La Ligue des droits de l’Homme rappelle qu’«aucune réconciliation, aucun retour à la paix civile n’est possible [en Côte d’Ivoire] sans qu’un processus d’établissement des faits, de recherche des responsabilités et de jugement des coupables soit rapidement enclenché dans des conditions d’impartialité incontestables.»
Ce texte est une reprise un peu modifiée d’une intervention au séminaire de recherches ERMINE sur les minorités nationales, université Rennes 2 sous la direction de Ronan Le Coadic. Voir Bretons, Indiens, Kabyles…, Presses universitaires de Rennes, 2009.
Suzanne Citron revient sur un thème qu’elle a souvent abordé : la question de la nation et de son récit, «à nouveau implicitement posée par l’islamophobie qui se glisse insidieusement derrière les proclamations d’une laïcité transmuée en dogme». La nation n’est pas une essence surgie du fond des âges et son récit transmis par l’école républicaine n’est pas un tabou intouchable. La nation est une construction, un devenir, une dynamique, une suite d’interactions. Elle exige, pour demeurer vivante, de perpétuels réajustements de son récit et l’aggiornamento de son enseignement, quitte à bousculer les institutions et les représentations qui les ont engendrés et formatés.
Il a été publié le 4 avril 2011 sur un nouveau site “aggiornamento hist-géo” qui a pour objectif de proposer une réflexion et des propositions dans l’optique d’un renouvellement de l’enseignement de l’histoire et de la géographie scolaires et universitaires.
Un groupe de réflexion sur ce thème a été créé sur google groupe – pour l’intégrer, en faire la demande à .
Rony Brauman, ancien président de l’association Médecins sans Frontières (de 1982 à 1994), est professeur associé à l’Institut d’études politiques de Paris. Il réfléchit depuis des années aux effets des interventions humanitaires.
Il détaille les leçons à tirer des interventions et guerres précédentes, s’étonnant que ces expériences soient aussi peu prises en compte : « comment a-t-on pu oublier l’Irak et l’Afghanistan ? »1.
Dès le troisième jour de l’intervention internationale engagée par Sarkozy, il déclarait dans une interview sur France-Inter (vidéo ci-dessous) :
«Ce qui me gêne dans cette opération, c’est qu’on prétend installer la démocratie et un Etat de droit avec des bombardiers […] ; à chaque fois qu’on a essayé de le faire, non seulement on a échoué mais le remède qu’on prétendait apporter était pire que le mal».
Salah Salmi, un ancien harki âgé aujourd’hui de 72 ans, avait pu obtenir un visa en 2000 pour rejoindre la France. En 2004, il est incarcéré pour un viol dont il a été innocenté depuis. Après dix-huit mois de détention provisoire, il s’est trouvé privé de titre de séjour pour n’avoir pas effectué en temps voulu auprès de la préfecture du Var les formalités permettant la reconduction de son titre – il était alors en prison.
En 2010, la cour administrative d’appel de Marseille avait rejeté sa demande…
La préfecture du Var vient enfin de le régulariser et il va être indemnisé pour l’incarcération injustifiée qu’il a subie.
[Mis en ligne le 8 octobre 2010, mis à jour le 25 mars 2011]
La valise ou le cercueil est le titre du film documentaire de Charly Cassan qui, selon la présentation qu’il en donne, «retrace la vie et le lâche assassinat du peuple pied noir et harkis par la République gaulliste dirigée par De Gaulle. C’est aussi toute l’histoire authentique de cette belle province française durant 132 ans… 2»
En revanche, Aïcha Kerfah, responsable de l’association Harkis et droits de l’Homme pour la région Languedoc-Roussillon, qui a assisté à sa projection en avant-première dimanche 26 février 2011 à Lattes, près de Montpellier, et dont nous reprenons les commentaires ci-dessous, semble y avoir vu une illustration des propos de Jean-Jacques Jordi 3 :
«Depuis quelques années, la communauté française d’Algérie tient à affirmer son identité propre face aux multiples identités locales, régionales, voire étrangères sur le territoire de la métropole. Cela n’est pas chose facile, tant les éléments fondateurs de l’identité “pied-noire” sont relativement récents, et tant y abondent des lieux communs parfois falsificateurs. »
S’attaquant à l’unanimisme des partis politiques et des commentateurs en faveur de l’intervention militaire en Libye, Tzvetan Todorov rappelle que «l’ordre international incarné par le Conseil de sécurité consacre le règne de la force, non du droit» et que son approbation demeure de ce fait un gage de légitimité discutable.
Tzvetan Todorov, historien et essayiste, a notamment publié en 2008 la Peur des barbares. Au-delà du choc des civilisations (Robert Laffont)
Hier, 19 mars 2011, c’était la commémoration du cessez-le-feu en Algérie4. Espérons que, l’année prochaine, Algériens et Français pourront commémorer ensemble le cinquantenaire de cet événement.
Hier, Nicolas Sarkozy, président de la République avait revêtu son uniforme de chef des armées pour déclarer : «Aujourd’hui, nous intervenons en Libye…»
Le 10 mars 2003, lors d’une interview télévisée à propos de l’Irak, Jacques Chirac, président de la République, avait déclaré : « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions, parce qu’elle amène la mort et la misère. » 5
Un geste politique de portée symbolique : la réinstallation sous une forme légèrement modifiée de la stèle de Marignane à son emplacement initial au cimetière Saint Laurent Imbert, le 11 mars 2011, date anniversaire de la mort de Jean-Marie Bastien-Thiry – ce qui a permis à l’Adimad6 d’y organiser une cérémonie dès le dimanche 13 mars à 16 heures.
La stèle, initialement installée le 5 décembre 2005, est depuis lors l’objet de plusieurs actions en justice. Le 18 novembre 2008, la mairie de Marignane l’avait fait retirer du cimetière en application d’une décision du 7 juillet 2008 du tribunal administratif de Marseille. Mais le conseil municipal de Marignane a voté le 27 octobre 2010 une délibération en faveur de son retour à l’emplacement initial. Bien que cette délibération fasse l’objet de recours devant le TA de Marseille, le maire a donc décidé dans l’urgence7 la réinstallation de cette stèle.
La nouvelle stèle acceptée en octobre dernier par le conseil municipal diffère de la stèle initiale : les dates du panneau de droite, qui correspondaient aux exécutions des 4 fusillés de l’OAS, ont disparu et sont remplacées par un texte8.
En revanche la plaque centrale, représentant un condamné à mort face au peloton d’exécution, ne semble pas avoir été modifiée et le panneau de gauche comporte toujours les quatre mêmes dates :
En réaction au projet des nostalgiques de l’Algérie française de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, aux responsables du putsch d’Alger d’avril 1961, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme célèbre la mémoire des victimes de cette organisation terroriste, et notamment celle des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs en Algérie assassinés par un commando de l’OAS le 15 mars 1962.
Une soixantaine d’organisation lancent un appel à une Europe solidaire :
Alors que des changements politiques majeurs […] sont amorcés au sud de la Méditerranée, les gouvernements et les instances de l’UE se montrent avant tout préoccupés de se protéger contre « les flux migratoires incontrôlables » que pourraient entraîner ces bouleversements. Des experts […] qui n’ont rien vu venir des mouvements politiques en cours, ne craignent pas aujourd’hui d’affirmer que des milliers de migrants risquent de déferler sur les territoires européens. [….]
Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant systématiquement le spectre de l’ « invasion ». […]
Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une Europe de la solidarité et de l’accueil.
A l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger, des “nostalgériques” ont décidé de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, au «quarteron de généraux» – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de cette «aventure odieuse et stupide»9.
L’échec de cette tentative de putsch a entraîné l’émergence de l’OAS – Organisation armée secrète – un mouvement clandestin qui a tenté, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie. Responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France, l’OAS a tué 2 700 personnes, dont 2 400 Algériens, de janvier 1961 à septembre 1962.
Cet hommage paraît totalement illégitime à la plupart de nos concitoyens. C’est plutôt aux «appelés» qu’il conviendrait de rendre hommage : par leur loyauté et leur refus d’obéir aux putschistes, ils ont contribué à l’échec d’une opération criminelle dirigée contre la République.