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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Un film de Jean-Pierre Lledo, à voir et à débattre

Le dernier long-métrage documentaire de Jean-Pierre Lledo, “Algérie, histoires à ne pas dire”, troisième volet de sa Trilogie d’exil, est sorti en France le 27 février 2008 en partenariat avec le quotidien Le Monde, Radio France Internationale, ainsi que les associations Coup de Soleil et ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un site consacré au film donne le calendrier des débats organisés à cette occasion. Ci-dessous les points de vue des historiens Gilles Manceron et Benjamin Stora. Vous trouverez, par ailleurs, ceux d’Olivier Barlet et de Brahim Senouci.

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“escadrons de la mort, l’école française” par Marie-Monique Robin

Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la « guerre sale » (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort…). C’est en enquêtant sur l’organisation transnationale dont s’étaient dotées ces dictatures — le fameux « Plan Condor » — que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la « guerre moderne », qu’ils appliqueront au Sud-Viêtnam.

Il faut (re)lire cet ouvrage qui vient d’être réédité en collection de poche aux éditions La Découverte1.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Dans la vie”, un film de Philippe Faucon

“Dans la vie” – Réalisation : Philippe Faucon – France, 2008, durée : 1 h 15 min.

Avec : Zohra Mouffok, Ariane Jacquot et Sabrina Ben Abdallah.

Esther, une femme âgée et paraplégique, a besoin d’une assistance permanente. Sélima, l’infirmière de jour, propose les services d’Halima, sa mère, une musulmane. Une vraie complicité se crée entre les deux femmes…

Le film sort en France le 12 mars. Une avant-première toulonnaise aura lieu le 4 mars 2008 à 20 heures, au cinéma « Le Royal », en présence des comédiens.

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Les noms de la famille Donnat effacés de la quatrième plaque (photo TC - 28 février 2008).
Perpignan

Perpignan : instrumentaliser les mémoires sans trop se soucier du respect de la vérité

La découverte sur le « mur des disparus » des noms de membres de la famille Donnat qui sont bien vivants met en évidence l’absence de crédibilité de cette opération et la légèreté dont ont fait preuve la municipalité de Perpignan et l’association avec laquelle elle a choisi de travailler exclusivement, négligeant avec dédain les historiens de l’Université de Perpignan.

La lettre adressée à Yvan Donnat par le directeur des archives du ministère des Affaires étrangères confirme que la liste présentée par le Cercle algérianiste de Perpignan comme une « liste officielle » méritant d’être gravée sur des plaques de bronze n’était qu’un document de travail de cette administration, susceptible de comporter des erreurs.

Il est vrai que l’objectif essentiel de ce mur était d’instrumentaliser les mémoires sans se soucier outre mesure de la vérité. Déjà, le jour de l’inauguration, la municipalité avait
dû masquer deux citations
gravées, l’une d’Albert Camus et l’autre du dramaturge algérien Slimane Benaïssa, qui avaient été utilisées sans l’accord de cet auteur ni de la fille de Camus.

Le Collectif départemental pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne donne, ce vendredi 29 février à 11h, une conférence de presse à la Bourse du travail de Perpignan.

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L'Indépendant du 18 février 2008
Perpignan

des vivants “gravés” dans le bronze du mur des disparus

Quelle n’a pas été la stupeur de Yvan Donnat, né en Algérie, d’apprendre que les noms de plusieurs membres de sa famille étaient gravés à Perpignan,dans le bronze du mur des disparus, alors qu’ils sont, à l’exception de son père, bien vivants.
La famille Donnat, dont plusieurs membres avaient été condamnés à mort par l’OAS, ne peut admettre que les noms de certains des siens figurent à côté de ceux de tueurs de l’OAS.

Son père, Gaston Donnat, décédé le 5 février 2007, a été, tout au long de sa vie, un
internationaliste et un anticolonialiste. Il est l’auteur de l’ouvrage « Afin que nul n’oublie, témoignage d’un anticolonialiste »2 que nous présentons ci-dessous.

[Page mise en ligne le 16 février 2008, à l’exception de la reproduction]
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Identité nationale

Quand les drapeaux sont déployés, toute l’intelligence est dans la trompette (Stefan Zweig)

A l’occasion de son discours, vendredi 15 février à Périgueux, le président de la République a appelé au « respect des valeurs et des emblèmes de la République française».

En fait, ni le drapeau tricolore, ni la Marseillaise ne semblent l’objet de marques particulières d’irrespect. En revanche, on peut constater tous les jours — voir cette page — que la loi sur l’“immigration choisie” et la politique des quotas sont contraires à l’une des valeurs fondamentales de la République : la Fraternité.

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Au camp de Rivesaltes en 1962.
Harkis

les harkis au camp de Rivesaltes

Le « centre d’hébergement » de Rivesaltes est un « haut lieu » de la mémoire des harkis. Après avoir servi successivement entre 1939 et 1942 de camp d’internement de Républicains espagnols, de Tsiganes et de juifs de toutes nationalités3, à partir de juin 1962 il a accueilli des tirailleurs algériens démobilisés, avant de jouer, jusqu’en décembre 1964, le rôle de plaque tournante dans la redistribution des harkis vers d’autres lieux.

Actuellement, il subsiste des vestiges de cet espace fermé où, de l’été 1962 à la fin de 1964, des « Français musulmans rapatriés » ont été regroupés, surveillés et dominés par des institutions dont ils dépendaient totalement. Le conseil général des Pyrénées-Orientales a acheté une partie des terrains militaires abandonnés pour y installer le futur Musée-Mémorial de Rivesaltes qui évoquera le souvenir des différentes populations qui y ont été internées ou «hébergées».

[Page mise en ligne le 10 octobre 2005, revue le 15 février 2008]
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Tchad : Françafrique pas morte

Vue de Paris, la crise tchadienne, c’est finalement assez simple. De féroces rebelles, armés par une dictature islamiste étrangère, tentent de renverser un pouvoir élu. Des soldats français défendent nos compatriotes, sans prendre part aux combats, et contribuent au retour de la paix. Happy end : les rebelles fuient, la force européenne va pouvoir s’installer et protéger les réfugiés dans l’Est tchadien, les zozos de l’Arche de Zoé seront bientôt graciés, et le président Déby peut compter sur l’«amitié» (sic) du président Sarkozy.

Bilan : Idriss Déby poursuit son règne. Il rêve d’une présidence à vie. L’économie – désormais pétrolière – est toujours classée 173e sur 177, selon l’ONU. L’illettrisme reste massif et l’espérance de vie inférieure à 45 ans. Sarkozy a bien raison de dénoncer la « Françafrique » et le fatalisme de l’Africain «qui jamais ne s’élance vers l’avenir ».

Après cette synthèse inspirée d’un commentaire du Canard enchaîné, voici trois articles du Monde, tous publiés le 13 février 2008.

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Les essais nucléaires français en Algérie

Les essais nucléaires français du Sahara, 45 ans plus tard

Quelques jours après le voyage de Nicolas Sarkozy en Algérie, l’ambassadeur de France a révélé que la France n’exclut pas une contribution matérielle pour le traitement des effets des essais nucléaires effectués durant l’époque coloniale.

Comme Benjamin Stora l’a fait remarquer dans un entretien publié le 2 février 2008 dans L’Expression, il s’agit là du troisième geste significatif, après la remise à l’Algérie de la carte des mines posées aux frontières tunisiennes et marocaines, et la restitution à l’Algérie d’archives audiovisuelles de l’INA de la période 1940 – 1962. « Il faut prendre acte de ces petits pas, poursuit l’historien, pour dire : pourquoi ne pas élargir la chose ?»

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