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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Rachid Bouchareb : militants algériens et résistants français ont utilisé les mêmes méthodes

Le réalisateur Rachid Bouchareb s’installe aux États-Unis où il a plusieurs projets de films, dont un sur la militante américaine des droits de l’homme Angela Davis, co-écrit avec Yasmina Khadra. Dans un entretien publié le 23 novembre 2010 dans le journal en français paraissant aux États-Unis France-Amérique, il revient sur les polémiques qui ont, quelques mois plus tôt, précédé la sortie de son film Hors-la-loi en France, le film ayant été accusé par l’extrême droite française et des associations de pieds-noirs de « falsifier l’Histoire ».

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On aperçoit Arthur Paecht, légèrement en retrait, entre Jacques Dominati et Maurice Arreckx (cliché Var-Matin du 15 juin 1980)
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

Arthur Paecht sera petit télégraphiste chez Alain Juppé

«Le retour de l’expérience», c’est ainsi qu’Arthur Paecht, 80 ans, a baptisé son blog. Effectivement, il en a de l’expérience : député UDF du Var, d’abord de 1978 à 1981, puis de 1986 à 20021, maire de La Seyne-sur-mer de 2001 à 2008,… et il est toujours politiquement actif.

Arthur Paecht vient d’être appelé au ministère de la Défense par Alain Juppé, pour tenter d’apaiser l’amertume de certaines associations devant la suppression du secrétariat d’État aux Anciens combattants. Il avait été chaudement recommandé par Hervé Morin, lors de la transmission de témoin. « Il voulait rester utile » avait lancé l’encore ministre à son successeur, qui a donc bombardé l’ancien député du Var agent de liaison avec le monde combattant – un monde encore sonné par la disparition de son secrétariat d’État2.

Avec Arthur Paecht, c’est effectivement le retour à une “certaine expérience” : il était au premier rang, ceint de son écharpe tricolore, lors de l’inauguration à Toulon, en juin 1980, du monument dédié aux martyrs de l’Algérie française3.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

l’automne critique du CVUH : les enjeux politiques de l’histoire

Le programme des rencontres organisées par le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire et les Cahiers d’histoire, les vendredi 26 novembre (15H-20H) et samedi 27 novembre (10H-20H),
à la Bourse départementale du travail de Bobigny.4

Cliquer sur les graphismes (© Riss – Charlie Hebdo, 17 novembre 2010) permet d’accéder aux dossiers correspondant du site LDH-Toulon.

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Dans le camp de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) en juin 1962. (photo : La Montagne)
Harkis

l’arrivée des harkis en France : camps, hameaux de forestage et cités de transit

Le terme « harkis », au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des « Français musulmans d’Algérie» engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60 000 « Français de souche nord-africaine » – selon la dénomination de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20 000 harkis.

Les harkis et leurs familles qui ont fui l’Algérie pour la France en 1962 vont y être successivement catégorisés comme « Français musulmans rapatriés» à partir de juin 1962, puis comme « Français rapatriés de confession islamique », enfin comme « Rapatrié d’origine nord-africaine» dans les années 1980. Ce prisme de l’origine, omniprésent et durable, et qui n’est pas sans rappeler un des ressorts de la discrimination coloniale, marginalise doublement les harkis – ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres.

En matière de logement, une note relative à « l’attribution des logements HLM aux anciens harkis », en date du 31 janvier 1964, émanant du ministre des Rapatriés, à l’attention des préfets, rend clairement compte de cette logique. Elle rappelle certes que «les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961 ». Mais elle donne aux préfets la directive de ne « reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés. » Dans les faits, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit puis en « cités d’accueil », lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 19705.

Des informations sur ces camps et hameaux de forestage qui, les années passant, deviennent des lieux de mémoire, sont regroupés sur le site Harkis et droit de l’Homme : http://www.harki.net/article.php?rubrique=15

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Patrick Buisson
Identité nationale

La suppression du ministère de l’identité nationale

«Le ministère de l’immigration et de l’identité nationale n’est plus, et c’est tant mieux, écrit Eric Fassin. Mais, poursuit-il, le mal est fait» : stigmatisation des étrangers, amalgame entre immigration et délinquance …

Patrick Buisson
Patrick Buisson
«La stratégie de Patrick Buisson n’a pas marché», aurait lâché Nicolas Sarkozy à des conseillers, lundi 8 novembre, selon le Canard enchaîné. Une référence au politologue et conseiller élyséen associé à l’idée d’offensive sécuritaire et de campagne ancrée à droite. «Quand on gagne 1 point sur le Front national, on en perd 4, notamment au centre», aurait ajouté le chef de l’Etat, toujours selon le Canard.

Quand donc Nicolas Sarkozy se débarrassera-t-il de ce conseiller diabolique 6 qui, selon ses propres termes, «n’a rien faire à [ses] côtés»?

[Mis en ligne le 16 novembre 2010, mis à jour le 19]

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Grande Mosquée de Paris (Photo: Shutterstock/Tupungato)
Racisme de couleur et islamophobie

Thomas Hammarberg : “le discours populiste stigmatise les musulmans européens”

Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg, regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.

La déclaration7 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, arrive à point nommé au moment où les préjugés islamophobes reprennent de la vigueur au bénéfice d’un racisme toujours rampant …

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« L’éloge de la colonisation est de retour », par François Gèze et Gilles Manceron

Dans une tribune publiée dans Le Monde daté du 11 novembre 2010, François Gèze, éditeur, et Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, s’inquiètent de la réactivation d’un discours exaltant la colonisation et visant à réhabiliter «ceux qui ont dérivé vers le terrorisme pour tenter de maintenir à toute force l’Algérie française».

A la suite de cette tribune, vous trouverez des références pour différents points qui y sont évoqués.

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La Françafrique

cinquantenaire des indépendances africaines : quelle commémoration ?

Les 50 ans des indépendances africaines ont été marqués par l’invitation de troupes africaines au défilé du 14 juillet, ce qui a suscité à la fois l’enthousiasme et la critique.

Pierre Boilley, professeur (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf), propose un décryptage des paradoxes liés à la célébration, par la France, de cet anniversaire.

Un article publié dans le N° 151, juillet-août-septembre 2010, de la revue Hommes & Libertés de la LDH.

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une fondation sous forte influence

Quinze jours après son installation officielle aux Invalides, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie continue à alimenter la polémique. La constitution de son Conseil d’administration est très fortement contestée – ne serait-ce que pour les prises de position passées de certains de ses membres influents. Le général de la Presle et l’historien Tramor Quemeneur, chacun à sa façon, confirment par leurs déclarations les inquiétudes que l’on peut avoir quant à la la finalité de cette nouvelle institution.

Conséquence de cette contestation : Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, qui déclarait vouloir faire de la fondation un lieu de transmission de la mémoire, n’était pas parvenu à en constituer le conseil scientifique.

[Mis à jour le 23 novembre 2010] – L’ancien député Arthur Paecht, 80 ans, sera chargé du dossier des anciens combattants auprès du ministre de la Défense. Alain Juppé a souhaité appeler à ses côtés une « personnalité » afin de pallier la suppression du poste de secrétaire d’Etat aux anciens combattants dans le nouveau gouvernement.8

Afin de bien comprendre ce qui suit, vous pourrez consulter deux pages de ce site :

  • la liste des membres du Conseil d’administration de la fondation,
  • quelques informations concernant le Livre blanc de l’armée française en Algérie et le Manifeste des généraux ayant servi en Algérie.
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L'ANPNPA était venue dénoncer la décision du conseil municipal.
Marignane

Marignane entretient la mémoire partisane de l’OAS

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a approuvé le retour à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert de la stèle d’hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française ». La majorité “divers droite” du maire Éric Le Dissès et l’UMP menée par Daniel Simonpieri, ex FN-MNR, ont voté la délibération. Seules deux élues, Marie-Claude Gargani, communiste, et Christane Azam, responsable locale du MRAP, ont voté contre, tandis que les trois socialistes s’abstenaient – après une explication de vote absolument consternante de leur chef de file.

A la suite du reportage de Jean-Baptiste Malet qui a assisté à cette réunion du conseil municipal, vous pourrez prendre connaissance du communiqué commun publié par trois associations, ainsi que des réactions du NPA Est Etang de Berre et du PCF 13 qui dénoncent cette décision.

[Mis en ligne le 28 octobre 2010, mis à jour le 2 novembre]

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D'après un dessin de Plantu, publié dans Le Monde du 2 mars 2003.
Réconciliation et réparations

rencontre à Alger entre anciens de la guerre d’Algérie

Le président de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnaca) a rencontré pour la première fois à Alger son homologue algérien, le colonel Si Hassan, pour « croiser les mémoires » et rechercher la trace des centaines de disparus de la guerre d’Algérie. « Près d’un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, c’est la première rencontre officielle, d’association à association, entre des représentants des combattants français et algériens », a expliqué à l’AFP Wladyslas Marek, président national de la Fnaca, en la qualifiant d’« historique ». Deux représentants des anciens combattants français se sont rendus à Alger durant trois jours, du 26 au 28 octobre, à l’invitation du Colonel Si Hassan, président de la Fondation du mémorial de la Wilaya IV9.

On notera que l’association des 4acg avait effectué une démarche analogue en février dernier.

Rappelons d’autre part la lettre ouverte adressée au président de la République, par la Fnaca, lors de son 29e congrès national réuni à Dijon du 8 au 10 octobre 2010. Elle plaidait pour l’officialisation du 19 mars comme journée de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, en considérant que c’est la seule date qui serait acceptable par les deux pays pour marquer la fin de leur antagonisme10.

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La stèle de Marignane (été 2005).
Marignane

stèle de l’OAS à Marignane : le retour ?

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage «aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.

L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.

[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]

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