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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Marc Ferro : un bilan globalement négatif

S’enrichir, christianiser, « civiliser » : les justifications de l’entreprise coloniale n’ont pas manqué au cours de l’histoire. Mais l’incapacité des colonisateurs, prisonniers de préjugés raciaux, d’accorder la citoyenneté aux peuples asservis a produit un désastre

L’historien Marc Ferro 1 revisite cinq siècles de colonisation.

Extrait d’un dossier publié dans le Nouvel Obs du 8 décembre 2005.

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Du colonialisme et de ses prétendus « aspects positifs », par Bernard-Henri Lévy

Dans son bloc-notes dans Le Point du 8 décembre 2005, Bernard-Henri Lévy se joint aux critiques contre l’article controversé de la loi du 23 février 2005. Pour lui, « on nous avait fait le coup des aspects positifs du régime de Vichy (bouclier, moindre mal, grandes réformes économiques et sociales…), et voilà qu’on nous refait celui du rôle positif, voire de l’œuvre humaniste de la présence française en Afrique ». L’idéologie coloniale qui a rendu possible la conquête militaire d’une partie du monde n’est pas une idéologie génocidaire. Mais le projet colonial est un projet pervers, fondé sur des règles qui font, en tant que telles, honte à une démocratie.

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Manifestation, à Fort-de-France pour demander l'abrogation de « la loi de la honte» (photo AFP)
La loi du 23 février 2005

Nicolas Sarkozy contraint d’annuler son voyage aux Antilles

Elus et syndicats s’étaient mobilisés pour protester contre la loi du 23 février 2005 sur la colonisation, qui reconnaît « le rôle positif de la présence française outre-mer ». Nicolas Sarkozy a été contraint d’annuler son voyage aux Antilles devant la mobilisation des élus et des syndicats contre cette loi. Lire également 1067.

[Première mise en ligne, le 7 décembre,

mise à jour, le 9 décembre]

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«démons français»

Les discriminations n’excusent pas tout. Lutter contre les séquelles du colonialisme n’autorise pas les discours antisémites.

Déclaration des 24, publiée dans Le Monde daté du 6 décembre 2005.

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Lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, par Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau

A l’occasion de la visite en Martinique du ministre de l’Intérieur de la République française, Nicolas Sarkozy, en décembre 2005, alors que le débat se développe sur la loi du 23 février 2005, les écrivains Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau lui ont adressé une lettre ouverte. Pour eux, il n’est pas concevable que la France se renferme aujourd’hui dans des étroitesses identitaires. Les solutions proposées par les autorités ne sont pas à la hauteur de la situation. Les immigrants, abandonnés sans ressources dans des ghettos invivables, ne disposent d’aucun moyen réel de participer à la vie de leur pays d’accueil.

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Alain Ruscio : une offensive colonialiste

Pour Alain Ruscio, historien du colonialisme, la réhabilitation du passé colonial de la France porté par la loi du 23 février 2005 est lourde de dangers pour la cohésion de la société française. Ci-dessous son entretien avec Rosa Moussaoui dans L’Humanité du 3 décembre 2005. Il y dit son indignation face à ce qu’il considère comme une offensive de « dinosaures colonialistes » qui flirte avec les thèmes de l’extrême droite. En tant que chercheur, il trouve inadmissible qu’un pouvoir politique décrète la vérité puis demande aux historiens et enseignants de lui emboîter le pas. En tant qu’historien, la notion même de « bilan positif » est pour lui irrecevable.

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Deux articles dont nous ne partageons pas les idées…

Les deux articles de Jean-Bastien Urfels et Max Gallo que nous reproduisons ci-dessous, et qui ont été publiés ensemble, le 3 décembre 2005, sur le site internet de l’association « Valeurs et Actions républicaines », ne présentent pas le point de vue de notre site, mais il nous a semblé intéressant de les verser au dossier. Ils renvoient dos à dos les défenseurs et les adversaires de la loi du 23 février 2005 qui prescrit aux enseignants de montrer les « aspects positifs » de la colonisation. Tout cela au milieu de considérations sur une vision très fantasmée de « l’Ecole »…

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La loi du 23 février 2005

Charles-Henri Favrod : « Le rôle positif de la colonisation ? Incongru ! »

Charles-Henri Favrod, né en 1927 à Montreux, a découvert l’Afrique au début des années 50, comme journaliste à la « Gazette de Lausanne » et l’a ensuite arpentée comme journaliste et écrivain. Ami de l’ancien président algérien, Ahmed Ben Bella, il a été l’un des intermédiaires officieux entre la France et le FLN algérien et facilité les préparatifs des accords d’Evian qui ont abouti à l’indépendance de l’Algérie en 1962. En 1985, il a fondé à Lausanne le prestigieux Musée de l’Elysée dédié à la photographie et a été le maître d’œuvre de deux nouveaux musées de la photographie, l’un à Florence, l’autre à Trieste. Il vient de publier « Le temps des colonies »2 en réaction à la loi vantant la présence française outre-mer. Ci-dessous son entretien avec Swissinfo.

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Enseigner une histoire commune, par Benoît Falaize et Françoise Lantheaume

Dans un article publié par Libération, le 2 décembre 2005, deux spécialistes de l’enseignement, Benoît Falaize, chargé d’études et de recherche à l’Institut national de recherche pédagogique, auteur d’un rapport d’enquête sur l’enseignement de la Shoah et des guerres de décolonisation, et Françoise Lantheaume, chargée de recherche à l’Institut national de recherche pédagogique auteure d’une thèse sur l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation de l’Algérie depuis les années 1930, s’expriment sur l’enseignement de la colonisation aux collégiens et lycéens d’aujourd’hui. Pour eux, leur parler de l’héritage colonial dans sa complexité, c’est aussi tisser un sentiment d’appartenance.

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François Durpaire : « une loi pro-coloniale contre l’histoire »

François Durpaire est agrégé et docteur en histoire, enseignant à la Sorbonne (Paris I). Il est l’auteur, entre autres, de Nos ancêtres ne sont pas les Gaulois (Hachette éducation, 2002), Les Etats-Unis ont-ils décolonisé l’Afrique noire francophone ? (L’Harmattan, 2005). Dans son éditorial dans afrik.com, le 30 novembre 2005, non seulement il rejette la loi du 23 février 2005 mais il estime que la ségrégation scolaire est très préoccupante dans la mesure où elle ne permet pas de créer un creuset commun dans la transmission de notre histoire. Or, une nation ne saurait se passer de communier autour de son passé.

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La loi du 23 février 2005

« L’UMP colonise l’histoire de France », un dossier de Jean-Pierre Thibaudat dans « Libération », le 30 novembre 2005

Les députés ont, le 29 novembre 2005, rejeté une proposition de loi visant à abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui incite les programmes scolaires à souligner le « rôle positif de la présence française outre-mer ». C’est, comme le vote de la loi elle-même, le résultat d’un long travail de lobbying de certains milieux pieds-noirs, s’appuyant sur l’UMP, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Le vote a été acquis par 183 voix (178 UMP et 5 UDF) contre 94. Il lance un signal désastreux. Nous reproduisons le dossier que Jean-Pierre Thibaudat a publié dans Libération, le 30 novembre 2005, à son sujet.

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