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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Ils ont sifflé la Marseillaise !

Disons-le clairement : on a le droit de siffler l’hymne national tout comme on a le droit de l’applaudir. Il est, par contre, inacceptable que l’on siffle un joueur en raison de la couleur de sa peau. Or sur ce terrain, on n’entend pas les hommes politiques.

Et demandons-nous s’il est bien justifié de jouer des hymnes nationaux lors de rencontres sportives.

Ceci étant dit, on ne peut ignorer ce qu’exprimaient les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise mardi 14 octobre, lors du match amical France-Tunisie. Derrière l’outrage à l’hymne national : le sentiment de rejet et le désarroi des jeunes issus de l’immigration, l’échec lancinant et corrosif de leur intégration à la communauté républicaine.1

L’historien Alain Ruscio et le journaliste Thierry Leclère réagissent.

[Le chapeau a été revu en mai 2009]

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Une condamnation pour insultes envers les pieds-noirs

Monsieur P. ayant fait appel hors délai de sa condamnation, la décision du tribunal correctionnel de Toulon, rendue le 12 novembre 2007, est devenue définitive.

[L’article de Var-Matin a été mis en ligne le 15 novembre 2007,

la décision de justice a été publiée le 14 octobre 2008]

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Discours de Dakar 2007

petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy

Le Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy2, sous la direction de Adame Ba Konaré, se veut une riposte argumentée au discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007. Un ouvrage pour éclairer le président français, son entourage et, plus généralement, le grand public, sur la réalité de l’histoire africaine.

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Béziers

Une plaque en hommage aux fusillés de l’OAS fait scandale à Béziers

Un conseiller régional s’insurge contre la présence dans le cimetière municipal d’un monument rendant hommage à des criminels qui ont voulu renverser la République4.

Cette stèle présente, comme celles de Marignane et de Perpignan, «une dimension polémique susceptible de heurter les usagers» du cimetière de Béziers.
Faudra-t-il comme à Marignane qu’une décision de justice ordonne à la commune de la démonter pour qu’elle disparaisse de l’espace public ? 5

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A Paris, le 17 octobre 1961.
Le 17 octobre 1961

le 47-e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961

Cette année, comme les années précédentes des associations, partis politiques et syndicats appellent à un rassemblement au Pont Saint-Michel à Paris pour «exiger la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français» le 17 octobre 1961 lorsque des dizaines de milliers d’Algériens, manifestant pacifiquement contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, ont été arrêtés, emprisonnés, torturés et nombre d’entre eux refoulés en Algérie par la police.

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Quatre obus de mortier tirés par l'OAS depuis une terrasse de Bab El-Oued font 24 morts et 59 blessés parmi les Algériens, le 20 mars 1962 (photo © Dalmas - Sipa).
Les pieds-noirs « nostalgériques »

Les mémoires des pieds-noirs

Il est parfaitement légitime de vouloir conserver la mémoire des victimes. Mais cela ne doit pas devenir, par la sélection des victimes, un moyen insidieux de parvenir à d’autres fins.

L’un des objectifs avoués de l’association Adimad (de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus politiques et exilés de l’Algérie française) qui rassemble d’anciens activistes de l’OAS et des nostalgiques de l’Algérie française, est d’obtenir la réhabilitation de l’organisation terroriste. Elle tente d’y parvenir par les hommages qu’elle rend à une certaine catégorie de victimes.

Elle n’est pas la seule à livrer ce combat : dans une lettre qui circule sur Internet6, Thierry Rolando, président du Cercle algérianiste, n’hésite pas à parler de «nos amis de l’Adimad». Mais comment alors accorder le moindre crédit à la prétention du Cercle algérianiste de représenter tous les pieds-noirs ? Et que penser du thème Réhabiliter la mémoire des pieds noirs de son prochain congrès, fin octobre 2008 à Fréjus Saint-Raphaël, au cours duquel se déroulera un colloque intitulé Quand les Français d’Algérie auront-ils enfin droit à leur lieu de mémoire ?

En fait, comme l’écrit ci-dessous Yann Scioldo-Zürcher, la variété d’opinions est aussi grande parmi les pieds-noirs que parmi le reste de la population.

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À Villejuif, pas d’ambiguïté. Le nom de Guy Môquet est associé à des idéaux clairement affirmés : hôpital Paul-Brousse, théâtre Romain- Rolland, avenue Paul-Vaillant-Couturier, place du 8-Mai-1945...
Légiférer sur l'histoire ?

Mémoire et histoire : des liaisons dangereuses, par Gilles Manceron

Mémoire et histoire entretiennent des liaisons dangereuses. La mémoire est de l’ordre du souvenir, du témoignage, du vécu, du point de vue, du ressenti, elle présuppose l’oubli. L’histoire, au contraire, se définit par la mise à distance, la reconstruction problématisée du passé. Et l’histoire est l’objet d’une instrumentalisation politique. L’historien Gilles Manceron7, dans cet article qui est repris de CAES magazine, n° 87 – été 2008, examine la nature et la portée de différentes lois mémorielles concernant la colonisation, le négationnisme de la Shoah, le génocide arménien, la traite négrière et l’esclavage, mettant à mal bien des confusions.

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le décès d’un grand historien, Charles Robert Ageron, par Benjamin Stora

On a appris mercredi 3 septembre 2008, le décès de Charles-Robert Ageron8, «historien primordial de l’Algérie coloniale, et plus largement, de la colonisation» [Gilbert Meynier], «qui a marqué de son empreinte au moins trois feuillets du livre de la recherche historique : l’Algérie au temps des Français, l’opinion française et la question coloniale, les “chemins de la décolonisation” en France et dans le reste de l’Europe» [Daniel Rivet 9 ]

Voici le texte que Benjamin Stora a consacré à celui qui a été son «maître» en Histoire de l’Algérie, dans son livre Les guerres sans fin, à paraitre aux éditions Stock.

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Contrôle au faciès

Quotas d’expulsions et contrôles au faciès

«Il y a lieu de procéder à des contrôles d’identité des ressortissants roumains et bosniaques et, par extension, d’individus originaires des pays de l’Est», voilà ce qu’on pouvait lire en juin 2008 dans une note de service adressée aux commissariats de l’ouest parisien. Cette note révélait également l’existence d’un fichier à base ethnique — donc totalement illégal en France.

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Pourquoi ces “contrôles au faciès” ? Pour tenter d’atteindre le “quota” assigné par Nicolas Sarkozy de 25 000 reconduites à la frontière par an.

Quelques jours plus tard, Audrey Pulvar a demandé à Nicolas Sarkozy en personne «à combien de contrôles d’identité faut-il procéder pour pouvoir expulser 25 000 personnes ?» En l’absence de réponse du président de la République, un article de Laetitia Van Eeckhout repris ci-dessous apporte des éléments d’information.

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Les guerres des mémoires

la guerre des mémoires – la France face à son passé colonial

Il y a un peu plus d’un an, paraissait un livre d’entretiens de Benjamin Stora avec Thierry Leclère, La guerre des mémoires10. Il faut (re)lire ce petit ouvrage, où l’historien spécialiste du Maghreb nous aide à mieux comprendre l’imbrication entre histoire et mémoire, question coloniale et immigration… en attendant la parution de son prochain livre, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie.

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Le tir Canopus au-dessus de Fangataufa, le 24 août 1968.
Les essais nucléaires français en Algérie

Pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires français

Les États-Unis admettent que leurs expériences nucléaires ont fait des victimes ; ils ont voté en 1988 une loi pour indemniser tant les vétérans civils et militaires que les populations voisines de leurs anciens sites d’essais.

Une étude scientifique récente 11 vient de mettre en évidence, chez les vétérans néo-zélandais des essais nucléaires britanniques de 1957-58, un pourcentage d’anomalies de l’ADN trois fois plus élevé qu’habituellement.

Mais le ministère français de la Défense, qui a effectué 210 essais nucléaires dont 50 atmosphériques tant au Sahara algérien qu’en Polynésie française, continue à affirmer qu’ils ont été « propres» et sans conséquences sur la santé des personnes. Pour éviter toute remise en cause de ce “dogme”, les archives des essais nucléaires viennent d’être classées dans la catégorie orwellienne de celles qui sont «incommunicables», sans limitation de temps.

Depuis des années, deux associations, l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) et l’association Moruroa e tatou, se battent pour obtenir la vérité sur les essais nucléaires français et la justice pour les victimes. Elles demandent :

  • le vote d’une loi sur le suivi sanitaire et environnemental des essais nucléaires ;
  • la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes ;
  • la levée du secret défense sur les documents portant sur le niveau des retombées radioactives […] des essais nucléaires de la France au Sahara et en Polynésie française, entre 1960 et 1996.

Elles ont lancé une pétition.

Pour tout renseignement : ">.

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