«Le 11 juin 1957, j’avais vingt-six ans, j’habitais à Alger, rue Gustave-Flaubert, avec mon mari, vingt-cinq ans, et mes trois enfants, a-t-elle écrit au Président de la République. Des parachutistes de l’armée française ont fait irruption et ont emmené mon mari. Depuis cette date, je ne l’ai jamais revu. À mes questions, il m’a été répondu qu’il s’était évadé.» Cette lettre, envoyée le 19 juin 2007, n’a jamais reçu de réponse.
Alors que de nombreux éléments, dont l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet, établissent qu’il est mort sous la torture, la République n’a pas reconnu l’assassinat. Sur le plan judiciaire, l’affaire s’est terminée par un premier non-lieu en 1962, puis par un second en 2002 suite à la plainte contre X déposée, en mai 2001, après la parution du livre Services spéciaux Algérie 1955-1957 du général Aussaresses.
Le Sénat est revenu le 24 mai dernier sur cette la disparition de Maurice Audin à Alger en 1957, grâce à une question orale de la sénatrice Nicole Borvo Cohen-Seat. La vérité sera-t-elle bientôt établie sur des faits qui se sont déroulés … il y a 54 ans ?
[Mise en ligne le 1er juin 2011, mis à jour le 3 juin]<