les harkis : ni rapatriés comme les autres, ni français comme les autres
Le terme harki est utilisé de nos jours pour désigner l’ensemble des
« Français musulmans d’Algérie » qui ont été engagés dans ou au côté de l’armée française. La terminologie utilisée par l’administration pour les désigner a varié dans le temps: Français musulmans rapatriés (FMR) à partir de 1962, puis Français rapatriés de confession islamique (FRCI) en 1970 et enfin Rapatriés d’origine nord africaine (RONA) dans les années 1980. Pour les autorités françaises, ce n’étaient ni des rapatriés comme les autres, ni des Français comme les autres.
Cette logique de «catégorisation» traduisait une gestion discriminatoire de leur prise en charge : à leur arrivée en France ils ont été d’abord logés dans des camps de transit, puis relogés par la SONACOTRA qui était pourtant chargée des travailleurs migrants étrangers. Pour les HLM, ils n’étaient pas prioritaires, une directive (circulaire Missoffe de 1964) ayant précisé qu’ils ne pouvaient y accéder qu’après les « Rapatriés français de souche européenne ».
Dans l’intervention que nous reprenons ci-dessous, Laure Pitti1. revient sur les modes d’administration discriminants qu’ont rencontrés les harkis en France.







