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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

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Harkis

personne n’a présenté d’excuses aux harkis pour les propos tenus par G. F.

Alors que Georges Frêche et certains médias voudraient nous faire croire que la justice a “absous” le président de région, il n’est pas inutile de revenir en détail sur les décisions concernant l’affaire des “sous-hommes”. Car la relaxe de la cour d’appel de Montpellier le 13 septembre 2007, confirmée par la cour de cassation le 31 mars 2009, tient à un point juridique de pure forme.

Sur le fond, la “justice de la République” n’a pas été tendre envers les propos tenus par l’élu.
Mais il semble que seul L’Hérault du jour ait expliqué dans un article du 2 avril comment le président de la région a pu bénéficier d’une relaxe.

Le site internet Montpellier journal revient sur cette question, en publiant notamment l’intégralité des décisions de justice :

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La plaque de Béziers.
Béziers

La LDH s’indigne de la présence d’un député UMP lors d’un hommage rendu à Béziers aux fusillés de l’OAS

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme exprime son indignation face à la présence, le 26 mars dernier, du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés1, lors d’un hommage à quatre membres de l’OAS condamnés pour assassinat ou tentative d’assassinat, dont l’un pour plusieurs attentats contre le président de la République française.

Cette lettre de Jean-Pierre Dubois, Président de la LDH, à Bernard Accoyer, a été transmise à Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

[Mise en ligne le 29 mars 2009,

la lettre de J.-P. Dubois ayant été ajoutée le 7 avril ]2
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Georges Frêche (octobre 2007)
Harkis

la cour de cassation confirme la relaxe de Georges Frêche pour ses propos sur les harkis

La cour de cassation a confirmé, le 31 mars 2009, la décision de la cour d’appel. Dans le commentaire de cette décision qu’il publie sur Mediapart3, Me Sylvain Manyach commence par rappeler que la cour de cassation considère que les harkis forment bien un groupe qui s’est constitué au moment de la guerre d’Algérie. Mais, ce groupe ne s’étant pas constitué « à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », les propos de Georges Frêche ne tombent pas sous le coup de la loi du 26 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En revanche, les membres de ce groupe sont trop nombreux pour que les propos tenus à l’égard de certains d’entre eux « portent atteinte à l’honneur ou à la réputation de l’ensemble des harkis.»

Il est douteux que ces considérations puissent apaiser les harkis qui ressentent la décision de la cour de cassation comme une injustice grave, ainsi qu’en témoigne le dossier publié le 1er avril 2009 dans le Midi Libre, que nous reprenons ci-dessous.

D’autant plus que Georges Frêche, sans un mot pour évoquer la douleur de ceux qui avaient pu être blessés par la violence de ses propos, en a profité pour s’attribuer le rôle de la victime. Faisant mine d’oublier que, s’il avait été exclu du parti socialiste en janvier 2007, c’est en raison d’une autre affaire – il avait déploré, devant le conseil de l’agglomération de Montpellier, que l’équipe de France de football compte « neuf blacks sur onze » alors que, selon lui, « la normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre » – celui qui est toujours président de la région Languedoc-Roussillon est revenu sur ses conflits avec différents responsables du PS.

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Patrick Buisson, adolescent, refusait de rendre hommage aux victimes de l’OAS

Patrick Buisson est l’un des conseillers les plus écoutés de Nicolas Sarkozy : « pour ma gauche, j’ai Guaino, pour ma droite, j’ai Buisson », aurait-il déclaré4, ajoutant : «je lui dois d’avoir été élu…»5.

Nicolas Sarkozy a tenu à lui marquer sa reconnaissance en lui remettant personnellement sa décoration dans l’ordre de la Légion d’honneur, en septembre dernier. Parmi les articles de presse qui ont accompagné cet hommage, celui de Carole Barjon rappelait qu’en mars 1962, Patrick Buisson, âgé alors de 13 ans, avait été de ceux qui, dans les établissements scolaires, avaient refusé de s’associer à l’hommage national aux six inspecteurs des centres sociaux éducatifs, victimes le 15 mars 1962 de la barbarie de l’OAS.

Le fils d’un de ces fonctionnaires assassinés a écrit à Patrick Buisson pour lui demander comment il se situait aujourd’hui par rapport à cet acte de l’adolescent qu’il a été. N’ayant pas reçu de réponse à sa demande répétée, et après en avoir averti le destinataire, Jean-Philippe Ould Aoudia a décidé de rendre publique sa démarche.

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Les essais nucléaires français en Algérie

Gerboise bleue, film de Djamel Ouahab

Gerboise Bleue6 raconte l’histoire des vétérans français et des Touaregs algériens victimes des premiers essais atomiques français dans le Sahara de 1960 à 1966.

Pour la première fois, les derniers survivants témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés.

La section de Toulon de la LDH organise une projection du film, suivie d’un débat, jeudi 9 avril à 20 h, au cinéma Le Royal. Le débat sera animé par Georges Reynier, représentant en PACA de l’AVEN (Association des vétérans des essais nucléaires), sur le thème :

Essais nucléaires français du Sahara :

le désert n’était pas inhabité

Une affichette de présentation téléchargeable : http://www.ldh-toulon.net/IMG/pdf/affichette_gerboise_bleue.pdf.

[Mise en ligne le 29 janvier, mise à jour le 31 mars 2009]

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Racisme de couleur et islamophobie

un imam toulonnais de nationalité marocaine menacé d’expulsion

Une procédure a été engagée par le ministère de l’Intérieur en vue de l’expulsion du territoire français d’un imam de nationalité marocaine au motif qu’il aurait tenu «des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman».
Une procédure qui ignore superbement l’Article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : «Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement, par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle».

La commission départementale d’expulsion du Var, dont l’avis n’est que consultatif, s’est réunie le 18 février 2009, au Tribunal de grande instance de Toulon.
Estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée», la commission a émis le 4 mars un avis – repris en bas de cette page – défavorable à l’arrêté d’expulsion.

Mais le ministère de l’Intérieur n’est pas tenu de suivre cet avis…

[Première publication le 28 février,

mise à jour le 5 puis le 24 mars 2009]
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la guerre des mémoires, vue par le New York Times

Dans son édition du 4 mars 2009, le New York Times a publié un article de Michael Kimmelman intitulé «In France, a War of Memories Over Memories of War», consacré notamment aux polémiques qui se développent à propos des monuments et du projet de musée de Perpignan autour des mémoires de l’Algérie française.

Le texte a été repris dans l’édition du 14 mars 2009 du supplément du Monde constitué d’articles repris du New York Times ; il reste accessible sur le site internet du journal. Nous en proposons ci-dessous une traduction libre.

Nous complétons ce petit dossier avec la réponse adressée à Michael Kimmelman par Jacques Pradel, président de l’association des pieds noirs progressistes et leurs amis.

[Mise en ligne le 7 mars 2009, complétée le 17 mars 2009]
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Le rôle des historiens

la mort de notre ami, Bruno Etienne

Nous venons d’apprendre le décès de notre ami Bruno Etienne, des suites d’un cancer. Cette nouvelle fait ressurgir toute notre dette envers lui, toute notre reconnaissance. Quand nous avons obtenu l’accord de principe de la mairie de Toulon pour une exposition «Abd el-Kader à Toulon, héros des deux rives», nous avons aussitôt demandé à Bruno Etienne son concours et son parrainage – son accord a été immédiat.

J’ai ainsi été amenée à le rencontrer à plusieurs occasions, à Toulon ou à son domicile aixois. J’avais lu son Abd el-Kader, isthme des isthmes et cette découverte m’avait donné le goût et le courage d’entreprendre le travail de réalisation de l’exposition. J’ai trouvé un homme généreux et d’une extrême simplicité. Il a été manifestement heureux de nous prêter toute une série d’ouvrages, pièces rares auxquelles il tenait comme à « la prunelle de ses yeux » – elles ont bien sûr trouvé place dans différentes vitrines de l’exposition. Quand il s’agissait d’Abd el-Kader, il ne comptait plus son temps. La conférence « Abd el-kader mythes et réalités » qu’il a faite à Toulon au cours de l’exposition a été pour certains la révélation de la richesse de leur propre culture d’origine, méconnue.

Pour tout son apport à la reconnaissance de “l’autre rive”, merci à Bruno Etienne !

Andrée Bensoussan

commissaire scientifique de l’exposition

Relisons Marseille ou l’Orient à domicile.

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Les essais nucléaires français en Algérie

Le 13 février 1960 à Reggane : Gerboise bleue

Le 13 février 1960, à 7h04, au fin fond du Sahara algérien, la France procédait au premier de ses essais nucléaires atmosphériques, dénommé « Gerboise bleue ». Une vidéo replace cet événement dans le contexte de l’époque.

Cette première expérimentation dans l’atmosphère devait être suivie de trois autres, puis de treize essais souterrains à In-Ekker. Certains de ces essais – le plus connu étant Beryl – ont été l’occasion de rejets radioactifs dans l’environnement.

Le désert était habité et, un demi-siècle plus tard, les populations en subissent toujours les effets. Lors d’une journée d’étude organisée récemment à Alger par la Fondation du 8 mai 1945, un chercheur en physique nucléaire, a mis en évidence un lien entre les fausses couches, malformations, cancers et autres maladies rares observées dans la région et les essais nucléaires effectués par l’armée française entre 1960 et 1966. Il a également insisté sur «la nécessité d’ouvrir des centres de recherche spécialisés pour pouvoir traiter les effets de ces essais et prendre en charge médicalement les populations».

Après que différentes propositions de lois aient été présentées par des parlementaires, le gouvernement a décidé de soumettre au Parlement un projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français.

Les victimes algériennes seront-elles prises en compte ? On est en droit de se poser la question à la lecture de la version du 30 janvier 2009 de l’avant-projet de loi que nous reproduisons plus bas.

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Après des décennies de refus, l’Etat indemnisera les irradiés de ses essais nucléaires

Longtemps, l’Etat français a refusé d’admettre les conséquences sur les personnes de ses essais nucléaires au Sahara ou dans le Pacifique. Il s’est battu contre les demandes de dédommagement présentées devant les tribunaux – 355 au total.

Cette époque semble révolue : le ministre de la Défense a annoncé le dépôt d’un projet de loi d’indemnisation au cours du printemps prochain, et une délégation ds associations représentatives des victimes a été reçue le 22 décembre 2008 au ministère de la Défense.

[Mise en ligne le 25 décembre 2008, complétée le 6 février 2009]
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Travailleurs forcés originaires d'Indochine (Cnhi).
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

un camp de travailleurs coloniaux forcés à Toulon

Par le plus grand des hasards, Alexandre Briano met la main, en 2006, sur le plan d’un campement de travailleurs coloniaux de 1940 situé au Mourillon. Après deux années de longues recherches, il en résultera un ouvrage, «Les travailleurs coloniaux. Les oubliés de l’Histoire », où Alexandre Briano évoque ce camp de travailleurs forcés qui a fonctionné au coeur de Toulon jusqu’à la fin 19427.

Une histoire que les Français ont oubliée, celle des travailleurs coloniaux, arrachés par milliers à leurs familles, réquisitionnés, en 1914, puis en 1940, pour participer à l’effort de guerre, et que l’on a parqués dans des camps, un peu partout en France, dont un se trouvait à Toulon, au Mourillon.

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