
le musée de la France en Algérie, à Montpellier (suite)
Le point sur le projet controversé de “musée de l’histoire de la France en Algérie (1830-1962)” que Georges Frêche continue à défendre pour des raisons essentiellement électoralistes.

Le point sur le projet controversé de “musée de l’histoire de la France en Algérie (1830-1962)” que Georges Frêche continue à défendre pour des raisons essentiellement électoralistes.

Le conseiller de Nicolas Sarkozy, avocat de l’exploitation populiste du thème de l’identité nationale, est connu : il s’agit de Patrick Buisson ancien journaliste à Minute, puis à Valeurs actuelles qu’il a dirigé pendant plusieurs années.
Les activités de Patrick Buisson sont nombreuses : il dirige un cabinet de conseil1, préside la chaîne Histoire – propriété de TF1 –… il écrit des livres2.
Sa dernière publication, un album intitulé La Guerre d’Algérie, a bénéficié d’une promotion officielle bien surprenante pour cet exposé unilatéral consacré aux seuls aspects positifs de l’action de l’armée française pendant cette période.
Tandis que se met en place une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, à laquelle les universitaires sont hostiles, la caution apportée par la présence d’un membre du gouvernement à l’occasion de sa publication fait craindre que cet ouvrage ne devienne un chapitre de l’histoire de France officielle.
Pour Benoît Falaize, chargé d’études et de recherches à l’Institut National de Recherche Pédagogique (INRP), « si “identité nationale” il y a, c’est assurément dans la revendication de [la France comme] terre d’accueil : de l’accueil des enfants du regroupement familial des années 70 à RESF. Pour les enseignants, majoritairement, la France tolérante et accueillante se définit là.»
Un entretien du chercheur avec François Jarraud, publié le 17 novembre 2009 sur le site du Café pédagogique.
Après ses commentaires sur la circulaire Besson aux préfets, Bernard Girard3 revient sur le discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 12 novembre 2009 à la Chapelle-en-Vercors.
L’enseignant en histoire dénonce dans ce discours une stigmatisation de toute une partie de la population : jamais expressément nommées, mais clairement identifiées par les comportements mis en cause – même s’ils sont ultra-minoritaires –, les personnes immigrées ou “issues” de l’immigration sont désignées comme des menaces à notre soi-disant «identité nationale française».
Le 12 novembre 2009, Nicolas Sarkozy était à la Chapelle en Vercors. Alors que l’Elysée avait annoncé que le déplacement présidentiel serait placé sous le « thème du soutien à l’agriculture et de l’avenir des territoires ruraux », le président a prononcé un discours au lyrisme suranné consacré à l’« identité nationale » – le nom de la France a été prononcé 60 fois, et chacun des mots « identité » et « culture » 23 fois.
Un discours de campagne électorale – les élections régionales ne sont pas loin – analogue à ceux de la campagne présidentielle de 2007. Un texte comportant de nombreux messages plus ou moins codés : « La France est un pays où il n’y a pas de place pour la burqa, pas de place pour l’asservissement de la femme. »
Le texte du discours présidentiel est téléchargeable4.
Pour la Ligue des droits de l’Homme, le “débat” sur “l’identité nationale” est une opération de communication électorale en direction de l’extrême droite, qu’elle ne saurait cautionner en aucune manière.
Le ministre de l’Immigration, Eric Besson, a lancé le 2 novembre dernier un «grand débat» sur l’«identité nationale».
Ci-dessous : la version initiale5 de la circulaire d’organisation de cette manifestation ainsi que son annexe, dans leur intégralité, précédées d’une brève présentation de cette « instrumentalisation perverse » par l’historienne Suzanne Citron6.
Le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire qui, jusqu’à présent, limitait son action – certes avec brutalité – à la chasse aux étrangers, s’arroge aujourd’hui des prérogatives dans la formation civique et morale des citoyens. Une formation étayée sur les pires égarements de l’extrême-droite.
Bernard Girard, enseignant blogueur, nous livre son analyse de la circulaire Besson qui lance le débat sur l’«identité nationale».
Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI) et président du Fonds d’analyse des sociétés politiques, auteur notamment de L’Illusion identitaire (Fayard, 1996), de Le Gouvernement du monde. Une critique politique de la globalisation (Fayard, 2004) et de L’Islam républicain (Albin Michel), à paraître le 3 mars 2010.
Dans l’entretien que nous reprenons, initialement publié sur LeMonde.fr le 6 novembre 2009, Jean-François Bayart fait une analyse sévère de l’opération «identité nationale».
Jean-François Gavoury, fils du commissaire Roger Gavoury assassiné à Alger le 31 mai 1961 par un commando de l’OAS – voir cette page –, nous fait part des lourdes condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Créteil, le 6 novembre 2009, pour diffamation envers son père.
Espérons que ces sanctions mettront un terme aux injures faites à la mémoire des victimes de l’OAS, et aux initiatives visant à l’apologie de l’organisation terroriste.
Jean-François Gavoury se propose d’utiliser le produit des dommages et intérêts auxquels les prévenus ont été condamnés au développement de projets liés au combat que mène l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – ANPROMEVO – dont il est le président-fondateur.
Pour Vincent Duclert, il faut ignorer le débat sur “l’identité nationale” lancé ce lundi 2 novembre par le ministre de l’Immigration, en raison de trois problèmes majeurs :
Le texte suivant a été publié par Vincent Duclert sur son blog, le 6 novembre 2009. Il est suivi d’un autre texte écrit par l’historien au cours de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007, mais resté jusqu’à présent inédit.
En 2005, Claude Lévi-Strauss prononçait un discours mettant en garde contre les dérives de politiques étatiques se fondant sur des principes d’identité nationale. « J’ai connu une époque où l’identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent », disait-il. Pour Philippe Descola, professeur au Collège de France et qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d’anthropologie sociale, « c’est la double expérience, personnelle et politique d’un côté et d’ethnologue de l’autre, qui a conduit Lévi-Strauss à récuser et vivement critiquer l’accaparement, par des Etats, de l’identité nationale ».