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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

l’Afrique au kärcher par Anne-Cécile Robert

Stupeur et indignation ont accueilli le discours prononcé à Dakar par le président Nicolas Sarkozy, venu présenter sa vision des rapports franco-africains, le 26 juillet dernier. Abasourdis, presse et intellectuels du continent noir reprochent au chef de l’Etat des propos d’un « autre âge ». Certains, cherchant peut-être le second degré, se demandent même s’il pense vraiment ce qu’il dit1.

Un article d’Anne-Cécile Robert

publié dans Le Monde diplomatique de septembre 2007
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Fatima Besnaci-Lancou et Abdelkader Chebaiki : colère et consternation des harkis

Toujours dans l’attente de la reconnaissance officielle de la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis, les deux présidents d’associations de harkis demandent quel est le sens de l’hommage national du 25 septembre alors même que le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, poursuivi en justice pour avoir traité des harkis de «sous-hommes», vient d’être relaxé en appel. Et pourquoi le parquet ne s’est-il pas pourvu en cassation ? cela résulte-t-il d’un
choix au plus haut niveau de l’Etat ?

Une réponse au discours prononcé par François Fillon lors de l’hommage solennel, le 25 septembre 2007 — vous pourrez en prendre connaissance ci-dessous.

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Commémorations

Louvroil : inauguration d’une stèle à la mémoire de toutes les victimes de la guerre d’Algérie

Alors que Louvroil (Nord) avait été, ces dernières années, le cadre d’incidents, l’UNC-AFN et la FNACA ont su dépasser leurs divisions et participer ensemble à l’inauguration, le 6 octobre 2007, d’une stèle à la mémoire des anciens d’Afrique du Nord, en présence du sous préfet et des représentants de l’ACPG CATM TOE.

A cette occasion, Annick Mattighello, maire de Louvroil, après avoir rendu hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie, a rappelé que « A ces anciens combattants, à toutes celles et tous ceux qui ont été confrontés à cette guerre, à la mémoire de toutes ses victimes, aux générations actuelles, nous devons la vérité et une histoire établie dans les règles qui en font un savoir scientifique.»

Souhaitons que cette démarche exemplaire ne reste pas isolée !

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Matin plus, vendredi 21 sept. 2007, page 13.
Les « tirailleurs sénégalais »

l’inauguration bien discrète d’une exposition sur les tirailleurs sénégalais

Samedi matin 22 septembre, au Musée du Chemin des Dames, a été inaugurée l’exposition «Dans la guerre des toubabs. Les tirailleurs sénégalais en 14-18», consacrée aux soldats africains qui ont été lancés le 16 avril 1917 à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames et aux milliers d’entre eux qui y ont perdu la vie. Voir sur ce
sujet, l’article d’Emmanuel Blanchard les tirailleurs, bras armé de la France coloniale.

Bizarrement, ni les historiens qui ont travaillé sur cette histoire, ni les associations concernées n’avaient été invités, et même les élus locaux du département les plus impliqués dans le travail de mémoire autour de la Grande Guerre comme le maire de Craonne n’ont été informés qu’au dernier moment. Comme si les autorités étaient désireuses que l’inauguration se fasse en catimini.

Notons, par ailleurs, que plusieurs médias avaient annoncé la présence à cette inauguration du président de la République, en particulier le quotidien gratuit Matin plus du vendredi 21 septembre, alors que Nicolas Sarkozy n’est pas venu. Cette annonce reposait-elle sur une information erronée ou révélerait-elle changement de programme ?

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l’historienne Adame Ba Konaré réagit au discours de Sarkozy

Jugé décalé et rétrograde par les uns, paternaliste voire colonialiste par certains et raciste par les autres, le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier continue à susciter une vive réprobation sur l’ensemble du continent africain.

Dans un texte publié le 14 septembre par le quotidien malien Les Echos, Adame Ba Konaré s’insurge. Elle demande à ses collègues de la rejoindre dans un Comité pour la défense de la mémoire de l’Afrique. Et elle propose aux historiens africains de s’engager dans la production d’un ouvrage scientifique qui réponde au discours du chef de l’Etat français.

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France-Algérie : histoire et enjeux politiques, par Gilbert Meynier et Eric Savarèse

Les deux historiens plaident pour « le principe d’une reconnaissance de responsabilités de la puissance publique française dans les traumatismes qu’a entraînés la
colonisation», précisant qu’il «serait important qu’elle n’établisse pas de responsabilité pénale». Cette reconnaissance concernerait «au premier chef les centaines de milliers d’Algériens massacrés […], dépossédés de leurs terres et clochardisés en masse […], discriminés […] par le refus de la citoyenneté française et […] par le Code de l’Indigénat […]. Mais elle devrait aussi englober […] les Européens et les Juifs d’Algérie.»2

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consternation des harkis après la relaxe de Frêche en appel

Le président de la région Languedoc-Roussillon avait été condamné pour avoir traité, en février 2006, des harkis de “sous-hommes” (voir notre article), mais il vient d’être relaxé en appel.

En effet, la Cour d’appel, présidée par Claude Arrighi, a reconnu que «les expressions “vous n’avez rien. Vous êtes des sous-hommes” qui nient même l’appartenance à la nature humaine et renvoient aux expressions utilisées par les doctrines raciales nazies» peuvent être qualifiées d’injures, et qu’elles «s’adressent bien à l’ensemble de la communauté harkie et non aux seuls harkis qui ont participé à la réunion de Palavas.» Mais au terme d’une analyse juridique de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, le tribunal a relaxé Georges Frêche.

Comme en témoigne la déclaration de l’association Harkis et droits de l’Homme, ce jugement a semé la consternation au sein de la communauté harkie. De son côté, la Ligue des droits de l’Homme a décidé de porter l’affaire en cassation.

[Première publication le 13 sept. 07, modifiée et complétée le 17 sept. 07]

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1960 - Pierre Messmer, ministre des Armées, arme un harki d'un village d'autodéfense.
Harkis

« la France, en quittant le sol algérien, n’a pas su empêcher » le massacre de harkis

«Il était, il est du devoir le plus élémentaire » du gouvernement français «de protéger les hommes qu’il a engagés» écrivait Pierre Vidal-Naquet en novembre 1962. «Il semble bien que ce n’est pas par hasard si les harkis sont si peu nombreux à s’être réfugiés en France, poursuivait-il, des ordres ont été donnés pour éviter un afflux massif que l’économie française est pourtant en état de supporter ; en Algérie même, la protection des harkis semble laissée à l’initiative individuelle. Il y a là la continuation de la vieille attitude raciste et coloniale.»3

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Nicolas Sarkozy et l'histoire coloniale

la vision raciale de l’hyper-président

Le journaliste canadien qualifie de condescendant et de raciste le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé à Dakar.

Lilian Thuram l’avait déjà remarqué : «Sarkozy a une vision raciale des gens».

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Nicolas Sarkozy et l'histoire coloniale

impressions de Paris, par Achille Mbembe

Né au Cameroun, Achille Mbembe a publié De la postcolonie, aux éditions Karthala en 2000. L’historien, qui enseigne actuellement à l’Université Witwatersrand de Johannesburg (République sud-africaine)
a très vivement réagi au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar qu’il qualifie d’ « Épitre aux Africains ».4

A la suite d’un bref séjour à Paris, fin août-début septembre 2007, il nous a adressé ses impressions.5

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Abdoulaye Wade, Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel et Rama Yade, à Dakar, le 26 juillet 2007.
Discours de Dakar 2007

et s’il n’en reste qu’un, Jean-Marie Bockel sera celui-là

Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar sur «l’homme africain» jugé étranger à «l’idée de progrès» continue à être très mal reçu en Afrique.
«Se peut-il qu’il n’ait pas compris à quel point nous nous sommes sentis insultés?», lance l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop.
«D’un point de vue rigoureusement politique, son discours est une faute. Il ne tardera pas à s’en rendre compte: les Africains et les nègres de la diaspora ne le lui pardonneront jamais», souligne-t-il.

Vous trouverez ci-dessous, à titre de document, l’appui que Jean-Marie Bockel a cru devoir renouveler aux thèses de Nicolas Sarkozy6

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Controverses

en 40 ans, le Petit Robert n’avait pas modifié sa définition du terme colonisation

Mardi 5 septembre 2006, le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran)7 et le Mrap réclamaient «le retrait pur et simple» de l’édition 2007 du Petit Robert pour sa définition des mots « colonisation » et « coloniser ». Le Mrap dénonçait «cette nouvelle tentative de réhabilitation et de glorification du colonialisme», et accusait le Petit Robert de «reprendre à son compte l’esprit de la loi du 23 février 20058 qui reconnaissait à la colonisation française un rôle positif ».
Un an plus tard, dans son édition 2008, le Petit Robert ajoute à sa définition de la colonisation une citation d’Aimé Césaire, tirée de son Discours sur le colonialisme : «colonisation = chosification».

Tout ce qui suit a été publié sur ce site début septembre 2006, et n’a pas été modifié depuis.

[Première mise en ligne le 5 sept. 06, dernière mise à jour le 4 sept. 07]
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