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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

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La Françafrique

cinquantenaire des indépendances africaines : quelle commémoration ?

Les 50 ans des indépendances africaines ont été marqués par l’invitation de troupes africaines au défilé du 14 juillet, ce qui a suscité à la fois l’enthousiasme et la critique.

Pierre Boilley, professeur (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), directeur du Centre d’études des mondes africains (CEMAf), propose un décryptage des paradoxes liés à la célébration, par la France, de cet anniversaire.

Un article publié dans le N° 151, juillet-août-septembre 2010, de la revue Hommes & Libertés de la LDH.

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une fondation sous forte influence

Quinze jours après son installation officielle aux Invalides, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie continue à alimenter la polémique. La constitution de son Conseil d’administration est très fortement contestée – ne serait-ce que pour les prises de position passées de certains de ses membres influents. Le général de la Presle et l’historien Tramor Quemeneur, chacun à sa façon, confirment par leurs déclarations les inquiétudes que l’on peut avoir quant à la la finalité de cette nouvelle institution.

Conséquence de cette contestation : Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, qui déclarait vouloir faire de la fondation un lieu de transmission de la mémoire, n’était pas parvenu à en constituer le conseil scientifique.

[Mis à jour le 23 novembre 2010] – L’ancien député Arthur Paecht, 80 ans, sera chargé du dossier des anciens combattants auprès du ministre de la Défense. Alain Juppé a souhaité appeler à ses côtés une « personnalité » afin de pallier la suppression du poste de secrétaire d’Etat aux anciens combattants dans le nouveau gouvernement.1

Afin de bien comprendre ce qui suit, vous pourrez consulter deux pages de ce site :

  • la liste des membres du Conseil d’administration de la fondation,
  • quelques informations concernant le Livre blanc de l’armée française en Algérie et le Manifeste des généraux ayant servi en Algérie.
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L'ANPNPA était venue dénoncer la décision du conseil municipal.
Marignane

Marignane entretient la mémoire partisane de l’OAS

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a approuvé le retour à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert de la stèle d’hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française ». La majorité “divers droite” du maire Éric Le Dissès et l’UMP menée par Daniel Simonpieri, ex FN-MNR, ont voté la délibération. Seules deux élues, Marie-Claude Gargani, communiste, et Christane Azam, responsable locale du MRAP, ont voté contre, tandis que les trois socialistes s’abstenaient – après une explication de vote absolument consternante de leur chef de file.

A la suite du reportage de Jean-Baptiste Malet qui a assisté à cette réunion du conseil municipal, vous pourrez prendre connaissance du communiqué commun publié par trois associations, ainsi que des réactions du NPA Est Etang de Berre et du PCF 13 qui dénoncent cette décision.

[Mis en ligne le 28 octobre 2010, mis à jour le 2 novembre]

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D'après un dessin de Plantu, publié dans Le Monde du 2 mars 2003.
Réconciliation et réparations

rencontre à Alger entre anciens de la guerre d’Algérie

Le président de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnaca) a rencontré pour la première fois à Alger son homologue algérien, le colonel Si Hassan, pour « croiser les mémoires » et rechercher la trace des centaines de disparus de la guerre d’Algérie. « Près d’un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, c’est la première rencontre officielle, d’association à association, entre des représentants des combattants français et algériens », a expliqué à l’AFP Wladyslas Marek, président national de la Fnaca, en la qualifiant d’« historique ». Deux représentants des anciens combattants français se sont rendus à Alger durant trois jours, du 26 au 28 octobre, à l’invitation du Colonel Si Hassan, président de la Fondation du mémorial de la Wilaya IV2.

On notera que l’association des 4acg avait effectué une démarche analogue en février dernier.

Rappelons d’autre part la lettre ouverte adressée au président de la République, par la Fnaca, lors de son 29e congrès national réuni à Dijon du 8 au 10 octobre 2010. Elle plaidait pour l’officialisation du 19 mars comme journée de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, en considérant que c’est la seule date qui serait acceptable par les deux pays pour marquer la fin de leur antagonisme3.

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La stèle de Marignane (été 2005).
Marignane

stèle de l’OAS à Marignane : le retour ?

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage «aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.

L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.

[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]

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Claude Bébéar et Hubert Falco, ont inauguré la fondation dans le pavillon d'honneur des Invalides.
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

une fondation partisane et orientée

Le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants a officiellement installé la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats de Tunisie et du Maroc, mardi 19 octobre 2010, à l’Hôtel des Invalides – panthéon des gloires militaires françaises4.

Une fondation créée par la loi du 23 février 2005, dont l’article 4, retiré depuis, reconnaissait le « rôle positif » de la colonisation, et qui vise surtout à flatter les nostalgiques de l’Algérie française à des fins électoralistes.

Mais comment cette fondation pourrait-elle contribuer à « réconcilier toutes les mémoires », alors que son conseil d’administration comporte un quarteron de généraux signataires en 2002 d’un manifeste affirmant contre toute vraisemblance que « ce qui a caractérisé l’action de l’armée française en Algérie, ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture » ?

[Mis en ligne le 19 octobre 2010, mis à jour le 21]

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Saartjie Baartman, la « Vénus noire »

Vénus noire, le film d’Abdellatif Kechiche inspiré de l’histoire de la « Vénus hottentote », Saartje Baartman, sort le 27 octobre 2010. Cette femme sud-africaine a été exhibée dans les salons européens au début du XIXe siècle, puis ce sont ses restes qui ont longtemps été exposés dans des musées français. Il aura fallu près de deux siècles pour que, le 9 août 2002, elle soit inhumée en Afrique du sud, près du village de Hankey (Eastern Cape) dont elle était originaire, en présence du président Mbeki et de nombreux dignitaires. Nous publions un article qui relate son histoire.

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La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

des livres blancs des généraux à la fondation d’Hubert Falco

Au début des années 2000, plusieurs centaines de généraux ayant servi en Algérie signèrent un manifeste pour « affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord la lutte contre toutes les formes de torture ». Il fut repris comme préface du Livre blanc de l’armée française en Algérie publié aux éditions Contretemps en 2002, avec, entre autres, des articles de Maurice Faivre et Jean Monneret, et, dans une partie intitulée « La désinformation à l’œuvre », un long texte mettant violemment en doute le caractère scientifique de la thèse soutenue en décembre 2000 à l’Institut d’études politiques de Paris par Raphaëlle Branche, « L’armée et la torture dans la guerre d’Algérie. Les soldats, leurs chefs et les violences illégales », qui avait obtenu la mention très bien et les félicitations du jury composé de Jean-François Sirinelli, Jean-Pierre Rioux, Stéphane Audouin-Rouzeau, Jean-Charles Jauffret et Pierre Vidal-Naquet[*].

Ce livre blanc faisait suite à un ouvrage poursuivant les mêmes buts et qualifié dans sa préface de « livre blanc », Mémoire et vérité des combattants d’Afrique française du Nord, publié par le Cercle pour la défense des combattants d’Afrique française du Nord, dont le général Maurice Faivre avait été « l’architecte ».

L’historienne Raphaëlle Branche s’est penchée sur la parution de ce manifeste et de ces deux livres, auxquels la mise en place de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie fait aujourd’hui écho.

[*] Raphaëlle Branche est l’auteure du livre issu de sa thèse, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie (Gallimard, 2001).

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affaire Henri Martin : regards sur «Drame à Toulon» 60 ans après

En préfiguration à leur installation à La Seyne-sur-Mer, Orphéon et la Bibliothèque de théâtre Armand Gatti vous invitent à la Fête du livre de théâtre#11 qui aura lieu cette année à la Salle Apollinaire, samedi 16 et dimanche 17 octobre 2010 : le programme.

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Dimanche 17 octobre 2010 à 14h30, salle Apollinaire :

Théâtre et Histoire dans le Var,autour de

Drame à Toulon-Henri Martin, pièce de Claude Martin et Henri Delmas (1951)5

et du film D’autres sont seuls au monde de Raymond Vogel (1953)

[Mis en ligne le 1er octobre 2010, mis à jour le 16]

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Des conquêtes louis-quatorziennes à l'expansion républicaine, les soldats de France apportent « progrès, civilisation, commerce » aux peuples coloniaux asiatiques, africains, maghrébins ou indiens.
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

l’activisme mémoriel d’Hubert Falco

Le secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco, a annoncé qu’il installera aux Invalides, mardi 19 octobre 2010, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc6.

Cette fondation, loin d’être «au service de l’histoire » comme ne cesse de le marteler le secrétaire d’État, vise à «choyer les milieux nostalgiques de l’Algérie française» en tentant de «redresser l’image de la “présence” française “outre-mer”».

C’est ce que l’historienne Sylvie Thénault expose dans cette tribune publiée dans l’édition de Libération datée du 15 octobre 20107.

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Réhabilitations

«Le Parlement et la mémoire de l’OAS», par Romain Bertrand

Dans son livre Mémoires d’empire. La controverse autour du « fait colonial » (2006), Romain Bertrand revenait sur les polémiques qui se sont développées à l’occasion de l’adoption de la loi du 23 février 2005. Nous en reprenons le chapitre intitulé «Le Parlement et la mémoire de l’OAS» où il évoque la «guerre de tranchées idéologique» à laquelle se sont livrés les milieux nostalgiques de l’Algérie française, en vue de célébrer l’œuvre française outre-mer, prélude aux tentatives de réhabilitation du colonialisme auxquelles nous assistons maintenant.


Romain Bertrand, chargé de recherches au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) où il anime le groupe de recherche « Trajectoires historiques du politique », est l’auteur de Indonésie, la démocratie invisible. Violence, magie et politique à Java (Karthala, 2002), et de État colonial, noblesse et nationalisme à Java : la Tradition parfaite (XVIIe-XXe siècles) (Karthala, 2005).

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Manifestation contre le film Hors la loi, Festival de Cannes, mai 2010. (DAVID SILPA/UPI/MAXPPP)
Le 17 octobre 1961

dimanche 17 octobre 2010 : rassemblement là où tant de victimes furent jetées à la Seine

49 ans après le massacre d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris, alors que la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, le président de la République continue à manifester une volonté de réhabilitation de l’entreprise coloniale. Les discours – rappelez-vous celui de Toulon en 2007 –, les projets muséaux et mémoriaux, et bientôt une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie … pour entretenir le négationnisme colonial 8.

Dimanche 17 octobre à 17h, Place St Michel à Paris.

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