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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Musées et créations contemporaines

Un film retrace la vie et l’engagement
de Fernand Iveton
« guillotiné pour l’exemple »
à Alger en 1957

Le film De nos frères blessés, inspiré du roman éponyme de Joseph Andras (2016), lui-même issu du livre de Jean-Luc Einaudi, Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton, enquête, publié en 1986, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, sort sur les écrans. Il restitue la vie brève d’Iveton (1926-1957), son amour pour Hélène, née Ksiazek, en 1921, près de Cracovie, épousée à Alger en juillet 1955, et son combat anticolonialiste pour l’indépendance de l’Algérie avec le parti communiste algérien. Comme l’écrit Pierre Vidal-Naquet : « Son communisme — est-il besoin de le souligner ? — n’est pas une adhésion directe et personnelle à l’ordre (ou au désordre) établi en URSS et dans les “démocraties populaires”, mais une protestation hautement morale et hautement politique contre l’ordre colonial, l’ordre infâme, raciste, qui règne à Alger ».

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Condamner le système colonial
et son héritage de racisme

Dans une tribune collective publiée par Le Monde à l’occasion du 60e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, diverses personnalités, dont des historien.ne.s, soulignent les limites des initiatives mémorielles d’Emmanuel Macron et lui demandent « un discours de reconnaissance et de clarification de notre rapport moral et politique à la colonisation ». Ils soulignent aussi que « le travail mémoriel ne doit pas se substituer à une transformation du réel », alors que « la lutte contre le racisme est au point mort, si ce n’est suspecte ». Par ailleurs, l’historienne Sylvie Thénault et le politiste Paul Max Morin débattent des mêmes questions dans une émission vidéo de Mediapart.

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La reconnaissance du passé colonial

60 ans après le 19 mars 1962
Réflexions sur la reconnaissance
des crimes de la guerre d’Algérie

Autour des soixante ans de la fin de la guerre d’Algérie, que les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 avaient annoncée, des publications et des rencontres reviennent sur les nombreuses disparitions forcées impunies qui sont intervenues durant ce conflit. Aujourd’hui considérés comme des crimes, ces actes ont échappé à toute justice. Ci-dessous les réponses que Pierre Audin, fils de Maurice Audin, un militant de l’indépendance algérienne torturé et tué par des militaires français à Alger en 1957, a faites à TV5Monde. Et l’enregistrement du débat qui a été organisé le 12 mars 2022 autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera publié par les éditions de l’Humanité. Pierre Audin a intitulé sa contribution à ce livre : « Tout n’est pas dit ».

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Hommages aux victimes de l'OAS

Il y a soixante ans :
le massacre par l’OAS à Alger
des dirigeants des Centres sociaux

Le 15 mars 1962, quatre jours avant le cessez-le-feu qui mit fin à la guerre d’indépendance algérienne, l’Organisation Armée Secrète (OAS) massacrait six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, fondés en 1955 par Germaine Tillion pour apporter instruction et soins aux enfants algériens et déjà visés en 1956-1957 par de nombreuses arrestations et tortures de la part de l’armée française. Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hamoutène, Max Marchand et Salah Ould Aoudia étaient assassinés par un commando dont les membres, bien qu’identifiés, restèrent impunis. Ce crime de l’OAS, organisation terroriste dont le rôle déterminant dans les tragédies de la fin de la guerre tend à être aujourd’hui passé sous silence, est rappelé ci-dessous par Jean-Philippe Ould Aoudia et Alain Ruscio.

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Racisme de couleur et islamophobie

Le racisme structurel
dans la société française :
un spectacle de théâtre-forum

La section de la Ligue des droits de l’Homme de Paris 10e/11e propose avec la compagnie Naje un spectacle de théâtre-forum intitulé « Tu viens d’où toi ? ». A partir d’un scénario écrit par Fabienne Brugel, Farida Aouissi et Jean Paul Ramat, des comédiens blancs et racisés venant de différents milieux sociaux, dont certains sont jeunes et d’autres retraités, se demandent comment agir face au racisme structurel et comment s’allier dans la lutte antiraciste dans une société postcoloniale. Ils engagent le public à trouver avec eux des stratégies et des comportements appropriés. Ci-dessous également, afin d’encourager la réflexion critique sur ce sujet, l’annonce d’une émission de radio sur Aligre FM, « Fréquence Droits », un texte publié aux Etats-Unis à destination des étudiants, parents et enseignants qui tente une définition des différentes formes de racisme, et le lien vers un article de Fabrice Dhume.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« En guerre(s) pour l’Algérie »
une série TV importante
conçue par Raphaëlle Branche

Composée de six épisodes, la série TV « En guerre(s) pour l’Algérie », conçue par Raphaëlle Branche et réalisée par Rafael Lewandowski, consacrée à l’histoire de la guerre d’Algérie, est diffusée les 1er et 2 mars 2022 sur Arte. Fruit de plus de trois ans de travail d’une très vaste équipe, en Algérie comme en France, à partir d’entretiens inédits avec des témoins algériens et français (66 au total) et de quantité d’archives dont certaines sont inédites, c’est une création remarquable qui œuvre à la connaissance historique, aux antipodes de la problématique « réconciliation des mémoires ». Un livre l’accompagne, et l’actualité de cette historiographie est marquée aussi par la parution du gros dossier de la revue Mémoires en jeu et par l’ouvrage collectif, Algérie coloniale, dirigé par Giulia Fabbiano et Abderahmen Moumen. Au Théâtre Nanterre-Amandiers, « En guerre(s) pour l’Algérie » sera projeté le samedi 26 février 2022, suivi d’un débat avec Raphaëlle Branche.

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La guerre du Mali (depuis 2013)

Aux origines de Barkhane
Maréchal (Lyautey), nous voilà !

La nouvelle revue d’information indépendante en ligne Afrique XXI, au contenu déjà très riche, a récemment publié une série d’articles intitulés « Aux origines coloniales de Barkhane ». Elle montre que cette opération militaire française dans le Sahel a réveillé « de vieux fantasmes que l’on pensait enterrés depuis la fin de l’ère coloniale. L’armée de Terre, qui a façonné une partie de sa légende dans cette bande aride à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, a convoqué ses anciennes gloires, dépoussiéré ses vieilles cartes et recyclé certaines de ses méthodes passées. » Nous publions ci-dessous le quatrième et dernier épisode de cette série, consacré à une référence coloniale majeure des stratèges militaires français aujourd’hui : Hubert Lyautey (1854-1934).

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La vérité est en marche,
rien ne l’arrêtera »
par Charles Silvestre,
Gilles Manceron, Pierre Audin

Ce livre retrace le combat mené par ce qui a été baptisé « l’appel des douze », lancé le 31 octobre 2000 par L’Humanité, dans la continuité de la lutte du Comité Maurice Audin, fondé en 1957 à l’initiative de l’historien Pierre Vidal-Naquet et du mathématicien Laurent Schwartz. Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron a remis « au nom de la République » à Josette Audin, à laquelle il a demandé « pardon » pour l’assassinat de son mari par des militaires français, une déclaration encourageant les recherches sur les disparus de la guerre d’Algérie et a demandé ensuite à Benjamin Stora un rapport sur le passé franco-algérien. A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, les Amis de l’Humanité organisent le 12 mars 2022 une rencontre avec Charles Silvestre, Gilles Manceron et Pierre Audin, qui y ont contribué, et la participation exceptionnelle de Florence Beaugé et de Benjamin Stora.

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Commémorations

Charonne
8 février 1962 – 8 février 2022
retour sur une commémoration

Premier président de la République à s’être exprimé sur le massacre de Charonne, Emmanuel Macron a rendu public le 8 février 2022 un bref communiqué. Ci-dessous le commentaire de l’Humanité et le film que ce journal a réalisé de la commémoration organisée au métro Charonne, ainsi que les mots prononcés par Delphine Renard, qui a perdu la vue à la suite de l’attentat perpétré le 7 février 1962 au domicile d’André Malraux alors qu’elle avait 4 ans. Au même moment, lors d’une rencontre organisée à l’Institut Tribune socialiste (ITS), il a été rappelé l’engagement du PSU à l’époque et aussi que, lors des obsèques des victimes entièrement organisées par le PCF le 13 février, seuls les représentants de la CFTC et de l’UNEF ont mentionné le massacre du 17 octobre 1961 qui avait tué ou blessé des centaines de travailleurs algériens.

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Charonne 8 février 1962

Il y a soixante ans
la répression meurtrière
d’une manifestation pacifique
au métro Charonne

Vers la fin de la guerre d’Algérie, le 8 février 1962, alors que les négociations d’Evian étaient bien avancées et qu’on se dirigeait vers l’indépendance prochaine de ce pays, une manifestation parisienne soutenant cette issue et protestant aussi contre les attentats criminels commis par l’organisation terroriste de l’OAS a été attaquée violemment par des brigades spéciales aux ordres du préfet de police Maurice Papon. Neuf personnes sont mortes du fait d’actes de violence destinés à tuer. Les responsabilités particulières du ministre de l’intérieur, Roger Frey, et du premier ministre, Michel Debré, hostile à l’issue de la guerre voulue par le général de Gaulle, doivent être établies. Et la lumière doit être faite sur le silence de l’Etat depuis. Diverses commémorations sont organisées le 8 février 2022 pour demander la reconnaissance de ce crime d’Etat par les plus hautes autorités du pays.

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La reconnaissance du passé colonial

Faire connaître le combat
patriotique et humaniste
de l’émir Abdelkader

Le 5 février, suivant l’une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise (Indre-et-Loire) où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. L’inauguration a eu lieu en présence de l’ambassadeur d’Algérie en France. Avant son inauguration, des journalistes ont constaté que la sculpture avait été vandalisée : l’œuvre qui représente sa silhouette découpée dans une feuille d’acier a été abimée intentionnellement dans la partie basse de la structure. L’émir a été d’abord détenu à Toulon. Vaincu, à la merci de la France qui a trahi sa parole, il est sorti grandi de sa quarantaine à l’hôpital maritime du Lazaret, puis et de sa détention au Fort Lamalgue, ces quatre mois à Toulon ont joué un rôle important dans son évolution intellectuelle. C’est ce que restitue une exposition créée par la LDH Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net

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La Françafrique

Une somme incontournable
sur la construction de la Françafrique,
par François Gèze

L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique : ce livre collectif monumental a été dirigé par Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat et Thomas Deltombe. Publié en octobre 2021 par les éditions du Seuil, il propose au grand public une vision passionnante de l’histoire coloniale et postcoloniale de la France en Afrique, extrêmement bien documentée. Il montre en particulier comment Jacques Foccart, secrétaire général aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, a exercé la mission reçue de De Gaulle d’« assurer, en Afrique subsaharienne, une transition vers des “indépendances” favorables aux intérêts français ». De ce livre qui marque un saut d’envergure dans nos connaissances de ce passé trop méconnu et des traces profondes qui en subsistent aujourd’hui, François Gèze propose ici une recension détaillée.

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