombreuses villes de France, les cérémonies officielles en hommage à la mémoire des soldats « morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie » se sont terminées comme à l’habitude par la reprise en chœur du fameux « Chant des Africains ». Alain Ruscio explique dans cet article pourquoi il s’agit d’une sorte de « larcin mémoriel » puisque ce chant dont la première version date de 1915 et qui était entonné par les « indigènes » de l’armée française est devenu durant la guerre d’Algérie un signe de ralliement des partisans de la colonisation. Et il le reste aujourd’hui pour les « nostalgériques ». Bien qu’il contienne les paroles, « lorsque finira la guerre, nous reviendrons dans nos gourbis », qui ne sont guère à la gloire du bilan de la colonisation…

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Réconciliation et réparations

Quelle justice
pour les descendants de victimes
des crimes coloniaux ?

Quelle justice et quelles réparations pour les descendants de victimes des crimes coloniaux ? C’est l’importante question abordée ici par les documentaristes Rob Lemkin et Femi Nylander. Auteurs du film African Apocalypse (BBC, 2020), ils y ont mis en lumière l’héritage de la violence coloniale et ses conséquences pour les descendants des victimes des effroyables massacres perpétrés en 1899 par la mission militaire française « Afrique Centrale-Tchad », dite Voulet-Chanoine, au Mali et au Niger. Ils s’appuient sur un récent rapport de l’ONU, passé largement inaperçu en France, prônant la mise en place d’une justice transitionnelle et de mécanismes de réparation. Ci-dessous leur article dans la revue Afrique XXI, ainsi que des liens relatifs à l’histoire de la « colonne infernale » Voulet- Chanoine et de la conquête du Sahel.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Une plaque très discrète
commémore à Paris l’assassinat
par les services spéciaux français
de l’avocat Amokrane Ould Aoudia
sur l’ordre du premier ministre Michel Debré

Le 23 mai 1959, l’avocat parisien Amokrane Ould Aoudia était assassiné en plein Paris par les services spéciaux français pour l’empêcher de défendre des militants du FLN algérien et de dénoncer la torture dont ils avaient été victimes. L’ordre de le tuer dépendait du Premier ministre Michel Debré sous l’autorité duquel se trouvait le Service Action du SDECE qui a organisé cet assassinat. Les choses ont été racontées par Raymond Muelle, l’officier commandant ce service, au journaliste Jean Guisnel dont nous reproduisons ci-dessous l’article paru dans Le Point le 25 novembre 2021. Suivi de l’intervention de Gilles Manceron sur ce sujet au colloque « À quand la vérité sur les crimes coloniaux, 60 ans après l’assassinat de Ferhat Hached » qui a eu lieu le 12 janvier 2013 dans une salle de l’Assemblée nationale. Selon lui, un tel assassinat décidé par un Premier ministre d’un avocat parisien pour l’empêcher de plaider est unique dans l’histoire de la France.

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Le 17 octobre 1961

17 octobre 1961 :
un crime d’Etat toujours inavouable,
par Fabrice Riceputi

Le 16 octobre 2021, le président Emmanuel Macron s’est rendu au Pont de Bezons, en banlieue parisienne, pour s’y livrer à une cérémonie commémorative. Celle-ci fut suivie de la publication par l’Élysée d’un communiqué de presse exposant brièvement ses motifs. Après le très bref communiqué de François Hollande en 2012, c’est la deuxième initiative présidentielle sur ce sujet en 60 ans. Mais le compte n’y est toujours pas. Dans une tribune publiée sur le site LundiMatin, l’historien Fabrice Riceputi indique qu’en raison de blocages politiques, la reconnaissance pleine et entière d’un crime d’Etat établi par l’historiographie, revendiquée dans la société française depuis les années 1990, particulièrement celle de la responsabilité du gouvernement Debré et de l’institution policière dans cette meurtrière répression, n’est toujours pas formulée.

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Musées et créations contemporaines

au MUCEM
« Marseille-Méditerranée
l’exil en partage »,
une table ronde de l’Association Ancrages

Dans le cadre de la Semaine culturelle méditerranéenne qui se déroule à Marseille du 22 au 30 novembre 2021, une table-ronde a lieu au Mucem le 25 novembre, organisée par l’association Ancrages, sur le thème : « Marseille-Méditerranée, l’exil en partage ». Il s’agit de mobiliser l’histoire des idées et des représentations pour éclairer les débats actuels en mettant en évidence l’ancienneté et la richesse des mobilités humaines ainsi que les conséquences tragiques produites aujourd’hui par les limitations des politiques d’accueil. Occasion de donner la parole à de jeunes historiennes, sociologues et écrivaines qui renouvellent à travers leurs livres et leurs travaux la vision des déplacements humains qui ont construit cette ville comme ils ont façonné ce pays.

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L'accès aux archives coloniales

L’accès aux archives
continue à être entravé.
Les images de la rencontre
« L’accès aux archives publiques,
un enjeu citoyen » du 13 septembre 2021

Comme l’a expliqué la revue L’Histoire dans un entretien avec le juriste Noé Wagener : après la décision du Conseil d’Etat du 2 juillet 2021 qui a donné raison au Collectif Accès aux archives publiques en annulant l’instruction gouvernementale qui contredisait la loi en inventant une procédure illégale de « déclassification », les forces qui cherchent à entraver l’accès des citoyens aux archives publiques ont immédiatement réagi. Elles ont introduit à la hâte des dispositions problématiques dans la loi du 30 juillet concernant le terrorisme et le renseignement. Ci-dessous un article de Sylvie Braibant pointant le rôle des milieux qui continuent de dresser des entraves à l’exercice d’un droit constitutionnel. Et les images d’une rencontre qui témoigne de la mobilisation scientifique et citoyenne en cours, bien décidée à déjouer leurs subterfuges.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Du pillage culturel colonial
aux difficiles restitutions postcoloniales

Le 10 novembre 2021, 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey, pillées par les troupes coloniales françaises au XIXe siècle ont été restituées au Bénin et accueillies par des scènes de liesse à Cotonou. Un important film documentaire, Restituer ?, réalisé par Nora Philippe et diffusé sur Arte, fait l’histoire du pillage des biens culturels comme partie intégrante du projet colonial et celle de la longue lutte qui se poursuit pour la restitution de ces biens aux peuples jadis colonisés. Le 15 décembre prochain, en France, sera débattue au Sénat une proposition de loi « relative à la circulation et au retour des biens culturels appartenant aux collections publiques ». Elle concernera aussi « les restes humains » rapportés par les conquérants coloniaux français et encore conservés en très grand nombre dans les caves de nos musées.

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