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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Salah Salmi et sa carte d’ancien combattant. (Photo Dominique Leriche)
Harkis

Salah Salmi oublié en 1962, refusé en 2010, régularisé en 2011

Salah Salmi, un ancien harki âgé aujourd’hui de 72 ans, avait pu obtenir un visa en 2000 pour rejoindre la France. En 2004, il est incarcéré pour un viol dont il a été innocenté depuis. Après dix-huit mois de détention provisoire, il s’est trouvé privé de titre de séjour pour n’avoir pas effectué en temps voulu auprès de la préfecture du Var les formalités permettant la reconduction de son titre – il était alors en prison.

En 2010, la cour administrative d’appel de Marseille avait rejeté sa demande…

La préfecture du Var vient enfin de le régulariser et il va être indemnisé pour l’incarcération injustifiée qu’il a subie.

[Mis en ligne le 8 octobre 2010, mis à jour le 25 mars 2011]

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 19 mars 1962 / 19 mars 2011

Hier, 19 mars 2011, c’était la commémoration du cessez-le-feu en Algérie1. Espérons que, l’année prochaine, Algériens et Français pourront commémorer ensemble le cinquantenaire de cet événement.

Hier, Nicolas Sarkozy, président de la République avait revêtu son uniforme de chef des armées pour déclarer : «Aujourd’hui, nous intervenons en Libye…»
Le 10 mars 2003, lors d’une interview télévisée à propos de l’Irak, Jacques Chirac, président de la République, avait déclaré : « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions, parce qu’elle amène la mort et la misère. »
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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“Y’a bon les colonies ?” par Alain Ruscio

Ce livre d’Alain Ruscio paru en 2011 se présente comme une galerie de portraits au vitriol. C’est un dictionnaire de personnalités ayant une certaine importance sur la scène politique française et qui se distinguent par un discours empreint d’un néo-colonialisme latent ou d’une nostalgie du temps des colonies, teintés d’un racisme sous-jacent. L’auteur montre que ces personnes, de François Copé à Éric Zemmour en passant par Brigitte Bardot, au delà de leurs sympathies politiques et de leur rôle dans la société française, tiennent un discours aberrant mais décomplexé et en apparence socialement admis. Ce livre vient de se voir décerner, ex æquo avec Kamerun, la guerre cachée de la France en Afrique Noire (1968-1971) de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsita (éd. La Découverte, octobre 2010), le Prix du Livre Anticolonial 2011.

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Réunion de vétérans des essais nucléaires à Nice (Franck Leclerc)
Les essais nucléaires français en Algérie

Essais nucléaires français : 45 morts en 2010

Les essais nucléaires français du Sahara et du Pacifique continuent à tuer. L’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) annonce le bilan pour 2010 : 45 morts – auxquels il faut ajouter les morts de Polynésie et d’Algérie, anciens travailleurs sur site et population locale –, près de 800 nouveaux malades…

Mais aucune indemnisation en application de la loi Morin du 5 janvier 2010…

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La rhapsodie méditerranéenne » de Jean-Marie Lamblard

Pour Jean-Marie Lamblard, la Méditerranée a toujours été un lieu de rencontres et d’échanges entre peuples, religions et cultures. Francs, Arabes, Berbères, Wisigoths, Vandales, Maures, Byzantins, Occitans, chrétiens, juifs et musulmans… tous, aimantés par ce centre liquide, se sont rencontrés, visités et battus, ils ont échangé, se sont aimés, assemblés et ont parfois fini par se ressembler. Son « essai métissé », Rhapsodie méditerranéenne, est présenté le 10 novembre 2010 à la Maison de la Poésie et le 1er février 2011 à la librairie parisienne Le Divan, pour une rencontre/signature, accompagnée d’une lecture des bonnes pages.

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Harkis

El Watan présente “les harkis, histoire, mémoire et transmission”

A l’occasion de la parution de l’ouvrage Les harkis, histoire, mémoire et transmission, le quotidien algérien de langue française El Watan publie dans son édition du 20 décembre 2010 un dossier de Walid Mebarek consacré aux harkis.

On ne peut que se féliciter de cette initiative qui contribuera à combattre les préjugés qui, de part et d’autre de la Méditerranée, «déforment et instrumentalisent le passé».

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Rachid Bouchareb : militants algériens et résistants français ont utilisé les mêmes méthodes

Le réalisateur Rachid Bouchareb s’installe aux États-Unis où il a plusieurs projets de films, dont un sur la militante américaine des droits de l’homme Angela Davis, co-écrit avec Yasmina Khadra. Dans un entretien publié le 23 novembre 2010 dans le journal en français paraissant aux États-Unis France-Amérique, il revient sur les polémiques qui ont, quelques mois plus tôt, précédé la sortie de son film Hors-la-loi en France, le film ayant été accusé par l’extrême droite française et des associations de pieds-noirs de « falsifier l’Histoire ».

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On aperçoit Arthur Paecht, légèrement en retrait, entre Jacques Dominati et Maurice Arreckx (cliché Var-Matin du 15 juin 1980)
La Fondation Falco pour la mémoire de la guerre d’Algérie (2010)

Arthur Paecht sera petit télégraphiste chez Alain Juppé

«Le retour de l’expérience», c’est ainsi qu’Arthur Paecht, 80 ans, a baptisé son blog. Effectivement, il en a de l’expérience : député UDF du Var, d’abord de 1978 à 1981, puis de 1986 à 20023, maire de La Seyne-sur-mer de 2001 à 2008,… et il est toujours politiquement actif.

Arthur Paecht vient d’être appelé au ministère de la Défense par Alain Juppé, pour tenter d’apaiser l’amertume de certaines associations devant la suppression du secrétariat d’État aux Anciens combattants. Il avait été chaudement recommandé par Hervé Morin, lors de la transmission de témoin. « Il voulait rester utile » avait lancé l’encore ministre à son successeur, qui a donc bombardé l’ancien député du Var agent de liaison avec le monde combattant – un monde encore sonné par la disparition de son secrétariat d’État4.

Avec Arthur Paecht, c’est effectivement le retour à une “certaine expérience” : il était au premier rang, ceint de son écharpe tricolore, lors de l’inauguration à Toulon, en juin 1980, du monument dédié aux martyrs de l’Algérie française5.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

l’automne critique du CVUH : les enjeux politiques de l’histoire

Le programme des rencontres organisées par le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire et les Cahiers d’histoire, les vendredi 26 novembre (15H-20H) et samedi 27 novembre (10H-20H),
à la Bourse départementale du travail de Bobigny.6

Cliquer sur les graphismes (© Riss – Charlie Hebdo, 17 novembre 2010) permet d’accéder aux dossiers correspondant du site LDH-Toulon.

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Dans le camp de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme) en juin 1962. (photo : La Montagne)
Harkis

l’arrivée des harkis en France : camps, hameaux de forestage et cités de transit

Le terme « harkis », au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des « Français musulmans d’Algérie» engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60 000 « Français de souche nord-africaine » – selon la dénomination de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20 000 harkis.

Les harkis et leurs familles qui ont fui l’Algérie pour la France en 1962 vont y être successivement catégorisés comme « Français musulmans rapatriés» à partir de juin 1962, puis comme « Français rapatriés de confession islamique », enfin comme « Rapatrié d’origine nord-africaine» dans les années 1980. Ce prisme de l’origine, omniprésent et durable, et qui n’est pas sans rappeler un des ressorts de la discrimination coloniale, marginalise doublement les harkis – ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres.

En matière de logement, une note relative à « l’attribution des logements HLM aux anciens harkis », en date du 31 janvier 1964, émanant du ministre des Rapatriés, à l’attention des préfets, rend clairement compte de cette logique. Elle rappelle certes que «les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961 ». Mais elle donne aux préfets la directive de ne « reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés. » Dans les faits, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit puis en « cités d’accueil », lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 19707.

Des informations sur ces camps et hameaux de forestage qui, les années passant, deviennent des lieux de mémoire, sont regroupés sur le site Harkis et droit de l’Homme : http://www.harki.net/article.php?rubrique=15

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une fondation sous forte influence

Quinze jours après son installation officielle aux Invalides, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie continue à alimenter la polémique. La constitution de son Conseil d’administration est très fortement contestée – ne serait-ce que pour les prises de position passées de certains de ses membres influents. Le général de la Presle et l’historien Tramor Quemeneur, chacun à sa façon, confirment par leurs déclarations les inquiétudes que l’on peut avoir quant à la la finalité de cette nouvelle institution.

Conséquence de cette contestation : Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, qui déclarait vouloir faire de la fondation un lieu de transmission de la mémoire, n’était pas parvenu à en constituer le conseil scientifique.

[Mis à jour le 23 novembre 2010] – L’ancien député Arthur Paecht, 80 ans, sera chargé du dossier des anciens combattants auprès du ministre de la Défense. Alain Juppé a souhaité appeler à ses côtés une « personnalité » afin de pallier la suppression du poste de secrétaire d’Etat aux anciens combattants dans le nouveau gouvernement.8

Afin de bien comprendre ce qui suit, vous pourrez consulter deux pages de ce site :

  • la liste des membres du Conseil d’administration de la fondation,
  • quelques informations concernant le Livre blanc de l’armée française en Algérie et le Manifeste des généraux ayant servi en Algérie.
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D'après un dessin de Plantu, publié dans Le Monde du 2 mars 2003.
Réconciliation et réparations

rencontre à Alger entre anciens de la guerre d’Algérie

Le président de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnaca) a rencontré pour la première fois à Alger son homologue algérien, le colonel Si Hassan, pour « croiser les mémoires » et rechercher la trace des centaines de disparus de la guerre d’Algérie. « Près d’un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, c’est la première rencontre officielle, d’association à association, entre des représentants des combattants français et algériens », a expliqué à l’AFP Wladyslas Marek, président national de la Fnaca, en la qualifiant d’« historique ». Deux représentants des anciens combattants français se sont rendus à Alger durant trois jours, du 26 au 28 octobre, à l’invitation du Colonel Si Hassan, président de la Fondation du mémorial de la Wilaya IV9.

On notera que l’association des 4acg avait effectué une démarche analogue en février dernier.

Rappelons d’autre part la lettre ouverte adressée au président de la République, par la Fnaca, lors de son 29e congrès national réuni à Dijon du 8 au 10 octobre 2010. Elle plaidait pour l’officialisation du 19 mars comme journée de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, en considérant que c’est la seule date qui serait acceptable par les deux pays pour marquer la fin de leur antagonisme10.

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