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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Foulard et voile

« La passion française sur le voile est liée à la colonisation »

Le débat d’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen n’évite pas une véritable obsession du débat public depuis plus de trente ans : le voile musulman, que la candidate d’extrême droite souhaite « interdire » dans l’espace public et dont le président sortant estime qu’il « divise » le pays. Nous publions un entretien réalisé par Mediapart avec l’historien de l’art et écrivain Bruno Nassim Aboudrar, auteur d’une histoire longue du voile intitulée Comment le voile est devenu musulman (2014). Il souligne que cette « passion française » pour ce sujet, unique au monde, est un héritage de l’époque coloniale. Elle est liée selon lui « à la façon très particulière dont la colonisation a, en France, été pensée dans le cadre d’une « mission civilisatrice » (…) censée universaliser la République. »

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L'accès aux archives coloniales

Des révélations sur l’usage des gaz toxiques
par l’armée française
dans la guerre d’Algérie

Le 7 avril 2022 s’est tenue au siège de la Ligue des droits de l’Homme une conférence de presse autour de la publication par la revue XXI d’un dossier sur la guerre des grottes pratiquée par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Ci-dessous l’article du journaliste du Monde Frédéric Bobin qui en a rendu compte ainsi qu’une dépêche de l’AFP et la tribune signée du chercheur Christophe Lafaye et du président de l’Association Josette et Maurice Audin, Pierre Mansat, publiée par le quotidien Libération. Et aussi les émissions de France culture et de TV5MONDE où la journaliste et documentariste Claire Billet a présenté ce dossier. Cette conférence de presse a suscité d’autres témoignages d’anciens appelés qui ont participé à ces opérations. Notre site fait appel aux témoignages.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Les Oliviers de la justice »,
un film qui permet de revenir
sur 1962 et l’indépendance de l’Algérie

Le film « Les Oliviers de la justice », qui est projeté à Paris, au cinéma Le Louxor, le 14 avril 2022 sous l’égide du Maghreb des films, a été réalisé en 1962, à la fin de la guerre, dans une période confrontée aux attentats de l’OAS qui cherchaient à s’opposer par tous les moyens à l’indépendance de l’Algérie. Inspiré du livre éponyme de Jean Pélégri, un Européen né en Algérie en 1920 qui y a assisté aux ravages des inégalités et des injustices de l’Algérie coloniale, il témoigne de la cécité de la grande majorité de la population d’origine européenne devant l’émancipation inévitable de ce pays qui avait subi la colonisation. Le film est l’occasion d’une réflexion sur l’enchaînement des faits qui ont conduit aux départ des Européens.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

Rendre hommage à Paul Teitgen
par Fabrice Riceputi

Dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique, l’historien Fabrice Riceputi relève que Paul Teitgen — qui s’opposa aux exactions de l’armée française à Alger en 1957, témoigna sur elles et fut sanctionné pour cela par le gouvernement de Michel Debré — n’a fait l’objet d’aucun hommage officiel. « Pour la même raison, selon lui, qui a fait annuler la panthéonisation de l’avocate Gisèle Halimi » : la difficulté pour les autorités de ce pays à reconnaître comme tels les crimes de l’armée française en Algérie. Outre cette tribune, nous publions la lettre de démission de Paul Teitgen au ministre Robert Lacoste, ainsi qu’un extrait de film dans lequel il explique son refus de la torture.

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Musées et créations contemporaines

Une exposition au Mucem
et une autre, itinérante,
sur la personnalité exceptionnelle
de l’émir Abdelkader

Comme l’a signalé notre site, suivant une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. Du 6 avril au 22 août 2022, une belle exposition lui est consacré au Mucem, à Marseille, qui restitue à travers 250 œuvres originales sa riche personnalité. Au même moment, une exposition itinérante créée par la Ligue des droits de l’Homme de Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net est proposée à toutes les institutions, Archives départementales, centres culturels et établissements scolaires, qui souhaitent l’accueillir. Elle montre l’importance du travail intellectuel de l’émir lors de sa détention à Toulon, puis au château de Pau et celui d’Amboise. L’occasion de redécouvrir un grand personnage des histoires algérienne et française.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’accès toujours entravé aux archives
de la guerre d’Algérie

Soixante ans après la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, on parle d’un « apaisement des mémoires ». Mais est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel ? Il en est ainsi de la « guerre des grottes » qui a fait rage durant la guerre d’Algérie dans les gigantesques réseaux souterrains de l’Aurès, du nord-est de l’Algérie et du massif du Djudjura dans la chaîne de l’Atlas, où des « sections de grottes » organisées par l’armée française ont été chargées d’utiliser des gaz toxiques contre les personnes, combattantes ou non, qui s’y trouvaient cachées. Le numéro du printemps 2022 de la revue XXI consacre un dossier à cette question.

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Les nostalgiques de la colonisation

Qui est Bernard Lugan,
le « conseiller Afrique » d’Éric Zemmour ?

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour a annoncé avoir un « monsieur Afrique » en la personne de Bernard Lugan. Dans cet article, l’historien Alain Ruscio indique que » Zemmour, épinglé par tous les historiens sérieux pour ses approximations, erreurs et mensonges, ne pouvait que choisir un compère en falsifications ». Il dresse le portrait de ce nostalgique de l’ordre colonial, jadis supporter zélé du régime d’Apartheid en Afrique du Sud, auteur prisé de toutes les publications racistes depuis des décennies. Un article de la revue AfriqueXXI montre par ailleurs que ce « spécialiste de l’Afrique » considéré comme un imposteur par les africanistes n’en est pas moins une référence pour nombre d’officiers de l’armée française aujourd’hui.

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Musées et créations contemporaines

Un film retrace la vie et l’engagement
de Fernand Iveton
« guillotiné pour l’exemple »
à Alger en 1957

Le film De nos frères blessés, inspiré du roman éponyme de Joseph Andras (2016), lui-même issu du livre de Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, enquête, publié en 1986, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, sort sur les écrans. Il restitue la vie brève d’Iveton (1926-1957), son amour pour Hélène, née Ksiazek, en 1921, près de Cracovie, épousée à Alger en juillet 1955, et son combat anticolonialiste pour l’indépendance de l’Algérie avec le parti communiste algérien. Comme l’écrit Pierre Vidal-Naquet : « Son communisme — est-il besoin de le souligner ? — n’est pas une adhésion directe et personnelle à l’ordre (ou au désordre) établi en URSS et dans les “démocraties populaires”, mais une protestation hautement morale et hautement politique contre l’ordre colonial, l’ordre infâme, raciste, qui règne à Alger ».

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Condamner le système colonial
et son héritage de racisme

Dans une tribune collective publiée par Le Monde à l’occasion du 60e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, diverses personnalités, dont des historien.ne.s, soulignent les limites des initiatives mémorielles d’Emmanuel Macron et lui demandent « un discours de reconnaissance et de clarification de notre rapport moral et politique à la colonisation ». Ils soulignent aussi que « le travail mémoriel ne doit pas se substituer à une transformation du réel », alors que « la lutte contre le racisme est au point mort, si ce n’est suspecte ». Par ailleurs, l’historienne Sylvie Thénault et le politiste Paul Max Morin débattent des mêmes questions dans une émission vidéo de Mediapart.

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La reconnaissance du passé colonial

60 ans après le 19 mars 1962
Réflexions sur la reconnaissance
des crimes de la guerre d’Algérie

Autour des soixante ans de la fin de la guerre d’Algérie, que les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 avaient annoncée, des publications et des rencontres reviennent sur les nombreuses disparitions forcées impunies qui sont intervenues durant ce conflit. Aujourd’hui considérés comme des crimes, ces actes ont échappé à toute justice. Ci-dessous les réponses que Pierre Audin, fils de Maurice Audin, un militant de l’indépendance algérienne torturé et tué par des militaires français à Alger en 1957, a faites à TV5Monde. Et l’enregistrement du débat qui a été organisé le 12 mars 2022 autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera publié par les éditions de l’Humanité. Pierre Audin a intitulé sa contribution à ce livre : « Tout n’est pas dit ».

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Hommages aux victimes de l'OAS

Il y a soixante ans :
le massacre par l’OAS à Alger
des dirigeants des Centres sociaux

Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu qui mit fin à la guerre d’indépendance algérienne, l’Organisation Armée Secrète (OAS) massacrait six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, fondés en 1955 par Germaine Tillion pour apporter instruction et soins aux enfants algériens et déjà visés en 1956-1957 par de nombreuses arrestations et tortures de la part de l’armée française. Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutène, Max Marchand et Salah Ould Aoudia étaient assassinés par un commando dont les membres, bien qu’identifiés, restèrent impunis. Ce crime de l’OAS, organisation terroriste dont le rôle déterminant dans les tragédies de la fin de la guerre tend à être aujourd’hui passé sous silence, est rappelé ci-dessous par Jean-Philippe Ould Aoudia et Alain Ruscio.

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Racisme de couleur et islamophobie

Le racisme structurel
dans la société française :
un spectacle de théâtre-forum

La section de la Ligue des droits de l’Homme de Paris 10e/11e propose avec la compagnie Naje un spectacle de théâtre-forum intitulé « Tu viens d’où toi ? ». A partir d’un scénario écrit par Fabienne Brugel, Farida Aouissi et Jean Paul Ramat, des comédiens blancs et racisés venant de différents milieux sociaux, dont certains sont jeunes et d’autres retraités, se demandent comment agir face au racisme structurel et comment s’allier dans la lutte antiraciste dans une société postcoloniale. Ils engagent le public à trouver avec eux des stratégies et des comportements appropriés. Ci-dessous également, afin d’encourager la réflexion critique sur ce sujet, l’annonce d’une émission de radio sur Aligre FM, « Fréquence Droits », un texte publié aux Etats-Unis à destination des étudiants, parents et enseignants qui tente une définition des différentes formes de racisme, et le lien vers un article de Fabrice Dhume.

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