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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

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Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar mis à nu

Malgré quelques précautions oratoires, le discours prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007 concentre tous les traits dominants de la vision néo-conservatrice occidentale des peuples africains, dans la droite ligne des préjugés racistes de l’époque coloniale.

Après les nombreuses réactions courroucées qu’il a suscitées sur le moment, trois ouvrages collectifs, parus en 2008, se sont employés à répondre à ce déni de l’histoire africaine étalé sans vergogne.

Nous reprenons ci-dessous les notes de lecture de Gilles Manceron, historien et membre du Comité central de la Ligue des droits de l’Homme, publiées dans le dernier numéro de Hommes & Libertés, revue de la Ligue des droits de l’Homme1.

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les Maliens refusent de signer l’accord sur les flux migratoires proposé par la France

Afin de sensibiliser les Maliens à la pression que la France exerce sur les autorités maliennes en vue de la signature de l’accord de “gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire”, le forum pour un autre Mali (FORAM) et l’association malienne des expulsés (AME), ont organisé le 8 janvier 2009 une conférence débat au centre Djoliba de Bamako sur le thème : «Crises, migrations et expulsions, quelles alternatives pour le Mali».

Au cours de la rencontre, deux lettres que nous reprenons ci-dessous ont été lues2. La première, lue par Assétou Founé Samaké, invite le Président de la République du Mali à s’opposer à la signature de l’accord que la France tente d’imposer au Mali. La deuxième, lue par Alassane Dicko de l’AME, adressée à l’ambassadeur de France au Mali, est une invitation à l’intention de la France qui doit réviser sa politique migratoire à l’endroit de l’Afrique avec laquelle elle entretient des relations vieilles de plusieurs siècles.

Dans son intervention, Alima Diarra de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a mis en exergue le refus de la France de signer la convention relative aux droits des migrants et de leur famille.

Dans la soirée du 8 janvier 2008, on apprenait que le Mali avait refusé de signer l’accord proposé par la France (voir 3059).

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Maurice Audin
L'affaire Audin

l’Etat n’a toujours pas répondu à Josette Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, enseignant de mathématiques à l’Université d’Alger et militant communiste, est arrêté par les hommes du 1er régiment de parachutistes. Il a 25 ans, et trois enfants. Selon l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet, il est assassiné sous la torture le 21 juin 1957 par le lieutenant Charbonnier, officier de renseignement servant sous les ordres du Général Massu, mais l’Etat refuse de reconnaître la vérité (voir notre page).

Charbonnier a été décoré de la Légion d’Honneur.

En juin 2007, Josette Audin a écrit à Nicolas Sarkozy, mais le président de la République ne lui a pas répondu.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy décide de décerner le grade de chevalier de la Légion d’Honneur à Michèle, la fille de Josette et de Maurice, mais Michèle Audin ne souhaite pas recevoir cette décoration.

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Harkis

inauguration d’une stèle en mémoire de tous ceux qui ont été “retenus” au CRA de Rivesaltes

Depuis un an, le centre de rétention administrative (CRA) de Rivesaltes est fermé et remplacé par un nouvel établissement situé à Torremila, dans le voisinage immédiat de l’aéroport.

Au cours de ses 22 années de fonctionnement le CRA de Rivesaltes a vu passer des « milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était d’être étrangers». C’est en leur mémoire qu’a été inaugurée à Rivesaltes le 13 décembre 2008 une stèle que la CIMADE avait fait ériger avec l’accord du conseil général. En mémoire de tous ceux qui, après avoir quitté leur pays d’origine, la misère et les violences, y ont été « retenus » dans l’attente de l’avion ou du bateau qui devait les ramener « chez eux » – voyez des témoignages sur la rétention à Perpignan.

Mise en cause par le responsable UMP du département, puis par la préfecture des Pyrénées-orientales, la CIMADE devait fermement répliquer par la voix de son délégué en Languedoc-Roussillon : «nous ne pouvons pas laisser dire par le préfet que nous insultons la République, la vérité et l’histoire».

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La bombe, c’est comme un soleil qui se couche – mais avec une lueur qui reste

Tandis que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont reconnu que leurs essais nucléaires ont contaminé les populations qui y furent exposées, la France s’est longtemps réfugiée dans le silence. Au début des années 90, Michel Daeron est allé filmer ces populations tahitiennes marquées corps et âmes par la bombe mais qui souvent dépendent d’elle économiquement. Il a réalisé le documentaire Moruroa, le grand secret3.

Son texte que nous publions ci-dessous illustre bien les raisons et les conséquences de la création d’une catégorie d’archives non communicables.

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La France envisage d’indemniser les victimes de ses essais nucléaires

Il aura fallu attendre 2008 pour que la France commence à envisager de reconnaître sa responsabilité dans l’incidence des essais nucléaires sur la santé des personnes qui y ont participé dans le Sahara algérien ou en Polynésie entre 1960 et 1996, ainsi que sur celle des populations algériennes ou polynésiennes.

On notera que ce début de reconnaissance intervient quelques mois après le vote par le Parlement d’une loi sur les archives selon laquelle « les archives publiques dont la communication est susceptible d’entraîner la diffusion d’informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucléaires… » sont désormais «incommunicables». Sur ce sujet, on pourra lire cette page.

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Les races humaines. Panneau utilisé dans les écoles, vers 1920 (?). Dortmund, Westfälisches Schulmuseum.
Racisme de couleur et islamophobie

Didier Fassin à Eric Zemmour : « Oui, la race existe… dans la tête de gens comme vous»

Les propos tenus par Eric Zemmour, sur Arte le 13 novembre 2008, au cours de l’émission « Demain, tous métis ? », continuent de déchaîner la Toile. Comment donner les clés de ce débat sans se satisfaire de la posture de la dénonciation morale ? Telerama.fr a choisi d’interroger l’anthropologue et médecin Didier Fassin5.

On lira également sur ce site la page : 1943

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Vue d’Alger, la France n’est pas guérie de ses plaies

Après la page du Quotidien d’Oran qui évoquait le retour à El Bayadh d’un ancien appelé de la guerre d’Algérie, nous reprenons ci-dessous dans son intégralité la page “ France-Actualités ” de l’édition du 24 novembre 2008 du quotidien algérien El Watan6.

En juin 2002, Benjamin Stora déclarait que « les mouvements souhaitables dans les deux pays sont inverses : en France, les politiques et l’État doivent prendre leurs responsabilités sur la guerre d’Algérie. Côté algérien, l’État doit perdre le monopole de la mémoire, [qui doit] revenir à la société.»7

Six ans plus tard, il faut malheureusement constater que les politiques français, étonnamment silencieux devant les tentatives de réhabilitation de l’OAS, n’ont toujours pas pris leurs responsabilités sur ce passé colonial, alors que le système algérien persiste à considérer que l’écriture de l’histoire des Algériens relève de sa compétence.

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Après le démantèlement de la stèle OAS de Marignane

En application d’une décision rendue par le Tribunal administratif de Marseille le 7 juillet 2008, les services de la Mairie de Marignane ont fait procéder le 18 novembre 2008 à l’enlèvement de la stèle OAS présente depuis le 5 juillet 2005 au cimetière Saint-Laurent de Marignane8.

Nous reprenons ci-dessous les réactions d’associations qui se félicitent de l’enlèvement d’une stèle qui n’a pas sa place sur le domaine public, et un article représentatif de la presse algérienne.

[Page mise en ligne le 20 novembre 2008, complétée le 23 novembre]

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