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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Côte d’Ivoire : des associations appellent à la fin des exactions

Cinq organisations (ACAT France, CCFD-Terre Solidaire, Defap (service protestant de mission), LDH, CGT) ont appelé mercredi « à l’arrêt des exactions » en Côte d’Ivoire. « Bien que la situation sécuritaire se soit nettement améliorée en Côte d’Ivoire, des civils continuent d’être victimes d’exactions commises par des hommes en armes dans plusieurs régions du pays », dénoncent ces organisations dans un communiqué commun.

« Nombre de ces exactions sont perpétrées par des hommes se réclamant des Forces Républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI) » d`Alassane Ouattara, affirment-elles. « Ces exactions doivent cesser, la sécurité doit à nouveau être assurée pour tous (…) sans distinction », insistent-elles, demandant à ce que la lumière soit « faite sur ces exactions ».

Elles demandent que les autorités ivoiriennes permettent « à la Cour pénale internationale (CPI) d`enquêter sur les exactions commises depuis septembre 2002 », et mènent « des enquêtes judiciaires indépendantes, exhaustives et impartiales sur toutes les allégations d`atteintes aux droits de l`homme recensées depuis le début de la crise ivoirienne ».

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Des policiers arrêtent un homme à l'arrivée d'un Paris-Nice, le 11 avril 2011 (Hugo Domenach/Rue89).
Contrôle au faciès

Paris-Nice : contrôles au faciès

Fin mars dernier, notre amie Isabelle nous a adressé le courrier suivant. D’autres témoignages confirment le sien ; nous en avons retenu un, du 11 avril. Aux dires de Toulonnais qui prennent quotidiennement le train pour Marseille, ces scènes sont fréquentes.

Témoigner de ce qui se passe sous nos yeux, c’est refuser de participer au lent naufrage de nos libertés.

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d’après la Cncdh, on a assisté en 2010 à une libération de la parole raciste

La commission nationale consultative des droits de l’homme a présenté le 13 avril 2011 son rapport pour l’année 2010. A l’occasion du rapport précédent consacré à l’année 2009, la Cncdh avait souligné que contrairement à des conceptions largement partagées, les préjugés racistes diminuaient. Mais l’analyse des résultats des enquêtes réalisées pour le rapport 2010 laisse craindre que ce mouvement soit interrompu. La Cncdh écrit en effet qu’il lui semble, pour la première fois depuis plusieurs années, constater une augmentation de l’intolérance.

Nous reprenons la présentation par la Cncdh des résultats de ces enquêtes, suivie de deux commentaires :

  • «Racisme : un verrou a sauté dans le discours politique admis ou admissible », par Elise Vincent (Le Monde, 12 avril 2011)
  • une interview de Pierre Fournel, directeur général de la LICRA : « L’ethnicisation des problèmes sociaux a engendré une libération de la parole raciste » (20minutes.fr, 12 avril 2011).
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QPC sur les contrôles d’identité

Une cinquantaine d’avocats vont déposer, à partir de lundi 23 mai, des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur les contrôles d’identité devant les juridictions de six villes françaises. Pendant deux semaines, à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nanterre et Créteil, ils devraient soulever une QPC pour chaque dossier traité par la justice dans lequel il est fait état d’un contrôle d’identité reposant sur un délit de faciès.

Selon le cabinet de l’avocat William Bourdon, qui participe à cette action, « il y a déjà quelque chose d’anticonstitutionel [dans les contrôles d’identité] puisque chaque contrôle est une atteinte à la liberté et qu’il convient donc à un juge de statuer ». Ces QPC sur les contrôles d’identité visent également à attirer l’attention sur les « contrôles au faciès » qui, selon certaines études, « touchent beaucoup plus les Noirs et les Arabes ». Le cabinet dénonce le fait que « des personnes qui ont été contrôlées dans les cités et qui ne sont pas ensuite passées devant un juge, n’ont aucun moyen de démontrer qu’elles ont pu être contrôlées jusqu’à trois fois dans la même journée ».

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Banyuls-sur-Mer : n’est-ce pas une provocation que de donner à un carrefour le nom du général Bigeard ?

Après celui d’Aix-en-Provence, c’est maintenant au tour du conseil municipal de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-orientales) de voter l’attribution du nom du général Marcel Bigeard à un rond-point de la ville. Mais le maire ne peut ignorer que ce nom reste lié à la torture en Algérie : même s’il a nié que les troupes sous son commandement s’y soient livrées, le général a déclaré en 2000 que l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie avait été « un mal nécessaire ». Faut-il rappeler que l’expression « crevettes Bigeard » désignait alors les personnes qui auraient été exécutées en étant jetées depuis un hélicoptère en mer Méditerranée, les pieds coulés dans une bassine de ciment ?1

L’intention du maire derrière ce choix partisan est apparue clairement lors de l’inauguration.

S’il tenait à rendre hommage à un militaire, le maire aurait pu le choisir parmi les victimes des engagements militaires de notre pays – depuis décembre 2001, 56 militaires français ont perdu la vie en Afghanistan.

[Mis en ligne le 30 avril 2011, mis à jour le 15 mai]

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La section de Toulon de la LDH était présente ( de gauche à droite : Martine, Soraya, François, Mounir et Hakim)
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

troisième commémoration à Marseille de l’“autre 8 mai”

Pour la troisième année consécutive, l’Espace Franco-Algérien PACA a commémoré, avec ses amis, les massacres du 8 mai 1945 en Algérie.

Répondant à l’appel de l’association, une petite centaine de personnes se sont rassemblées aux Mobiles (en haut de la Canebière) pour déposer une gerbe en mémoire des milliers de victimes de Sétif, Guelma et Kherrata, en mai 1945. Plusieurs membres de la section de Toulon de la LDH étaient venus participer à cette cérémonie d’hommage ainsi qu’aux tables-rondes qui l’ont suivie au cours de l’après-midi.

Chaque année des cérémonies officielles commémorent la victoire sur l’Allemagne nazi. Souhaitons que, les années prochaines, les commémorations y associent le souvenir des massacres commis par la France dans le Constantinois en mai 1945.

[Mis en ligne le 6 mai 2011, mis à jour le 11]

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Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

Gilles Manceron à Guelma, le 8 mai 2011 : «regarder la vérité en face»

Il faut « regarder la vérité en face et cesser de s’en tenir aux clichés et aux préjugés qui étaient ceux des colons et de l’administration coloniale », a déclaré dimanche, à Guelma, Gilles Manceron, vice-président de la Ligue des droits de l’Homme. L’historien français était venu participer au 9e colloque international de Guelma sur les massacres du 8 mai 1945, intitulé Les massacres de mai 1945 et d’août 1955 par l’armée française : reconnaître les crimes et écrire l’histoire.

Alors que ce colloque était organisé par l’université de Guelma pour faire avancer la connaissance historique de cet évènement et de ses conséquences, le ministre des Moudjahiddine s’est invité à l’ouverture, et en a profité pour relancer l’idée d’une proposition de loi visant à « criminaliser le colonialisme français », une proposition qui avait été enterrée par l’Assemblée algérienne en 2010.

[Mis en ligne le 9 mai 2011, mis à jour le 10]

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Dilem, Liberté, 8 mai 2011
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

 8 mai 1945 – 8 mai 2011, par Dilem

Pour la reconnaissance du passé, relire l’appel France-Algérie du 30 novembre 2007. En ce qui concerne les visas permettant de franchir légalement la Méditerranée …

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Le racisme postcolonial

Etienne Balibar : “la condition d’étranger se définit moins par le passeport que par le statut précaire”

Alors que les immigrés sont partout stigmatisés, le philosophe Etienne Balibar
2 s’interroge sur la notion d’étranger. Une image totalement brouillée par la crise économique. Dans un article publié dans Télérama N°3197 le 20 avril 2011 et repris ci-dessous, le philosophe tente de répondre aux questions : qui est « notre » étranger ? a-t-il changé au cours du temps ? pourquoi est-il de plus en plus considéré comme un ennemi ?

Le hors-série Télérama Horizons N°4, Etrangers, une obsession européenne, disponible en kiosque, donne la parole sur ce thème à des historiens, philosophes, sociologues et écrivains.

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Photo Elie Kagan (BDIC)
Le 17 octobre 1961

Emmanuel Blanchard : la répression policière et administrative des Algériens de métropole (1946-1962)

Contrôler, enfermer, éloigner, c’est ainsi qu’Emmanuel Blanchard avait intitulé sa contribution à l’ouvrage collectif dirigé par Sylvie Thénault et Raphaëlle Branche, La France en guerre (1954-1962). Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, publié en 20083.

Comme l’indique la seconde partie du titre, La répression policière et administrative des Algériens de métropole (1946-1962), le texte d’Emmanuel Blanchard repris ci-dessous se limite au comportement de l’administration, en particulier de la police, vis-à-vis des Algériens en France métropolitaine pour la période allant de 1946 à la fin de la guerre d’Algérie. Mais il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le comportement actuel de l’administration, notamment de la police, vis-à-vis des immigrés “sans-papiers” non originaires de l’Union européenne.

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Communistes, altermondialistes et associatifs se sont rassemblés hier pour s'insurger contre la commémoration (photo F. Lec)
Nice

Nice : le maire et le préfet laissent célébrer le putsch d’avril 1961

En dépit des nombreuses protestations qu’il a suscitées, un rassemblement a pu se tenir à Nice, samedi 23 avril 2011, dans le jardin
Alsace-Lorraine, devant le monument où est gravé le nom de Roger Degueldre, chef des commandos delta de l’OAS. Il s’agissait de célébrer le soulèvement contre la République des généraux à Alger en avril 1961.

Après le succès de la rencontre organisée le 20 avril dernier par les organisations regroupées autour de la section de Nice de la LDH, cet épisode montre le travail de vérité qu’il reste à faire pour que la guerre d’Algérie soit considérée pour ce qu’elle a été. L’aspect guerre coloniale–guerre d’indépendance de ce conflit, dont le cinquantenaire de la fin sera célébré l’an prochain, doit être reconnu. Tout en s’inclinant devant toutes les victimes, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, envisage l’organisation en 2012 d’une rencontre permettant de développer une réflexion sur les séquelles aujourd’hui de ce conflit colonial, dans le respect de la vérité historique.

[Mis en ligne le 24 avril 2011, mis à jour le 25]

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