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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

le décès d’un grand historien, Charles Robert Ageron, par Benjamin Stora

On a appris mercredi 3 septembre 2008, le décès de Charles-Robert Ageron1, «historien primordial de l’Algérie coloniale, et plus largement, de la colonisation» [Gilbert Meynier], «qui a marqué de son empreinte au moins trois feuillets du livre de la recherche historique : l’Algérie au temps des Français, l’opinion française et la question coloniale, les “chemins de la décolonisation” en France et dans le reste de l’Europe» [Daniel Rivet 2 ]

Voici le texte que Benjamin Stora a consacré à celui qui a été son «maître» en Histoire de l’Algérie, dans son livre Les guerres sans fin, à paraitre aux éditions Stock.

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Les guerres des mémoires

la guerre des mémoires – la France face à son passé colonial

Il y a un peu plus d’un an, paraissait un livre d’entretiens de Benjamin Stora avec Thierry Leclère, La guerre des mémoires3. Il faut (re)lire ce petit ouvrage, où l’historien spécialiste du Maghreb nous aide à mieux comprendre l’imbrication entre histoire et mémoire, question coloniale et immigration… en attendant la parution de son prochain livre, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie.

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Le tir Canopus au-dessus de Fangataufa, le 24 août 1968.
Les essais nucléaires français en Algérie

Pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires français

Les États-Unis admettent que leurs expériences nucléaires ont fait des victimes ; ils ont voté en 1988 une loi pour indemniser tant les vétérans civils et militaires que les populations voisines de leurs anciens sites d’essais.

Une étude scientifique récente 4 vient de mettre en évidence, chez les vétérans néo-zélandais des essais nucléaires britanniques de 1957-58, un pourcentage d’anomalies de l’ADN trois fois plus élevé qu’habituellement.

Mais le ministère français de la Défense, qui a effectué 210 essais nucléaires dont 50 atmosphériques tant au Sahara algérien qu’en Polynésie française, continue à affirmer qu’ils ont été « propres» et sans conséquences sur la santé des personnes. Pour éviter toute remise en cause de ce “dogme”, les archives des essais nucléaires viennent d’être classées dans la catégorie orwellienne de celles qui sont «incommunicables», sans limitation de temps.

Depuis des années, deux associations, l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) et l’association Moruroa e tatou, se battent pour obtenir la vérité sur les essais nucléaires français et la justice pour les victimes. Elles demandent :

  • le vote d’une loi sur le suivi sanitaire et environnemental des essais nucléaires ;
  • la création d’un fonds d’indemnisation pour les victimes ;
  • la levée du secret défense sur les documents portant sur le niveau des retombées radioactives […] des essais nucléaires de la France au Sahara et en Polynésie française, entre 1960 et 1996.

Elles ont lancé une pétition.

Pour tout renseignement : ">.

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Discours de Dakar 2007

Henri Guaino veut faire entrer le discours de Dakar dans l’histoire

Le conseiller spécial du président de la République revient dans une tribune du journal Le Monde sur le discours toujours très controversé prononcé à Dakar par Nicolas Sarkozy, en juillet 2007. La “plume du président” se défend de toute vision raciste de l’Afrique — il avait aimablement traité de «petit con prétentieux» BHL qui avait affirmé «Guaino, il est raciste» — mais il n’hésite pas à répéter, avec l’assurance qu’on lui connaît, que «l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

Achille Mbembe, professeur d’histoire et de science politique à Johannesburg, avec « L’Afrique de Nicolas Sarkozy », et Ibrahima Thioub, professeur d’histoire à l’Université de Dakar, avec sa « lettre à Nicolas Sarkozy », ont répondu en leur temps à cette vision “frivole et exotique” de l’Afrique. Ci-dessous, avant la reprise de la tribune d’Henri Guaino, un commentaire de David Servenay qui remarque que l’appréciation du rôle de la France dans le génocide rwandais ne semble pas avoir été affectée par le changement de président de la République.

[Mise en ligne le 28 juillet 2008, complétée le 30 juillet]
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Discours de Dakar 2007

le discours de Dakar : premier anniversaire

Il aura fallu attendre un an pour apprendre que Bernard Kouchner «juge avec une certaine sévérité» le discours prononcé par Nicolas Sarkozy il y a un an à Dakar. On notera que notre ministre des Affaires étrangères travestit la réalité quand il affirme, au sujet de Thabo Mbeki, qu’«il a en tout cas envoyé une lettre très claire de soutien au président Sarkozy». En effet, dans cette lettre, Thabo Mbeki remerciait Nicolas Sarkozy pour le soutien qu’il avait déclaré vouloir apporter au développement de l’Afrique — mais il semble que, là aussi, le président français en soit resté au stade des déclarations.

Bernard Kouchner n’ayant pas précisé ses critiques, vous trouverez ci-dessous un point de vue sur ce “fameux” discours.

[Première mise en ligne le 25 juillet, revue et complétée le 26 juillet 2008]
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le Parlement a adopté une nouvelle loi sur les archives

Le Parlement a définitivement adopté le 1er juillet 2008 le projet de loi sur les archives qui fixe de nouveaux délais de communication des archives publiques (voyez le site internet que le Sénat consacre à ce projet de loi).

Aux termes de l’article 17 du projet de loi, les archives publiques sont désormais communicables de plein droit à l’expiration d’un délai de 50 ans pour les documents relatifs à la vie privée. Il en va de même pour les documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale, aux intérêts fondamentaux de l’Etat dans la conduite de la politique extérieure, à la sûreté de l’Etat, à la sécurité publique.
Toutefois, est interdite la consultation des archives dont «la communication est susceptible d’entraîner la diffusion d’informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucléaires, biologiques, chimiques» ou tout autre arme de destruction massive. Cette disposition interdit l’accès aux archives publiques pour les recherches concernant les contaminations par les essais nucléaires du Sahara ou du Pacifique.

Vous trouverez ci-dessous une réaction reprise de la presse algérienne, suivie du communiqué diffusé le 15 mai par l’association des usagers des Archives nationales (AUSPAN) après l’adoption du texte (identique au texte définitif) en seconde lecture par le Sénat5.

[Première mise en ligne le 3 juillet, complétée le 17 juillet 2008]
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Indochinois

rapatriés d’Indochine : plus de cinquante ans d’oubli

La première arrivée massive de rapatriés des colonies de l’histoire de la France s’est déroulée en 1956. Venant du Vietnam, ils ont été parqués, à Noyant, dans l’Allier, et à Sainte-Livrade, dans le Lot-et-Garonne, puis oubliés, au point que certains d’entre eux y vivent toujours.

Un article récent rappelle l’existence de ces victimes oubliées de l’Empire français. Dans un texte de juin 2006 que nous reprenons à la suite, l’historien Gilles Manceron rappelle que leur sort est révélateur de la manière dont le drame colonial s’est prolongé pendant un demi-siècle en plein cœur de la France6.

[Cette page, dont la première mise en ligne date d’août 2006,

a été complétée le 26 juin 2008]
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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Suzanne Citron : “Nos ancêtres les Gaulois…” ? Ils sont fous ces historiens!

Pour l’historienne Suzanne Citron, qui s’intéresse notamment à l’historiographie scolaire et a publié Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, (éd. de l’Atelier, 2008), les ancêtres gaulois sont une fiction récente et la question des origines et de l’histoire doit être posée autrement. Nous reprenons un article d’elle initialement publié le 23 juin 2008 sur le site Rue89.

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Fillon à Alger alors qu’une “pesante mémoire commune” continue d’affleurer

François Fillon est à Alger les 21 et 22 juin 2008 afin de poursuivre le développement d’une relation franco-algérienne pragmatique et dépassionnée.

Certes, les antagonismes liés au passé colonial continuent à peser sur les relations entre les deux pays, mais l’historien Benjamin Stora, dont nous reprenons deux interviews, voit les signes d’une détente sur le front mémoriel franco-algérien et n’exclut pas une avancée vers des mémoires apaisées à défaut d’être réconciliées.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Dominique Cabrera : « Il aurait fallu vouloir une Algérie arabe, berbère, juive et pied-noire »

Le 26 mai 2008, la LDH a organisé à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris un débat à partir du film Algérie, Histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo, et du reportage « Sans valise ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie » de Pierre Daum et du dessinateur Aurel dans Le Monde diplomatique de mai 2008. Avec pour titre « De quoi les pieds-noirs ont-ils eu peur ? », il a été animé par Georges Morin, président de l’association Coup de soleil, avec Pierre Daum, Mohammed Harbi, Jean-Pierre Lledo, Gilles Manceron et Benjamin Stora. Nous reproduisons ailleurs l’intervention de Jean-Pierre Gonon sur le rôle extrêmement négatif de l’OAS, et ci-dessous celle de la cinéaste Dominique Cabrera.

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