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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Hubert Falco annonce des mesures en faveur des harkis

Dans l’allocution qu’il a prononcée le 25 septembre 2009, devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants a annoncé la prolongation et le renforcement du plan emploi en faveur des enfants de Harkis jusqu’à fin 2010, ainsi que l’attribution de l’allocation de reconnaissance (20.000 euros) à une petite centaine de nouveaux bénéficiaires

Outre la décision de créer une Fondation sur la guerre d’Algérie, Hubert Falco a annoncé une modification de la loi du 23 février 2005 “portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés” de façon à permettre aux tribunaux de «condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que sont sanctionnés dans notre pays les propos à caractère raciste».

Nous reprenons ci-dessous la partie de l’allocution d’Hubert Falco consacrée aux Harkis1, suivie de quelques réactions et de la tribune d’Alexandre Gerbi intitulée «De Hortefeux aux Harkis».

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Harkis

les harkis dans la colonisation et ses suites

Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron publient «Les Harkis dans la colonisation et ses suites», avec une préface de Jean Lacouture2.

Ci-dessous une présentation du livre, suivie d’extraits de la préface, puis d’un article que l’historien Jean-Charles Jauffret a consacré à cet ouvrage.

[Mise en ligne le 2 février 2008, mise à jour le 25 septembre 2009]


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Les guerres des mémoires

la France et ses guerres de mémoires

Depuis le milieu des années 1990, la notion de guerres de mémoires s’affirme dans le débat public. Les termes de « repentance » et de « lois mémorielles » sont entrés dans le discours politique et la « mémoire » devient un enjeu du présent. Les médias, les historiens, et les responsables politiques s’engagent et certains évoquent même un risque de débordement mémoriel, en particulier à propos de l’histoire coloniale. Le souvenir de la Grande Guerre, celui de la Shoah questionnent toujours le présent sur la manière d’appréhender et de commémorer le passé.

L’ouvrage dirigé par Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, Les guerres de mémoires, La France et son histoire3 réunissant historiens, politologues, anthropologues ou sociologues, montre qu’au cours du XXe siècle une longue suite de conflits mémoriels a permis de faire entrer le passé dans le présent.

Nous en reprenons la préface de Benjamin Stora.

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Une loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français

L’Assemblée nationale a adopté en première lecture par 300 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 23 (PCF, Verts et Christiane Taubira, députée PRG de la Guyane), mardi 30 juin, le projet de loi accordant réparation aux victimes des essais nucléaires. Le PS et François Bayrou (MoDem) se sont abstenus. Le projet de loi avait été déposé à l’Assembée nationale le 27 mai 2009 par Hervé Morin, ministre de la défense. Après avoir été « très largement approuvé » en commission, le projet de loi avait été débattu en séance publique à l’Assemblée nationale les 25 et 26 juin4.

En ce qui concerne les Algériens, le ministre a déclaré que la France compte «considérer tous les travailleurs qui ont participé aux essais nucléaires français au Sahara entre 1960 et 1967. Toutes les victimes seront indemnisées selon des règles identiques».

[Première mise en ligne le 21 juin 2009, mise à jour le 3 juillet 2009]

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Les enjeux politiques de l’histoire coloniale”, par Catherine Coquery-Vidrovitch

Dans son livre Les enjeux politiques de l’histoire coloniale, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure émérite d’histoire contemporaine de l’Afrique à l’université Paris-Diderot, fait le point du sursaut à la fois savant et politique qui a suscité l’émergence d’une vision de l’histoire, non pas refermée sur elle-même, mais replaçant l’histoire de la France dans l’histoire de l’ensemble du monde. A la suite du sommaire, nous en publions le début de l’introduction, puis sa présentation par Alain Ruscio.

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Rejet par la justice française de la demande d’indemnisation de militaires irradiés

Sans se prononcer sur le fond, la cour d’appel de Paris a, vendredi 22 mai 2009, débouté
les douze anciens militaires français qui demandaient réparation pour des maladies mortelles liées aux essais nucléaires français.

La cour a déclaré irrecevables la majorité des demandes et s’est déclarée incompétente pour les autres.

Ci-dessous un petit dossier comportant un communiqué des Verts ainsi qu’un entretien avec Bruno Barrillot publié le 23 mai dans le Quotidien d’Oran.

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Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

“immigrés de force, les travailleurs indochinois en France 1939-1952”, par Pierre Daum

Après soixante-dix années de silence, voici révélée une page enfouie de l’histoire coloniale française en Indochine : l’utilisation, dans des conditions parfois proches de l’esclavage, d’une main-d’oeuvre « indigène » en métropole. Pierre Daum est parti à la recherche d’acteurs encore vivants de cet épisode si peu «positif» de notre passé colonial, afin de recueillir leurs témoignages. Il nous livre le résultat de quatre années de recherche dans l’ouvrage Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939 – 1952) publié aux éditions Solin/Actes Sud, avec une préface de Gilles Manceron5.

En 2006, le film Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait déjà révélé un aspect peu connu de l’usage des peuples colonisés comme tirailleurs lors de la Seconde Guerre mondiale. Or, à cette époque, la France n’avait pas seulement besoin de soldats, mais aussi d’ouvriers, afin de remplacer dans les usines d’armements les travailleurs français mobilisés.

Pour les travaux les plus pénibles, ceux du maniement des poudres, la France fit venir en 1939 vingt mille Indochinois de sa lointaine colonie d’Extrême-Orient. Recrutés pour la plupart de force (à la différence des tirailleurs), débarqués à la prison des Baumettes à Marseille, ces hommes furent répartis à travers la France dans les entreprises relevant de la Défense nationale. Bloqués en métropole pendant toute la durée de l’occupation allemande, logés dans des camps à la discipline très sévère, leur force de travail fut louée pendant plusieurs années par l’État français à des sociétés publiques ou privées – on leur doit le riz de Camargue –, sans qu’aucun salaire réel ne leur soit versé.

Ce scandale se prolongea bien après la Libération. Renvoyés vers le Vietnam au compte-goutte à partir de 1946, ce n’est qu’en 1952 que les derniers de ces hommes purent enfin revoir leur patrie. Un millier fit le choix de rester en France.

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Mascaron négroïde à Bordeaux (poto R.Z.)
La reconnaissance du passé colonial

Bordeaux se retourne vers son passé négrier

Bordeaux a longtemps ignoré son passé de port négrier, mais, aiguillonnée par le mouvement associatif, elle ne pouvait rester à l’écart alors que Nantes poursuit son travail de mémoire. L’ouverture au musée d’Aquitaine de salles consacrées à l’esclavage mérite donc d’être remarquée. Nous reprenons un entretien accordé à ce sujet par Alain Juppé, maire de la ville.

L’inauguration officielle s’est déroulée le 10 mai dernier, à l’occasion de la Journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, en présence de la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Faut-il voir dans l’absence de Nicolas Sarkozy à cette cérémonie une nouvelle manifestation de l’«anti-repentance» présidentielle ?

Comme le rappelle ci-dessous l’historien Marcel Dorigny, «l’esclavage [est] une histoire qui concerne la nation entière».

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il y a 64 ans, l’autre 8 mai en Algérie

A Marseille, un rassemblement en hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945 aura lieu vendredi 8 mai à 11h sur le Vieux Port où se feront une distribution de bougies et une minute de silence.

Samedi 9 mai à 14h30 le film de Yasmina Adi, « L’autre 8 mai 1945, aux origines de la guerre d’Algérie » sera projeté au CRDP de Marseille, 31 boulevard d’Athènes. Une projection qui sera suivie d’une conférence-débat en présence de la réalisatrice Yasmina Adi, avec la participation de l’historien Jean-Louis Planche et l’enseignant-chercheur Mohamed Bensalah.

Le film de Yasmina Adi bénéficiera de plusieurs diffusions à la télévision : voir cette page.

Un colloque international aura lieu samedi à Guelma : «Les massacres du 8 Mai 1945 et le droit international».

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“La République impériale”, par Olivier Le Cour Grandmaison

Au tournant du XIXe siècle, les républicains favorables aux conquêtes coloniales ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Entre 1871 et 1913, les possessions françaises outre-mer sont passées de moins d’un million de kilomètres carrés à 13 millions, le nombre d’ « indigènes » progressant de 7 à 70 millions en 1938. Comment diriger un empire aussi vaste ? Quelles orientations – assimilation ou association – mettre en œuvre dans les territoires de la « Plus Grande France » ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Olivier Le Cour Grandmaison tente de répondre dans La République impériale – Politique et racisme d’Etat6. Nous reprenons ci-dessous la présentation de son livre par l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, suivi d’un un extrait de celui-ci.

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(Photo : le Midi libre)
Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Benjamin Stora et Mohammed Harbi à Alger : “écrire l’histoire”

La rencontre-débat, modérée par Ouanassa Siari Tengour et Abdelmadjid Merdaci, organisée le 28 avril dernier au Centre culturel français d’Alger autour des deux historiens a attiré un public très nombreux et attentif.

Benjamin Stora, professeur d’Histoire du Maghreb à Paris XIII, a traité de «La guerre d’indépendance algérienne : usages de ce passé en France, entre histoire et mémoire». L’historien a insisté sur le développement considérable de la connaissance de cette séquence auquel on assiste en France depuis une dizaine d’années, notamment à la suite de travaux universitaires. Mais il s’est interrogé sur le fait que cette histoire savante n’arrive pas à freiner les usages abusifs du passé s’exprimant par la puissance des revendications mémorielles, quelquefois portées par des nostalgiques du temps colonial.

De son côté, l’historien Mohammed Harbi a traité de «La connaissance de l’Algérie à l’épreuve de l’histoire contemporaine», s’interrogeant : «Où en sommes-nous dans l’écriture de l’histoire contemporaine de l’Algérie ? Comment a été élaborée son historiographie ?»
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Ci-dessous, deux articles faisant écho à cette rencontre.

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Harkis

personne n’a présenté d’excuses aux harkis pour les propos tenus par G. F.

Alors que Georges Frêche et certains médias voudraient nous faire croire que la justice a “absous” le président de région, il n’est pas inutile de revenir en détail sur les décisions concernant l’affaire des “sous-hommes”. Car la relaxe de la cour d’appel de Montpellier le 13 septembre 2007, confirmée par la cour de cassation le 31 mars 2009, tient à un point juridique de pure forme.

Sur le fond, la “justice de la République” n’a pas été tendre envers les propos tenus par l’élu.
Mais il semble que seul L’Hérault du jour ait expliqué dans un article du 2 avril comment le président de la région a pu bénéficier d’une relaxe.

Le site internet Montpellier journal revient sur cette question, en publiant notamment l’intégralité des décisions de justice :

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