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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La bombe, c’est comme un soleil qui se couche – mais avec une lueur qui reste

Tandis que les États-Unis et la Grande-Bretagne ont reconnu que leurs essais nucléaires ont contaminé les populations qui y furent exposées, la France s’est longtemps réfugiée dans le silence. Au début des années 90, Michel Daeron est allé filmer ces populations tahitiennes marquées corps et âmes par la bombe mais qui souvent dépendent d’elle économiquement. Il a réalisé le documentaire Moruroa, le grand secret1.

Son texte que nous publions ci-dessous illustre bien les raisons et les conséquences de la création d’une catégorie d’archives non communicables.

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La France envisage d’indemniser les victimes de ses essais nucléaires

Il aura fallu attendre 2008 pour que la France commence à envisager de reconnaître sa responsabilité dans l’incidence des essais nucléaires sur la santé des personnes qui y ont participé dans le Sahara algérien ou en Polynésie entre 1960 et 1996, ainsi que sur celle des populations algériennes ou polynésiennes.

On notera que ce début de reconnaissance intervient quelques mois après le vote par le Parlement d’une loi sur les archives selon laquelle « les archives publiques dont la communication est susceptible d’entraîner la diffusion d’informations permettant de concevoir, fabriquer, utiliser ou localiser des armes nucléaires… » sont désormais «incommunicables». Sur ce sujet, on pourra lire cette page.

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Vue d’Alger, la France n’est pas guérie de ses plaies

Après la page du Quotidien d’Oran qui évoquait le retour à El Bayadh d’un ancien appelé de la guerre d’Algérie, nous reprenons ci-dessous dans son intégralité la page “ France-Actualités ” de l’édition du 24 novembre 2008 du quotidien algérien El Watan2.

En juin 2002, Benjamin Stora déclarait que « les mouvements souhaitables dans les deux pays sont inverses : en France, les politiques et l’État doivent prendre leurs responsabilités sur la guerre d’Algérie. Côté algérien, l’État doit perdre le monopole de la mémoire, [qui doit] revenir à la société.»3

Six ans plus tard, il faut malheureusement constater que les politiques français, étonnamment silencieux devant les tentatives de réhabilitation de l’OAS, n’ont toujours pas pris leurs responsabilités sur ce passé colonial, alors que le système algérien persiste à considérer que l’écriture de l’histoire des Algériens relève de sa compétence.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

histoire et mémoires des immigrations

A une époque où la place et le rôle de l’immigration dans la société française, la laïcité et la lutte contre les discriminations sont au cœur de l’actualité, un coffret de deux DVD propose des pistes de réflexion utiles à tous ceux qui sont amenés à aborder ces questions avec des jeunes. Il constitue un élément de réponse à la crise d’identité que traverse une génération de jeunes dont la plupart sont nés ici, mais dont les parents viennent d’ailleurs.

Réalisé par le CRDP de Créteil, en partenariat avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, ce coffret comporte quinze films documentaires, totalisant plus de 5 heures. A l’aide d’archives d’époque et d’interviews d’historiens, il rappelle les grands événements qui ont marqué deux siècles d’immigration en France. Il s’attarde notamment sur le lien particulier tissé entre la France et l’Algérie et sur l’intégration progressive de la communauté portugaise. Enfin, il s’intéresse aux combats à mener contre les discriminations et pour les droits de l’Homme.

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Débat entre le Comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire et Liberté pour l’Histoire

Les historiens Catherine Coquery-Vidrovitch, Gilles Manceron et Gérard Noiriel, membres du Comité de vigilance sur les usages publics de l’histoire (CVUH), ont répondu dans Le Monde du 8 novembre 2008 à une tribune de l’historien Pierre Nora, président de l’association Liberté pour l’Histoire(LPH), parue dans Le Monde du 11 octobre 2008. Nous reproduisons ci-dessous ces deux textes.

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Enrôlement d'un jeune Algérien (DR).
Harkis

nouvelles approches sur l’histoire des harkis dans la colonisation et ses suites

L’association Harkis et droits de l’Homme (AHDH) a organisé à Paris du 10 au 31 octobre un ensemble de rencontres destinées à débattre des idées reçues concernant l’histoire franco-algérienne en général et plus particulièrement celle des anciens harkis et de leurs descendants.

Les objectifs de «Français et Algériens : art, mémoires et histoire» étaient de susciter une réflexion sur les multiples facettes de cette histoire, sur les perceptions de chacun ; porter un regard critique sur l’histoire officielle, de l’Algérie comme de la France ; partager la connaissance transmise par des scientifiques, historiens, sociologues, ethnologues, anthropologues, didacticiens, psychiatres, psychologues ; identifier les enjeux permettant de s’approprier des lectures communes du passé pour mieux construire un avenir commun.

Dans le cadre de cet évènement ont eu lieu à l’Hôtel de Ville de Paris un colloque international et une journée d’étude destinée aux enseignants.
A la suite de leurs programmes, nous reprenons l’article d’El Watan qui rend compte de ces rencontres.

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Discours de Dakar 2007

l’Afrique de Sarkozy, un déni d’histoire

Un an après le discours controversé de Nicolas Sarkozy à Dakar, cinq universitaires français et africains reviennent sur les déclarations du président français et fustigent «un déni d’histoire» basé sur «une vision manichéenne, raciale et paternaliste» de l’Afrique.

Dans un livre dirigé par Jean-Pierre Chrétien, intitulé L’Afrique de Sarkozy – un déni d’histoire4, ces historiens se penchent sur les «propos littéralement stupéfiants» qu’avait tenus le chef de l’Etat, et notamment sur sa thèse selon laquelle «l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire».

Nous reprenons ci-dessous un extrait de la contribution du professeur Ibrahima Thioub de l’Université de Dakar.

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Le 17 octobre 1961

Paris 1961 : les Algériens, la mémoire et la terreur d’Etat

Le livre Paris 1961. Les Algériens, la mémoire et la terreur d’Etat des historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster, publié en 2006 par Oxford University Press et dont la traduction française vient de paraître chez Tallandier, est un livre majeur pour la connaissance du contexte de la répression qui a entouré la manifestation des Algériens à Paris le 17 octobre 19615.

Nous reprenons ci-dessous, avec l’autorisation de son auteur, un article du site acontresens, qui traite des crimes de la police française de septembre-octobre 1961, en s’inspirant de l’ouvrage de Jim House et Neil MacMaster.

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L'enseignement

L’enseignement de l’histoire au lycée, un élément essentiel à la formation des citoyens

Des rumeurs font état de la disparition de l’histoire et de la géographie du tronc commun des programmes en classes de première et terminale. « Je souhaiterais vous dire au nom de Xavier Darcos que ces rumeurs sont infondées et qu’il est hors de question que l’Histoire et la Géographie disparaissent du tronc commun des formations de nos lycéens ».

Jean-Louis Nembrini

Blois, le 10 octobre 20086

Répétons-le : ces «rumeurs sont infondées».

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Discours de Dakar 2007

petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy

Le Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy7, sous la direction de Adame Ba Konaré, se veut une riposte argumentée au discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007. Un ouvrage pour éclairer le président français, son entourage et, plus généralement, le grand public, sur la réalité de l’histoire africaine.

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A Paris, le 17 octobre 1961.
Le 17 octobre 1961

le 47-e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961

Cette année, comme les années précédentes des associations, partis politiques et syndicats appellent à un rassemblement au Pont Saint-Michel à Paris pour «exiger la reconnaissance officielle du crime commis par l’Etat français» le 17 octobre 1961 lorsque des dizaines de milliers d’Algériens, manifestant pacifiquement contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par Maurice Papon, alors préfet de police de Paris, ont été arrêtés, emprisonnés, torturés et nombre d’entre eux refoulés en Algérie par la police.

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À Villejuif, pas d’ambiguïté. Le nom de Guy Môquet est associé à des idéaux clairement affirmés : hôpital Paul-Brousse, théâtre Romain- Rolland, avenue Paul-Vaillant-Couturier, place du 8-Mai-1945...
Légiférer sur l'histoire ?

Mémoire et histoire : des liaisons dangereuses, par Gilles Manceron

Mémoire et histoire entretiennent des liaisons dangereuses. La mémoire est de l’ordre du souvenir, du témoignage, du vécu, du point de vue, du ressenti, elle présuppose l’oubli. L’histoire, au contraire, se définit par la mise à distance, la reconstruction problématisée du passé. Et l’histoire est l’objet d’une instrumentalisation politique. L’historien Gilles Manceron8, dans cet article qui est repris de CAES magazine, n° 87 – été 2008, examine la nature et la portée de différentes lois mémorielles concernant la colonisation, le négationnisme de la Shoah, le génocide arménien, la traite négrière et l’esclavage, mettant à mal bien des confusions.

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