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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

la guerre des mémoires, vue par le New York Times

Dans son édition du 4 mars 2009, le New York Times a publié un article de Michael Kimmelman intitulé «In France, a War of Memories Over Memories of War», consacré notamment aux polémiques qui se développent à propos des monuments et du projet de musée de Perpignan autour des mémoires de l’Algérie française.

Le texte a été repris dans l’édition du 14 mars 2009 du supplément du Monde constitué d’articles repris du New York Times ; il reste accessible sur le site internet du journal. Nous en proposons ci-dessous une traduction libre.

Nous complétons ce petit dossier avec la réponse adressée à Michael Kimmelman par Jacques Pradel, président de l’association des pieds noirs progressistes et leurs amis.

[Mise en ligne le 7 mars 2009, complétée le 17 mars 2009]
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Le rôle des historiens

la mort de notre ami, Bruno Etienne

Nous venons d’apprendre le décès de notre ami Bruno Etienne, des suites d’un cancer. Cette nouvelle fait ressurgir toute notre dette envers lui, toute notre reconnaissance. Quand nous avons obtenu l’accord de principe de la mairie de Toulon pour une exposition «Abd el-Kader à Toulon, héros des deux rives», nous avons aussitôt demandé à Bruno Etienne son concours et son parrainage – son accord a été immédiat.

J’ai ainsi été amenée à le rencontrer à plusieurs occasions, à Toulon ou à son domicile aixois. J’avais lu son Abd el-Kader, isthme des isthmes et cette découverte m’avait donné le goût et le courage d’entreprendre le travail de réalisation de l’exposition. J’ai trouvé un homme généreux et d’une extrême simplicité. Il a été manifestement heureux de nous prêter toute une série d’ouvrages, pièces rares auxquelles il tenait comme à « la prunelle de ses yeux » – elles ont bien sûr trouvé place dans différentes vitrines de l’exposition. Quand il s’agissait d’Abd el-Kader, il ne comptait plus son temps. La conférence « Abd el-kader mythes et réalités » qu’il a faite à Toulon au cours de l’exposition a été pour certains la révélation de la richesse de leur propre culture d’origine, méconnue.

Pour tout son apport à la reconnaissance de “l’autre rive”, merci à Bruno Etienne !

Andrée Bensoussan

commissaire scientifique de l’exposition

Relisons Marseille ou l’Orient à domicile.

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Les essais nucléaires français en Algérie

Le 13 février 1960 à Reggane : Gerboise bleue

Le 13 février 1960, à 7h04, au fin fond du Sahara algérien, la France procédait au premier de ses essais nucléaires atmosphériques, dénommé « Gerboise bleue ». Une vidéo replace cet événement dans le contexte de l’époque.

Cette première expérimentation dans l’atmosphère devait être suivie de trois autres, puis de treize essais souterrains à In-Ekker. Certains de ces essais – le plus connu étant Beryl – ont été l’occasion de rejets radioactifs dans l’environnement.

Le désert était habité et, un demi-siècle plus tard, les populations en subissent toujours les effets. Lors d’une journée d’étude organisée récemment à Alger par la Fondation du 8 mai 1945, un chercheur en physique nucléaire, a mis en évidence un lien entre les fausses couches, malformations, cancers et autres maladies rares observées dans la région et les essais nucléaires effectués par l’armée française entre 1960 et 1966. Il a également insisté sur «la nécessité d’ouvrir des centres de recherche spécialisés pour pouvoir traiter les effets de ces essais et prendre en charge médicalement les populations».

Après que différentes propositions de lois aient été présentées par des parlementaires, le gouvernement a décidé de soumettre au Parlement un projet de loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français.

Les victimes algériennes seront-elles prises en compte ? On est en droit de se poser la question à la lecture de la version du 30 janvier 2009 de l’avant-projet de loi que nous reproduisons plus bas.

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Après des décennies de refus, l’Etat indemnisera les irradiés de ses essais nucléaires

Longtemps, l’Etat français a refusé d’admettre les conséquences sur les personnes de ses essais nucléaires au Sahara ou dans le Pacifique. Il s’est battu contre les demandes de dédommagement présentées devant les tribunaux – 355 au total.

Cette époque semble révolue : le ministre de la Défense a annoncé le dépôt d’un projet de loi d’indemnisation au cours du printemps prochain, et une délégation ds associations représentatives des victimes a été reçue le 22 décembre 2008 au ministère de la Défense.

[Mise en ligne le 25 décembre 2008, complétée le 6 février 2009]
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Travailleurs forcés originaires d'Indochine (Cnhi).
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

un camp de travailleurs coloniaux forcés à Toulon

Par le plus grand des hasards, Alexandre Briano met la main, en 2006, sur le plan d’un campement de travailleurs coloniaux de 1940 situé au Mourillon. Après deux années de longues recherches, il en résultera un ouvrage, «Les travailleurs coloniaux. Les oubliés de l’Histoire », où Alexandre Briano évoque ce camp de travailleurs forcés qui a fonctionné au coeur de Toulon jusqu’à la fin 19421.

Une histoire que les Français ont oubliée, celle des travailleurs coloniaux, arrachés par milliers à leurs familles, réquisitionnés, en 1914, puis en 1940, pour participer à l’effort de guerre, et que l’on a parqués dans des camps, un peu partout en France, dont un se trouvait à Toulon, au Mourillon.

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Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar mis à nu

Malgré quelques précautions oratoires, le discours prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007 concentre tous les traits dominants de la vision néo-conservatrice occidentale des peuples africains, dans la droite ligne des préjugés racistes de l’époque coloniale.

Après les nombreuses réactions courroucées qu’il a suscitées sur le moment, trois ouvrages collectifs, parus en 2008, se sont employés à répondre à ce déni de l’histoire africaine étalé sans vergogne.

Nous reprenons ci-dessous les notes de lecture de Gilles Manceron, historien et membre du Comité central de la Ligue des droits de l’Homme, publiées dans le dernier numéro de Hommes & Libertés, revue de la Ligue des droits de l’Homme2.

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les Maliens refusent de signer l’accord sur les flux migratoires proposé par la France

Afin de sensibiliser les Maliens à la pression que la France exerce sur les autorités maliennes en vue de la signature de l’accord de “gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire”, le forum pour un autre Mali (FORAM) et l’association malienne des expulsés (AME), ont organisé le 8 janvier 2009 une conférence débat au centre Djoliba de Bamako sur le thème : «Crises, migrations et expulsions, quelles alternatives pour le Mali».

Au cours de la rencontre, deux lettres que nous reprenons ci-dessous ont été lues3. La première, lue par Assétou Founé Samaké, invite le Président de la République du Mali à s’opposer à la signature de l’accord que la France tente d’imposer au Mali. La deuxième, lue par Alassane Dicko de l’AME, adressée à l’ambassadeur de France au Mali, est une invitation à l’intention de la France qui doit réviser sa politique migratoire à l’endroit de l’Afrique avec laquelle elle entretient des relations vieilles de plusieurs siècles.

Dans son intervention, Alima Diarra de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a mis en exergue le refus de la France de signer la convention relative aux droits des migrants et de leur famille.

Dans la soirée du 8 janvier 2008, on apprenait que le Mali avait refusé de signer l’accord proposé par la France (voir 3059).

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Maurice Audin
L'affaire Audin

l’Etat n’a toujours pas répondu à Josette Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, enseignant de mathématiques à l’Université d’Alger et militant communiste, est arrêté par les hommes du 1er régiment de parachutistes. Il a 25 ans, et trois enfants. Selon l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet, il est assassiné sous la torture le 21 juin 1957 par le lieutenant Charbonnier, officier de renseignement servant sous les ordres du Général Massu, mais l’Etat refuse de reconnaître la vérité (voir notre page).

Charbonnier a été décoré de la Légion d’Honneur.

En juin 2007, Josette Audin a écrit à Nicolas Sarkozy, mais le président de la République ne lui a pas répondu.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy décide de décerner le grade de chevalier de la Légion d’Honneur à Michèle, la fille de Josette et de Maurice, mais Michèle Audin ne souhaite pas recevoir cette décoration.

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Harkis

inauguration d’une stèle en mémoire de tous ceux qui ont été “retenus” au CRA de Rivesaltes

Depuis un an, le centre de rétention administrative (CRA) de Rivesaltes est fermé et remplacé par un nouvel établissement situé à Torremila, dans le voisinage immédiat de l’aéroport.

Au cours de ses 22 années de fonctionnement le CRA de Rivesaltes a vu passer des « milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était d’être étrangers». C’est en leur mémoire qu’a été inaugurée à Rivesaltes le 13 décembre 2008 une stèle que la CIMADE avait fait ériger avec l’accord du conseil général. En mémoire de tous ceux qui, après avoir quitté leur pays d’origine, la misère et les violences, y ont été « retenus » dans l’attente de l’avion ou du bateau qui devait les ramener « chez eux » – voyez des témoignages sur la rétention à Perpignan.

Mise en cause par le responsable UMP du département, puis par la préfecture des Pyrénées-orientales, la CIMADE devait fermement répliquer par la voix de son délégué en Languedoc-Roussillon : «nous ne pouvons pas laisser dire par le préfet que nous insultons la République, la vérité et l’histoire».

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La bombe, c’est comme un soleil qui se couche – mais avec une lueur qui reste

Tandis que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont reconnu que leurs essais nucléaires ont contaminé les populations qui y furent exposées, la France s’est longtemps réfugiée dans le silence. Au début des années 90, Michel Daeron est allé filmer ces populations tahitiennes marquées corps et âmes par la bombe mais qui souvent dépendent d’elle économiquement. Il a réalisé le documentaire Moruroa, le grand secret4.

Son texte que nous publions ci-dessous illustre bien les raisons et les conséquences de la création d’une catégorie d’archives non communicables.

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