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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

“l’appel d’historiens et de politiques” par S. Raouf

Ils appellent Sarkozy à reconnaître la responsabilité de la France dans la tragédie coloniale. Rarement un texte dédié à la difficile relation bilatérale n’a fédéré autant de signatures. Pour la première fois depuis les Accords d’Evian, des Français et des Algériens de tous horizons se mettent d’accord sur le meilleur moyen de dépasser le «contentieux» quarantenaire entre Alger et Paris.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Histoire de la colonisation : réhabilitations, falsifications et instrumentalisations

Ce livre se veut cri d’alerte. Le cadavre du colonialisme empuantit toujours l’atmosphère, pour paraphraser François Mauriac… Une entreprise de réhabilitation de ce système est à l’œuvre. Réactionnaires, “nostalgériques”, anciens baroudeurs des guerres de décolonisation ont (re)commencé un travail patient et multiforme. Les laudateurs du colonialisme ont réussi le tour de force de faire passer un appareil idéologique des années 30-40-50 du siècle passé comme une nouveauté. La loi du 23 février 2005 n’était pas un épiphénomène, mais un épisode d’un mouvement de fond dans le monde des idées, et des actes. Cette constatation ne vise en aucun cas les historiens, avec lesquels il peut y avoir des débats, des désaccords, parfois des polémiques, mais qui appliquent les règles habituellement reconnues de la recherche historique. Aussi, face à cette offensive, il a paru nécessaire à un collectif d’historiens de rappeler quelques acquis de la recherche historique en matière coloniale.

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Benoît Falaize : enseigner l’histoire de l’immigration à l’école

Fruit d’une enquête menée sur deux ans, le rapport de l’Institut national de recherche pédagogique (INRP) a été remis le 19 octobre 2007 à Jacques Toubon, président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI). Rédigé sous la direction de Benoît Falaize, avec Olivier Absalon et Pascal Mériaux, il propose un état des lieux de l’enseignement de l’histoire de l’immigration à l’école. En voici la synthèse1.

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Nicolas Sarkozy accusé à l’ONU de légitimer intellectuellement le racisme

Au moment où il savourait son triomphe à Washington, le président français était étrillé, aux Nations Unies, pour son discours de Dakar. Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme et de discrimination raciale, s’est inquiété, devant une commission de l’Assemblée générale, d’une tendance récente à la «légitimation intellectuelle du racisme […] sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale». En juin dernier, il avait déjà insisté sur les discriminations envers les jeunes d’origine immigrée et la banalisation du racisme en France.

[Première mise en ligne le 9 nov. 07, mise à jour le 17 nov. 07]

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Nicolas Sarkozy et l’Afrique : où est la rupture ?

Après le discours de Dakar, la dernière loi sur l’immigration et l’intention affichée par Nicolas Sarkozy d’aller «chercher tous ceux qui restent [au Tchad], quoi qu’ils aient fait »2, commencent à ternir sérieusement l’image, déjà peu reluisante, de la France sur le continent africain. De nombreux pays d’Afrique noire évoquent désormais ouvertement un «néo-colonialisme» français depuis l’arrivée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy3.

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Ligne Morice (barrage électrifié).
La reconnaissance du passé colonial

à l’ouest, rien de nouveau, les mines sont toujours là

Les souffrances et les déracinements qu’ont vécus des centaines de milliers d’Européens à l’occasion de la guerre et de l’accession à l’indépendance d’un pays où ils étaient nés, sont abondamment évoqués depuis 1962. Des centaines de milliers d’Algériens “de souche” ont également connu l’exode au Maroc ou en Tunisie, à cause de cette guerre. Cette page est consacrée à ceux qui ont dû se réfugier au Maroc à la suite de la construction de la ligne Morice.

En 1961, François Chevaldonné et Paul Moity, deux jeunes Français qui travaillaient alors au Maroc, avaient commencé à préparer un court métrage sur ces réfugiés algériens, mais le cessez-le-feu est intervenu avant que le film ne soit achevé. Quarante ans après, à l’occasion de l’année de l’Algérie en France, ils ont pu réaliser un livre et une exposition avec les photos et les éléments de documentation qu’ils avaient alors recueillis. Cette page a été réalisée à partir du site internet qu’ils ont consacré à ces oubliés de l’histoire.4

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Controverses

Guy Môquet, Ahmed Zabana, Huynh Khuong An …

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, avait demandé aux enseignants de lire à leurs élèves, ce 22 octobre, la dernière lettre de Guy Môquet, fusillé le 22 octobre 1941. Les réactions des enseignants ont été diverses.

Brahim Senouci salue la mémoire de Guy Môquet en y associant celle d’Ahmed Zabana, héros de la guerre de libération algérienne, et rappelle le combat sans cesse renouvelé de l’humanité tout entière contre l’injustice.

Alain Ruscio a saisi cette occasion pour rappeler – et sans doute pour apprendre à beaucoup – que, ce même jour, un Vietnamien avait lui aussi versé son sang pour la
France.

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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino aime le discours de Dakar

Dans un entretien publié le 20 octobre 2007 par le quotidien Libération, dont nous reprenons un extrait ci-dessous, Henri Guaino revient sur le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar. Après avoir longuement évoqué son incompréhension du refus de nombreux enseignants d’obéir à l’injonction qui leur est faite de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet conformément à l’instruction officielle du 30 août dernier, Henri Guaino montre qu’il ne comprend pas plus la vague de critiques soulevée par un texte dont il est l’auteur

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les historiens disent Non ! à la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie annoncée par François Fillon

Dans son discours du 25 septembre 2007, lors de la cérémonie nationale d’hommage aux harkis, le premier ministre a annoncé la création en 2008 de la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie :
«Nous avons besoin d’une réconciliation sincère des mémoires, d’un apaisement véritable des esprits et des coeurs. Une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie sera créée à cet effet en 2008. Ces questions lui seront confiées. Des historiens indépendants effectueront ce travail.»
Une dotation en capital de 3 M€ en faveur de cette fondation est d’ailleurs inscrite au projet de budget 2008 du ministère des Anciens combattants (voir ci-dessous).

Cette fondation était prévue par l’article 3 de la loi du 23 février 2005 portant “reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés”, mais de nombreux historiens s’étaient exprimés contre la création de cette fondation, et le président Chirac avait eu la sagesse de “geler” ce projet.

Aujourd’hui, les historiens renouvellent leur opposition à cette fondation, déclarant qu’ «il est temps d’en finir avec la “guerre des mémoires”».

[Première mise en ligne le 18 janv. 06, complétée et mise à jour le 14 oct. 2007]
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Discours de Dakar 2007

les amabilités d’Henri Guaino à ceux qui n’apprécient pas son discours de Dakar

Les propos de Fadela Amara qualifiant de « dégueulasse » l’instrumentalisation de l’immigration et donc les tests ADN ont provoqué l’indignation de Patrick Devedjian : « ce n’est pas bien d’injurier les députés de la majorité». Le député des Hauts de Seine, secrétaire général de l’UMP, a-t-il oublié que lui-même, peu après les législatives, avait qualifié Anne-Marie Comparini de « salope » ?

Fadela Amara évoquait un projet de loi, et n’injuriait pas des hommes, comme cela semble se pratiquer sans complexe au sommet de l’Etat : “petit con”, “connard”, “crétin”, “salaud”…

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