
Maurice Papon est mort
D’après son avocat, «l’ancien ministre n’a jamais accepté sa condamnation du 2 avril 1998 par la Cour d’assises de Bordeaux».

D’après son avocat, «l’ancien ministre n’a jamais accepté sa condamnation du 2 avril 1998 par la Cour d’assises de Bordeaux».
Dans le discours qu’il a tenu à Poitiers le 26 janvier dernier (vous en trouverez un large extrait ci-dessous), le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle s’est présenté comme l’héritier de Jean Jaurès et de Léon Blum. Cette « captation d’héritage » est une bonne illustration des formes que prennent les usages publics de l’histoire dans la France d’aujourd’hui.
Un article de Gérard Noiriel (EHESS), initialement publié sur le site du Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire.

Devoir de mémoire pour la mairie, musée à la gloire de la colonisation pour le collectif d’opposants, le futur lieu dédié à l’histoire des 132 ans de la présence française en Algérie cristallise les positions. D’autant plus que le projet est porté par le Cercle Algérianiste, qui cultive volontiers la nostalgie.
Le 23 octobre 2006, le sujet était mis en débat au conseil municipal, à la fois sur le « Mur des disparus » et sur les travaux à engager pour restaurer l’aile et la galerie sud de l’ancien couvent Sainte-Claire, rue Derroja, devenu prison civile avant d’être récupéré par la mairie et où s’installera le musée-centre de recherches historiques, selon Jean-Marc Pujol, maire adjoint. Les élus de l’opposition PS et PC votaient contre ces délibérations.
Un dossier réalisé par Isabelle Goupilla, paru dans la Semaine du Roussillon, édition du 8-14 février (N° 562), sous le titre : Mémoire des pieds-noirs / Polémique autour du musée 1.
Les émeutes qui ont balayé la France sont le produit d’années de racisme, de pauvreté et de brutalité policière.
Le texte qui suit est une traduction “libre” de la version courte d’un article de Naïma Bouteldja paru en anglais au début novembre 20052.
Naïma Bouteldja est une journaliste française qui fait de la recherche pour le Transnational Institute.
Le Président Jacques Chirac organise son dernier sommet France-Afrique.

Une place pour les neuf victimes de Charonne a été inaugurée le 8 février 2007 par Bertrand Delanoë, maire de Paris, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, Georges Sarre, maire du 11e arrondissement, Nicole Borvo, sénatrice communiste de Paris, en présence du Comité Charonne pour marquer le 45e anniversaire de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie.
Du 11 mai au 4 juillet 1987, au palais de justice de Lyon, Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, a eu à répondre devant une cour d’assises de faits relevant de la complicité de crimes contre l’humanité. Sous ses ordres, de nombreux résistants, dont Jean Moulin, avaient été torturés et exécutés, des milliers de Juifs, dont les 44 enfants d’Izieu, avaient été déportés vers Auschwitz via Drancy.
Klaus Barbie, dont la défense était assurée par Jacques Vergès, a été condamné à la prison à vie pour complicité de crimes contre l’humanité3.
Me Vergès a plaidé la similitude de nature entre les crimes commis par l’Etat français lors de la guerre d’Algérie et ceux de l’occupant nazi – ces derniers étant imprescriptibles car reconnus crimes contre l’humanité4.
Tout au contraire, lors de son témoignage à ce procès, André Frossard avait abordé la distinction entre crime de guerre et crime contre l’humanité5, question que Pierre Vidal-Naquet devait développer dans l’article que vous trouverez ci-dessous6.

Le conseiller spécial de la candidate socialiste à la présidence française Ségolène Royal, Jack Lang, a plaidé dimanche 4 février à Alger pour une «reconnaissance [par la France] des crimes commis par la colonisation» en Algérie, comme alternative aux «excuses» réclamées par Alger à Paris.
«La meilleure façon de s’excuser est de reconnaître la réalité des crimes qui ont été commis par la colonisation en Algérie de 1830 à 1962», a déclaré M. Lang à l’AFP.
Vous trouverez plus bas le commentaire que Gilbert Meynier, historien de l’Algérie, nous a adressé à ce sujet.

Compte-rendu par Evelyne Verlaque du colloque organisé à l’initiative du MRAP13, de Survie et de la LDH13, qui s’est déroulé le samedi 21 octobre 2006, à la Faculté Saint-Charles de Marseille7.
Le délit de « négation de la Shoah » ne sera pas introduit dans le code pénal italien. Lors du dernier Conseil européen des ministres de l’Intérieur et de la Justice, le garde des Sceaux transalpin, Clemente Mastella, avait déclaré : « La civilisation européenne a le devoir de dire non au négationnisme. Il ne peut y avoir de liberté d’opinion quand il s’agit d’incitation à la haine raciale. » Et d’annoncer la présentation d’un texte allant dans ce sens au Conseil des ministres italien. A la suite d’un appel de quelque 200 historiens italiens — parmi lesquels Carlo Ginzburg, Paul Ginsborg, Marcello Flores, Sergio Luzzato, Claudio Pavone —, le gouvernement italien y a renoncé. Ci-dessous le texte de cet appel, suivi d’une interview d’Enzo Traverso.

La décision de Jean-Paul Alduy, sénateur-maire de Perpignan, d’aménager l’ancien couvent de Sainte-Claire, pour y installer un Centre de documentation de la présence française en Algérie, et y dresser un « Mur des disparus » de la guerre d’Algérie, continue à soulever une forte contestation.
Afin d’apaiser les esprits, il serait peut-être plus raisonnable que la municipalité de Perpignan renonce à un projet qui, avec la stèle des fusillés de l’OAS, ne peut que contribuer à donner une image discutable de la cité catalane.
Le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, a déclaré lors de sa visite à Alger : « Il existe entre nos deux pays d’innombrables liens affectifs qui dépassent les vicissitudes du passé » (déclaration rapportée par « Le Jeune Indépendant » du 22 janvier 2007). Ce même journal, écrit : « Abordant la loi du 23 février 2005 glorifiant la colonisation, l’orateur a indiqué que les « incompréhensions » suscitées par cette loi votée par l’assemblée qu’il préside « n’étaient pas voulues ». M. Debré qui se dit à l’origine de l’abrogation de l’article controversé de cette loi, dit qu’ »il n’appartient pas à la loi d’écrire l’histoire qui doit être le travail des chercheurs et des historiens » ».